U
n incendie, un de plus. À croire que cette ville est maudite. Cette fois, c'est la Rookery, au cœur du vieux Gotham, qui s'embrase. Dans ce quartier abandonné par les autorités publiques, fait d'habitations de fortune et de rues sans nom ni numéro, impossible de s'y retrouver sans être originaire du coin. Même pour le plus grand justicier de la ville. Lorsque Batman arrive sur les lieux, il est déjà largement trop tard. Et un corps sans vie, à moitié calciné, est retrouvé à l'intérieur du sèche-linge d'un lavomatique…
Les paréidolies sont des illusions visuelles et mentales qui consistent à voir des formes familières dans des images vagues : un animal au milieu des nuages, un visage fait d'une tâche d'encre, etc. Pour cette nouvelle enquête, le chevalier noir pense régulièrement à ce phénomène pour ne pas se laisser aller à des déductions hâtives : vérifier les faits, confirmer les hypothèses et s'en tenir à des conclusions incontestables. Après la découverte du cadavre, la piste d'un vieux gang tombé dans l'oubli il y a fort longtemps, le Red Hood, émerge rapidement. Mais est-ce la vérité, ou une simple illusion de l'esprit ?
Cette troisième affaire des Dark Patterns prolonge le plaisir ouvert avec les deux premiers volumes de la série en mettant en scène un Batman posé et réfléchi, avec un rôle assumé et bien campé de détective – ce rôle que la production récente a, parfois et à tort, perdu de vue. Reste que cet opus est, à tous points de vue, moins puissant que les précédents. Plus classique, le scénario de Dan Watters (The one hand & the six fingers) est solide mais sans véritable surprise (les habitués du genre auront rapidement anticipé les évènements). Le sentiment est le même pour ce qui est de la partie graphique assurée par Hayden Sherman (dessin) et Tríona Farrell (couleurs). Les choix de composition s'avèrent plus sages et les teintes assez communes par rapport, en particulier, à ce qui avait été proposé à l'occasion de La tour aux mille voix. La lecture n'en demeure pas moins un bon divertissement dont l'histoire est globalement bien menée.
Un peu moins mémorable que les autres tomes, Paréidolie est suffisamment agréable pour que les amateurs attendent avec impatience le quatrième et dernier volet : L'enfant de feu.









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