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Je viens de lire... [COMIC]

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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede silverfab » 04/08/2016 19:14

Message précédent :
Oncle Hermes a écrit:Ah, j'avais loupé ça !



Moi pas ;) je me lis ça ce week-end et je vous dis quoi!
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OMAC #1 à 8 (Didio, Giffen, Koblish, HI-FI,Lanham)

Messagede artemus dada » 07/08/2016 13:25

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Chaque titre d'épisode peut s'abréger en O.M.A.C.
Kevin Cho est employé dans une start-up lorsqu'il devient malgré lui la victime d'une machination qui le transforme en OMAC, un monstre surpuissant, invincible et monolithique. Face à lui et sa force incommensurable, même Superman et Frankenstein auront fort à faire !

…. OMAC autrement dit, One Man Army Corps (ou Organisme Métamorphosé en Armée Condensée) est une idée que Jack Kirby (dit Le King) a eu du temps où il travaillait encore pour l'éditeur étasunien Marvel : une sorte de Captain America du futur, mâtiné d’un autre concept du King, un peu plus ancien : Tiger 21 (alias Starman Zero).
Tiger 21 aurait dû raconter l’histoire d’un astronaute transformé en androïde pour survivre aux longs voyages intersidéraux, mais ce concept de 1948 n’a pas trouvé acquéreur sur le marché des comic strips auquel il était destiné.

OMAC sera finalement publiée dans sa série éponyme, en 1974, alors que Jack travaillait pour l’éditeur DC Comics ; il y est resté de 1970 à 1975 avant de retourner chez Marvel.
• Et pour la petite histoire, Jack avait dans l’idée de rattacher ce personnage à son autre héros du futur Kamandi, en faisant de l’alter ego d’OMAC le grand-père de ce dernier.

Mais à l’époque le marché de la BD étasunien n’est pas très florissant, de graves dysfonctionnements, pas très éloignés de ce qu’on pourrait appeler une escroquerie sont alors à l’œuvre (Pour en savoir +) et DC Comics rencontre de sérieuses difficultés de distribution, et paye le prix (c’est le cas de le dire) d’une mauvais politique tarifaire face à son concurrent principal : Marvel Comics.
En outre Jack Kirby ne fait plus (autant) recette, ses séries : « Le Quatrième Monde », Kamandi, The Demon et OMAC s’arrêtent au fur et à mesure ; et son génie créatif – dopé contractuellement (60 pages/mois) - qui l’autorise à créer encore et encore, ne rencontre pas suffisamment son public malgré le soutient de Carmine Infantino (alors editor in chief de la Distinguée Concurrence).
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…. 2011. Les scénaristes Dan Didio & Keith Giffen, sous l’égide du New 52, le nom donné à la reconfiguration de l’univers partagé de DC Comics de l'époque (nous sommes aujourd’hui sous les auspices d’une nouvelle configuration dite Rebirth), lancent un nouveau mensuel intitulé OMAC (One Machine Attack Construct) qui durera, comme celui de Kirby, 8 numéros.
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C’est accessoirement un aspect assez simple, qui m’a donné envie dans un premier temps, de m’intéresser à cette nouvelle série.

En effet, la crête qu’arbore le personnage principal, et plus précisément l’effet que lui donne l’équipe artistique, a eu un effet d’attraction très puissant sur moi.
Cet attrait purement visuel est d’ailleurs un aspect assez révélateur du contenu, puisque le scénario de ces huit numéros fait la part belle à l’image, et privilégie l’aspect visuel.
Hommage direct au King, OMAC enchaîne les affrontements, que l’équipe artistique rend extrêmement spectaculaires : lettrage soigné et différencié, phylactères, onomatopée, « kirby kracles », couleurs, rien n’est laissé au hasard ; et c’est à un véritable spectacle pyrotechnique, à un feu d’artifice de puissance et d’énergie, qu’on nous propose d’assister.

Si le scénario est d’une linéarité à toute épreuve, il n’engendre cependant pas l’ennui grâce à des dialogues décalés et souvent drôles.
Les personnages – dont l’aspect caricatural n’est pas gommé - ne sont pas en reste, et s’intègre avec beaucoup d’élégance dans cette série très « premier degrés ».
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Tout est d’ailleurs prétexte à l’amusement, que ce soit les titres de chaque numéro, les notes de l’éditor, ou encore les crédits rédigés dans la grande tradition de Stan Lee & du Bullpen.
Une série très « premier degrés » disais-je mais où les clins d’œil ne sont pas absents.
Comment pourrait-il en être autrement avec un tel personnage :
Image
Notez le "eye" qui remplace le "I". [-_ô]

Le nouvel OMAC évoque autant le talent que Jack Kirby mettait dans ses créations technologiques les plus folles (et il y en a eu), qu’une autre de ses inventions à la puissance tout aussi destructrice et incontrôlable qu’OMAC : j’ai nommé Hulk.

…. En définitive OMAC laisse une très agréable impression, et la brièveté de son «existence» en fait rétrospectivement l’une des forces principales.
8 numéros, c’est largement suffisant pour réjouir les rétines et semer la zizanie chez nos zygomatiques. Mais pas assez pour lasser les amateurs.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Freebird » 08/08/2016 20:13




Amanda Waler recrute, au pénitencier de Belle Reve, une équipe de criminels méta-humains n'ayant plus rien à perdre pour effectuer les missions les plus dangereuses, au nom de l'état américain. Deadshot, Dark Spider, Savant, King Shark, El Diablo et Harley Queen doivent donc collaborer et se supporter dans des environnements pour le moins hostiles. Gros méchants, action, bagarres, humour, tout est là, bien écrit, bien rythmé, superbement illustré. Quelques flashbacks narrent comment une psychiatre intègre va basculer en suivant un de ses patients appelé ... le Joker. Des idées à foison, des audaces graphiques. Un très bon moment de lecture.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Nirm » 08/08/2016 21:42


La chronique de Original Sin par O. Vrignon est en ligne.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Charlus » 08/08/2016 22:35

Je viens de finir les 2 premiers tomes de Postal. Je remets ce qu'anaxarque en disait à l'époque
anaxarque a écrit:Image

Postal, volume 1, scénario de Bryan Edward Hill et Matt Hawkins, dessins de Isaac Goodheart, Image comics, 2015

Ce recueil regroupe les numéros 1 à 4 de la série.


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Postal, volume 2, scénario de Bryan Edward Hill et Matt Hawkins, dessins de Isaac Goodheart, Image comics , 2015

Ce recueil regroupe les épisodes 4 à 8 de la série, ainsi que le numéro spécial Postal Dossier 1.

[...]

Image a le bon goût de publier des séries originales en laissant les scénaristes et les dessinateurs s'exprimer : en plus Image à une politique sympathique vis-à-vis de son lectorat en "soldant" le premier volume d'une nouvelle série pour environ neuf euros.

Postal est assurément un des machins les plus barrés que j'ai lu ces derniers temps, un mélange improbable de Banshee, Rain Man, et Sherlock Holmes. Si, si.

Nous nous trouvons à Eden, bourgade de 2000 habitants. Mais, Eden n'est pas une commune du Wyoming comme les autres. Non seulement elle n'a pas d'existence légale mais en plus elle n'abrite que des criminels forcenés ayant fui le système juridique américain en quête d'un havre de tranquilité.

A Eden, tant qu'on suive certaines règles (interdiction de communiquer avec l'extérieur par des moyens modernes comme Internet, mettre un terme aux activités criminelles trop voyantes pouvant nuire à la tranquilité de la ville), on vous offre un logement, une nouvelle identité, un nouveau visage.

Ici, comme le plaît à le dire le Maire, Laura Shiffron, aux nouveaux : "Bienvenue à Eden, nous sommes tous des pêcheurs".

Certes, il y a quelques récalcitrants, mais ceux-ci sont exécutés publiquement dans l’Église par le Pasteur, également membre de confédération aryenne, après un édifiant sermon.

Le personnage principal est le postier d'Eden.

Le jeune Mark Shiffron, fils de Madame le maire est affligé d'une forme d'autisme. Certains pensent que c'est un Asperger, d'autres que c'est autre chose comme un traumatisme enfantin. Inadapté en société, considéré comme un simplet, il a pourtant un QI démentiel qui lui offre un sens de l'observation impressionnant ainsi qu'une mémoire absolue.

D'une franchise désarmante, il est affublé de TOC : par exemple il ne peut entrer dans le seul restaurant de sa ville qu'à midi précise, et commande toujours le même menu en exigeant que ses frites ne soient pas mélangées avec son burger, seule la jolie serveuse Maggie, dont il est amoureux, doit lui apporter son menu.

Mark sert en réalité d'espion pour sa mère, il lit et mémorise tous les courriers entrants et sortants de la commune, afin de savoir qui fait quoi. Il surveille également les allées et venues de ses concitoyens et remarque, à la couleur de la Terre sous les pneus des véhicules qui va où.

La cité pourrait paraître tranquille et sous contrôle.

Pourtant, quand le corps d'une jeune fille, étrangère à la communauté, sauvagement mutilée, et marqué au fer rouge, est retrouvé sur la place publique, tout bascule. Laura se met à frémir. Quelque chose attaque la communauté.

[...]

Les scénaristes, avec leur galerie d'anti-héros improbables, passionnent le lecteur dès la première page. Mark est parfaitement crédible en jeune homme handicapé et lourdement névrosé.

La violence est omniprésente, mais elle est tempérée par l'improbable et délirant flirt entre Maggie et Mark, ou par les relations absurdes et malsaines entre Mark et sa mère. Le dessin réaliste, renforce le coté malsain et corrompu de cette ville d'Eden, qui n'en est pas un.

Une excellente surprise, espérons que les ventes offrent une durée de vie conséquente à cette série !


ALors une petite correction, le personnage de Mark a bien un syndrome d'Asperger, c'est clairement posé. Et pas trop mal traité.

Pour le reste, c'est vraiment bien, pas mal écrit du tout, et avec ce principe de ville où chacun vient avec un passé caché, tout est possible.

Au final, il y a un coté "Scalped" mais en plus propret, plus civilisé, mais pas moins barré.

Je conseille !
"He ben ça, mon vieux, c'est pasqu'on travaille beaucoup trop !
On a plus temps de choper de la caille !"
(Plageman à Pennak in "Plageman").
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DREAMWAR (Giffen/Garbett)

Messagede artemus dada » 09/08/2016 17:28

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…. Dreamwar, crossover au titre programmatique, organise la rencontre de deux univers : celui de DC Comics au travers de ses créations les plus connues : La Justice League, la Légion des Super-héros, la JSA, et celui de WildStorm la maison d’édition de Jim Lee, rachetée par DC Comics en 1999.
Si les personnages de WildStorm sont peut-être un peu moins connus (je pense par exemple à Welcome to Tranquility qui raconte les aventures de super-héros retraités), Keith Giffen le scénariste des 6 numéros regroupés et publiés dans l'Hexagone à l’initiative de Panini : Traduction d’Alex Nikolavitch et lettrage d’Alessandro Benedetti, à l’heureuse idée de regrouper les personnages en fonction de leurs similitudes.
Ceux de Welcome to Tranquillity font donc la connaissance de la Justice Society of America grâce à leur point commun : l’accès à la « carte vermeil » des super-héros.

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En effet, la particularité des personnages inventés au sein d’Image Comics – le label qui regroupait les maisons d’édition fondées par des dessinateurs, « dissidents » si j’ose dire, de Marvel Comics : Rob Liefeld, Erik Larsen, Jim Valentino, Todd McFarlane, Marc Silvestri et donc, Jim Lee, est qu’ils étaient souvent des copies de ceux qu’on pouvait trouver chez la Distinguée Concurrence ou largement inspirés de ceux de la Maison des idées. Du moins les séries les plus populaires des Big Two.

Ce qui en soi n’est jamais que la continuation de ce qui se fait depuis les années 1930 ; la bande dessinée de super-héros est un immense miroir aux silhouettes dont les premiers reflets datent si je puis dire, de 1939, avec l’invention du Wonder Man de Will Eisner.
Mais ceci est une autre histoire.

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Cela dit l’opposition/confrontation – poncif de tout bon crossover – des deux univers se situe aussi au niveau « idéologique ».

.... Généralement les personnages publiés par DC Comics rechignent à tuer, alors que ceux de WildStorm ne s’embarrassent guère de ce détail.
Quand Image Comics est née (1992), l’atmosphère était assez largement au grim and gritty dont l’expression la plus significative se traduisait par des « héros » très durs à cuire et tout aussi désinhibés.
Ceci dit d’une manière générale ; on trouvera certainement des exceptions de part et d’autre.

La série, plutôt chouettement dessinée par Lee Garbett - c’est efficace et très dynamique - repose sur une idée de Keith Giffen, c’est du moins comme ça que je l’ai comprise, qui n’apparaît complètement qu’à la toute fin du run.
Même si quelques indices apparaissent au fur et à mesure.

Si j’ai trouvé cette idée* assez gonflée (dans tous les sens du terme), et plutôt amusante, Keith Giffen semble (justement) tirer à la ligne (là encore rétrospectivement, cela s’explique), et ça se voit.
Et ce remplissage, non dénué d’intérêt néanmoins - comme je l’ai dit Garbett est un dessinateur plutôt efficace, et les dialogues sont made in Giffen - pourrait toutefois amoindrir le plaisir qu’on devrait pouvoir prendre à la lecture de Dreamwar.

À condition d’aimer rire du fanboy (pur et dur) qui sommeille (peut-être) en nous tous ; et que le contenu de mon commentaire ne soit pas le seul fruit de mon imagination (de fanboy).

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Image

.... Je ne sais pas s'il s'agit de « l'une des plus grandes rencontres de tous les temps », mais au pays des super-héros les superlatifs sont souvent de rigueur, en tout cas l'exploration de la nature profonde de l'héroïsme y est possible.

En plus d'être une lecture distrayante.
_________________
* L’idée dont je parle ne fait pas l’économie d’éléments adjacents tout aussi intéressants, que Giffen n’éludent d'ailleurs pas, et qui étoffent intelligemment l’idée générale en fournissant matière à réflexion (toutes choses égales par ailleurs).
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ALL-NEW AVENGERS HORS-SERIE #1

Messagede artemus dada » 23/08/2016 14:45

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ALL-NEW AVENGERS HORS SÉRIE 1 : THE ULTIMATES
irrégulier, 5,70 EUR, 120 pages


Scénario : Al Ewing
Dessins : Kenneth Rocafort
Couleurs : Dan Brown & K. Rocafort
Traduction : Ben KG (MAKMA)
Lettrage : RAM

Découvrez les Ultimates, l'équipe de l'impossible. La Panthère noire, Captain Marvel ou encore Blue Marvel s'associent pour régler les plus grands problèmes de l'univers. Et avant d'enquêter sur la renaissance de l'univers Marvel, les héros vont régler un problème de taille : celui de Galactus !

(Contient les épisodes US Avengers 0 (VI), The Ultimates (2016) 1-5)

SORTIE LE 16 AOÛT


.... La Maison des Idées est composée de briques communes à une multitude de récits. Une sorte de « magasin des accessoires » qui inspire et surtout oriente, l'écriture des auteurs qui travaillent pour elle.

D'où, parfois, une sensation de « déjà-vu ».

De fait, ces nouveaux Ultimates évoquent, pour n'importe quel lecteur un tant soit peu aguerri en la matière, les Fantastic Four.
Et les cinq numéros qui composent le sommaire d'All-New Avengers Hors-Série n°1 auraient pu tout aussi bien être écrits par l'un des plus coalescents duo des Sixties : Stan Lee & Jack kirby.

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Si ce n'est que la très WASP équipe originelle a laissé place à des personnages qui d'ordinaire (surtout dans les années 1960), étaient cantonnées aux marges.
En effet, sous l'égide du scénariste Al Ewing l'équipe des Ultimates regroupe trois protagonistes féminins, un potentat africain, et un scientifique afro-américain qui plus est, âgé de 87 ans !
Du jamais vu dans les annales de la bande dessinée de masse étasunienne (du moins à ma connaissance).

.... Et ce ne sera pas la seule bonne surprise de ce hors-série.

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.... L'aisance avec laquelle Al Ewing met en concurrence des éléments dramatiques qui, sur fond de joutes agonistiques, produisent - de façon intérieure - du désordre ; ou pour le dire de façon plus romanesque de la diégèse, de si bonne qualité ; cette aisance donc laisse augurer d'une série en devenir des plus attrayante.

Du reste, le storytelling de Kenneth Rocafort, pour le moins « baroque », ajoute à la sensation d’inquiétante étrangeté des histoires de ces nouveaux conquérants de l'impossible, à l'accent "technoblabla" très prononcé.

.... Or donc, ce premier numéro emprunte une bien singulière direction, nonobstant la valeur accordée aux "épithètes homériques" dans ce genre de récits - c'est-à-dire l'épithète qui accompagne implicitement ou explicitement, le nom de tel ou tel protagoniste (par exemple Arsène Lupin gentleman-cambrioleur) - et qui disent, par avance, que la nature des personnages ne changera pas. Même si temporairement, les aventures qu'ils vivent peuvent en donner l'illusion, les épithètes finissent par resurgir pour affirmer qu'untel est bien untel.

.... Reste que pour l'instant l'illusion est très attractive, et que si la couverture du recueil publié par Panini se révèle programmatique, The Ultimates sera l'équipe la plus inventive du moment.
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COPPERHEAD t.1 (Jay Faerber / Scott Godlewski)

Messagede artemus dada » 24/08/2016 09:01

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COPPERHEAD tome 1

Bienvenue à Copperhead, un trou perdu situé sur une planète isolée de tout. Clara Bronson, mère célibataire, se prépare à vivre son premier jour en tant que shérif de la ville. Adjoint aigri, exploitation minière aux mains d'un magnat véreux et familles de ploucs, tout semble réuni pour compliquer la vie de la jeune femme. Il ne manquait plus qu'une scène de crime pour compléter ce brillant tableau...

Contient : Copperhead volume 1 (#1-5)
Scénario : Jay Faerber
Dessin : Scott Godlewski
Couleurs : Ron Riley
Traduction : Benjamin Rivière
Lettrage : Moscow * Eye

Collection : Urban Indies
Date de sortie : 19 août 2016
128 pages
Prix : 10 EUR

…. Le scénariste Jay Faerber le déclare sans ambages dans la préface qu’il consacre au premier tome de sa série : Copperhead est un western.
Un peu comme Ghost of mars, à propos duquel John Carpenter son réalisateur déclarait : « Ghosts of Mars se réfère surtout au western hollywoodien », ou encore Outland de Peter Hyams, cousin jovien du Train sifflera trois fois.

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Comme les deux films cités, il a cependant la particularité de se dérouler sur une autre planète que la notre.

…. Nouvellement embauchée par la ville de Copperhead en qualité de shérif, Clare Bronson va devoir faire ses preuves rapidement en résolvant un whodunit (kilafé) tout ce qu’il y de plus traditionnel.
Si ce n’est bien sûr que les victimes, le ou les coupables, non rien de commun avec ce que nous connaissons. Dépaysement garanti !

Les cinq numéros qui composent ce recueil publié par Urban Comics – traduction de Benjamin Rivière et lettrage de Moscow * Eye – donne un bel aperçu du talent de Jay Faerber (Noble Causes et Dynamo5 notamment) qui réussit à présenter la ville de Copperhead, les principaux protagonistes de l’intrigue principale, quelques personnages « secondaires » qui prendront, soyons-en sûrs, de l’importance ultérieurement ; tout cela d’une manière fluide et élégante.

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La mise en récit séquentielle de Scott Godlewski, assisté de Ron Riley à la colorisation, donne l’impédance qui convient grâce à un découpage alerte et surtout très varié ; mais toujours adapté à l’atmosphère du scénario.
Ecrit pour un rythme mensuel (publié à l’origine chez l’éditeur étasunien Image Comics), chaque numéro se termine un point d’intensité maximale qui en fait un page-turner très efficace.
Si Copperhead est une série résolument tournée vers l’action trépidante baignée par une atmosphère mortifère (toutes choses égales par ailleurs), Jay Faerber n’en oublie pas pour autant d’amener quelques situations plus légères où l’humour prime.

Copperhead donne aussi à voir un très beau travail sur les onomatopées, dont on devine qu’elles ont fait l’objet d’une attention particulière.
Et ce travail n’a pas été fait en vain, tant elles ajoutent à l’ambiance des différentes situations une identité sonore qui augmente encore l’immersion du lecteur, et leur intensité propre.

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…. En conclusion Copperhead est un très bon premier tome pour ceux qui aiment le son perforant des coups de feu, et l’odeur de la fumée qui annonce invariablement la conclusion satisfaisante d’une poursuite problématique ; emmenés sur un rythme de montagnes russes (cela va sans dire).
Qui plus est, vendu au prix de lancement de 10 € !

Décollage réussi ai-je envie de dire, et selon l’expression consacrée : vivement le tome 2 !
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Mighty Avengers (Al Ewing and Co.)

Messagede artemus dada » 25/08/2016 09:11

…. Al Ewing semble être un scénariste soucieux de l’histoire de la Maison des Idées et de son cheptel, et l’équipe des Mighty Avengers semble en être un nouveau signe.

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En effet, la création dudit groupe repose sur des fondations bien connues des lecteurs de la Marvel : une menace hors-norme (créée pour le coup au début des années 1970) pousse plusieurs super-héros à joindre leur force pour en venir à bout et, chemin faisant, découvre que l’union fait la force et décide alors de fonder un nouveaux groupe : les Mighty Avengers.
Après quatorze numéros, le scénariste prouvera qu’il a de la suite dans les idées en concluant son run sur le même principe, décliné cette fois d’une manière plutôt originale.
Mais n’anticipons pas.

…. C’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire, et celle formulée par Luke Cage d’être une équipe avant tout dévouée à l’homme du commun si je puis dire, restera lettre morte ; et les Mighty Avengers feront comme le reste des équipes de l’univers Marvel.
Je ne crois pas d’ailleurs que l’installation d’un standard pour recevoir les appels ait finalement vu le jour. En tout cas on n’en entendra plus parler.
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Or donc, comme c’est souvent le cas dans le monde des super-héros, ces derniers seront en grande partie à l’origine des problèmes qu’ils devront résoudre :

…… • Opposition d’ego au sujet du leadership de l’équipe
…… • Vengeance personnelle
…… • « Dispute » familiale
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Reste sur la totalité des 14 numéros une menace qu’ils n’auront pas eux-mêmes créée. En dehors de celle qui les réunit.

Je me demande d’ailleurs si l’idée du super-héros, défenseur de la veuve et de l’orphelin n’est pas un vestige d'un très lointain passé ou plus simplement, une vue de l’esprit qui n’a aucun réel fondement ?

Cela dit je n’ai pas de problème avec l’idée de personnages qui finalement sont à l’origine des problèmes qu’ils affrontent.
On sait souvent ce qu’on fait, mais rarement ce que fait ce qu’on a fait.

En outre Al Ewing est un scénariste plein d’idées, qui n’hésite jamais à les partager ; et c’est un aspect très captivant.

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D’autre part il n’hésite pas non plus (choix ou nécessité ?) à employer des seconds couteaux (voire des troisièmes couteaux) qui deviennent grâce à son talent des personnages qui arrivent à occuper une place de choix dans mon cœur de lecteur.
Je pense en particulier à Adam Brashear alias Blue Marvel, et à Ava Ayala aka White Tiger, dont malheureusement le potentiel ne sera pas beaucoup exploité.

C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques des Mighty Avengers selon Ewing, la plupart des joutes agonistiques – internes ou externes aux personnages – productrices de récit sont assez vite expédiées.
Bien trop vite à mon goût.
En outre il y a peu (ou pas) d’intrigues menées de front, Al Ewing est pour le coup, plutôt adepte de la scansion que du scénario modulaire.

L’impression générale qui me reste de ces quatorze numéros est qu’ils sont très en deçà du potentiel que j’ai cru y voir.
La « responsabilité » si je puis dire, n'est du seul fait du scénariste, elle en revient aussi à l’équipe artistique.

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Greg Land dans ses œuvres

…. En effet sans avoir vu les scénarios d’Ewing, il me semble difficile quelque soit son talent et la précision de ses scripts, de réussir à donner de la densité à son run avec un dessinateur comme Greg Land par exemple, qui dessine des planches de 4 ou 5 cases maximum dont une majorité de gros plans sur des visages en utilisant le format panoramique de façon très répétitive.
Surtout que ces cases 16/9ème n’offrent que très peu d’information.
Il s’agit souvent d’un gros plan, voire de deux personnages face à face, et plein de vide autour.
Ce qui rend assez difficile de mener plusieurs intrigues de front sur la même planche par exemple.

Valerio Schiti propose des planches avec toujours aussi peu de cases mais son découpage moins routinier fait (un peu) illusion, malheureusement c’est le moment où Ewing décide de sacrifier à une longue exposition (le #006) à base de dialogues.
Salvador Larocca, que j’ai connu un peu plus inspiré, ne relève malheureusement pas non plus le niveau lors de sa prestation.
Circonstance aggravante si je peux me permettre, le travail des coloristes, Frank D’Armata en tête, n’est pas du tout à mon goût.

Si j'ai l'air de « conspuer » le versant artistique, je n'oublie pas pour autant la possible ingérence de l'éditorial.
Image
…. Cela dit, ces quatorze numéros ne sont pas dénués d’intérêt.

J’aime beaucoup les personnages d’une manière génèrale, ils offrent des possibilités de développement et d’interactions qui peuvent se révéler très « rentables » sur le plan narratif. Et les résultats, même en dessous de mes attentes, sont déjà appréciables ici.
La floraison d’idées est aussi très encourageante, reste plus qu’à ficeler ça de manière à rendre cette profusion plus captivante (ou plus à mon goût).
L’humour qui sous-tend l’ensemble du run est aussi très agréable (dont l'allusion à Ayn Rand).

Image

Bref, il ne reste plus qu’à espérer une équipe artistique plus conforme à ce que j’attends d’elle, et un Al Ewing plus téméraire (et moins linéaire) pour la suite qui s’intitule – mais vous le savez déjà - Captain America et les Mighty Avengers.

Image
Les Mighty Avengers d'Al Ewing sont disponibles dans la revue éditée par Panini : Uncanny Avengers (V2) n°1 à 8 (Avril 2014-juin 2015).
Traduction : Jérémy Manesse
Lettrage : Alessandro Benedetti & Astarte Design - Roma

À suivre donc ! [-_ô]
Dernière édition par artemus dada le 26/08/2016 06:09, édité 1 fois.
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Messagede geoff42000 » 25/08/2016 09:18

J'aime beaucoup l'humour dans la présentation des personnages dans ces séries, ils trouvent des trucs assez fun en général (je fais référence au "A laissé tomber les alias" par exemple).
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Messagede Nirm » 26/08/2016 07:46



La chronique de Alias (Panini) INT2 par O. Vrignon est en ligne.
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Messagede Oncle Hermes » 26/08/2016 08:00

Nirm a écrit:La chronique de Anita (Panini) INT2 par O. Vrignon est en ligne.

Tu es sûr de ton titre ?..... :D
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Messagede Nirm » 26/08/2016 08:02

:shock: :o :o
Le faussaire, il a modifié ce que j'avais écrit...



:lol: :lol:
Merci. :ok:
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Oncle Hermes » 26/08/2016 08:14

Non mais je vois que la lecture de Crepax a dû être marquante. :lol:


(De rien. :D )
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Nirm » 26/08/2016 08:27

Qu'est-ce que tu dis ?
Je n'entends (plus) rien... :D
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LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS MARVEL : La Vision

Messagede artemus dada » 26/08/2016 14:57

…. Le seizième tome de la collection Le Meilleur des Super-Héros MARVEL (Hachette) propose encore un sympathique sommaire : deux épisodes de la série Avengers datant du Silver Age (1968 pour être précis), et une histoire complète en quatre parties de 2002.

Comme le titre du recueil l’indique celui-ci est tout entier consacré au personnage de la Vision, un « synthézoïde » !!

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La Vision est un être artificiel dont les origines remontent à l’Âge d’or des comic books. C’est aussi l’un des personnages les plus énigmatiques de l’univers Marvel. Revivez la première apparition de Vision dans deux épisodes de la série Avengers, devenus depuis des classiques.
Avec Avengers Icons : The Vision, notamment, le génial scénariste Geoff Johns vous invite à redécouvrir le synthézoïde sous un nouveau jour dans une histoire particulièrement originale.

Si la préface d’Ed Hammond évoque sans surprise la figure légendaire du Golem, et les Robots d’Isaac Asimov, auteur de science-fiction à qui l’on doit notamment les célèbres « trois lois de la robotique » (soufflées par le tout aussi célèbre John W. Campbell) ; il me semble que l’on peut tout aussi bien citer pour le coup un ancêtre tout aussi prestigieux, mais peut-être moins connu, du synthézoïde.

En effet la Vision peut se prévaloir d’un prédécesseur illustre quoi qu’un peu oublier, à savoir, Talos, le gardien de la Crête.

Talos est un automate géant qui selon Jacques Van Herp était un assemblage de métal mû par un système de ressorts et d’engrenages.
Une créature artificielle inventée par Dédale (oui celui du labyrinthe et des ailes d'Icare) pour protéger l’île de Candie, qui ne devait rien à un quelconque procédé magique ou à l’aide des dieux.

Mais, en tout état de cause c’est de la créature de Frankenstein que la Vision est certainement le plus proche. Êtres de synthèse, sans naissance, sans semblable, chacun est à sa manière, un individu absolu.

…. Ceci étant dit, les deux épisodes qui ouvrent ce seizième tome introduisaient à l’époque, au sein de l’univers de l'éditeur Marvel, ce « nouveau » personnage largement inspiré d’une Vision plus ancienne (si je puis dire) créée par Joe Simon & Jack Kirby en 1940 (vue récemment dans les All-New Invaders de James Robinson) ; ce qu’explique d’ailleurs fort bien le paratexte qui complète ce recueil.

Nonobstant l’absence totale de découverte en ce qui me concerne, et le passage du temps, j’ai trouvé ces deux numéros (Avengers #57 & 58) très agréables à lire.

Roy Thomas et John Buscema donnent beaucoup de rythme à l’histoire, chaque personnage à ses propres caractéristiques – qui sont montrées plutôt qu’expliquées -, tous participent à l’aventure ; et si tout cela peut sembler manichéen (ou enfantin), ce n’est jamais infantile.

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…. La suite, plus récente puisqu’elle date de 2002, est une histoire complète, inédite en français, écrite par Geoff Johns et plutôt joliment dessinée par Ivan Reis.

Tout comme l’aventure précédent celle-ci repose sur un moteur dramatique simple : l’introduction d’un élément « perturbateur » dans un système (relativement) stable, en l’occurrence ici une famille (qui n’a rien d’atomique).

Johns habille son récit plutôt agréable même si sans réelle surprises, de nombreuses références.
Ainsi situe-t-il la première apparition de la Vision lors de la New York World's Fair de 1939, autrement dit la Foire Internationale de 1939.
Une allusion à L’Homme de fer-blanc du Magicien d’Oz (de L. Frank Baum), fait d'une certaine manière le lien avec l’Exposition Universelle de Chicago de 1893 qui compte beaucoup dans l’imaginaire étasunien, et donc un antécédent devenu classique.
La Foire Internationale de New York dont le texte d’introduction du guide officiel commençait comme ceci : « Les yeux de l’Exposition sont tournés vers l’avenir – [..] » ce qui pour un personnage dont le patronyme est la « Vision » cela semble de bonne augure.
Il y est aussi question de « gremlins » pas ceux de Joe Dante pour le coup, mais plutôt ceux de Roald Dahl ; revus et corrigés via Matrix par Ivan Reis.

Incidemment les deux histoires proposent en définitive un point de vue assez similaire sur le personnage éponyme.

Bref tout cela se lit très bien, grâce aux traductions respectivement de Geneviève Coulomb et de Stéphane Le Troëdec (MAKMA), et du lettrage de BIT et de Cyril Bouquet (MAKMA), mais offre d’une certaine manière une perspective assez effrayante de l’univers Marvel.

…. En effet ces deux histoires, celle de Thomas et celle de Johns montrent que l’univers Marvel est somme toute un monde ….. orwellien si je puis dire.
Et qui ne s’en cache pas.

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Chacun connaît peu ou prou le célèbre roman intitulé 1984 dont l’une des particularités, probablement la plus connue outre Big Brother, est le novlangue qui est l’incarnation du concept dit de « doublepensée ».
Un concept qui trouvera toute sa raison d’être si d’aventure vous lisez ce recueil.

La doublepensée telle qu’on la rencontre dans le roman de George Orwell permet (ou plutôt oblige) pour le dire vite, d’accepter deux points de vue opposés, et oblige tout autant à mettre (forcément) en veilleuse tout esprit critique.

Là, il ne fait aucun doute que si les deux personnages sont les mêmes, l’histoire de Geoff Johns est incompatible avec celle de Roy Thomas (et inversement).
Et pourtant elles sont présentées dans un même ouvrage comme allant de soi.
Ce n’est plus de la suspension volontaire d’incrédulité dont il faut faire preuve, mais bien de doublepensée.
Et pour ma part je les ai lues sans aucun problème.

Inquiétant, non ?! [-_ô]
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Le Soldat Inconnu (G. Ennis/K. Plunkett/J. Sinclair)

Messagede artemus dada » 27/08/2016 17:22

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…. Scénariste très précoce (et tout aussi précocement talentueux), Garth Ennis commence sa carrière à l’âge de 19 ans, et après un passage par l’hebdomadaire anglais 2000AD, se retrouve à écrire la série Hellblazer pour l’un des Big Two de l’édition de BD étasunienne.
C’est aussi pour DC Comics qu’il scénarise en 1997 la mini-série Unknown Soldier qui paraît alors sous le label Vertigo.
Ennis n’a jamais caché son intérêt pour les récits de guerre, il est d’ailleurs l’un des rares à en produire encore aujourd’hui pour le marché américain.

Le Soldat Inconnu, c’est l’histoire - contemporaine de sa publication - d’un jeune agent de la C.I.A. qui se voit mystérieusement dirigé sur la piste d’un « soldat inconnu » justement, personnage dont il fera d’abord la connaissance via les récits d’anciens combattants de certains des conflits majeurs qui ont ensanglanté le XXème siècle.

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Lettrage de Graphic Hainaut

J’ai lu cette histoire – qui est l’une de mes favorites de ce scénariste - grâce à la traduction de Xavier Hanart pour le compte des éditions Le Téméraire au moment de sa sortie dans l’Hexagone, en 1998.
Et si on m’avait demandé de la définir succinctement j’aurais dit encore il y a peu, qu’elle appartenait aux histoires de guerre qu’affectionne Ennis.

…. Or, après l’avoir relu – avec toujours autant de plaisir – je dirais maintenant que c’est une histoire fantastique.

En effet dès le récit du premier « témoin » qu’entend l’agent Clyde, il apparaît que l’homme connu sous le nom de code de Soldat Inconnu vit un apax existentiel, c’est-à-dire un événement qui ne se présente qu’une seule fois et qui conditionne le reste d’une existence.
Et à partir de ce moment précis, la mini-série bascule dans le domaine du fantastique, entendu ici comme l’intrusion du surnaturel dans le cadre réaliste d’un récit.

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Le surnaturel dont il est question ici est l’apparition d’un mème.

Dans son acception la plus radicale (ou la + fantastique), le mème désigne une idée considérée comme autonome, et qui se sert des humains pour se reproduire à la manière d'un virus (biologique ou informatique) ; et de mon point de vue le Soldat Inconnu – tel que décrit par ceux qui l’ont rencontré – devient littéralement une idée. Un mème qui fait tout pour survivre …………. mais je vous laisse découvrir par vous-même si ce n’est déjà fait ce qui se déroule dans cette excellente série, magnifiquement dessinée par Kilian Plunkett et tout aussi joliment mise en couleur par James Sinclair.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Oncle Hermes » 29/08/2016 22:21

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Teen Titans: Earth One, volume 2. Scénario de Jeff Lemire, dessin d'Andy McDonald. Août 2016.

Que dire ?... Le premier volume ne m'avait pas convaincu (du tout), mais je voulais encore chercher des excuses à Lemire et Dodson, compte tenu du contexte éditorial particulier pour les Teen Titans à l'époque. On n'en est plus là. Ce deuxième volume renouvelle tous les défauts du premier et en rajoute une couche. On assiste à un véritable festival des mauvaises idées : Deathstroke en papa gâteau, Wally West en enfant soldat, la Doom Patrol des mecs normaux en uniforme, Blackfire clone raté "à la Bizarro" de Starfire, Niel Caulder chef d'organisation terror..... euh, minute, cette dernière peut faire sens. Ce n'est plus de la déconstruction, c'est "je colle n'importe quel nom sur n'importe quoi". Comme à côté de ça, ce deuxième tome soustrait les quelques rares bonnes pistes esquissées dans le précédent (l'insistance sur le côté "ado"), que la narration est toujours aussi peu prenante (je suis à peu près sûr qu'on pourrait raconter la même chose en moitié moins de pages), la caractérisation des personnages toujours aussi problématique, et que pour le dessin on troque Terry Dodson pour un Andy McDonald qui "fait le job" mais pas forcément beaucoup plus... vous comprendrez que j'ai trouvé cette lecture plutôt pénible. Heureusement que maintenant on a les Titans version Abnett en guise d'antidote, c'est toujours ça. :?


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Ci-gît le seul moment "d'humour" sur 140 pages.
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Adam - Legend of the Blue Marvel (K. Grevioux/M. Broome)

Messagede artemus dada » 31/08/2016 12:43

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Alors qu’un très puissant super-vilain nommé Anti-Man attaque New York, et les que les Avengers échouent à l’arrêter, il semble que le seul homme qui l’ait jamais battu soit le Blue Marvel, dans les années 1960.
Mais qui est ce super-héros que personne ne connaît ?

Kevin Grevioux (New Warriors) et Mat Broome (The End League) unissent leurs forces pour inventer le plus puissant super-héros de l’univers Marvel !

…. J’ai « rencontré » Adam Brashear alias The Blue Marvel grâce aux premiers numéros de la nouvelle série Marvel intitulée Ultimates, et je l’ai rapidement retrouvé dans les pages de la série Mighty Avengers elle aussi écrite par Al Ewing, toujours chez le même éditeur.

D’ordinaire je ne suis pas un lecteur qui s’intéresse particulièrement à tel ou tel personnage, mais plutôt qui lit en fonction de qui scénarise telle ou telle série.
Plus rarement qui la dessine, et encore plus rarement à cause du coloriste (un seul cas de recensé jusqu’à maintenant [-_ô]).
Sans que je puisse définir précisément ce qui m’a attiré chez lui, ce personnage a eu suffisamment de charisme – disons-le ainsi - pour que j’aille rechercher la mini-série qui lui a été consacrée entre 2008 et 2009 (date de couverture du premier numéro janvier 2009) et qui signe par la même occasion sa première apparition.
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Ecrite par Kevin Grevioux, Adam Legend of the Blue Marvel, repose sur une prémisse assez difficile à avaler.
En effet comment croire qu’un personnage de l’envergure de Superman puisse disparaître des mémoires alors qu’il protégeait la veuve et l’orphelin dans les années 1960, qu’il était adulé avant de devenir l’objet de la peur des uns et du ressentiment des autres ?
Kevin Grevioux n’est pas un scénariste débutant, et je ne crois pas qu’on puisse mettre cette entrée en matière plutôt maladroite, sur le compte de l’amateurisme ou sur duplication d’un effet à la « Sentry », personnage dont l’introduction dans l’univers de la Maison des Idées participait d’un canular.

Non, je crois pour ma part que ce parti pris est une métaphore de la condition de « l’homme Noir » à la Ralph Ellison si je puis dire, autrement dit celle d’un « homme invisible » ou qui le devient dans le cas d’espèce.
Tout le premier numéro, le seul que j’ai lu pour l’instant - ce qui fragilise un peu mon hypothèse – conduit à cette interprétation.
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Tant qu’on ne sait pas qu’il est un afro-américain, Blue Marvel est un super-héros adulé par la population, mais à partir du moment où il ne fait aucun doute que ce n’est pas un Blanc qui se cache sous le casque, le vent tourne et la peur s’installe.
Kevin Grevioux disait dans la seule intervention que j’ai lue à propos de cette série que l’idée était de dépeindre au travers de ce personnage ce que vivaient par exemple les stars Noirs du football U.S. durant les années 1960.
Adulés pour leurs prouesses athlétiques sur le terrain, une fois le coup de sifflet final donné il redevenait des « second-class negro » qui devaient se plier aux lois de la ségrégation raciale.

Tout le premier numéro, ou presque se focalise d’ailleurs sur cet aspect de la société américaine.
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Jusqu’au nom de code du héros qui me semble renvoyer à cette très célèbre planche de Green Lantern & Green Arrow de Dennis O’Neil et Neal Adams où un employé Noir interpelle l’un des deux super-héros pour lui demander, après avoir énumérer tout un tas d’hommes de « couleurs », ce qu’il a fait pour l’homme Noir ?
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Même les personnages les plus hauts placés mais enclins à considérer la ségrégation raciale en mauvaise part n’arrivent pas à se débarrasser d’un certain paternalisme.
Par exemple lorsque J.F.K. donne du « son » à Adam Brashear qu’il a convoqué dans son bureau.
« Son » n’est pas un mot anodin, il désigne la façon pour un Sudiste d’appeler un Noir, donc une façon dépréciative de l’interpeller*.
On voit de la même manière apparaître le terme « negro », et d’autres considérations tout aussi racistes.

…. Bref, un premier numéro intéressant, qui repose sur une idée assez polémique et plutôt difficile à traiter, et dont je me demande comment Grevioux va se sortir.

(À suivre ….)

*Voir à ce sujet Talkin’ that talk de Jean-Paul Levet, éditions Outre Mesure.
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Conspiracy (Dan Abnett/Igor Kordey)

Messagede artemus dada » 01/09/2016 14:22

.... En 1994 Marvels proposait de voir l’univers de l’éditeur Marvel à « hauteur d’homme », au travers de l’objectif du reporter-photographe Phil Sheldon.
Ou du moins une partie de son histoire, ce que l’on appelle communément « l’âge de l’innocence », celui qui débute avec l’apparition de la Torche humaine, et se termine avec la mort de Gwen Stacy.

Et si cette innocence n’avait jamais existé ailleurs que dans le regard de Phil Sheldon ?

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…. Quatre ans plus tard, Dan Abnett & Igor Kordey empruntent la même voie que Kurt Busiek & Alex Ross en leur temps, pour une histoire publiée en deux numéros d’une trentaine de pages chacun, entièrement peints eux aussi.

…. Mark Ewing, journaliste au Daily Bugle, découvre par hasard une enveloppe dont le contenu va chambouler sa vie, et l’amener à voir l’émergence des super-héros – ceux de l’univers Marvel – d’un autre œil.

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Thriller paranoïaque à l’ambiance complotiste prononcée, Conspiracy est aussi une magnifique bande dessinée, entièrement peinte par Igor Kordey.

L’artiste propose certainement, avec ces deux numéros, sa plus belle œuvre étasunienne.
Des cases très détaillées, une palette de couleurs tout simplement époustouflante, des doubles-pages saisissantes ; une maestria entièrement au service de l’histoire.
Les personnages en disent autant avec les mots de Dan Abnett qu’avec les expressions et le langage corporel que dessine Igor Kordey.
La tension est tout autant le résultat visible des situations qui découlent du scénario que des couleurs peintes par l’artiste.

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Dan Abnett livre aussi de mon point de vue son meilleur travail.
Les fourches caudines de la théorie du complot sont impitoyables, et le ridicule est souvent la peine minimum pour qui s’y risque. Mais Abnett, avec un art consommé de la manipulation, utilise les paradoxes inhérents au genre pour faire de cette histoire un point de vue qui peut s’insérer sans problème dans la « sacro-sainte » continuité quelque soit le bout par lequel on la prend.


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…. Réussite esthétique, scénario très ingénieux, Conspiracy est un récit qui mériterait amplement de sortir du relatif anonymat où il repose.
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Adam - Legend of the Blue Marvel 2 à 5

Messagede artemus dada » 02/09/2016 10:36

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…. Je citais Ralph Ellison, sans trop savoir si je n’extrapolais pas un peu trop après avoir seulement lu un numéro ; eh bien Kevin Grevioux cite lui aussi cet auteur, et mention l’idée d’une invisibilité disons « sociale » pour le dire rapidement, telle que je l’avais plus ou moins anticipée.
J’étais donc sur la bonne longueur d’onde, et cela grâce notamment au travail du scénariste sur le premier numéro, ce qui est toujours bon signe pour la suite.

Et d’une manière générale, Kevin Grevioux s’en sort d’ailleurs plutôt bien.

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.... Compte tenu de l’époque où opère ou plutôt opérait Blue Marvel, il colore sa série d’une ambiance très « black ops » si je puis dire, avec juste ce qu’il faut de paranoïa, et de racisme « ordinaire » ; et joue d’une relation familiale si connue qu’elle semble aller de soi sans pour autant apparaître pour ce qu’elle réellement, c’est-à-dire un cliché.
Grâce en partie à un contrepied inimaginable en 1962 (ce dont il se sert aussi).

Bref l’instantané des sixties est convaincant, et en aucune manière gratuit, puisque les développements vont dans le sens de l’idée que Brashear a renoncé surtout compte tenu du contexte social, et plus précisément racial, de l'époque.

Reste qu’il est toujours aussi difficile de croire qu’un homme tel qu'Adam Brashear soit resté les bras croisés avec tout ce qui s’est passé dans l’univers Marvel depuis les années 1960 même si au fil des numéros se dessine un personnage auquel j’ai fini par croire.

Il est certain que si Grevioux avait choisi la simplicité en expliquant le retrait de son personnage principal par le chantage, un accident, une amnésie ou un lavage de cerveaux, cela aurait plus facilement fonctionné.
Là, la simplicité de l’explication qui a contrario modèle un personnage complexe, et plus dure à avaler.
D’autant que certains événements dramatiques de ces années-là - qui expliquent sa décision - peuvent ne pas être connus ou venir à l’esprit des lecteurs.

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La Forteresse de la solitude en plein cœur du "monde du silence" ?
Si tel est le cas, c'est une case qui résume bien le personnage.

.... Reste une histoire en 5 numéros très agréable à lire avec ce qu’il faut de situations attendues et d’événements inattendus, mais qui de mon point de vue pêchent un peu du côté des dessins avec l’impression de lire des planches de moins en moins soignées. D’ailleurs dans le même ordre d’idée le design de Blue Marvel n’est pas très heureux non plus.
Par contre les interactions et les dialogues avec les Avengers ou son entourage, sonnent très justes (à mon oreille tout du moins).

Cela dit les menues faiblesses que je relève ne vallent de passer à côté de cette mini-série ; d’autant qu'b]Adam Legend of the Blue Marvel[/b] propose aussi (sans ce que cette lecture soit obligatoire) une perspective dont le sujet n’est plus la sauvegarde de l’humanité, mais une tentative d’explication à l’absence (ou quasi absence) d’un héros Noir de premier plan chez Marvel, et d'une manière plus générale d'un héros Noir de premier plan tout court.

Étrange coïncidence, le premier numéro paraît le 5 novembre 2008.
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