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Mickey's Craziest Adventures

02/03/2016 13 planches

Quand la célèbre petite souris malicieuse et courageuse (re)pointe le bout de ses oreilles, c’est forcément un événement. Les éditions Glénat sont parvenues à négocier la reprise de Mickey dans une nouvelle collection dans laquelle une pléiade d’auteurs propose leur propre vision du personnage le plus célèbre des studios Disney. Ce sont deux albums très différents qui ouvrent le bal. D’une part un récit aux couleurs de l’aventure versions années soixante avec Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas aux commandes. De l’autre, une histoire plus romantique et poétique de Cosey qui évoque la rencontre de Mickey et Minnie. En attendant deux autres ouvrages signés Loisel et Tebo, voici un entretien des auteurs de Mickey’s craziest adventures.

Comment s'est passé cet appel à projets : une initiative d'auteurs ? de l'éditeur ?

LewisTrondheim :  Si Nico n’avait pas habité Grenoble (Siège des éditions Glénat, NDLR), ça ne serait jamais fait.

Nicolas Keramidas : Je travaillais à l’époque sur le tome trois d’Alice au pays des singes et j’ai profité d’habiter Grenoble pour livrer directement mes pages aux éditions Glénat. En général, je rencontre Jacques Glénat chaque fois que je m’y rends. J’avais entendu parler de ce projet de « Mickey par… » mais aussi d’autres choses qui ne verront pas le jour comme un album collectif de « Mickey par… » dans lequel chaque auteur aurait fait une histoire de 6-8 pages. C’était il y deux ans et demi et le concept n’était pas encore arrêté. Du coup, j’avais demandé à Jacques s’il y avait de la place pour faire partie de ce collectif. Il m’a alors proposé de faire un album complet. Je ne me sentais pas de le réaliser seul et comme on avait travaillé avec Lewis sur Donjons, je lui ai proposé et il a dit oui. Comme quoi la BD, c’est simple. En allant juste prendre un café avec son éditeur, on repart avec un contrat. (sourire)

Lewis, après Spirou, vous avez épinglé une autre icône de la bande dessinée à votre tableau de chasse…

L.T. : Oui. Mais je ne suis pas le seul. Il y a eu Yann qui a fait Spirou et… (silence) Non, mais il y en a eu d’autres, c’est certain. C’est plutôt marrant de jouer avec les jouets en plastique des autres même si l’exercice est un peu difficile. On doit passer après des gens célèbres comme Franquin et savoir utiliser ces icônes… Si Spirou n’a pas son costume de groom, que doit-il faire ? Vaincre le mal ? Être combatif ? Oui mais après… Pour Mickey, c’est un peu pareil. Si on lui enlève sa culotte à boutons pour lui mettre un pantalon des années 60 ou 70, ce n’est plus le même. Il ne faut pas non plus oublier que c’est un peu aussi le porte-fanion de Disney, et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi du personnage. 

Ce qui est intéressant ce n’est pas forcément de poursuivre les aventures de Spirou ou de Mickey mais d'imprimer votre propre vision des personnages…


L.T. : Oui. Pour éviter le piège par rapport à Nico (Nicolas Keramidas, NDLR), qui est d’obédience disneyenne au niveau de son dessin, contrairement à Cosey, Loisel ou Tebo, c’était de faire en sorte qu’on se démarque de ce qui se faisait jusqu’à présent. Il m'a fallu trouver le bon concept, tout en sachant que Nico voulait dessiner plein de personnages pour ne pas s’ennuyer. D’où l’idée de ne mettre que les pages intéressantes et de sauter toutes celles qui auraient contenu des bavardages et des explications ; des pages qu’on a oubliées et qu’on n’a pas retrouvées. 

N.K. : Je suis parti du principe qu’on avait cette opportunité de jouer avec ces personnages sur un seul album. Quitte à n’en faire qu’un, j’ai demandé à Lewis qu’il y ait tout le monde, qu’il y ait aussi tous les décors que j’avais envie de dessiner, une séquence dans la montagne, une autre dans la forêt… Pour Lewis, la seule façon de tout intégrer dans un seul album, c’était de sauter des passages. Je lui ai demandé s’il avait imaginé faire un deuxième album avec toutes les pages manquantes et il m’a répondu que ce serait 44 pages où on se ferait chier, sans aucune action et que du blabla. 

L.T. : En même temps, on s’en fout. On sait que dans une aventure de Mickey ou de Donald, les méchants sont attrapés à la fin et les sous récupérés. Le but n’est pas de savoir comment ils sont retrouvés mais plutôt les voyages improbables, les surprises, le suspense… La fin est réglée rapidement avec deux coups de poing. 

Avez-vous fait des recherches dans l'immense fond documentaire ? Ou l'essentiel est-il de partir de l'image qu'on a des personnages ?

N.K. : L’important est de jouer avec notre propre image de Mickey, même si cette image est propre à chacun d’entre nous. 

L.T. : Le but n’était pas de faire du Don Rosa qui, lui, est allé puiser dans tout ce que faisait Carl Barks en essayant de combler tous les trous. Ça ne m’intéressait pas. Je voulais surtout jouer avec mes souvenirs et l’idée que j’avais de Mickey. En même temps, sur la première page, on peut y voir une référence de 1965 qui ravira les fans…

N.K. : On explique qu’on se baladait dans un vide-grenier, et qu’on a trouvé dans une malle des Mickey’s Quest qui était un magazine de 1965. Sauf qu’on n’a retrouvé que 44 magazines sur les 80 existants. Du coup, on propose de découvrir l’intégralité de ce qu’il reste. C’est pour ça que les pages sont usées, et même une déchirée…

L.T. : Elle est déchirée parce qu’elle est tombée sous le coup de la censure. On voulait quand même la faire et on a eu l’idée de déchirer la partie qui ne convenait pas. 

La censure est liée au droit de regard auquel vous avez dû vous soumettre ?

L.T. : Chez Glénat, ils nous ont dit « quartier libre ». Mais chez Disney, ils ont regardé l’album au microscope quand il l’ont eu entre les mains. 

N.K. : C’est un peu ce que je regrette. On nous a laissé croire pendant toute la durée de la conception qu’on avait carte blanche. Mais Disney ne regarde l’album qu’une fois qu’il est fini. Et c’est uniquement à ce moment-là qu’ils nous envoient un petit listing de ce qu’il faut changer. Pour nous, il s’agissait principalement de changements de dialogues. Par exemple, on n’a pas le droit de parler d’obésité. Donald n’a pas non plus le droit de manger du poulet rôti ou tout autre chose qui fait référence à un animal mort. Apparemment, tous les textes en français ont été traduits pour que Disney USA puisse les lire et les amender. Heureusement, il n’a pas fallu faire de reprises de planches mais uniquement de la reprise de textes. Je sais que dans l’album de Cosey, il a dû gommer le cigare qu’un producteur avait dans sa main. Ils sont finalement très pointilleux.

L.T. : C’est aussi la règle du jeu. Ce ne sont ni nos personnages ni notre univers. 

N.K. : Maintenant qu’on l’a fait, on ne sait pas quelle va être la réaction du public… Quand on reprend un personnage comme Spirou, c’est déjà un personnage de bande dessinée. Mickey, c’est aussi de la bande dessinée mais c’est également du dessin animé. 

L.T. : Il n’existe pas d’album de Mickey qui constitue une référence très forte, ni même une histoire très forte comme c'est le cas pour Spirou ou sur pour Lucky Luke. 

N.K. : Les gens n’ont pas de repères particuliers. Par exemple, dans le cas de Lucky Luke, Mathieu Bonhomme a fait quelque chose de complètement différent. Mais quand Verron dessine Boule et Bill, forcément il y a une comparaison. Alors que pour Mickey, je pense que personne n’est capable de citer un titre d’album. La liberté est toute autre. 

Les bandeaux du haut de page sont un régal : sont-ils créés après la planche ?

N.K. : Au début, Lewis m’a fait quelques crayonnés pour les premières pages, il a ensuite très vite abandonné.

L.T. : Oui, j’ai pensé que ça pouvait être un espace de liberté pour Nico. 

N.K. : Je fais la planche en crayonnés puis l’idée du bandeau va forcément arriver par rapport à ce qu'il s’y passe. Au bout de dix pages j’ai eu un peu peur de tourner en rond, mais, au final, c’est très varié. J’y ai mis beaucoup de concentration, le bandeau prenant quinze pour cent de la page, ce qui n’est pas anecdotique. 

Après Alice au pays des Singes, vous êtes retourné rapidement dans la jungle pour explorer d’autres terrains de jeu…

N.K. : C’était le but. Comme je trouvais ça frustrant de ne faire qu’un album, je n’avais pas envie qu’on passe quinze pages dans la cuisine en train d’expliquer des trucs. J’ai dit à Lewis que je voulais de l’action tout le temps, des décors différents, plein de personnages à dessiner… Puis, j’aime bien dessiner la nature. Par contre, je n’aime pas dessiner tout ce qui est immeubles ou voitures. Évidemment, ce qu’a fait Lewis, c’est une première page avec des voitures et des immeubles. (sourire)

Le rythme est trépidant, il y a urgence... et ils mettent quatre jours à ramasser des pièces...(sourire)

L.T. : Imaginer quatre pages pour chaque jour pendant lesquels ils ramassent les pièces était impossible. 

N.K. : Sur un album de 200 pages, on aurait pu l’envisager. 

Vous utilisez beaucoup de trames, contrairement aux vieux albums de Mickey…

N.K. : Oui, ce sont surtout Lewis et Brigitte (Findakly, coloriste de l’album, NDLR) qui s’en sont occupés. 

L.T. : Ce qui est marrant, c’est que Brigitte a déjà bossé pour le Journal de Mickey de 1985 à 1993-94. Pour elle, c’était aussi un peu un retour aux sources. 

La planche sur laquelle Mickey est snobé par les mômes est particulièrement réussie…

N.K. : Oui, je l’aime beaucoup. Pour moi, c’est du Lewis tout craché dans l’humour un peu absurde et décalé. 

L.T. : Le plus difficile était de trouver un juste milieu dans la démarche, être soi-même sans pour autant qu’on puisse dire : « Ah, c’est du Trondheim 100% ». 

Temples, cités perdues ou antiques : le ras le bol et la lassitude de l'aventurier blasé face à tant d'endroits merveilleux et d'action est une source majeure de gags ...

L.T. : Oui, en terme de contenu, certaines planches de l’album pourraient très bien être développées sur un album complet de 44 pages. 

N.K. : Le but était de montrer qu’il arrivait tout le temps plein de trucs aux personnages. 

Des aventures dont Minnie se fout complètement…

N.K. : Oui, elle ne comprend pas. Je pense que Mickey n’a peur de rien, sauf peut-être de Minnie. 

Je suppose que vous avez lu l'album de Cosey ; y a-t-il eu des échanges entre vous ou avec les autres auteurs de « Mickey par… » ?

L.Y. : Oui, on s’envoie régulièrement des mails et des infos sur les pages qu’on est en train de faire. 

N.K. : Après, sur le sujet de l’histoire, on avait la chance de sortir l’album en premier. Graphiquement, on a tous fait quelque chose d’assez différent. 

L.T. : Pour Tebo, il s’agit d’histoires de 8-9 planches chacune. Par contre, il a eu une sacrée liste de corrections en retour. (sourire) 

Quelques mots sur le projet Infinity avec Olivier Vatine chez Rue de Sèvres ?

L.T. : C’est dans un esprit un peu sixties, rétro, aventures, action… Il y aura des récits indépendants mais avec tout un fond qui se globalise. J’ai travaillé avec sept coscénaristes et huit dessinateurs. C’est l’un des projets les plus ambitieux que j’ai pu réaliser.


Propos recueillis par Laurent Cirade


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Mickey par COsey



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