L
es relations entre parents et enfants sont souvent compliquées. Audrey devint maman très jeune. Manquant de maturité, elle fut loin d'être exemplaire. Souvent absente, incapable de nouer une relation intime avec son enfant, elle a bénéficié du soutien de sa sœur pour combler le manque qu'elle a causé. Désormais, elle veut que cela change, et quoi de mieux qu'un voyage mère-fille pour resserrer les liens ? Elle se heurte d'entrée à l'hostilité de Misha. En effet, iel a fait depuis quelques temps son coming out non-binaire et iel est en colère contre sa mère, qui multiplie les maladresses qu'elle perçoit comme un déni face à cette nouvelle identité. Un gouffre d'incompréhension s'est creusé entre elleux. Après s'être tant perdus, parviendront-iels à se retrouver l'un.e et l'autre ?
L'ambiance est glaciale dans la voiture. Puis, un mauvais embranchement les mène sur un sentier isolé en forêt. Ni la carte ni le GPS ne semblent pouvoir leur venir en aide. En explorant les environs, iels échouent dans un village étrangement désert. Sans le savoir, iels ont traversé un portail qui les a méné.e.s dans le Royaume des Esprits où il ne fait pas bon être un humain. Il leur faut trouver une issue. Peuvent-elles compter sur l'aide d'Odun, un homme-loup charmeur mais inquiétant ?
Dans ce récit, les protagonistes sont plongés dans un univers fantastique qui les force à remettre leurs certitudes en question. Le monde imaginaire dans lequel iels sont prisonnier.es. regorge de créatures étranges, parfois inquiétantes, voire mortellement menaçantes. Le bestiaire imaginé par Asken Adel emprunte à de nombreuses traditions folkloriques. Le titre français évoque immanquablement Le voyage de Chihiro. L'influence de Myazaki saute aux yeux, mais elle est loin d'être la seule. Les origines danoises de l'auteur s'expriment également, apportant une touche personnelle bienvenue. Si le style visuel s'inscrit clairement dans le style composite, mélange d'animation, de manga, de comics et de franco-belge, il se caractérise également par une véritable personnalité, encore un peu timide par moment, mais très prometteuse.
Il est par ailleurs dommage que l'éditeur n'ait pas conservé le titre original, Love, Misha, qui fait directement référence à l'excipit de la lettre que Misha essaye de rédiger pour Audrey pendant leur périple. En mettant l'accent sur le besoin de réconciliation, cette formule donnait une couleur différente au récit, plus proche des intentions de l'auteur.








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