Erik Arnoux a écrit:Quand à cette soi-disant obligation (unilatérale) vis à vis des lecteurs, mieux vaut en rire... Ma seule "obligation" est avant tout morale et est de faire le meilleur taf possible vis a vis de moi, en premier et de l'éditeur qui me fait confiance...
Tant que les BD d'une série sont relativement indépendantes, il n'y a strictement aucun souci : un lecteur peut aimer la série au point d'être déçu de ne plus voir de nouveaux albums, mais l'auteur ne lui doit rien. L'éditeur non plus d'ailleurs.
Dès lors que l'histoire racontée dans une BD n'est qu'une partie d'une série ou d'un cycle, une histoire prévue dès le départ pour être racontée sur plusieurs tomes, ce n'est plus pareil. Il n'y a certes aucun contrat, l'auteur ne "doit" rien au lecteur légalement. Mais le lecteur, lui, a acheté la BD en faisant confiance à l'auteur et à l'éditeur : il s'attend à lire la suite tôt ou tard, à connaître la fin de l'histoire. L'auteur de son côté, en partant sur une histoire qui ne serait pas finie à la fin de l'album, a implicitement promis une suite (et l'a très probablement en partie planifiée). Si une partie (auteur ou éditeur) décide pour des raisons qui lui sont propres de ne pas continuer l'aventure, elle rompt cette entente implicite. En plus de la frustration du lecteur ayant apprécié le début et attendant la fin, elle rend caduque l'achat même de l'objet : un ou plusieurs albums orphelins qui ne constituent plus qu'une partie d'histoire, devenant alors sans grand intérêt.
Je trouve tout à fait compréhensible qu'un lecteur demande à ce que l'auteur et l'éditeur aillent au bout de l'aventure ainsi entreprise. Peut-il l'exiger ? Légalement non, moralement je ne sais pas. En tout cas, une telle attente semble raisonnable.
Si un éditeur ne souhaite pas continuer une série qui fait des pertes financières, si un auteur ne souhaite plus se crever à la tâche sur un projet qui ne lui plait plus et/ou ne remplit même pas son assiette pour la durée de réalisation de l'album : on peut comprendre. Cela dit, je pense qu'aller au bout devrait être l'objectif initial, et être d'autant plus fort qu'une série a avancé (que dire d'une série prévue en 5 albums, stoppée par l'éditeur après la sortie du 4e : très difficile à excuser). Et dans tous les cas, il me semble raisonnable d'attendre que le duo auteur/éditeur fasse le nécessaire pour ne pas laisser le lecteur/client sur le carreau : quitte à distribuer la fin de l'histoire sous forme d'une nouvelle numérique lorsque la réalisation et la publication d'un album ne sont plus une option pour eux (le second payant le premier pour cette rédaction s'il est à l'origine du coup d'arrêt).
Maintenant concernant UW2, on n'est heureusement pas encore dans la question de l'abandon de série, de l'histoire coupée net. Ici se posent les questions du délai entre les parutions, et de l'auteur travaillant sur d'autres projets. Je n'ai pas d'avis tranché sur ces questions.