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red Neidhart est un rigolo, il aime faire des blagues ou des canulars et plus ils sont gros, mieux c’est. Son but est principalement de s’amuser en mystifiant son monde et par la même occasion dénoncer les paradoxes moraux des bien-pensants et la médiatisation à gogo. En effet, depuis l’avènement de la télévision et des programmes socio-racoleurs, le miroir aux alouettes que représente le Septième Art règne en maître. Jacques Legras et Marcel Béliveau, qui en avaient fait leur fond de commerce, l’avaient parfaitement compris. Si internet et les réseaux sociaux ont désormais pris le dessus de la bonne vieille petite lucarne, les quinze minutes de gloire promises à toutes et à tous par Andy Wahrol continuent à subjuguer.
Retour au début des années 2000. Fred s’était infiltré dans différentes émissions du PAF et avait joué le rôle d’un témoin avouant des fautes ou des errances comportementales honteuses, au plus grand plaisir des animateurs et des téléspectateurs. Sur cette lancée, il conçoit une série de mystifications pour l’Écho des Savannes. Parfois aidés par quelques complices (Fabrice Tarrin, Laurel ou Riad Sattouf), il tente de piéger des élus à l’aide de mallettes remplies de billets, de faire croire à d’innocents citoyens qu’ils passeront à la télé et, payant de sa personne, inaugure une plage nudiste à Paris. Toujours énormes et d’un goût plus que douteux, ces reportages font mouches et il commence même à être reconnu dans son quartier. Sur le plan BD, il réussit à pirater le blogue de Frantico et publie un album pseudo-autobiographique narrant un voyage scolaire à Berlin, ville où il n’a jamais mis les pieds.
Une petite génération plus tard et maintenant père de deux adolescentes, Neidhart revient sur ces évènements dans un album confession : Le syndrome de l’imposture. Il y raconte les coulisses et les raisons de ses coups de force, précise son état esprit du moment et souligne bien que l’époque était différente. Ponctuées des remarques souvent horrifiées de sa progéniture, ces aventures bêtes et méchantes (©Hara Kiri) s’avèrent immensément drôles et révélatrices de l’élasticité des bornes morales à travers les âges et les algorithmes. Au fil de ses exploits, il flirtera avec la justice et finira par développer un semblant de conscience face aux conséquences de certaines de ses farces.
Promettant d’autres révélations et des explications à propos de ses bravades dans un second tome à venir, l’ouvrage s’achève sur un ultime et audacieux défi. Une question demeure cependant : est-il vraiment possible de faire confiance à ce gaillard ?








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