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BDGest'Arts - Le palmarès 2011

La neuvième consultation de lecteurs organisée par BDGest a livré son verdict, Portugal de Cyril Pedrosa (Dupuis) est désigné comme l’Album de l’année 2011. Sans forfanterie, cette distinction est d’autant plus significative qu’elle résulte des votes recueillis dans le cadre, à notre connaissance, de la plus vaste consultation publique organisée chaque année.

Une fois encore, l’équipe de BDGest vous remercie d'avoir exprimé vos choix, en étant toujours plus nombreux à le faire et à suivre l’évolution des résultats pendant deux semaines et demi (plus de 3.000 votants, dont près de 2.700 pour la catégorie majeure de Meilleur album).

Comme l’année précédente, les libraires ont eu la possibilité de nous présenter plus de 3.800 nouveautés en 2011 (source : rapport de Gilles Ratier pour l'ACBD). C’est dans ce vivier que les membres du Jury ont sélectionné les titres soumis au vote public. Le choix a été délicat mais la sélection peut être considérée comme équilibrée et relativement représentative du choix offert à tous les amateurs de BD au cours des douze derniers mois.

L’offre éditoriale est riche et variée et cette sélection tente d’en rendre compte en privilégiant, logiquement, la qualité des œuvres. Rappelons-le : éveiller la curiosité, inviter à dépasser le champ de ses lectures habituelles... sont les objectifs du site au quotidien. Si, à la découverte des titres en lice, les BDGest'Art ont contribué à ce que certaines livres soient recherchés, feuilletés, lus ou offerts, nous nous en réjouissons.

Par rapport à l'an passé, la participation aux BDGest’Art a une nouvelle fois fait un bond en avant (à nouveau + 15 % par rapport à l’année précédente). Ce bon résultat en accompagne d'autres pour le site : plus de 61 millions de pages vues en 2011 (+ 8 %), près de 500 chroniques publiées, 191 previews d'albums présentées, 62 concours organisés, de plus en plus d’interviews proposées, etc. Merci de votre fidélité et rendez-vous mi-décembre 2012 pour la 10ème édition. D’ici là, bonnes lectures et bonne année !

Meilleur Album

Déjà lauréat en 2007 avec Trois ombres (Delcourt), Cyril Pedrosa emporte donc la Palme annuelle avec Portugal (Dupuis), une histoire chargée de doute et d’émotions. Confronté aux affres de la création et à une inspiration défaillante, en même temps qu’à des relations de couple qui semblent vouées à l’impasse, Simon Muchat, auteur de BD, plonge dans ses souvenirs et se libère de la chape de plomb qui pèse sur ses épaules à l’occasion d’un retour sur les terres natales de ses ascendants. Enjoué, invitant à la réflexion, charmeur dans la forme, alternant avec efficacité les atmosphères et les états d’âme pour mieux préserver l’intérêt, ce beau pavé s’inscrit comme une pierre importante dans l’œuvre d’un auteur désormais suivi à la trace. Le succès remporté en librairie (le premier tirage a été rapidement épuisé) montre bien qu’il y a une place de choix pour les gros albums (264 pages), relativement chers (35 €), dans les lectures et sur les étagères des amateurs un tant soit peu exigeants.

À une assez courte encablure, Urban (Futuropolis) s’est comporté en vaillant challenger. Avec Les règles du jeu, Luc Brunschwig offre plus qu’un remake de l’album qu’il avait signé il y a une dizaine d’années sous le titre d’Urban games. Avec cette nouvelle introduction d’une série qui repart d’un pied plus alerte, le soin apporté aux personnages enrichit le discours tandis que le concept de base, la présentation et les effets pervers d’une cité dédiée au divertissement, apparait lui aussi plus fouillé. La richesse graphique dont fait preuve Roberto Ricci pour immerger le lecteur dans la fourmilière de Montplaisir, avec force de détails et de profondeur, est évidemment un argument de taille qui a largement contribué au succès de ce tome d’ouverture.

La troisième marche est aussi occupée par un auteur déjà primé au BDGest’Art (pour Le combat ordinaire en 2003 et 2004), dont chaque album est vivement attendu et dont l’œuvre –au sens strict comme large – suscite toujours des commentaires nourris. Déjà présent dans la sélection en 2009 avec le premier volet, Blast (Dargaud) retient une nouvelle fois l’attention, et mieux, le parcours hallucinant et halluciné de Polza Mancini, proposé par un Manu Larcenet dont la virtuosité graphique laisse par instants pantois, continue de tenir en haleine des spectateurs éberlués et incapables d’anticiper ce qui leur sera proposé par la suite.

Meilleur scénario

Le vainqueur de la catégorie Scénario a des allures de rouleau-compresseur : Alter ego (Dupuis) - plus de 30 % des voix et une course en tête dès le premier jour- , série « large public », a offert à son public en l’espace de six mois six volumes sur les sept programmés à l’origine. Mais la gestion de l’impatience du BDvore n’est évidemment pas le seul atout de la série. À partir d’un concept séduisant, multiplier les entrées possibles dans le récit en jouant sur les facettes diverses et les angles de vue des principaux personnages, Denis Lapière et Pierre-Paul Renders ont su conjuguer aspects feuilletonnants et ludiques. Le fait que les adeptes ne soient pas toujours d’accord lorsqu’il s’agit de dire si un chapitre est « plus fort » ou « plus faible » que les autres, contribue à montrer d’une certaine manière qu’ils ont gagné leur pari. Il leur reste désormais à livrer en ce début d’année une conclusion qui suscitera un enthousiasme partagé : jolie gageure.

Sur leurs pas, une des valeurs sûres des conteurs d’histoire : Christophe Bec. Avec le 4ème tome de Prométhée (Soleil), il déploie à nouveau un savoir-faire indiscutable pour tenir en haleine ses plus fidèles lecteurs comme les plus fraichement ralliés à son panache. La mécanique d’orfèvre qui consiste à alterner lieux et époques, reprises d’éléments factuels appartenant parfois à la mémoire collective, récits légendaires, fantasmes et paranoïa fonctionne avec une efficacité renouvelée, même si le temps est désormais plus à l’action.

En troisième position, on ne trouve pas une série ni une histoire pouvant être apparentée directement à une quelconque théorie du complot (expériences dans Alter ego, hypothèse de manipulation à grande échelle pour la mise en place d’un nouvel ordre mondial évoquée dans Prométhée). Quoique. Inspirée par des faits réels et non œuvre de pure fiction, la source d’inspiration de L’art de voler (Denoël) est bien historique mais l’homme dont il présente le destin a vu lui aussi ses idéaux et ses aspirations mis sous l'éteignoir du système durant la période franquiste notamment. Voir le récit d’Antonio Altarriba en si bonne place dans un vote public illustre d’une certaine manière le regain d’intérêt pour une bande dessinée dite de reportage, au sens large, qui nous offre depuis quelques années des œuvres denses, riches, fortes et poignantes.

Meilleur dessin

En 2006, le premier tome de Servitude (Soleil) avait révélé le talent de créateur d’univers d’Eric Bourgier. Deux ans et demi plus tard, le deuxième volet, apparu à l’époque où l’on regarde au pied du sapin, avait été interprété par de nombreux fans comme un cadeau idéal. Fidèles au poste, ils portent aux nues (près de trois voix sur dix conquises) leur héraut. Le sens du détail, dans la présentation des lieux, de l’architecture, comme la mise en place des séquences d’action continuent de ravir, au point de faire oublier un temps l’attente à laquelle le guetteur sera soumis avant le prochain volume. Minutieux, épique, dépaysant.

Dans un monde ancré lui aussi dans un passé de fiction, Jérôme Lereculey a relevé avec maestria le défi de faire vivre une nouvelle aventure mouvementée aux héros de 7 voleurs. Dans Wollodrïn (Delcourt), le tour de force est bien d’avoir rendu excessivement familières, au point d’avoir le mot de « réalistes » au bord des lèvres, les créatures de légende qui accompagnent les humains avec lesquels elles font équipe. Des décors irréprochables, une mise en scène dynamique lorsque l’action l’impose, une forme de rudesse dans les attitudes complètent un tableau ô combien vivant.

Dans un registre très différent de ses deux confrères, Brüno est lui aussi distingué pour sa mise en images de l’adaptation du roman maritime d’Eugène Sue, Atar Gull (Dargaud). Dans son style unique, sobre pour ne conserver que l’essentiel, et lumineux, le dessinateur installe à chaque fois qu’il est possible une vision en cinémascope des scènes composées par Fabien Nury et propose une vision mémorable du personnage-titre, entre l’icône et le totem, et d’un pirate hallucinant qui appartient à la caste de ceux qu’on adore détester. Incontournable.

Meilleures couleurs

Déjà lauréat en 2009 pour Canoë Bay, Patrick Prugne rafle la mise avec une nouvelle incursion dans le Nouveau monde, du côté de la Louisiane. Le dessinateur et le destin entrainent le jeune personnage de Frenchman dans une contrée riche de promesse et inconnue, luxuriante et fascinante. Le soin apporté aux compositions propices à la contemplation, le parfum du dépaysement, la maîtrise de l’aquarelle pour une œuvre présentée dans une édition soignée, voilà qui a fait fleurir les bulletins dans l’urne à l’heure du vote.

Les trois albums qui suivent cet exercice en couleurs directes mettent à l’honneur le travail de coloristes : Ruby a contribué à donner l’atmosphère si particulière de Portugal (Dupuis) en se sentant aussi libre que le trait de Cyril Pedrosa pour installer des atmosphères changeantes et appropriées ; même souci d’accompagnement minutieux et de valorisation du côté du tome 3 du Grand mort (Vents d’ouest) mis en couleur par Vincent Lapière.

Meilleur premier album

Le prix 2011 tient à souligner la première réalisation d’un dessinateur, Paul Salomoné, pour le travail accompli sur Chili con carnage, tome d’ouverture de la série L’homme qui n’aimait pas les armes à feu (Delcourt) scénarisé par l’expérimenté Wilfrid Lupano. La galerie de personnages à trognes ainsi que le respect des décors et symboles propres ont rehaussé d’une fraicheur bienvenue un récit déjà réjouissant.

Le titre suivant est l’œuvre de deux débutants, Jérôme Legris et Nicolas Siner, qui avec Horacio d’Alba (12bis) nous ont entrainés dans une enclave isolée au sein du royaume italien du XVIè siècle. Là, deux académies de bretteurs s’opposent au sein d’une République imaginaire. Dense, solidement charpenté, le scénario absorbe autant que le dessin charme grâce à un découpage clair, un sens constant du détail et de la lisibilité, que ce soit pour les compositions en pleine page ou les plans plus serrés.

Autre dessinateur qui a fait ses premières armes en 2011, Valentin Sécher avec le Livre premier de Khaal (Soleil), scénarisé par Louis (Escobar le dernier Maya chez Soleil, Sept clones chez Delcourt pour reprendre deux de ses albums récents). Dans ce space opera, la sensation d’immensité et d’ailleurs est permanente et contraste efficacement avec une volonté manifeste d’installer une ambiance graphique des plus réalistes.

Meilleur album jeunesse

Il est dit qu’Emile Bravo occupera toujours le haut du podium du côté de BDGest à chaque sortie d’album. Prix du Jury en 2006 avec la précédente Épatante aventure de Jules, lauréat en catégorie Jeunesse en 2007 avec Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (Gallimard) co-signé avec Jean Regnaud, Meilleur album de l’année 2008 avec Le journal d’un ingénu (Dupuis) avec lequel il ramenait les plus égarés d’entre nous vers Spirou , le voici donc couronné avec Un plan sur la comète (Dargaud). Avec le talent qu’on lui connait, E. Bravo invite toujours les plus jeunes à réfléchir à quelques sujets de société (le pouvoir des firmes, la préservation de l’environnement, les relations entre adultes) abordés en évitant toujours d’être moralisateur ou pontifiant. Placé sous le signe d’un burlesque plus prégnant que d’ordinaire, l’album appartient incontestablement à la catégorie de ceux que les « pères de famille » (les mamans aussi soyons-en sûrs) adorent prescrire à leur progéniture… sans oublier de les lire au passage, pour leur propre plaisir.

Aux côtés de Jules et Janet, deux albums on ne peut plus différents. D’un côté la conclusion du triptyque Celle que… je ne suis pas / je voudrais être / je suis publié chez Dargaud. Au cours des trois tomes, du collège au lycée, Valentine, l’adolescente, a évolué sous la plume délicate et observatrice de Vanyda. Éloge de la simplicité, précieux dans son art de jouer du naturel avec maestria, la série se destine bien entendu au public qui a l’âge de Valentine mais elle est aussi capable de charmer la génération précédente qui n’a rien oublié de ces années-là, qu’elle soit devenue parent d’adolescents ou pas. De l’autre côté, une série qui reprend un personnage hérité du patrimoine du 9ème Art avec la progéniture du Marsupilami. Une fois n’est pas coutume, avec ce Marsu Kids signé Wilbur et Conrad (Marsu Productions), il est agréable de devoir jeter au panier tous les a priori réservés à ce genre d’initiative : l’album est rythmé, l’humour fait mouche, digne des meilleures partitions du genre. Il s’agit bien d’une surprise et elle est excellente.

Le prix du Jury

Faute d’élan unanime, le Jury 2011 n’a pas attribué de prix. Néanmoins, quelques titres et initiatives ont alimenté les débats. En premier lieu, le contrat commenté présenté il y a quelques mois par le groupement des auteurs de bandes dessinées (GABD) du Syndicat National des auteurs compositeurs (SNAC). Ce « véritable mode d’emploi à l’usage des auteurs, dessinateurs, scénaristes et coloristes » est, par nature, utile pour les professionnels mais aussi éclairant pour les amateurs en cette période mouvementée (voir l’entretien avec D.Chauvel publié dans nos colonnes).

Le travail de deux éditeurs a particulièrement retenu l’attention. Ankama tout d’abord pour la diversité des titres proposés au cours de l’année et la place qu’il réserve à des titres et des auteurs (y compris nouveaux) qui sortent des sentiers battus, deux facteurs qui ont installé l’éditeur parmi ceux dont les programmes sont particulièrement attendus. Les éditions Ça et là également, pour les découvertes venant de tous les horizons, dans des genres variés, sont installées dans le paysage.

Du côté des titres, Abélard (Dargaud), Scalped (Panini comics), Hitler (Cornélius) et Immergés (Glénat) auraient pu prétendre à un accessit.

Quelques rappels à propos des BDGest'Arts

Quelques rappels à propos des BDGest'Art :
Du 15 décembre 2011 au 2 janvier 2012, bdgest.com a organisé ses traditionnels BDGest’Art. Pour la 9e année consécutive, les habitués du site (77.100 inscrits début janvier 2012) ont été invités à élire leurs favoris dans le cadre de 7 catégories.

Les catégories

  • Album
  • Scénario
  • Dessin
  • Couleurs (mise en couleurs / couleurs directes)
  • 1er album
  • Album Jeunesse
  • Couverture

Une présélection en amont
Pour chaque catégorie, un Jury a établi une présélection de 10 titres maximum publiés en 2011 qui vont être soumis au vote du public. Ce Jury était composé de onze membres inscrits sur le site, parmi lesquels on trouvait cette année les administrateurs du site, des chroniqueurs réguliers, un libraire, un bibliothécaire et des amateurs éclairés, tous gros lecteurs de bandes dessinées.

Précisions :
Un album ne peut cumuler des citations dans les catégories suivantes : Album, Scénario et Dessin. Pour la catégorie 1er album, il doit s’agir de la première œuvre publiée pour l’un des auteurs.

Qui participe au vote ?
Pour participer, il suffisait d'être un visiteur enregistré sur le site BDGest.com au moment de l’ouverture du vote, c'est-à-dire le 15 décembre 2011.