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BDGest'Arts - Le palmarès 2018

Le top départ de l’édition 2018 des BDGest’Arts a été donné un peu plus tôt cette fois. Sans que la durée en soit changée, ce « vote du public » a recueilli les suffrages d’environ 3.000 participants, soit un tiers de plus qu’il y a un an.

Qu'on leur attribue l'étiquette de "roman graphique", de "livre de bande dessinée" ou simplement de... "grosse BD", le moins que l'on puisse dire est que les copieux volumes n'effraient pas les BDGestistes (ni leur porte-feuilles) : sept des neuf lauréats - en intégrant les prix spéciaux- présentent plus de 180 planches (le plus généreux dépasse les 400 !) de lecture.

Répartis dans sept catégories, les albums suivants publiés en 2018 sont primés par les membres de BDGest.com :

Meilleur récit court Europe

Pour leur première création commune, Serge Lehman et Frederik Peeters décroche le gros lot : un prix du public pour L’homme gribouillé (Delcourt) ! Dans sa chronique, Antoine Perroud soulignait les points forts d’ « un excellent polar mâtiné de fantastique. Une ambiance lourde et humide (le Paris tout ruisselant est extraordinaire !), une intrigue aux ramifications lointaines, mais très actuelles et une brochette de personnages marquants, le duo a largement pioché dans la boîte à outils du genre. Si le scénario reste très classique, la manière se révèle particulièrement inspirée. L’investigation initiale et la course aux indices est impeccable et, alors que le récit se transforme en thriller, le rythme devient littéralement insoutenable. Luxe enviable, la longue pagination (trois cents pages) a permis aux auteurs de prendre tout le temps nécessaire pour présenter et développer leurs idées jusqu’au bout. » Qu’un album sorti en début d’année fasse la course en tête dès le premier jour d’une consultation organisée en décembre en dit long sur sa cote d’amour (et celle de ses auteurs auprès du lectorat du site).

Negalyod de V. Perriot (Casterman), « thriller d’anticipation à grand spectacle » s’adjuge la 2ème marche du podium. A sa sortie, nous soulignions combien « la manière pleine d’énergie et de moments de bravoures remarquables. Scènes d’action à couper le souffle, décors – villes en déliquescence, nature décharnée – monumentaux, le dessinateur a sorti les grands moyens et rend une copie impressionnante. » Le jeu consistant à relever les références se fait ici avec un esprit complice et non réprobateur, ce qui démontre l’adhésion au fond comme à la forme.

A un quart de souffle du dauphin, L’âge d’or vol.1 de R. Moreil et C. Pedrosa (Dupuis) se consolera avec le Prix des chroniqueurs BDGest’ (parmi d’autres récompenses méritées). A son apparition, l’un d’eux déclarait son enthousiasme à la découverte de cette première partie ainsi : « Véritable roman médiéval, L’Âge d’or plonge le lecteur dans un XVe siècle concret et réaliste. Roxanne Moreil a rassemblé et mis en scène une foule d’éléments glanés au fil de l’Histoire (Jeanne d’Arc, les jacqueries annonçant la Réforme, le règne de Charles IX, etc.) et de l’imaginaire collectif (Robin des Bois, Don Quichotte, La Légende dorée). Le tout est raconté magistralement sous la forme d’une saga digne des plus grands textes du répertoire. Outre les moments d’aventure pure où l’on ferraille pour sauver sa peau avant de sauter sur sa monture et s’échapper de quelques traquenards, la scénariste a également nourri sa narration de réflexions à propos du pouvoir et ses obligations. (au sujet du graphisme) Décompositions de l’action, double planches panoramiques tout en profondeur, jeux de lumières audacieux et personnages croqués dans leur « jus », le travail du dessinateur (Cyril Pedrosa) dénote d’un talent et, surtout, d’une maîtrise impressionnante. Au final, le mélange entre un design sorti des âges et une réalisation high tech s’avère surprenant de justesse. » L’impatience de découvrir le second volume nous ronge.

Meilleure série Europe

Est-il vraiment étonnant que Il faut flinguer Ramirez (Glénat) ait joué les aspirateurs de voix ? Quand on observe avec quelle dextérité le super technicien de Robotop manie ces matériels de nettoyage, le doute n'est plus permis. Pour son entrée dans le catalogue Glénat, Nicolas Petrimaux a frappé fort : des références très eighties à toutes les pages, un rythme effréné qui ne laisse imperturbable que la coupe afro de Ramirez, des fausses pubs qui jalonnent le récit... Une simple histoire fourre-tout étalé comme un patchwork de références dont la moitié des lecteurs passerait à côté ? C'est tout le contraire. Chacun va puiser dans ses propres souvenirs pour trouver l'élément qui le fera sourire ou rêver. La madeleine de Proust a parfois des allures stroboscopiques mais au final met tout le monde d'accord sur LA question : qui est vraiment Ramirez ? Vite, la suite !

Que serait un palmarès des BDGest'Arts sans un album de Fabien Nury ? La question mérite d'être posée tant l'auteur d'Il était une fois en France a l'habitude de placer ses créations dans l'une ou l'autre des catégories depuis des années. Pour ce millésime, c'est le troisième tome de Tyler Cross (Dargaud) qui occupe la deuxième marche du podium. Au dessin, Brunö joue sa partition à la quasi-perfection : les trognes des truands côtoient celles des gentils qui frisent la caricature tant ils semblent dénués de toute intelligence et les femmes sont pulpeuses. Que demander de plus ? Un découpage au cordeau qui mène le lecteur par le bout du nez. À l'année prochaine ?

Un autre tome trois clôture le palmarès de la catégorie "Série Europe". Si les mélanges de genre ne fonctionnent pas toujours, celui de Shi (Dargaud) combinant fiction, thriller et fantastique marche à la perfection. Il faut dire qu'au scénario, Zidrou n'a rien du jeune premier. Quant à Homs, "il continue de laisser son dessin s’épanouir dans la pesanteur d’un Londres plombé par ses secrets inavouables et souffle le chaud puis le froid avec un final tout en volupté suivi d’un cliffhanger magistral."

Meilleur Comics

Deux albums aux caractéristiques bien différentes ont concentré la moitié des votes : le premier est signé par une autrice inconnue jusqu’alors qui pose sa première création sur nos rayonnages, le second est l’œuvre d’un « vieux routier » qui revisite une galerie d’icones en y apposant sans ambiguïté sa marque. Avec Moi ce que j’aime c’est les monstres - Livre premier (Monsieur Toussaint Louverture), Emil Ferris a frappé un grand coup : les esprits comme les pupilles. Mieux vaut en effet être dans un état d’esprit solide pour pénétrer l’univers de ce pavé de plus de 400 pages (et il s’agit d’une première partie…) et suivre Karen, adolescente des années 60, dans son rôle de révélateur de sujets d’indignation qui laissent des impacts - qui se cumulent - dans la conscience du lecteur. Une fois immergé, à la frontière de la suffocation, il reçoit une volée de claques, graphiques. Dans nos colonnes, S. Salin soulignait « ce qui subjugue avant tout, c’est le dessin… au stylo tout en traits et en fines hachures ! Tour à tour enfantine, naïve, réaliste ou surréaliste… Emil Ferris fait preuve d’une technicité incroyable et d’une culture artistique indéniable qui lui permettent d’explorer un registre graphique des plus surprenants où la minutie côtoie l’émotion. » Si vous ne lisez pas ce livre – récompensé également par l’Association des journalistes et Critiques de Bande Dessinée ACBD -, ouvrez-le, feuilletez-le au moins. Puis laissez-vous happer…

Peut-on encore faire du neuf (excusez la trivialité) avec Batman et le Joker ? Sean Murphy avec White Knight (Urban Comics) en apporte une démonstration convaincante. A Gotham, sauriez-vous reconnaître au premier coup d’œil le sauveur de la menace ? Celui qui symbolise la folie de l’incarnation de la responsabilité ? A votre avis ? Incorporant une once de discours politique d’actualité dans cette énième vision d’un bat-verse alternatif, sans être le premier à privilégier le vilain au héros, le dessinateur s’offre surtout un scénario propice aux courses-poursuites et autres séquences punchy dans lequel son style explose littéralement (à souligner l'action ô combien efficace du coloriste Matt Hollingsworth dans le résultat final). Oui, il est possible de ne lire qu’un Batman de temps en temps. Celui-ci en fait partie.

Meilleur Manga

Quel mano a mano ! Jusqu'aux derniers instants du vote, la bataille a fait rage entre les deux titres qui occupent les plus hautes marches du podium. Le lauréat propose quatre histoires profondément humaines. Sous un ciel nouveau (Ki-Oon) parle de transmissions intergénérationnelles, celle de grands-parents vers ses petits-enfants et celle qui ne se fera jamais, pour un fils parti trop tôt ou d'une mère et d'un gamin qui se rapprochent et doivent faire face aux aléas de la vie. Ce très bel album évoque aussi l'Amour, celui qu'on construit, et les Souvenirs d'enfance, ceux qu'on évoque quand la fin approche. Quatre récits qui restent en mémoire et qu'on prend plaisir à redécouvrir à intervalles réguliers. L'une des raisons est sans aucun doute l'incroyable optimisme qui s'en dégage, en d'autres termes comment transformer un drame en quelque chose de beau. Magistral.

Une - toute petite - poignée de voix derrière se trouve un album dont le thème rendrait insomniaque le plus féru des auteurs. Combien se sont cassés les dents sur l'adaptation d'une nouvelle du maître de l'horreur et du fantastique ? Comment recréer en images ce qui est suggéré à l'écrit ? Les Montagnes Hallucinées (Ki-Oon) est le premier tome d'une nouvelles collection lancée par l'éditeur français : les chefs-d'oeuvre de Lovecraft. Gou Tanabe relève le défi avec brio. Chaque planche suinte l'angoisse grâce à un trait épais et très réaliste. À lire un soir de pleine lune et dans la pénombre pour les plus téméraires.

Dans un tout autre style, The Promised Neverland (Kazé) a également tout du récit inquiétant. Que font réellement ces enfants dans cet étrange orphelinat ? Pourquoi doivent-ils subir un entraînement aussi intensif ? Le ton léger et l'humour employés par Kaiu Shirai accentués par le dessin de Posuka Demisu contrastent à merveille avec l'ambiance pesante de l'histoire. Et ça fonctionne ! Entre fantastique, thriller et action, le lecteur ne sait plus sur quel pied danser mais attend la suite avec impatience.

Meilleur premier album

Premier scénario de BD pour Frédéric Bagères, Le vendangeur de Paname (Delcourt) plante son décor dans la capitale au début du XXè siècle. L’enquête policière est prenante, le verbe et les dialogues soignés et relayés par des personnages joliment façonnés alors que les preuves d’humour jalonnent l’enquête autant que les indices laissés pour mener à sa résolution. Au dessin, D. François, pas débutant lui, mitonne pour son compère des ambiances aux petits oignons (milieu de la restauration oblige) et sait cadencer le rythme selon la nature des séquences. Les collectionneurs se mettront en quête des bouteilles de vin à l’étiquette aux couleurs de l’album ayant célébré son lancement.

Enfilant quinze perles noires comme l’humour dont elles se parent parfois, E. Karabulut compose ses Contes ordinaires d'une société résignée (Audie) pour pointer du doigt les écueils dans lesquels celle-ci est sur le point de tomber (ou s’est déjà partiellement vautrée). Le constat est sévère, la perspective pessimiste, l’avenir – immédiat - sombre tandis que la mise en scène éclabousse le lecteur de ses tartes à la crème aigre. Efficace.

Meilleur album jeunesse

Contre deux albums qui achèvent un cycle, c'est finalement un premier tome qui occupe la plus haute marche du podium. Il faut dire que Brindille (Vents d'Ouest) séduit instantanément. Tout d'abord par la couverture, sans doute l'une des plus réussies de cette catégorie. À la fois lumineuse et végétale, elle met en premier plan une jeune fille semblant plongée dans ses pensées sous les regards inquiétants d'étranges créatures : le ton est donné. D'autant que Brindille est amnésique et s'éveille dans un village peuplé de curieux personnages. Il est alors facile de plonger dans ce joli récit afin de découvrir les secrets qui entourent son héroïne. Quant au dessinateur, "il fait preuve d'aisance dans le maniement de la palette graphique et use de toutes ses possibilités pour travailler ses profondeurs de champ, les clairs-obscurs et les différentes teintes". Le duo avait déjà émerveillé dans Love. Brrémaud et Federico Bertolucci récidivent dans cette nouvelle série qui possède tous les ingrédients d'un prochain incontournable.

Loin derrière pointe la proue du fier vaisseau des Campbell (Dupuis) qui pose l'ancre pour la dernière fois, du moins pour ce premier cycle. Munuera est parvenu en cinq tomes à rendre ses personnages terriblement attachants, notamment les deux terribles frangines, Itaca et Génova, à distiller une bonne dose d'humour au fil des pages et à préparer le lecteur à un bouquet final qui, cerise sur le gâteau, parvient encore à surprendre. Et en attendant de retrouver les membres de la famille Campbell, pourquoi ne pas aller jeter un oeil sur Zorglub du même auteur...

Bien malin le lecteur qui aura prédit avec exactitude la fin du premier cycle de Frnck (Dupuis). Et quel plaisir, également, d'avoir suivi pendant quatre tomes les aventures d'un gamin projeté, bien malgré lui, au temps des dinosaures. L'accroche aurait pu faire long feu : des dialogues sans voyelles, c'est rigolo. Oui, mais après ? Après, c'est une avalanche de situations cocasses, de dialogues percutants qui permettent d'aborder des thèmes beaucoup plus sérieux comme le décès d'un proche. Olivier Bocquet et Brice Cossu se sont régalés, cela se voit à chaque coin de page. La bonne nouvelle ? Nous aussi.

Meilleure couverture

Que faîtes-vous lorsqu’on vous souffle la fumée d’une cigarette au visage ? Vous montez en température, jusqu’à une incandescence digne d’une tige de huit fraîchement allumée, prêt(e) à tous les excès ? A la découverte de la couverture de Nada de Max Cabanes (Dupuis), c’est un peu la même chose. Enfin, pas du tout. Le contraire en fait. Pas question de distribuer une droite. Plutôt rester bouche bée, face à ce nuage s’échappant d’un O serti d’un rouge arme de séduction totale. La suite ? Une volute à l’allure ectoplasmique, aérienne comme une illusion ou une promesse qui s’envole. Osez, voyez ce qu’il y a sous la couverture : un grand bouquin.

Dans un registre totalement différent, la « devanture » de Florida (Delcourt) de Jean Dytar fascine également. Une flotte conduit à coup sûr quelques équipages vers un territoire boisé, dense, probablement inexploré. Le design, futuriste, impose une mer d’huile qui contraste avec le(s) danger(s) imminent(s) ou, en tout cas, l’inconnu qui constitue le quotidien des aventuriers et autres cartographes. Et oui, on peut dessiner des bateaux sans s’attacher à la réalité de la poulie de machin qui pendouille au bout du bidule. Stylisée. Oui, c’est ça, du « staïle ».

Le prix du Jury

Le Jury a eu un coup de cœur pour Malaterre de P-H Gomont (Dargaud). Personnage de fiction puisé à la source du vécu, son Gabriel est un beau parleur, un rien réfractaire son époque, dont on suit les tribulations avec la distance prudente destinée à ceux qui intéressent sans jamais inspirer une empathie sans réserve. Au vu de ses actes, en particulier au sein de la cellule familiale, certains emploieront le terme de « salaud », sans qu’il y ait à s’offusquer. A son crédit, il poursuit un objectif... Toujours est-il qu’on ne lâche pas ce beau livre, très bien écrit, superbement mis en scène. Comme pour Perreira prétend, les couleurs sont un enchantement, la liberté des compositions des planches gratifient de cases affranchies de tout carcans et quelques trouvailles (fumée de cigarette) séduisent et restent en mémoire. Nouvelle démonstration du talent d’un auteur incontournable.

Le prix des chroniqueurs

Comme indiqué précédemment, l'Âge d'Or vol.1 (Dupuis) est le prix des chroniqueurs 2018. Rappelons encore une fois l'enthousiasme de l'un d'entre eux : « Véritable roman médiéval, L’Âge d’or plonge le lecteur dans un XVe siècle concret et réaliste. Roxanne Moreil a rassemblé et mis en scène une foule d’éléments glanés au fil de l’Histoire (Jeanne d’Arc, les jacqueries annonçant la Réforme, le règne de Charles IX, etc.) et de l’imaginaire collectif (Robin des Bois, Don Quichotte, La Légende dorée). Le tout est raconté magistralement sous la forme d’une saga digne des plus grands textes du répertoire. Outre les moments d’aventure pure où l’on ferraille pour sauver sa peau avant de sauter sur sa monture et s’échapper de quelques traquenards, la scénariste a également nourri sa narration de réflexions à propos du pouvoir et ses obligations. (au sujet du graphisme) Décompositions de l’action, double planches panoramiques tout en profondeur, jeux de lumières audacieux et personnages croqués dans leur « jus », le travail du dessinateur (Cyril Pedrosa) dénote d’un talent et, surtout, d’une maîtrise impressionnante. Au final, le mélange entre un design sorti des âges et une réalisation high tech s’avère surprenant de justesse. »

Quelques rappels à propos des BDGest'Arts

Du 11 au 29/12/2018, bdgest.com a organisé ses traditionnels BDGest’Arts. Pour la 16e année consécutive, les habitués du site (120.000 inscrits en décembre 2018) étaient invités à élire leurs favoris dans 7 catégories.

. Récit court Europe (one shot ou dyptique)
. Série Europe
. Comics
. Manga – Asie
. Premier album
. Album Jeunesse
. Couverture

Pour chaque catégorie, un Jury a établi une présélection de 10 titres maximum publiés en 2018 soumis au vote du public. Ce Jury était composé de douze membres inscrits sur le site, parmi lesquels on trouvait les administrateurs, des chroniqueurs réguliers, un libraire et des amateurs éclairés, tous gros lecteurs de bandes dessinées.

Pour la catégorie 1er album, l'album doit être la première œuvre publiée pour l’un des auteurs au moins.

Pour participer, il suffisait d'être un visiteur enregistré sur le site bdgest.com au moment de l’ouverture du vote, c'est-à-dire le 11/12/2018.

Une remise de trophées aux lauréats aura lieu à Angoulême le 25 janvier 2019.

BDGest' offre les 66 albums de la sélection à un votant

Pour associer un de ses membres au 20ème anniversaire du site, les dirigeants de bdgest.com offrent l'intégralité des 66 albums composant la sélection BDGest'Arts 2018 à l'un des votants. Tiré au sort parmi 2.982 participants, M. Philippe Barre recevra prochainement son prix.