L'avis qui suit n'engage que moi. Note: "Robert", c'est du second degré, le dessinateur s'appelle Ronan.
Scénario très bon pour l'écriture et l'enchaînement des dialogues (sauf à un moment, où le discours vulgaire est de trop, p38-39.) , brillant par ses rebondissements montrés ou suggérés (par exemple, la "saga du sac-à-dos" ), excellent pour son final, inattendu.
Les petits phylactères carrés, de couleurs différentes pour refléter chaque individualité pensante, sont particulièrement bien trouvés, tout comme l'imbrication de l' action et des ordres qui les justifient, dans la séquence de la banque...
La manière de représenter le chef commando est peut-être excessive, le massacre des créatures un peu facile, tout comme le périple (en gros, en ayant conservé le sac, c'était une ballade sans histoire), mais ces détails s'oublient vite.
Dessin?
Mauvais. (avis personnel, je précise).
Si Block 109 était le Titanic au lancement, avec cet opus, on ne doit pas être loin de l'iceberg.
The Toulhoat Touch à mon sens, c'est la couleur neutre de fond et le noir du crayon, des scènes/ personnages dessinés comme on veut/peut en voir dans Block 109 ou le making of de NY1947: richesse du tracé, parties fouillées et précises complétées harmonieusement par des zones plus floues.
Avec NY1947, le dessin n'est pas adapté à la grandeur des cases, les personnages sont vraiment non identifiables, les paysages sont inexistants.
Et Photoshop est employé de manière franchement abusive. L'abus ne concerne pas la qualité de l'emploi du logiciel contrairement à ce qui m'avait sauté aux yeux dans l'opus précédent avec les briques, mais la quantité: il y en a partout, et on dirait que le dessin devient secondaire et réduit au strict minimum.
Il y a cependant des cases ou des séquences très belles, pour l'atmosphère ou l'énergie prodigieuse qu'elles dégagent: découpage des cases de la course-poursuite, certains points de vue, le noir et blanc de l'avant dernière case p.57...
Au fil de la lecture:
- couverture: le nom de Toulhoat, en blanc, sur fond presque blanc, n'est pas assez visible. Un peu dommage.
La "chose" rouge, au bout du rayon de la statue de la Liberté qui est le plus à droite, est quand même assez mal dessiné et difficile à identifier comme une personne avec cape . Comme ça ne pouvait pas être un chewing-gum, et comme j'ai lu la bd, j'en ai déduit que c'était Alice, mais sinon...
- l'image de la statue ayant une larme de sang est belle. Mais quelle est le sens exact de cette image par rapport à la BD?
-1ere case: traitement de la fameuse scène d'assassinat mais d'un point de vue différent. Super. Dans la critique du tome précédent je crois, je trouvais en effet dommage de n'avoir qu'une seule vision de cet évènement. Problème, le dessin est misérable: estrade à peine dessinée, hitler à peine esquissé, idem pour les micros du pupitre, réduits à 3 crottes de mouches cubistes.
Le fond photoshopé est hideux: la foule, faut vraiment se forcer pour y croire. Quant à la perspective architecturale de fond... les lignes inclinées qui doivent représenter les allées de circulation entre les gradins, pourquoi sont-elles inclinées vers la droite ? Sachant que le point de vue provient de derrière le pupitre, qui est le point central du monument (généralement, un président ne s'exprime pas depuis le placard à balais tout à droite après la porte des toilettes), les lignes devraient être droites, puisque donnant accès aux gradins donnant eux-mêmes face à la tribune. Un peu comme si la façade du Vatican était très en biais par rapport à la place Saint-Pierre, ou que les gradins au cinéma étaient de biais par rapport à l'écran...
-2eme case: le groupe de gauche est très beau je trouve, grâce au clair-obscur. L'impassibilité froide des officiers est bien rendue.
- p.3, 1ere case:" le nuage de cendres s'estompe". Le dessinateur aurait dû lever le périscope un peu plus tard, parce que visiblement, les cendres bouchent encore la vue.
-p.10-11: l'énumération des différents individus du commando, originale, qui fait "jeu vidéo", avec des spécialités/sorts différents.
Question: un officier commando compétent demande-t-il 30 m d'écart entre chaque individu ? N'est-ce pas énorme, surtout en milieu urbain ? Sinon, avec un méga bombardement nucléaire, on peut aller sur terre sans se soucier des radiations, donc sans combinaison?
- le dessin des personnages fait désormais intervenir la couleur. Les peaux sont horribles. Cela ne me semble donc pas très concluant, sauf pour le professeur.
- p13, case 6, le chef a la tonsure.
- course-poursuite des p.24 et s., et "crise" de la page 56 et s.: cela ressemble -trop?-furieusement quand même à ce qui se passe dans le film L'incroyable Hulk avec l'Abomination jouée par Tim Roth.
- le chaperon-rouge. Faut lui dire que les rues sont craignos, et que pour la confiture à Mère-Grand ou le channel N°5, faudra revenir plus tard. En plus du rouge garance, couleur recommandée pour le côté inaperçu, notre girl est tête en l'air: p 29, 1ere case, elle a une arme avec un sacré coutelas, arme qui semble rester sur le toit du camion.
-p40, 1ere case: le dessin est illisible. Tous les méchants se font massacrer très facilement par ailleurs...
- p51, 5eme case: gros problème de proportions et de perspective entre la banque et l'immeuble couché avec la végétation. Dernière case: les débris du World Trade Center, construit à partir de 1966, alors qu'on est en 1947, le tout en photoshop...
-
p 62, dernière case, option Robert-ne-veut-pas-se-prendre-la-tête-à-dessiner: Fichier/exportation arrière plan coffres/ effacement une seule ligne horizontale/rajout 3 pauvres coups de crayons pour faire la porte ouverte du casier...Abusé.
(critique fausse comme l'a révélée la suite de la discussion, donc critique barrée)- le scientifique est le seul survivant.... donc...... il est seul, sans armes mais s'en sort...
La BD est un donc décevante, mais sa lecture s'impose pour bien comprendre l'univers Block 109, et pour son dénouement.
Joker je réponds, les intelligents aussi, les trolls ben en fait comment dire, allez sucer des courgettes.
Fred Dewilde, auteur.