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Je viens de lire... [COMIC]

Forum pour discuter de la bande dessinée US

Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede mome » 06/10/2016 21:46

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La chronique de Le premier meurtre par F.Houriez est en ligne.
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DOOM PATROL (John Arcudi/Tan Eng Huat) 1 à 5/22

Messagede artemus dada » 07/10/2016 14:42

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…. Si vous connaissez vos classiques, vous savez que l’industrie de la BD U.S. est plutôt du genre à faire des prisonniers.

Peu (ou pas ?) de personnages, de séries (voire de concepts) qui ne fassent l’objet d’un rebaunch (sic) un jour ou l’autre. Où les deux. Sans parler des interminables séries à suivre.

Et si la Doom Patrol n’a jamais eu la popularité suffisante pour faire partie de ces dernières, elle a souvent fait partie des prisonniers.
D’ailleurs pas plus tard que ce mois-ci une « nouvelle » Doom Patrol a vu le jour sous la houlette du label nouvellement créé chez la Distingué Concurrence : Young Animal, chapeauté le chanteur & scénariste Gerard Way (l’excellente Umbrella Academy, série qui peut prétendre à être une sorte de Doom Patrol bis).
Label qui s’il ne dépend pas de Vertigo - la collection adulte de DC- est quand même sensé faire pousser la moustache de ses lecteurs.

Mais revenons à nos moutons.

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…. Inventée au début des années 1960 – peu avant les X-Men de la Maison des Idées d’en face, série avec laquelle elle partage quelques affinités troublantes, pour une raison qui s’explique d’ailleurs assez bien – la Doom Patrol d’Arnold Drake & Bruno Premiani réinvente l’improbable rencontre d’un parapluie et d’une machine à coudre du texte sur une table de dissection.
En l’occurrence des super-héros qui ne veulent pas en être, blessés de la vie (sic) et qui affrontent des super-villains plus bizarres les uns que les autres, même dans le paysage de fantasy qu’est souvent la bande dessinée mainstream d’outre-Atlantique.

Or donc, la Doom Patrol connaitra plusieurs incarnations dont l’un des plus mémorables est certainement celle de Grant Morrison qu’il entame en 1989 et où l’auteur écossais pousse dans ses derniers retranchements les idées de l'équipe originale avec beaucoup de brio et de talent.
L’une de ses meilleures prestations à mes yeux, sinon la meilleure.

…. L’équipe dont je veux vous parler ici, est ultérieure à celle de Morrison puisqu’elle commence en 2001.
Elle durera un bref run de 22 numéros.

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Son scénariste, John Arcudi (très connu aujourd’hui pour avoir travaillé pendant plusieurs années sur le Mignolaverse), prend dans une certaine mesure le contrepied de l’approche morrisonienne en emmenant sa version sur le terrain de l’humour et de la comédie plutôt que sur celui de l’adrénaline et de la pathologie mentale (oui c’est un peu vite résumé mais c’est comme ça !) du « Yul Brynner des comics ».

À l’orée du vingt-et-unième siècle les super-héros, du moins certains d’entre eux, ont intégré la league des propriétaires côtés en bourse à l’instar des équipes de sport américain (avant de devenir des groupes paramilitaires financés par le gouvernement étasunien à l'instar des Ultimates par exemple) ; et la protection de la veuve et de l’orphelin est devenue une conséquence (non prioritaire) d’un projet commercial dont ils sont les simples employés.

Ce qu’ils étaient déjà, mais sans le savoir, depuis leur arrivée dans les pages des illustrés d’avant-guerre (mais de manière extra-diégètique s’entend).

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Un peu d'humour ne nuit jamais

…. Le hasard faisant bien les choses, Robotman mais il préfère qu’on l’appelle Cliff, retombé dans l’anonymat fait justement l’objet d’une attention médiatique certes passagères, comme tout ce qui concerne ce secteur de L'infotainment que l’on qualifie trop souvent (et abusivement) d’information, mais suffisante pour se faire repérer et recruter par un entrepreneur du nom de Thayer Jost pour coacher son équipe en passe de devenir connue sous le nom de Justice Inc..
L’entrepreneur profite de l’occasion pour racheter à Cliff Steele le nom « Doom Patrol » et rebaptiser ainsi sa propre équipe.

Son background, il est quand même l’un des membres fondateurs de l’équipe originelle, fait que Cliff réalise des miracles, et amène cette équipe de bras cassés à un niveau de coopération et d’efficacité que personne ne pensait lui voir atteindre.

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Tan Eng Huat ne démérite pas du tout sur ce titre

L’azimut humoristique de la série de John Arcudi & Tan Eng Huat, à la manière de la Ligue de Justice Internationale de Giffen & DeMatteis, n’empêche pas de prendre des chemins de traverse métafictionnels où je ne serais pas surpris de découvrir que Cliff Steele alias Robotman est en fait l’alter ego des scénaristes embauchés par les majors du secteur de la BD d’outre-Atlantique qui, en plus de vendre leur force de production, vendent – sous le régime du work for hire (le travail dit de commande) – tout ce qu’ils produisent : idées comme personnages, à leur employeur.

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Alors en voiture Simone, c’est toi qui conduit, c’est moi qui klaxonne !

…. Les cinq premiers numéros sont plutôt un chouette compromis entre action débridée, judicieuse utilisation de certains super-pouvoirs fort peu spectaculaires, et déjà certains indices laissant entendre que la vérité est ailleurs ; le tout digéré par John Arcudi grâce à l'absorption matutinale de quelques clowns de premiers choix.
Et dessinés avec professionnalisme par Tan Eng Huat, vu depuis sur X-Men Legacy par exemple.


(À suivre …..)
Dernière édition par artemus dada le 08/10/2016 06:46, édité 1 fois.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Bigwolf » 07/10/2016 19:55

Rebecca Doppelmeyer a écrit:
silverfab a écrit:Je suis toujours admiratif de tes "reviews" Arty, bravo et merci! :ok:

:ok: Pareil.
Et je vous remercie tous de me faire découvrir plein de séries inconnues. :ok:


Idem que Rebecca et Fab, tes chroniques sont d'un haut niveau et visuellement qui déboite.

C'est devenu rare que j'achète une BD sans en avoir lu quelque chose sur le site.

Et petite parenthèse, j'ai été pour la première fois aux USA et je suis entré dans une boutique de comics juste comme ça, pour sentir pour de "vrai" l'ambiance de cette culture que je lis depuis presque 40 ans (essentiellement en VF) : les gars m'ont demandé si je voulais un truc en particulier, j'ai expliqué Strange, Lug, les X-Men, le Bat, Daredevil mais aussi les Avengers en mode old school, etc. et le grand plaisir à arpenter leur boutique à mater ce matos dans son jus, là-bas...

Sorry pour la parenthèse ;)
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede artemus dada » 07/10/2016 21:05

Bigwolf a écrit:
Rebecca Doppelmeyer a écrit:
silverfab a écrit:Je suis toujours admiratif de tes "reviews" Arty, bravo et merci! :ok:

:ok: Pareil.
Et je vous remercie tous de me faire découvrir plein de séries inconnues. :ok:


Idem que Rebecca et Fab, tes chroniques sont d'un haut niveau et visuellement qui déboite.

[..]


Un grand merci, c'est sympa d'avoir remarqué le travail iconographique auquel j'apporte un soin particulier (même si le résultat peut se discuter, forcément) pour qu'il complète le texte de manière harmonieuse & ludique.

Bref merci beaucoup ! ;) :ok:
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede artemus dada » 08/10/2016 10:06

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ALL-NEW DEADPOOL 4 + 5

Voici les deux premiers épisodes de la nouvelle saga de Gerry Duggan et Matteo Lolli, avec Dents de Sabre
Plus les aventures des collègues mercenaires de Deadpool + Deadpool 2099, etc..
Traduction Jérémy Manesse et lettrage Laurence Stingray & Christophe Semal.
(Contient les épisodes US Deadpool (2016) 7 (V-VII) et 8-9 + US Deadpool (2016) 10-12[/i]

Sortie respectivement le 2/09 et le 4/10

.... Alors soit Gerry Duggan n'a plus rien d'intéressant (pour l'instant) à dire sur Deadpool, soit ce qu'il dit m’indiffère ; mais les deux derniers numéros publiés par Panini m'ont paru très ennuyeux.
La succession des histoires sur tel ou tel de ses acolytes, ou sur Deadpool 2099 coupant le récit "principal" ne m'a pas aidé non plus.
Et pourtant j'aime bien Deadpool 2099, mais en lisant cette deuxième partie dans le n°5 je me suis aperçu que j'avais oublié de quoi parlait la première partie. Un comble !
Dans un laps de temps aussi court ce n'est jamais bon signe.

Quant au récit principal avec Dent de sabre, il est d'une longueur (en plus pour en arriver là où on en arrive), on dirait un jour sans pain.

Bref je ne vois pas du tout l’intérêt d'avoir agencé le déroulement des épisodes de cette manière.
Il n'y a pas l’intérêt que procure une histoire continue avec des sous-intrigues, ni la clarté que peut avoir un arc narratif plus linéaire, suivi d'un autre, puis d'un autre encore, etc..

Là j'ai l'impression qu'on cumule les désavantages des deux "techniques", sans en récolter aucun des avantages.
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The Authority (John Ridley & Ben Oliver)

Messagede artemus dada » 10/10/2016 17:01

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…. Lorsque John Ridley écrit un album, entendez un récit conçu et publié directement sous cette forme et non pas sous celle de plusieurs mensuels comme il est courant de le faire aux U.S.A., pour l’éditeur DC Comics, il est déjà un véritable couteau suisse de l’entertainment dont la réputation le précède.

L’un de ses romans a été adapté par Oliver Stone (U Turn/1997), il a écrit le scénario de Les Rois du désert avec George Clooney, et il fait partie des scénaristes de la série télévisée New York 911, pour ne citer que certaine de ses activités.

Bref un CV tout ce qu’il y a de plus engageant (qui s'est encore étoffé depuis).

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…. Humains malgré tout, l’album qu’il scénarise s’insère quant à lui dans la franchise créée par Warren Ellis & Bryan Hitch en 1999 pour l’éditeur WildStorm, propriété depuis 1998 de l’un des Big Two de l’édition étasunienne ; autrement dit DC Comics.
Avec cette série intitulée The Authority, Warren Ellis a construit un nouveau type de super-héros, fruit de l’improbable rencontre entre l’idéologie managériale - ce sont des super-héros proactifs - et une sorte d’anarchisme prit au pied de la lettre puisqu’ils ne se reconnaissent « ni dieu ni maître ».

Dans une certaine mesure The Authority est un groupe de super-héros qui dira en substance : « la démocratie est pourrie, je ne peux plus compter sur la puissance publique – corrompue et inefficace – je vais donc me débrouiller tout seul. »
Ce groupe, dont la philosophie préfigure le point de départ de l’un des événements majeurs (events) de l’éditeur Marvel (l’autre Big Two) publié entre 2007 et 2008 et intitulé Civil War*, s’arroge le droit de composer sa propre morale puisqu’ il ne croit plus aux outils de l’intérêt général.
La démocratie est un instrument ringard, vive l’antisystème ; ce qui ne les empêchera pas de prendre le pouvoir et d’installer Jack Hawksmoor dans le « bureau ovale », mais ceci est une autre histoire (Pour en savoir +).
Cela dit The Authority ne fait pas partie d’une génération spontanée, ce groupe est selon moi, le digne héritier de Watchmen, l’une des plus influentes histoires de la bande dessinée mainstream étasunienne.

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En effet, entre 1986 et 1987 Alan Moore & Dave Gibbons mettaient en scène des super héros dont l’heure de gloire était passée : désabusés, ivrognes, tueurs, ou au-dessus des contingences humaines mais surtout, les membres de Watchmen agissaient chacun en fonction de leur définition du Bien. Une définition non plus collective, mais individuelle.
Warren Ellis forme, 12 ans plus tard, un groupe sur les mêmes bases - individualités trop marquées et nihilisme - là où Moore éclatait l’unité du sien.
Un signe des temps ?

…. D’entrée de jeu John Ridley confronte l’équipe à un adversaire qui joue dans la catégorie mythologique, manière de l’installer dans la cours des grands, non sans lui avoir donné un peu avant l’occasion de rabaisser le caquet à l’un des plus puissants chefs d’état de la planète.
Bref en quelques pages il pose ses personnages – des gros calibres qui font ce qui leur plaît - et introduit plusieurs bonnes idées dont un maître es arts martiaux, et un ancien membre de feu Stormwatch – l’équipe sur les cendres de laquelle Warren Ellis a bâti son propre groupe – Jackson King alias Battalion.

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La curiosité et le plaisir de lire une histoire intéressante durera 80 planches sur 99, ce qui n’est pas si mal.
Seulement, les dernières pages, très en deçà des promesses que laissaient attendre le CV du scénariste et le début de son histoire, achèvent de ternir l’intérêt de ces 80 pages et de rater le carré de l’apothéose.
Ainsi, la solution proposée au problème auquel se confronte The Authority, pourtant inattendue et originale, apparaît comme un deus ex machina du plus mauvais effet. Dommage !

Invité à jouer avec des personnages qui ne lui appartiennent pas, John Ridley, que l’on devine tout ce qu’il y a de plus urbain (vu ce qu’il en fait), les range bien sagement avant de partir.
Attention louable, mais dont les répercussions compte tenu des enjeux, terminent de gâcher le meilleur de son travail : Tout ça pour ça ?!

Le charme rompu, les faiblesses de certains de ses propres personnages sautent alors aux yeux, et l’usage qu’il fait d’une ancienne connaissance, qui tombe comme « une douille vide » une fois sa mission accomplie, est très frustrant.

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…. Si Humains malgré tout n’est pas une mauvaise histoire elle est très en dessous de ce que je pouvais en attendre.

Ben Oliver, le dessinateur de l’album, n’arrive pas à sauver les meubles quand bien même l'aurait-il voulu.
Son dessin un peu trop dépouillé, un sentiment de vide que ne parvient pas à minimiser la colorisation de Wendy Broome & Randy Mayor n’arrange pas les affaires d’un scénario qui souffre au final de la même vacuité.

Un album pour les completistes ou les curieux (traduit par Jérémy Manesse et lettré par RAM), qui propose à ce titre un bel historique de l’équipe de trois pages écrit par Olivier Jalabert.
______________
*Et à plus forte raison la base du scénario de Captain America : Civil war.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Nirm » 13/10/2016 21:46



La chronique de Starlight (Millar) par M. Moubariki est en ligne.
Tu débarques ? Suis le guide
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MARVEL CLASSIC n°7 : Doctor Strange

Messagede artemus dada » 16/10/2016 12:02

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MARVEL CLASSIC 7 : DOCTEUR STRANGE
trimestriel, 5,90 EUR, 128 pages


Retrouvez les aventures du Dr Strange, et celles de Clea, contre ses plus puissants ennemis dont Dormammu et Umar, dans une saga complète des années 80 signée Roger Stern, Paul Smith, Bret Blevins & Terry Austin. Bob Sharen est aux couleurs !

Traduction de Thomas Davier et lettrage de L. Hingray & T. Semal.

(Contient les épisodes U.S. Doctor Strange (1974) 69-73 et Strange Tales 115, 5 inédits)

SORTIE LE 18 OCTOBRE 2016

.... Extrait du recueil original intitulé Doctor Strange : Into the Dark Dimension, dont il est retranché deux épisodes (les n°68 & 74), ainsi qu'un préambule de 3 pages sur Cléa, lequel est remplacé dans l'édition française par les origines du Docteur Strange par Ditko & Lee (1963).

Ce septième et dernier numéro de la revue MARVEL CLASSIC met donc en scène le célèbre mais plutôt discret en terme d'exploitation commerciale sorcier de la Maison des Idées (du moins jusqu'à tout récemment), dans une histoire écrite par Roger Stern et formidablement épique.
Si l'ombre portée de Steve Ditko recouvre avec bienveillance et son approche psychédélique (à son oeuvre défendant certes) ces 5 numéros. Le contraire aurait été étonnant vu le contexte, Paul Smith & Terry Austin invitent l'intransigeant artiste dans les pages mêmes du magazine au travers de quelques cases où l'illusion est saisissante ; bien trop pour n'être que le fruit du hasard.
Et pourtant je n'étais pas au bout de mes surprises.

Ainsi, Roger Stern décidément très inspiré, s'autorise-t-il un plagiat par anticipation d'une totale effronterie mais avec un à-propos du meilleur aloi, d'un twist devenu depuis légendaire d'un des épisodes de la Guerre des Etoiles. Très bien vu !
Tout comme l'est la caractérisation des personnages qu'il n'est pas nécessaire de connaitre pour qu'ils nous deviennent familiers sous la plume du scénariste. Un tour de force qui n'en était pas un à l'époque, et qui s'est pourtant singulièrement perdu de nos jours !

Les magnifiques couvertures de la série qui datent de 1985 sont fort heureusement reproduites, et on peut admirer le travail très accrocheur de Bret Blevins & d'Austin (décidément, et pour mon plus grand plaisir très présent).

.... Thomas Davier traduit très élégamment dans un français relativement soutenu cette saga, ce qui ajoute au ton épique de l'entreprise.
Cela dit même les meilleurs peuvent faire des choix malheureux.

Celui d'un « spot » par exemple, là où j'aurais vu plutôt un « écho » : « Il y a un spot à tribord » dit un marin en regardant son écran radar.
Ou le choix induit par la langue américaine je pense, de garder un « futur » où un « à l'avenir » m'aurait semblé plus approprié : « Je devrais peut-être porter un déguisement dans le futur ».

Mais il est toujours plus facile de jouer à l'inspecteur des travaux finis comme je le fais que de mouiller la chemise en traduisant presque 130 pages.
D'autant que j'ai bien aimé le ton général de cette traduction, et que ces quelques pétouilles ne sont finalement que des anecdotes en regard du travail accompli.

.... Bref un numéro indispensable (et je pèse mes mots) pour les amateurs de bonnes histoires, surtout à ce prix-là !

Reste néanmoins une très étrange assertion de Christian Grasse en fin de numéro où il attribue la paternité d'un personnage à un protagoniste ; alors que pour ma part j'ai lu tout autre chose dans cet arc.
Mais l'étrangeté n'est-elle pas consubstantielle au Docteur Strange ! :wink:
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Rebecca Doppelmeyer » 16/10/2016 12:38

Merci pour cet avis (éclairé comme toujours) sur Doctor Strange
J'attends aussi beaucoup de la nouvelle série :food:

(Sur Deadpool : à noter, la couverture du n°5 par Mike Allred ;) )
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DOCTOR STRANGE : Une réalité à part (Englehart / Brunner)

Messagede artemus dada » 18/10/2016 10:05

Merci Rebecca.

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MARVEL VINTAGE : DOCTEUR STRANGE – UNE RÉALITÉ À PART
Auteurs : Steve Englehart & Frank Brunner
176 pages, 20,50 €

Armé de sa cape de lévitation et de l’Œil d'Agamotto, le Docteur Strange est le Sorcier Suprême, celui qui défend notre dimension contre les attaques venues d'autres réalités. Sa quête l'emporte parfois bien loin de la Terre, dans des contrées où plus aucune règle humaine ne s'applique.

(Contient les épisodes US Marvel Premiere 9-14 et Doctor Strange (1974) 1-2 et 4-5, publiés précédemment dans les revues LE FILS DE SATAN 6-10)

SORTIE LE 12 octobre 2016
Traduction : A. Catteau
Lettrage : ELLETI

…. En lisant la compilation des aventures du Docteur Strange intitulée Une réalité à part, je n’ai pas pu m’empêcher de relever une sorte de communauté d’inspiration avec les épisodes du Captain Marvel ou du Adam Warlock de l’époque.
À tel point qu’on pourrait interchanger les personnages principaux des trois séries sans que cela ne pose de réels problèmes aux lecteurs.

Ceux d’entre nous qui avons lu le livre de Sean Howe sur la Maison des idées savent que les idées en question - de certains employés - étaient à l’époque, sacrément fumeuses.

Mais est-ce que ça marche ?

Du côté de la table à dessin, les planches de Frank Brunner sont empreintes de la recherche visuelle de Steve Ditko, qui lui ne prenait aucune drogue pour booster son imagination, à laquelle il apporte sa patte ; c’est indéniable et c’est – je trouve – du très très beau boulot.

Du côté des scénarios, Steve Englehart fait fi des inhibitions qui pouvaient éventuellement le brider, et envoie le Maître des Arts Mystiques se frotter à des concepts sur lesquels repose toute la civilisation occidentale ; excusez du peu !
Bien entendu, au vingt-et-unième siècle cela peut sembler un peu désuet voire anodin, que n’a-t-on pas encore dézinguer aujourd’hui ?
Mais dans la première moitié des années 1970, la démarche est sinon courageuse au moins est-elle assez téméraire.
Même si un vent aux forts relents de L.S.D et d’amour libre flotte dans l’air du temps.

D’ailleurs, tout le monde ou presque connaît l’anecdote de la lettre sensée dédouaner Englehart & Brunner d’avoir fait de Dieu en personne (si j’ose dire) un personnage de BD.
Je ne sais pas si l’éditeur a déposé un copyright cela dit.

On se souviendra toutefois, pour remettre tout cela dans le contexte de la bande dessinée d’outre-Atlantique, de la rencontre avortée à la fin des années 1980 entre Swamp Thing et le fils de celui qu’Englehart n’a pas hésité lui à utiliser dans les pages de sa série.
Comme quoi rien n’est définitivement acquis.

N’importe quelle société humaine peut faire prévaloir son ouverture d’esprit, les enjeux financiers n’en demeurent pas moins de puissants freins à la libération de l’imagination des rois de l’évasion.

En parlant de frein justement, le scénariste aurait pu mettre la pédale douce sur les dialogues et les récitatifs qui aussi pittoresques qu’ils puissent être (et ils le sont), dépassent un peu mes propres limites.
Si je me suis laissé emporter par la fougue des deux compères force m’est de constater qu’une lecture continue n’est pas la meilleure façon de faire.
Ce n’est pas tant l’abondance que la redondance et le délire new age qui assomme. Ceci dit si l’objectif de Steve Englehart était de mettre ses lecteurs à la place de son héros et de leurs faire ressentir sa désorientation et son abattement, il a tout à fait réussi son coup.

Il y a quelques passages assez douloureux induits par la logorrhée de l'auteur, que la somnolence – presque hypnotique - rend parfois encore plus pénibles. J’exagère un chouia, mais je crois que j’ai été contaminé par Une réalité à part plus que je ne veux me l’avouer.

Mais contre toute attente, je ne regrette pas mon achat.

…. Une Réalité à part est aussi un recueil à part dans ce qui se fait aujourd’hui chez cet éditeur, et le témoignage vivant pour ainsi dire, de l’effervescence de la BD des années 1970 (conséquence d’une chute du lectorat pas si catastrophique que cela, mais qu’une escroquerie de grande envergure laissait croire aux éditeurs).

Grâce à une poignée de scénaristes, qui tentaient de concilier un esprit provocateur et relevant (autrement dit en phase avec les problèmes sociaux & politiques de leur époque), les années 1970 de l’éditeur new-yorkais ont produit d’authentiques BD dites « ground level ».
C’est-à-dire des histoires de super-héros ou assimilés, destinées au grand public, mais à la sensibilité underground.
Un pan essentiel de ce qui se faisait alors de mieux (et qui fait encore partie de la fine fleur de la production disponible).

…. Si l’édition de Panini reprend le contenu de son homologue original, je trouve dans les deux cas (forcément) que le premier épisode proposé (Marvel Premier #9) n’est pas très reader-friendly comme on dit.
Et l’introduction, qui résume ce que l’on va lire – que je déconseille donc fortement de lire avant le contenu proprement dit du recueil – n’est d’aucune utilité à ce sujet. Mais ensuite, le ton ne laisse place à aucune espèce d'hésitation, on est définitivement en terrain inconnu !

…. En conclusion, une palanquée d’épisodes à l’imagination artistique et à sa matérialisation sur la planche vraiment magnifique, et dont le storytelling parfois très alambiqué ajoute à l’exotisme ; Brunner est très en forme et très très motivé, et ça se voit.
Et un Steve Englehart à l’imagination toute aussi désinhibée que son dessinateur, mais un peu trop prolixe à mon goût. À force de cueillir les fruits de l’arbre à came, Englehart en oubliait que certains de ses lecteurs auraient le vertige.
Mais que le Fulchibar me damne si j'ai des regrets d'en avoir fait l'expérience !

Panini a de mon point de vue en tout cas, fait un excellent choix en proposant ces aventures, d’autant que l’éditeur a décidé d’utiliser du papier mat – qui convient mieux à la colorisation de l’époque -, il est d’ailleurs dommage qu’un si bel ouvrage commence sur une coquille, un malencontreux « Bunner » à la place de « Brunner » dès la page des crédits.

Bref, hormis cette coquille, Une Réalité à part est le mariage réussi du fond et de la forme.
Un avis qui comme tous ceux que l’on distribue n’engage que celui qui en fait profiter les autres. [-_ô]
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DOCTOR STRANGE t.1 (Jason Aaron / Chris Bachalo)

Messagede artemus dada » 18/10/2016 18:14

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100% MARVEL : DOCTEUR STRANGE 1 : Les Voies de l'étrange

Auteurs : Jason Aaron & Chris Bachalo
Traduction de Nicole Duclos
Lettrage : ELLETI

128 pages / 14,95 €

Le Docteur Strange est le Sorcier Suprême : il gère les affaires magiques de la Terre et de toute la dimension. C'est un travail auquel il est habitué mais il y a une des leçons de son Maître qu'il n'a pas retenu : la magie a un prix et si on ne le paye pas régulièrement, les conséquences peuvent être terribles.

(Contient les épisodes US Doctor Strange (2016) 1-5, inédits)
Sortie le 12 octobre 2016

…. Si le Docteur Strange est l’un des premiers pensionnaires de la Maison des Idées, il n’a pas, à l’instar de ses coreligionnaires du début des années 1960, le même parcours aventureux.
Il était plutôt d'ailleurs ces vingt dernières années, l’homme des mini-séries, ou le membre plus ou moins éminent d’un des différents groupes de super-héros de la Marvel. Mais pas celui dont le seul nom suffisait à lancer un titre au long cours.
Nonobstant un curriculum vitae peu épais à titre individuel, toutes choses égales par ailleurs, celles et ceux qui s’en sont occupés l’ont fait en utilisant ses ressources au maximum.
Il a même fût un temps, porté une sorte de masque comme le commun des super-héros, sans pour autant que cela y change grand chose.

Ceci pour dire, qu’on semblait bien avoir été au bout de ce qu’il était possible de faire afin d’attirer les lecteurs auprès d’un personnage très loin d’avoir finalement, la place à laquelle il aurait dû prétendre.

…. En reprenant le personnage le scénariste Jason Aaron tente un retour aux sources, et pousse le concept d’affordance dans ses derniers retranchements.
Ce concept, que j’emploie ici dans le cadre de l’ergonomie créative est la capacité d’un personnage à suggérer sa propre utilisation. En l’occurrence, Stephen Strange est un docteur, donnons lui donc les prérogatives qui vont avec ce titre - quand bien même est-il diplômé d’une école de sorcellerie - en lui faisant faire par exemple, des consultations.

Une idée que l’on trouve au demeurant dès le premier épisode de ses aventures (Strange Tales #110) en 1963, où il ausculte les rêves et les cauchemars d’un patient.
Toutefois, Jason Aaron pousse encore plus loin l’analogie mise en œuvre par Stan Lee & Steve Ditko, puisqu’il nous apprend que notre âme est colonisée (à notre insu car cela se joue sur le plan ectoplasmique) par des « parasites d’ordre mystique » et des « bactéries interdimensionnelles », voire des « dévoreurs d’âmes ». Et c’est là qu’intervient le docteur Strange, qui dès lors fait honneur à son titre.
L’affordance vous disais-je ! [-_ô]

Toujours en communication directe avec le genius loci de la Maison des Idées, Jason Aaron opère une habile variation de la citation attribuée (de façon apocryphe) à l’oncle de Peter Parker : « with great power there must also come … great responsability ! » (Amazing Fantasy #15), datant de 1962.
Ce qui donne en l’espèce, qu’il y a « un prix à payer pour jeter un sort ».

Fort de ces bases, dont on ne peut pas dire qu’elles trahissent le personnage ni l’esprit corporate (du moins celui qui résidait au début des sixties), Aaron et son dessinateur Chris Bachalo, nous invitent à lire les cinq épisodes qui composent le premier recueil d’une nouvelle ère intitulé : Les Voies de l’étrange.

…. Malheureusement le résultat n’a pas été à la hauteur de mes espérances.

Si le Docteur Strange est très occupé durant ces 5 numéros, l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose est pourtant celle que je garde après en avoir terminé avec ma lecture. Strange brasse de l'air mais en vain.
En outre, le scénariste ajoute au folklore qui entoure le personnage deux nouveaux éléments tellement originaux et incontournables que n’importe qui, connaissant un tant soit peu le personnage, se demande comment il a pu ne pas les connaître jusqu’à maintenant. Cherchez l'erreur !
Mettre Chris Bachalo, dont les dessins très travaillés voire baroques, sur une série de ce type est a priori, une bonne idée.
Sauf que je trouve qu’il donne un air trop juvénile à ses personnages.

En effet, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer que Stephen Strange –sous le crayon de Bachalo - était un enfant de 8 huit ans affublé d’une fausse moustache, jouant à être le Docteur Strange. Shocking !!!
Et l’ensemble de la distribution, que l’on aperçoit au fil des planches, semble tout autant s’être échappé de la cour de récréation d’une école primaire que le personnage principal. Une impression qui ne facilite pas l’immersion dans un récit plutôt orienté vers un surnaturel à la Lovecraft.
Cela dit, Bachalo arrive aussi à installer une atmosphère d’inquiétante étrangeté très réussie. Mais le résultat final apparaît comme le mariage de la carpe et du lapin.
Un peu bancal.

…. C’est d’ailleurs l’impression qui me reste.

Les Voies de l’étrange est à mon avis, un recueil bancal, pas franchement mauvais, mais qui ne m’a pas non plus donné envie de continuer la lecture de la série et d'en savoir plus.
Dommage, avec des auteurs de ce calibre et un tel personnage, je m'attendais à grimper aux rideaux.
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Re: DOCTOR STRANGE t.1 (Jason Aaron / Chris Bachalo)

Messagede Oncle Hermes » 18/10/2016 21:04

Autant j'espère bien être aussi conquis par les épisodes d'Englehart, que je n'ai pas encore lus, autant -- une fois n'est pas coutume, mais à la 100e on peut commencer à parler d'habitude :lisezmoi: -- je suis en complet désaccord (once again) avec le Dada sur la série d'Aaron et Bachalo. Je m'empresse donc de vous recommander celle-ci chaudement, de mon côté, dans la mesure où il s'agit pour moi d'une des meilleures séries du moment. 8-)

Écartons d'abord l'argument le plus faiblard de ma némésis fumeuse*
(* je fais ici bien entendu référence à la tabagie de son avatar :D ) :
artemus dada a écrit:En outre, le scénariste ajoute au folklore qui entoure le personnage deux nouveaux éléments tellement originaux et incontournables que n’importe qui, connaissant un tant soit peu le personnage, se demande comment il a pu ne pas les connaître jusqu’à maintenant. Cherchez l'erreur !

L'erreur serait de s'interdire de bonnes idées sous prétexte que d'autres ne les ont pas eu avant. :siffle: S'appuyer sur la continuité, c'est bien. Mais dans l'absolu, ça n'a rien d'un carcan inflexible : ce n'est pas la première fois qu'un auteur "retouche un personnage"... et puisqu'on en parle, je trouve un peu fort de café que le même forumeur qui s'enthousiasmait naguère à l'idée de redéfinir Captain America comme un agent de l'Hydra sous couverture, vienne quelques mois plus tard faire un crime à Aaron de changer le régime alimentaire du Docteur Strange. :lol: (Au demeurant, l'univers Marvel vient d'être rebooté à la fin de Secret Wars, donc, s'il y en a à qui il faut absolument une explication, il y a toujours ça.)

Maintenant, passons à des choses plus générales.

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Le problème du personnage (Nikolavitch expliquerait ça mieux que moi, pour les détails érudits je vous renvoie à son Mythe et super-héros pour la version longue ou à cet article sur Comics Sanctuary pour une version condensée mais qui demande d'un peu s'accrocher par moments, du coup), le problème du personnage, disais-je, c'est qu'on le retrouve vite confronté à deux options : soit on le réduit à des activités de super-héros lambda qui utilise la magie pour taper des méchants, et c'est quand même un peu du gâchis, soit on assume de le faire partir à fond dans des problématiques mystiques ultra-cosmiques, et on se retrouve vite avec un Doc qui prend le thé avec l'incarnation de l'âme de l'univers et allez donc nous faire une série régulière avec ça. À quoi s'ajoute, entre le récit d'origine, le statut de "Sorcier Suprême", et l'intérêt pour des menaces qui dépassent largement le commun des mortels et même des super-mortels, la tentation de jouer d'un petit côté hautain / élitiste voire, de là, manipulateur, veine notamment exacerbée ces dernières années par Hickman dans ses New Avengers et Secret Wars.

Reboot aidant, Aaron et Bachalo viennent faire souffler un air assez frais sur tout ça.

Dans une approche très "nouveau lecteur friendly", l'allure du personnage est rajeunie (sans que j'aie pour autant, pour ma part, l'impression d'un bambin à moustache, non mais... :roll: ) en même temps que son background est épuré, tandis qu'un personnage de "relai" découvrant Strange et son monde (et chargés, donc, de les faire découvrir au besoin) sont introduits au 2e épisode en la personne de Zelma Stanton, une jeune bibliothécaire du Bronx qui vient consulter le Doc et va se retrouver en charge de ses livres forcément quelque peu hors normes...

Loin de la tendance dominante dans les dernières incarnations du personnage, Aaron ancre son Docteur Strange, d'une part, dans le cadre new-yorkais -- son Sanctum Sanctorum de Greenwich Village et ses abords (il est "le dernier docteur de New York à se déplacer pour des consultations à domicile", quand votre fille se met à jurer en latin en marchant au mur comme une araignée) --, et d'autre part, dans la communauté des personnages "magiques" de la Maison des Idées. Aaron et Bachalo alignent alors un casting varié où se croisent des personnages de premier et de second plan (la Sorcière Rouge bien sûr, le Docteur Voodoo qui avait un temps remplacé Strange en tant que Sorcier Suprême sous la plume de Bendis, Shaman et sa fille Talisman...) voire franchement obscurs (citons Monako, le prince de la magie, éphémère héros de quatre numéros de Daring Mystery Comics en 1940, qui réapparaît en vieux vétéran ressassant ses souvenirs de guerre contre les nazis).

Image

Introduisant pas mal d'idées -- comme celle, génialement servie par Bachalo, de représenter la coexistence du monde magique avec le monde "tel que tout le monde le voit" sous la forme d'une sorte d'écosystème microbien --, le duo sait donc (à mon avis) quand payer un hommage respectueux et quand innover ; offre une vision résolument cool du personnage tout en laissant deviner la présence de zones d'ombre qui lui sauteront à la gueule (littéralement s'il le faut) un jour ou l'autre ; et navigue avec brio entre les deux écueils mentionnés plus haut, en gardant la montée en puissance la méga-menace-interdimensionnelle-ultime présente mais à l'arrière-plan, tandis que la série prend le temps d'installer sa vision du personnage et de son univers, plutôt que de partir tout de suite sur le gros affrontement (qui occupera le volume suivant, qu'on se rassure).

Seul bémol à apporter à la sortie française de cette série, la couverture assez moche, et à côté de la plaque dans son hiératisme massif, signée Joe Quesada, que Panini a cru bon de substituer à la couv' originale. (Mais bon, moi j'ai les TPB v.o., donc après tout "cela ne me regarde pas", comme dirait l'autre :D ).
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Re: DOCTOR STRANGE t.1 (Jason Aaron / Chris Bachalo)

Messagede artemus dada » 18/10/2016 21:34

Oncle Hermes a écrit:[..]
et puisqu'on en parle, je trouve un peu fort de café que le même forumeur qui s'enthousiasmait naguère à l'idée de redéfinir Captain America [..] vienne quelques mois plus tard faire un crime à Aaron de changer le régime alimentaire du Docteur Strange. :lol: [..]


À part que ce qu'on apprend sur Cpt America (je ne sais pas où en est la traduction des épisodes en France je vais donc pour ma part rester dans le vague) est sensé - et pour cause - être secret, le comportement de Strange a contrario n'appartient pas du tout au même registre.

Que les lecteurs ne connaissent pas l'un peut s'expliquer facilement, l'autre beaucoup moins.

Maintenant si tu trouves les deux idées liées à Docteur Strange à ta convenance, tu penses bien que je n'ai rien à y redire.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Rebecca Doppelmeyer » 19/10/2016 00:28

Bon, je n'ai plus qu'à me faire ma propre opinion. Merci pour vos avis. [:fantaroux:2]
Effectivement la couverture est décevante. Il y a d'autres exemples de mauvais choix de couvertures chez cet éditeur. [:bru:3]
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BLACK HAMMER #3 (Jeff Lemire / Dean Ormston) Dark Horse

Messagede artemus dada » 20/10/2016 11:30

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Dans le genre super-héros rurales, où la campagne est une sorte de dimension parallèle à la notre, c'est plutôt bien fait. Lemire construit son intrigue avec suffisamment de savoir-faire pour que l’intérêt qu'il éveille perdure.

"Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes sous la forme d'un clou"

Toutefois, ce 3ème numéro met le doigt sur l'un des éléments qui constitue une part importante de l'entreprise : le pastiche.

Barbalien est la copie presque conforme du Limier Martien, tout comme précédemment Golden Gayle est celui d'un autre personnage, et si cette écriture ou réécriture post-moderne du genre est souvent amusante, son utilisation (relativement) massive chez des auteurs opérant en dehors des Big Two - sources principales et pour cause de ces "imitations" - montre ses limites.
Une fois retiré tout ce qui tourne autour des pastiches, que reste-t-il finalement à lire ?

Qu'est-ce qui fait l'originalité de ces scénaristes hormis la déclinaison de personnages connus, voire très connus ?

Lemire plonge ici ses personnages dans une pastorale presque jeffersonienne, et c'est vrai que le dépaysement est très réussi (en plus d'être original).
À cela s'ajoute les dessins de Dean Ormston qui créent une belle ambiance, et un mystère (ou une énigme) qui me captive suffisamment pour continuer cette série.

Donc, tout irait pour le mieux si ce n'était cette énième variation (qui peut tout aussi bien prendre des allures d'écriture afterpop) sur des super-héros "antédiluviens", dans une culture de masse dont j'ai parfois l'impression qu'elle tend de plus en plus vers la monoculture (impression qui tient plus compte de mes lectures que de l'état de la production contemporaine, forcément). Cela dit, ce n'est pas facile de réinventer le fil a couper le beurre, et la tentation est grande d'en épuiser toutes les variations.

Mais Jeff Lemire va peut-être arriver à me surprendre.
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Re: DOCTOR STRANGE t.1 (Jason Aaron / Chris Bachalo)

Messagede mallrat » 20/10/2016 17:24

artemus dada a écrit:
Oncle Hermes a écrit:[..]
et puisqu'on en parle, je trouve un peu fort de café que le même forumeur qui s'enthousiasmait naguère à l'idée de redéfinir Captain America [..] vienne quelques mois plus tard faire un crime à Aaron de changer le régime alimentaire du Docteur Strange. :lol: [..]


À part que ce qu'on apprend sur Cpt America (je ne sais pas où en est la traduction des épisodes en France je vais donc pour ma part rester dans le vague) est sensé - et pour cause - être secret, le comportement de Strange a contrario n'appartient pas du tout au même registre.

Que les lecteurs ne connaissent pas l'un peut s'expliquer facilement, l'autre beaucoup moins.

Maintenant si tu trouves les deux idées liées à Docteur Strange à ta convenance, tu penses bien que je n'ai rien à y redire.



Il est secret mais le pourquoi du changement est connu.
On peut ensuite critiquer le procédé mais là il est exposé.
C est un peu comme la méthode Mephisto.. je la trouve débile mais elle est là.. contrairement a pleins de moments de New Avengers de Bendis où il change les regles (la magie du chaos, les amitiés des uns et des autres, y compris sa propre règle à la fin de disassembled de plus prendre de bombes à retardement dans les avengers) sans aucune explications mais juste car il a envie.
Doc Strange, c est ce qui me choque car Aaron en général explicite... là c'est à la Bendis.. c'est a dire "je change tout car ca m arrange et j ai pas a trouver une quelconque explication".
Moi même une explication à la ennis dans Punisher "ca ne m a pas plu" me va.. mais au moins tu as cherché.
là on te vend un truc comme ayant toujours été là (mais on te fais le truc pour te faire comprendre que c est un changement même si t as jamais lu doc Strange avant) y compris quand ca ne colle pas a de nombreuses autre présentations (et qu en plus il est evident même quand t as rien lu qu on a déjà du voir Strange manger, ne plus avoir la même source de pouvoir et peut etre même ne plus avoir wong avec soi (là en plus Wong a aussi une fois voulu la mort de Strange)).
En plus comment être Sorcier Supreme de ta dimension quand tu ne vois pas qu'on utilise à ton insu un autre mode de "rechargement"?


Je suis assez d accord globalement avec Artemus sur son avis.
C est une série sympa mais les changements ont peu de sens, son mal amenés et c est visible sans avoir lu de Doc avant, a mon avis puisqu on insiste bien sur ces changements.
D autre part l histoire manque de rhytme..

Franchement je m attendais a mieux de Aaron+Bachalo sur Strange..
en plus j avais eu vent de ce qui me dérange et je me preparais à me gausser de Patrick Marcel car je trouvais avant lecture qu il faisait beaucoup de cas de peu de choses... mais à la lecture.. c est pas peu de choses.. et c est mal foutu.. en plus cette première histoire est déjà vue, manque de rhytme, de grandeur.. le personnage feminin est pour l instant un double de la quinzaine d etudiante que Waid ou Bendis lui ont mis dans les pattes...
Et le fait de vouloir "medicaliser" la magie pour renforcer le personnage.. me parait.. mal amené là aussi.

On me garantit que ca va mieux avec le 2eme arc, que la cohérence arrive et le souffle épique aussi.. que le personnage feminin, strange ou wong gagne en épaisseur! Tant mieux, je suis prêt à aimer ce run.. mais ca ne changera pas que ce 1er arc est mal foutu.
J ai un peu l impression que Aaron n a pas choisit de venir sur la série..
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede mallrat » 20/10/2016 17:33

Qu on ne soit pas attaché à la continuité : bien sur mais
1-on peut au moins faire des changements pour le meilleur (et là bof ca sert plus a faire de l effet qu a quoi que ce soit pour l instant).
2-on peut l expliquer.

et qu on me ramene pas Moore, Gaiman, Morrison : ils expliquent justement toujours! L anatomy lesson est justement un episode qui sert a expliquer les hangements; le 1er arc de sandman explique le pourquoi on n a jamais entendu parler d un etre aussi puissant et sa place dans le DCU.. je ne parle pas de Animal Man, Doom Patrol ou Batman...
C est pas compliqué.
Tu peux te planter, faire du mauvais mais ca fait partie du job de narrateur.

Et encore une fois mon souci principal (de cette série qui se lit bien malgré tout) c est que globalement c est bancal.
Et que si on parle des "changements", ils me paraissent peu utiles, auraient pu etre autrement pour une même idee générale (la magie coute qui est aussi dans doc strange au centre du run de Gillis, dans toute la periode Doc Strange Sorcerer Supreme 50-82 (encore plus mal foutus d ailleurs malgré Ellis)) et même pas amenés..

Je trouve qu Artemus le dit bien et qu on ne peut pas lui renvoyer l argument de "continuity lover" (qu on m a renvoyé aussi malgré le nombres de runs que l on adore qui ne suivent pas la continuité et nos arguments): ca me parait un argument facile.

mais apres ce tome a pleins d admirateurs et je pense que chacun doit se faire son opinion.
Surtout qu artemus n en fait pas une horreur et perso je le trouve juste moyen plus mais decevant devant un personnage si passionnant et une telle equipe creative qui fait généralement des malheurs.
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JAMES BOND t.1 (Warren Ellis/Jason Masters) : VARGR

Messagede artemus dada » 22/10/2016 13:01

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James Bond t 01 : VARGR

Scénariste : Warren ELLIS
Dessinateur : Jason MASTERS
Coloriste : Guy MAJOR
Traduction : Philippe Touboul
lettrage : MOSCOW*EYE

Résumé
James Bond est de retour à Londres après une mission teintée de vengeance à Helsinki, afin de reprendre une affaire qui a laissé un autre agent 00 sur le carreau.


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…. James Bond VARGR commence par 9 planches de course-poursuite très laconiques.
Ce pré-générique (en quelque sorte) est - comme le révélera par la suite ma lecture - l’incipit de la série qu’écrira le scénariste Warren Ellis.
Du moins les cinq épisodes contenus dans le recueil que vient de publier l’éditeur Delcourt que j’ai pu lire.
Bond s’y montre déterminé, efficace et surtout, n’hésitant pas à abattre son adversaire.
Ce dernier point n’apparaît d’ailleurs pas comme une option mais comme le dénouement logique d’un affrontement avec le plus célèbre des espions de Sa Très Gracieuse Majesté.
Bond ne fait pas de prisonniers. Un modus operandi qu'il maintiendra coûte que coûte.

En cinq numéros, parus originellement sur un rythme mensuel entre novembre 2015 et mars 2016 chez l’éditeur américain Dynamite Entertainment, Ellis et son collaborateur le dessinateur Jason Masters livre un récit très linéaire mais d’une efficacité redoutable.
Le scénariste britannique montre qu’il n’est pas seulement l’auteur de travaux de commande dénués de la moindre implication que j’avais tendance à voir dans ses dernières productions.
Des prestations courtes, pas catastrophiques non plus, mais - compte tenu du talent que je lui prête – n’offrant que le minimum syndical.

Là, en lisant VARGR, j’ai eu l’impression de retrouver le Warren Ellis de The Authority et ce n'est pas peu dire.

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Il faut dire qu’il est magnifiquement secondé par Jason Masters un artiste dont le storytelling serait capable de faire de n’importe quel scénario un page-turner. Et VARGR n’est justement pas n’importe quel scénario, simple certes (pour l’instant cela dit, la prestation d’Ellis et Masters en est au dixième numéro chez Dynamite) mais captivant de bout en bout. Que ce soit la personnalité de Bond et les rapports qu'il entretient avec les autres personnages, ou la façon de gérer sa mission (qui appartient plus au registre de l’imagination rocambolesque que de la réalité, ou du moins de ce que j’en perçois moi-même) le scénariste fait un sans-faute.

Et ça fait plaisir !
Dernière édition par artemus dada le 24/10/2016 19:07, édité 1 fois.
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Unstable Molecules (James Sturm/Guy Davis/Michel Vrana)

Messagede artemus dada » 23/10/2016 17:07

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…. Unstable Molecules est la concrétisation très étrange d’une idée de James Sturm, un auteur peu habitué des pages mainstream de la bande dessinée américaine. Et d’ailleurs le résultat n’a rien à voir avec ce que publie d’ordinaire l’éditeur Marvel (du moins à ma connaissance).

En effet celui-ci imagine que la plus fantastique des familles de super-héros américains repose sur des gens ayant réellement existé.
Jusque là rien qui ne sorte de l’ordinaire pour une maison d’édition habituée à épuiser toutes les possibilités pour maintenir - mois après mois - ses personnages dans les librairies spécialisées.
Parue entre mars et juin 2003 puis repris en recueil, la mini-série, dessinée par Guy Davis, raconte 24 heures de la vie de plusieurs personnes dont (et principalement) Reed Richard, Sue & Johnny Sturm (sic), et Ben Grimm, entre le 3 et le 4 octobre 1958.

Pas l’ombre d'un super-pourvoir, hormis dans quelques pages extraites du premier numéro de la série Fantastic Four (1961) - en dehors du cadre du récit - et celles d’un vrai-faux comic book Marvel : Vapor Girl.

Malgré un important paratexte visant à accentuer la véracité de la thèse de James Sturm, et même en y mettant beaucoup du mien jamais cette direction ne m’a semblé être plus qu’une aimable plaisanterie.
À vrai dire, nonobstant les patronymes et la ressemblance des personnages de cette histoire avec ceux de la célèbre équipe de super-aventuriers connue sous le nom des Quatre Fantastiques rien ne les relie et rien ici n’évoque vraiment la création de Stan Lee & Jack Kirby.

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Et contre toute attente, ce qui pourrait apparaître comme un fiasco est une très belle réussite.
Les personnages, l’époque, les magnifiques dessins de Davis qui captent avec précision le langage corporel et les expressions des uns et des autres, ainsi que l’écriture de James Sturm (qui a aussi fait la mise en page) tout cela donne un résultat captivant de bout en bout.
Et surtout fait de Sue Sturm une « héroïne du quotidien » remarquable autour de laquelle tourne tout un monde. La « revanche » de la femme invisible en quelque sorte. Même si pour le coup le terme de revanche semble bien peu approprié.

En outre, ce n’est certainement pas un hasard si le roman de Grace Metalious est si souvent cité.

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…. Je ne sais pas si la fin des années 1950 est fidèlement représentée, où si l’amorce d’une nouvelle ère était si palpable que ça l’est dans les pages d’Unstable Molecules mais, cette parenthèse en clair-obscur acquière une intensité envoûtante au travers de « l’histoire vraie du plus grand quatuor de la BD ».
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede mr maurice » 23/10/2016 23:01



Un de mes coups de cœurs comics de l'année! Un troisième album réussi avec toujours une très bonne utilisation des deux "genres" de la série: d'un coté le drame familial et de l'autre la Fantasy épique. On ajoute à ça des personnages non manichéens qu'il est difficile de faire rentrer dans des cases, et on obtient une des séries fantastiques les plus intéressantes du moment !
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Nirm » 23/10/2016 23:03

Tu sais que tu as un sujet dédié à la série?
Tu débarques ? Suis le guide
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