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S œurs des vagues – Quand la mer se retire, les secrets remontent

Nouvelle-Écosse, 1914. Tandis que l’Europe s’enlise dans la guerre des tranchées, le petit port de Peggy’s Cove attend le retour de la dernière pêche à la morue. Les temps sont difficiles et la localité s’est peu à peu vidée de ses hommes partis en mer. Ne subsistent que les femmes, les enfants et quelques anciens. C’est dans ce contexte qu’un mystérieux rescapé s’échoue sur la côte. Couvert de tatouages de marin, l’homme semble avoir perdu la mémoire. Au même moment, deux émissaires liés à la pègre de Halifax débarquent dans la bourgade à la recherche d’un bateau disparu. La tension monte dans ce coin isolé où cinq habitantes, unies par un secret, vont tenter de préserver leur communauté.

Avec Sœurs des vagues, Tristan Roulot et Mikaël signent leur première œuvre commune, bien qu’ils se connaissent de longue date. Installés tous deux au Québec, ils situent leur intrigue sur la côte néo-écossaise, territoire marqué par un brassage de populations où se croisent héritages germaniques, anglo-saxons, écossais et acadiens. Ce décor nourrit un scénario qui mêle polar, chronique sociale et fresque historique.

La trame repose sur les codes du roman noir : une investigation principale ramifiée de sous intrigues qui trouvent peu à peu leur dénouement. Naufrage, affrontement avec deux malfrats, liens plus intimes entre certains protagonistes, dimension historique, portée sociale, pointe de romance et soupçon de mysticisme s’entrelacent. Quelques touches burlesques viennent aussi alléger la tension.

Au centre du livre s’impose la place des femmes dans cette communauté. Quand les marins larguent les amarres, elles assurent l’essentiel du quotidien : élever les enfants, gérer les foyers, entretenir les terres ou réparer le matériel. La raréfaction de la morue fragilise pourtant l’économie du littoral. Face à cette précarité, certaines imaginent fonder une conserverie de homard, projet émancipateur qui pourrait transformer leur avenir.

L’histoire puise aussi dans la réalité. Le personnage du rescapé s’inspire de William Clark, figure associée à une légende maritime selon laquelle il aurait survécu à plusieurs catastrophes, dont le naufrage du Titanic en 1912 et celui de l’Empress of Ireland deux ans plus tard dans l’estuaire du Saint-Laurent. Un mythe que les auteurs réinterprètent pour nourrir leur fiction.

Si l’action se déploie dans de vastes espaces côtiers, l’album fonctionne pourtant comme un huis clos. Peggy’s Cove apparaît comme une enclave isolée, accessible par un seul passage terrestre. Ce resserrement géographique intensifie les tensions entre habitants ; les difficultés économiques et l’absence prolongée des hommes exacerbent les rivalités. Trois visiteurs suffisent à bouleverser un équilibre déjà fragile. L’atmosphère se teinte parfois mysticisme. Dans ces communautés littorales, foi et croyances populaires occupent encore une place essentielle. Lorsque les événements tournent mal, la peur engendre la suspicion, parfois jusqu’à l’irrationnel. Cette part d’ombre confère au récit une étrangeté singulière, entre réalisme et fantastique.

Graphiquement, Mikaël joue avec les codes du western tout en conservant l’ancrage canadien du décor. Les paysages battus par les vents, les falaises abruptes installent une ambiance âpre. Fréquemment, ciel et mer se confondent, privant les protagonistes d'horizon.

Entre drame maritime, portrait collectif et chronique d’une communauté en lutte, Sœurs des vagues s’impose comme une œuvre dense où se mêlent intrigues, croyances et luttes sociales. Dans ce port reculé battu par l’Atlantique, l’océan façonne les destins autant qu’il les met à l’épreuve.

Par E.Benoit
Moyenne des chroniqueurs
8.5

La Preview

22/01/2026 | 12 planches

Informations sur l'album

Sœurs des vagues

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Note: 4.8/5 (12 votes)

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L'avis des visiteurs

    Hachepe Le 15/02/2026 à 19:12:04

    Mickael sort partiellement de sa zone de confort avec cet album à 4 mains après les 3 extraordinaires diptyques qu’il avait réalisé en solo.
    L’atmosphère est pesante sur cette île. Tout le monde s’épie et l’arrivée d’un naufragé va faire exploser ce petit village qui vit en vase clos depuis des années
    Un bel ouvrage riche et passionnant