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La nueve La Nueve-Les républicains espagnols qui ont libéré Paris

25/08/2014 6085 visiteurs 7.0/10 (1 note)

I l y a soixante-dix ans tout juste, la deuxième DB de Leclerc entrait dans Paris pour prêter main forte aux insurgés et parachever la libération de la ville. Paris martyrisée mais Paris libérée ! Et par des français ! Des français, voire !? Car si les blindés étaient américains, leurs occupants étaient majoritairement espagnols. C’est l’histoire de « la Nueve », cette escouade arrivée la première à l’hôtel de ville, et des républicains espagnols qui la composaient, qui est narrée ici par Paco Roca.

Se mettant lui-même en scène lors de longues séances d’interview d’un des rares rescapés de la compagnie, établi dans une bourgade de Lorraine, l’auteur parvient à apprivoiser petit à petit l’ancien soldat. D’abord rétif, il se livre de plus en plus, devant des proches sidérés de découvrir le passé glorieux du vieil homme. Ces allers-retours temporels entre présent et passé impriment un rythme soutenu au récit, tout en l’humanisant profondément, en faisant pénétrer le lecteur dans l’intimité du héros. Des rivages meurtris d’Alicante cédant sous la poussée franquiste jusqu’aux quais d’Oran, des âpres camps de travaux vichystes en plein Sahara aux combats alliés contre l’Afrika Korps, des plages de Normandie aux pavés parisiens, le parcours hors normes de ces combattants est détaillé minutieusement. Comme est pleinement dépeint l’état d’esprit qui les animaient, leur indéfectible soif de liberté, leur fol espoir de poursuivre la lutte contre Franco les nazis une fois vaincus, leur cruelle désillusion après coup… Alternant les teintes sobres et naturelles pour retranscrire les années 40 avec une simple colorisation en bistres pour les scènes contemporaines, le dessinateur conserve son trait simple, réaliste, une ligne claire légèrement empâtée, rendant précisément compte des physionomies des protagonistes avec une grande économie de moyen.

Mêler habilement la grande et la petite histoire, voici la recette parfaitement appliquée ici par Paco Roca, qui parvient à maintenir constant l’intérêt pour le récit du vétéran, tout en suscitant l’empathie envers ces héros oubliés, ceci jusqu’à une révélation finale chargée d’émotion.

Par O. Boussin
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

La nueve
La Nueve-Les républicains espagnols qui ont libéré Paris

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 02/09/2020 à 00:29:34

    J’aime beaucoup les œuvres de cet auteur espagnol qui sont plutôt dans un genre de respect de la personne. Cela me fait plutôt plaisir de le retrouver. C’est vrai que c’est un gros pavé à lire. Cependant, le plaisir de découverte de cette nouveauté demeure intact. L’auteur nous plonge dans une œuvre biographique.

    L’introduction est parfaitement réussie. Nous avons un jeune auteur de bande dessinée qui rencontre un vieux papy de 94 ans. Ce dernier va nous livrer l’épisode concernant la Nueve, cette compagnie composé d’anciens combattants républicains qui a fait la campagne de l’Afrique avant de participer à la libération de la France.

    C’est un aspect de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale qui est plutôt méconnu. Tout le monde connait la guerre civile espagnole mais peu savent que les républicains furent à la fin de la guerre déportée en France puis engagé dans une légion visant à reconquérir l’Europe tombée sous le joug des nazis. Or, ces combattants qui luttaient contre le fascisme espéraient renverser également Franco. Cependant, cela s’arrêtera à Hitler et Mussolini ce qui provoquera leur déception légitime.

    On comprend mal les motivations des alliés à ne pas avoir débarrassé l’Espagne d’un dictateur. La peur du communisme est la principale motivation. Les nationalistes utilisaient dans leur propagande le terme de rouge ou d’anarchiste pour désigner les Républicains qui pourtant avait la légitimité de la gouvernance. On se rend compte que même de nos jours, la communauté internationale laisse souvent en place des dictateurs car le remède serait pire que le mal. On voit bien ce qui s’est passé en Irak, en Libye, en Syrie…

    C’est un hommage qui est rendu à la Nueve qui fut l’une des premières à libérer Paris. Beaucoup ont payé de leur vie pour se débarrasser du fascisme et de son idéologie. Ces combattants ont été méprisé par les forces françaises pourtant défaite en un seul mois par l’armée d’Hitler (Mai-Juin 1940). Pourtant, les républicains ont connu des années de guerre et ont eu une expérience du combat. En même temps et pour relativiser, il s’agissait d’une compagnie de 146 hommes ce qui est assez peu pour influencer le cours de la guerre. C’est un fait dans une mécanique assez complexe.

    Au final, c’est une excellente bd qui nous apportera des éclaircissements pour peu évidement qu’on s’intéresse à l’histoire. Les hommes qui se sont battus pour lutter contre le fascisme et qui sont morts se retourneraient certainement dans leur tombe en voyant les nouvelles générations succomber aux douces ou stridentes sirènes du nationalisme. Alors, oui, c’est bien une lecture utile.

    Hublot Le 05/03/2017 à 17:29:50

    La Nueve nous apprends des choses...et rien que pour ça...! Le dessin est simple et beau, le scénario et peut être parfois confu entre les aller retour d'époques mais rien d'insurmontable...!

    pokespagne Le 27/08/2014 à 19:37:51

    On aimerait pouvoir ne dire que du bien de "la Nueve", tant son sujet - le parcours des républicains espagnols chassés de leur pays par la victoire du franquisme, et leur rôle dans la libération de la France - est original, et pourtant important dans le contexte d'amnésie générale (et sélective : "Vae Victis !") qui caractérise notre époque. Malheureusement, et objectivement, les défauts du - gros - livre de Paco Roca sont réels : d'abord, il y a ce manque de caractérisation graphique des personnages, qui fait que l'on a beaucoup de mal à suivre l'action et l'évolution de chacun au milieu du chaos continuel des combats et des changements politiques... d'où un côté presque fastidieux de la lecture de nombreux chapitres de la "Nueve" (les chapitres "africains" en particulier), où l'on se sent peu "impliqué" émotionnellement. Ensuite, et c'est sans doute plus grave, l'ambiguïté fondamentale du procédé : au final, s' agit-il ici de véritables mémoires d'un personnage réel, de souvenirs recueillis par l'auteur / interviewer mis en scène dans les scènes contemporaines qui accompagnent le récit -, soit un modèle qui a donné naissance à plusieurs chefs d'oeuvre de la BD "historique", on le sait -, ou au contraire d'une tentative de singer, voire de récupérer le capital de sympathie que ce procédé génère ? Le doute devient permis quand on tombe sur le "coup du destin" final, qui constitue d'ailleurs le couronnement remarquable du livre, avec le retour inattendu de la tragédie individuelle au sein de la tragédie collective qu'est la guerre : trop romanesque pour être vrai ? On sort en tous cas de "la Nueve" avec un mélange gênant d'admiration, d'ennui et de doutes. Bref, on est quand même assez loin du chef d'oeuvre qu'on aurait pu espérer.