Cooltrane a écrit:nexus4 a écrit:Le seul que ça réjouit c'est Léautaud qui a dû lui écrire en culotte courte et qui en garde deux choses :
- Une réponse manuscrite
- Un souvenir ému.
Blague à part, même Wolinski c'est terriblement mauvais. Cabu l'aurait mérité 100 fois avant lui.
Moi, aussi Willem, cela m'a troué le cul à l'époque...
Mais disons que depuis ce temps-là, cela me semble moins usurpé, surtout si on considère le
"I" du FIBD
(notez que j'ai choisi de l'orange)
Ceci dit, depuis, j'ai un peu cherché et j'ai vu des reportages sur les Provos (ère beatniks & hippies) à Amsterdam, et il (Willem) était de tout les combats sociaux (pacifiques) et publie son
God, Nederland & Oranje, qui a fait frire toutes bourgeoisies
avant mai 68,et puis il monte à Paris en Mai 68 et commence avec l'Enragé. Nul doute que l'esprit Charlie, il est à la base autant que Cabu ou Wol. Pour l'humour, faut reconnaitre que sa "Hollanditude" ne m'a jamais fait rigoler comme ses compères.
Il est au moins aussi important que Hara-Kiri et Charlie pour la FB, que lui ne l'est pour la BD NL (même si cette dernière n'est - et ne fut jamais - pas florissante), mais je suis d'accord que Cabu et Wol le méritaient plus que lui.
Maintenant si Willem avait gagné juste après Je Suis Charlie (plutôt que deux ans avant), cela aurait moins soulevé de sourcils.
Tu as vu juste Nexus, oui, j'ai conservé le manuscrit de son interview et qq cartes et lettres, plus un dessin original. Minimum minimorum.
Willem était un ovni dans le Hara-Kiri des années fin 60 (un peu comme Topor dans les premiers numéros), et sa radicalité (dans le trait et dans l'esprit) exposait un temps d'avance sur ce que dessinaient alors Cabu et Wolinski.
Willem, c'était le coup de poing dans la gueule du bon goût et du beau dessin.
Le gars m'intriguait, et un jour j'ai eu l'occasion de l'interviewer (paru dans Bulles-Dingues n°15 à l'occasion du second festival international de Grenoble, avec une couverture qui en a fait dégueuler plus d'un

), à l'époque c'était la seule interview sur lui.
Par la suite je le revoyais régulièrement à Angoulème toujours aussi bien habillé et courtois, à mille lieux de ses dessins féroces et de sa légende Provo (qui comptait, à mes yeux)

.
Il était le seul à tenir une rubrique régulière de la presse française underground et fanzinesque, dans Charlie puis dans Libé. Merci Willem.
Son dessin "oui Medef" je le trouve vraiment punchy et excellent avec ce gros porc aboyant sur la misère du monde qui fait sa fortune. Un dessin qui aurait pu paraître dans la presse anarcho-syndicaliste d'avant 14 telle l'Assiette au beurre , toujours d'actualité.
Chaque auteur de l'épopée du Square apportait son génie graphique et sa charge iconoclaste, Willem en était légitimement un des fleurons (je me refuse à hiérarchiser)