Nathalie Baye (1948 - 2026)

Cinquante ans durant, Nathalie Baye a rayonné sur la vie cinématographique française avec ses traits dont la douceur évoquait la beauté d’un portrait de Vermeer.
Elle avait fait ses débuts dès les années 70, et été rapidement remarquée notamment par son rôle dans une comédie de François Truffaut, la Nuit américaine.
Ses performances sont vite saluées par la profession et officiellement reconnues : elle remporte son premier César en 1981, en qualité de meilleure actrice dans un second rôle pour Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard. Trois autres suivront en 1982, 1983 et 2006 (les deux derniers pour meilleure actrice).
Désormais reconnue par la critique et le public, la décennie 1980 sera pour elle le temps des récompenses. Dès 1981, elle reçoit son premier César du meilleur second rôle pour sa remarquable interprétation de Denise Rimbaud dans Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard. La spirale du succès ne s’arrête pas là car dès l’année suivante, elle glane un deuxième trophée dans la même catégorie. Sous la direction de Pierre Granier-Deferre, son excellente composition dans Une étrange affaire convainc une nouvelle fois le collège électoral de l’Académie des arts et technique du cinéma.
Après les accessits, la récompense suprême ne tarde pas. Dans La Balance, de Bob Swaim, Nathalie Baye se transforme pour jouer une « pute au grand cœur », prête à tout pour sauver son souteneur interprété par le regretté Philippe Léotard. Romantique jusqu’à la violence, elle séduit avec ce rôle non seulement le grand public mais aussi le jury professionnel des César qui lui donne la récompense suprême de la meilleure actrice de l’année 1983.
Récipiendaire de trois César en trois ans, la petite scripte de La Nuit américaine appartient au cercle restreint des actrices qui comptent dans le cinéma français. Après avoir donné la réplique à Gérard Depardieu, dans Le Retour de Martin Guerre, et joué l’un de ses plus énigmatiques personnages dans J’ai épousé une ombre de Robin Davis, Nathalie Baye multiplie les collaborations prestigieuses et les succès. Comme avec Notre Histoire de Bertrand Blier, où elle côtoie Alain Delon. Ou encore La Baule-les-Pins de Diane Kurys, qui reste l’un de ses meilleurs films.
Après une décennie 1990 plus en demi-teinte, Nathalie Baye revient force en 1999 dans la peau d’une esthéticienne dans la comédie de genre très originale de Tonie Marshall, Vénus Beauté (Institut). Nouvelle preuve que sa palette de jeu est désormais très riche, elle reçoit un quatrième César pour le rôle du commandant Caroline Vaudieu, policière minée par un drame familial, dans Le Petit Lieutenant (2006).
Elle enchaînera des dizaines et dizaines de projets, sur grand comme petit écran, également sur les planches.
Nathalie Baye avait su casser son image classique et sage pour donner libre cours à sa fantaisie et s’offrir une filmographie bien fournie. De Xavier Dolan, Juste la fin du monde, à Claude Chabrol, la Fleur du mal, en passant par Bertrand Blier Notre Histoire, et Tonie Marshall, Vénus Beauté, mais aussi Claude Sautet, Mado, Marco Ferreri, La Dernière Femme, Maurice Pialat, La Gueule ouverte.
Jusqu’à faire un petit tour du côté de Hollywood au début des années 2000, campant la mère de Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux, comédie dramatique de Steven Spielberg.
Courage à sa fille Laura Smet, que Nathalie Baye a eu avec le chanteur, compositeur et acteur français Jean-Philippe Smet, qu'elle va ainsi rejoindre ...













