Gosse et les berges, le premier tome de cette série jeunesse rétro avait permis à Lucas Méthé d’introduire Gosse, un petit gamin sympathique, flanqué de Floude, son chien fidèle. Quelques péripéties amusantes présentaient son univers situé en Drôme, en bordure du Rhône et face à l’Ardèche. Le second volume, Gosse et son ami Taigne, voyait ce duo à la vie et à la mort remonter le fleuve jusqu’à Lyon. Il est donc logique de voir le héros prendre la direction opposée pour sa troisième aventure. Le Sud, l’embouchure dans la Méditerranée et, après une courte halte à Marseille, une île (quasi-)déserte va servir de cadre à un récit rempli de risques et de rebondissements.
Plus grave et explorant des sujets moins enfantins que précédemment, Gosse et la Myrtille voit le retour d’un personnage ambiguë : le père de Taigne, bandit de son état. Son rejeton étant une cause perdue, ce dernier, en bon père de famille, essayera de former Gosse à son «métier» de brigand. Heureusement, ses tentatives resteront sans grand résultat. En effet, la candeur et la générosité du petit garçon se montrent à toute épreuve. Pour compliquer les choses, ce trio improbable est rapidement rejoint par la mère de Taigne. Elle est enceinte jusqu’aux yeux et est très remontée contre son mari. Coincée sur un îlot fait de roches et pauvre en ressources, la cohabitation va s’avérer ardue, si ce n’est épique. Sans compter que l’auteur a gardé quelques surprises dans sa besace…
Des personnages en pleine autonomie, une situation tendue, des défis permanents et, aussi, des moments de bonheur, Méthé n’essaye pas de donner des leçons de vie ou d’accompagner le lecteur. Il raconte simplement une histoire, pas mal farfelue et plus sombre qu’il y paraît. Discret, il laisse à sa distribution le soin de mener le bal. Il fait chaud, il faut trouver de l’eau. Myrtille succombe à la violence, cachons ses armes. Les enjeux sont simples (au premier abord). Tant mieux, leurs résolutions seront aisées. Pour le reste (la morale, les sentiments, etc.), comme tout le monde fait de son mieux, il ne devrait pas avoir de problème. Cette limpidité et cette honnêteté dans les actions s’avèrent admirables et bienvenues. Pas de prêchi-prêcha, seulement la vie et les conséquences de ses décisions. Des fois ça passe, des fois pas. Le choc encaissé, il n’y a qu’à se relever et tenter de faire mieux.
Illustrations à l’aquarelle aux teintes patinées, trait rond et découpage tout en subtilité, Gosse et la Myrtille est un plaisir à parcourir. Avec son sens de la nuance, ses allures datées et intemporelles, Gosse - la série dans son entièreté en vérité - est une invitation à prendre son temps et à (re-)découvrir l’importance de l’instant présent.








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