A
mbre est une marchande reconnue et qui a du nez pour flairer les bons coups. Accompagnée d'Élaine, sa nouvelle apprentie, elle commercialise toutes sortes d'artefacts aux pouvoirs magiques très divers. Alors qu'une bataille entre deux comtes se prépare, l'occasion semble rêvée de liquider du stock auprès des soldats. Une fois l'affaire réalisée, les deux femmes vont assister au combat, cachées au loin. Là, elles assistent à un massacre par l'utilisation de magie noire… une pratique interdite et qu'elles n'auraient surtout pas dû voir.
Poursuivi, recherché, parti sur les routes, le tandem initial est rapidement complété par une garde du corps un peu spéciale : la Guêpe. Cette ancienne gloire des champs de bataille ajoute une légère coloration héroïque à l'équipe ainsi constituée. Pourtant, rien n'y fait : alors que la grande histoire se joue en arrière-plan, les personnages la subissent plus qu'elles n'en sont actrices. Et c'est bien là tout l'intérêt de L'odeur du fer qui propose un récit d'heroic fantasy comme il s'en fait peu. Plutôt que de dérouler une énième épopée vue et lue mille fois, le scénario s'attache davantage à suivre l'évolution et la réflexion des protagonistes, et particulièrement d'Élaine, qui tient le rôle central. La jeune disciple, dotée d'un talent rare, constate vite, et avec une forme d'ingénuité, les excès du monde dans lequel elle vit, où les forts oppriment les faibles et où le pouvoir fait perdre de vue l'essentiel.
Sans l'évoquer directement et avec suffisamment de subtilité pour que l'ensemble ne tourne pas à la critique de bas étage, Bathroom Quest interroge de manière pertinente l'économie capitaliste et ses conséquences. Replaçant l'humain au centre du jeu, l'auteur développe ainsi un récit parfaitement équilibré entre divertissement et toile de fond clairement engagée. Semblant minimaliste en première approche, le trait s'avère précis et offre des expressions variées. L'espèce des individus n'est – volontairement, de toute évidence – jamais véritablement affichée. Il en va de même s'agissant du lieu de l'action, ce qui renforce le caractère universel de l'histoire.
Excellent voyage à travers des contrées lointaines, L'odeur du fer est surtout une prise de conscience de l'état du monde traitée avec beaucoup de justesse.








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