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Adam - Legend of the Blue Marvel 2 à 5

Messagede artemus dada » 02/09/2016 11:36

Message précédent :
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…. Je citais Ralph Ellison, sans trop savoir si je n’extrapolais pas un peu trop après avoir seulement lu un numéro ; eh bien Kevin Grevioux cite lui aussi cet auteur, et mention l’idée d’une invisibilité disons « sociale » pour le dire rapidement, telle que je l’avais plus ou moins anticipée.
J’étais donc sur la bonne longueur d’onde, et cela grâce notamment au travail du scénariste sur le premier numéro, ce qui est toujours bon signe pour la suite.

Et d’une manière générale, Kevin Grevioux s’en sort d’ailleurs plutôt bien.

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.... Compte tenu de l’époque où opère ou plutôt opérait Blue Marvel, il colore sa série d’une ambiance très « black ops » si je puis dire, avec juste ce qu’il faut de paranoïa, et de racisme « ordinaire » ; et joue d’une relation familiale si connue qu’elle semble aller de soi sans pour autant apparaître pour ce qu’elle réellement, c’est-à-dire un cliché.
Grâce en partie à un contrepied inimaginable en 1962 (ce dont il se sert aussi).

Bref l’instantané des sixties est convaincant, et en aucune manière gratuit, puisque les développements vont dans le sens de l’idée que Brashear a renoncé surtout compte tenu du contexte social, et plus précisément racial, de l'époque.

Reste qu’il est toujours aussi difficile de croire qu’un homme tel qu'Adam Brashear soit resté les bras croisés avec tout ce qui s’est passé dans l’univers Marvel depuis les années 1960 même si au fil des numéros se dessine un personnage auquel j’ai fini par croire.

Il est certain que si Grevioux avait choisi la simplicité en expliquant le retrait de son personnage principal par le chantage, un accident, une amnésie ou un lavage de cerveaux, cela aurait plus facilement fonctionné.
Là, la simplicité de l’explication qui a contrario modèle un personnage complexe, et plus dure à avaler.
D’autant que certains événements dramatiques de ces années-là - qui expliquent sa décision - peuvent ne pas être connus ou venir à l’esprit des lecteurs.

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La Forteresse de la solitude en plein cœur du "monde du silence" ?
Si tel est le cas, c'est une case qui résume bien le personnage.

.... Reste une histoire en 5 numéros très agréable à lire avec ce qu’il faut de situations attendues et d’événements inattendus, mais qui de mon point de vue pêchent un peu du côté des dessins avec l’impression de lire des planches de moins en moins soignées. D’ailleurs dans le même ordre d’idée le design de Blue Marvel n’est pas très heureux non plus.
Par contre les interactions et les dialogues avec les Avengers ou son entourage, sonnent très justes (à mon oreille tout du moins).

Cela dit les menues faiblesses que je relève ne vallent de passer à côté de cette mini-série ; d’autant qu'b]Adam Legend of the Blue Marvel[/b] propose aussi (sans ce que cette lecture soit obligatoire) une perspective dont le sujet n’est plus la sauvegarde de l’humanité, mais une tentative d’explication à l’absence (ou quasi absence) d’un héros Noir de premier plan chez Marvel, et d'une manière plus générale d'un héros Noir de premier plan tout court.

Étrange coïncidence, le premier numéro paraît le 5 novembre 2008.
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The End League (Remender & Co.)

Messagede artemus dada » 07/09/2016 13:44

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…. Avant que l’éditeur américain Dark Horse ne lance la série The End League, le scénariste de ladite série – Rick Remender - en proposait l’argumentaire suivant sur le site Newsarama : « Pour moi, The End League est un projet où je peux faire tout ce que j'ai toujours voulu faire avec des super-héros. Une fusion du Seigneur des Anneaux et de The Dark Knight Returns.
The End League End suit une équipe composée des dernières surhommes, sous la forme d’archétypes familiers, alors qu’ils se lancent dans un voyage désespéré et périlleux dans un monde dominé par le mal, dans l'espoir de trouver l’artefact qui peut sauver leur monde : le marteau de Thor.
»

Le résultat, sous la forme de neuf numéros publiés de décembre 2007 à novembre 2009 aux U.S.A., reprend effectivement le canevas de la quête (devenue sous une forme ou une autre un standard) dans une ambiance très sombre ; et si Rick Remender parle d’archétypes familiers j’utiliserai pour ma part plutôt le terme de pastiches.

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Compte tenu de l’impact que connaissent les films de super-héros ces dernières années, pratiquement n’importe qui peut deviner de quels personnages s’inspirent les pastiches d’Astonishman, de Codename Black, de Soldier American, de The Prairie Ghost, de Blur Girl, ou d’Arachnakid.
Pour d’autres c’est peut-être un peu plus difficile, mais en tout état de cause connaître les sources – au moins des principaux protagonistes - ajoutent indéniablement au plaisir de la lecture, puisque vous vous y attendiez, Rick Remender s’ingénie à développer ses pastiches dans des directions qu’il veut surprenantes, à tout le moins différents de leur modèle.
C’est d’ailleurs en partie sur cela que repose sa série.

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Matt Broome

…. Il y a de fortes probabilités pour que si nous vivions dans une société où des personnages de la stature de Superman, ou de Galactus, étaient non pas des créatures imaginaires mais nos contemporains, nous devrions sans nul doute vivre en permanence avec un casque de chantier vissé sur la tête, et probablement vêtus d’une armure en permanence.

C’est en tout cas l’idée que développe le scénariste dans sa série en la poussant un cran au-dessus, avec pour résultat que la Terre est devenue un champ de ruine.
En effet, en 1962 un terrible accident a dévasté la planète et a augmenté considérablement le nombre d’individus détenteur de « super-pouvoirs ».
Plusieurs années après il ne reste plus qu’un petit noyau d’entre eux qui œuvre pour le bien de l’humanité, le reste de ces « méta-humains » sont devenus qui des tyrans, qui des criminels (oui je sais, la frontière entre ces deux catégories n’est pas facile à estimer).
The End League raconte les péripéties que devra affronter l’équipe éponyme pour mettre la main sur Mjöllnir, seul capable de retourner la situation en leur faveur, et permettre à l’humanité de reprendre un nouveau départ.

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Eric Canete

…. The End League est une série qui mérite non seulement d’être lue jusqu’au bout, mais surtout, qui à l’instar de ce que propose son épilogue, d’en recommencer la lecture une fois celle-ci terminée.
Et ce n’est pas forcément l’envie que donnent les premiers numéros.

Si les sept premiers numéros ne sont pas dénués d’intérêt en termes d’action pyrotechniques ou de lecture au « deuxième degré » ; cette série de fantasy qui ne dit pas son nom (eh oui), ne passe la seconde qu’au cours de son huitième numéro, et ne met les gaz qu’au moment de son chant du cygne où une bonne dose de dilemmes moraux piment – enfin – sérieusement son propos.

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Andy MacDonald

Et c’est là que rétrospectivement une seconde lecture donne un souffle nouveau à ce qui se déroule précédemment, ainsi qu’une nouvelle perspective à certains dialogues.
Il apparaît aussi que savoir dans quoi se jettent les « héros » devient dès lors très amusant. En tout cas bien plus que de ne pas le savoir.

Je ne vous cache pas toutefois que Rick Remender utilise quelques unes de ses fixettes préférées.

Ceux qui connaissent sa série Fear Agent par exemple ou encore Black Science, voire son run sur Uncanny X-Force sauront à quoi s’attendre en listant mes exemples.
Du reste, il ne serait pas étonnant également que The End League ne devait pas se terminer aussi rapidement.

Bref, il me semble que Remender complique un peu inutilement son histoire au départ en vue de développements ultérieurs qui, par la force des choses comme on dit, ne viendront jamais.
Néanmoins rien de rédhibitoire, Rick Remender fait preuve d’assez d’astuce et de métier pour clore son histoire de manière plutôt satisfaisante, et la fin programmée et très certainement précipitée de son projet, nous a de mon point de vue, rendu service.

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Même si pour le dire franchement The End League mériterait – à l’aune de mes goûts en tout cas - une édition revue et corrigée pour en faire une mini-série un peu plus ramassée, un peu plus concise ; et ce qu’elle perdrait en pagination elle le regagnerait selon moi en impact.

Cela dit, tout un chacun peut assez facilement faire lors de la relecture que je propose - sans trop se triturer les méninges - ce travail d’édition, et n’en mémoriser que la substantifique moelle.

À la décharge du scénariste il semble que la série a connu quelques aléas indépendants de sa volonté.
En effet trois dessinateurs et autant de coloristes se succèdent au fil des neuf numéros qui paraissent sur presque deux ans. Ce qui n’est jamais bon signe.
Si Matt Broome et Eric Canete font à leur manière et c’est là que le bât blesse justement, du bon travail ; je préfère néanmoins celui d’Andy MacDonald (dessins) et de Matthew Wilson (couleurs) qui n’arrivent malheureusement que sur le neuvième et dernier numéro.

Publiée en France sous la forme de deux recueils chez l'éditeur Akileos à des prix qui à l’époque m’avaient fait renoncer à les lire (un premier tome de même pas 100 planches d’histoire pour 14 €) la série est désormais aussi disponible en occasion à des prix tout ce qu’il y a d’intéressants même si j’ai pour le coup, choisi la V.O à des prix tout aussi vils.
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WARLOCK (Greg Pak/Charlie Adlard)

Messagede artemus dada » 09/09/2016 19:05

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…. Mini-série sans lendemain ?
Série à suivre sanctionnée par de mauvaises ventes entraînant son arrêt après seulement quatre numéros ?

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Toujours est-il que si Warlock (2004-2005) propose quelques idées intéressantes, le tout est - de mon point de vue toujours - inutilement compliqué, et perd tout aussi inutilement son temps à tourner autour du pot (surtout s'il s'agit dès le départ d'une mini-série).

Le premier numéro, avec une tentative de commentaire sur le héros éponyme de la série notamment, est le plus réussi ; et la révélation finale - esquissée par ailleurs dés le début - était prometteuse (et attendue), bien que très tirée par les cheveux.
Elle n’aura à ma connaissance aucun lendemain.

C’est aussi ce qui aurait pu arriver à l’univers Marvel.

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.... En effet, un personnage quasi divin tel que Warlock - sciemment créé dans le but de changer le monde et de le rendre meilleur - porte en lui la fin programmée d’un univers qui repose essentiellement comme c’est le cas ici, sur la confrontation violente de ses super-héros et de ses super-vilains (quand ce n’est pas entre super-héros qu’a lieu l’explication de gravures).

Impossible dès lors de croire qu’il tolérerait très longtemps l’entropie nécessaire à la diégèse marvelienne caractérisée qui plus est par une expansion continue (et nécessaire).
Et de surcroît placée sous la juridiction de la continuité.

Entre le premier numéro, plutôt intéressant donc et la prometteuse chute qui ne dépareillerait pas dans l’univers actuel très « after pop », de la Maison des Idées, la série pédale gentiment dans la semoule, sans que cela soit pour autant désagréable, en recyclant sans grande originalité des questions liées à son personnage principal.

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Le milieu ambiant dans lequel tout cela se déroule emprunte une partie de ses idées au film Matrix, d’une façon surtout ironique, sans que cela aboutisse à quoi que ce soit de vraiment neuf.
Reste un imperceptible soupçon que l'univers dans laquelle se déroule cette histoire n'est pas, du moins au début l'univers 616, et l'impression que Greg Pak navigue un peu a vue.
J'en veux pour preuve le retournement de situation final qui semble être un deus ex machina de la plus belle eau.

Ou une tentative de la dernière chance de terminer l'histoire sur une fin sinon satisfaisante du moins suffisamment saisissante (à l'époque) pour faire oublier l'impression d'avoir survolé son sujet sans jamais atterrir ?

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Dessinée plutôt joliment par Charlie Adlard sous des couvertures de J. H. Williams III – qui s’est aussi chargé du nouveau design du héros – la série était peut-être un peu trop ambitieuse pour le scénariste débutant qu’était alors Greg Pak.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede toine74 » 12/09/2016 19:20

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SIDEKICK t.1 & 2 (J. Michael Straczynski / Tom Mandrake)

Messagede artemus dada » 13/09/2016 10:53

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…. Il me semble que la manière la plus simple d’envisager la présence d’un sidekick (faire-valoir/partenaire) adolescent auprès d’un super-héros adulte est de le voir comme un moyen d’identification pour les plus jeunes lecteurs.
Dans le cas de Batman – et cet exemple n’est pas choisi au hasard - on s’accorde pour y voir aussi une manière d’atténuer l’aspect assez sombre des aventures du Dark Knight vers lequel il tendait au début du Golden Age.

…. Dans le premier numéro de Sidekick publié aux U.S.A, le scénariste de la série J. Michael Straczynski (abrégé en JMS), déclare sans ambages qu’il les déteste pour la simple et bonne raison que si quelqu’un comme Batman le poussait à grandir lorsqu’il avait 13 ans, son partenaire Robin - approximativement du même âge que JMS à l’époque - lui faisait bien sentir qu’il était capable de faire des choses que lui ne pouvait pas (et ne pourrait jamais) faire au même âge.
Si Batman pouvait apparaître comme un idéal à atteindre (même si en définitive il demeurerait inaccessible), Robin au contraire lui faisait bien sentir sa médiocrité.

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Une analyse pour le moins inédite de la place de ce type de personnage dans l’imaginaire.
Mais c’est aussi pour ça que j’aime JMS, il a des idées et envisage des perspectives qui ne sont pas les miennes. Et c’est encore le cas ici.

Les douze numéros de la série sont donc une sorte de revanche sur tous les sidekicks (Robin, Speedy, Bucky, Kid Flash, Rick Jones ….) qui lui ont empoisonné l’existence.

Et le moins qu’on puisse dire c’est que la note est salée.

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…. Un peu trop à mon goût, même si j’ai trouvé la conclusion de cette histoire très inattendue.

S’il me paraît difficile de faire pire en matière de « descente aux enfers », il est indéniable que le dessinateur Tom Mandrake était sur la même longueur d’onde que son scénariste, et qu’il ne s’agissait pas ici de suggérer mais bien de montrer.
Et le résultat n’est peut être pas à mettre entre toutes les mains.

…. À l’aune de ces 12 numéros, compilés en deux recueils chez Delcourt (traduits par Nick Meylaender et lettrés par Moscow*Eye), j’en déduis que J. Michael Straczynski a la rancune tenace, et que les sidekicks lui ont salement pourri l’existence à un moment donné de sa vie (si tant est que l’anecdote ne soit pas apocryphe).
Cela dit JMS semble aussi régler ses comptes avec les super-héros qui ont « adopté » un jeune partenaire, mais aussi avec une partie du lectorat qui pardonne tout à leur protecteur du moment qu’il le reste.
Bref, personne ne sort indemne de ce règlement de compte, qui sonne aussi comme un solde de tout compte, surtout depuis que J. Michael Straczynski a annoncé son retrait de ce quadrant de la culture de masse.

Est-ce que ça valait pour autant le coup de nous faire partager cette rancune ?

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Mais surtout est-ce que ça vaut le coup de la partager ?

Rien n’est moins sûr.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Le Complot » 13/09/2016 17:44

Euh le début du golden age chez Batman, c'est le début de Batman tout court... Je vois pas ce qu'il avait de particulièrement sombre ?
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede artemus dada » 13/09/2016 18:04

Le Complot a écrit:Euh le début du golden age chez Batman, c'est le début de Batman tout court... Je vois pas ce qu'il avait de particulièrement sombre ?


Eh bien Batman utilisait parfois des armes de poing (Warren Ellis saura s'en souvenir dans Planetary), et il lui arrivait de tuer ses adversaires.
Et l'ambiance était plutôt sombre lors de ses premières aventures ; c'est-à-dire lors du Golden Age.
Il ne faut pas oublier non plus que sa toute première aventure est inspirée d'un roman du Shadow (un pulp magazine).
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Le Complot » 13/09/2016 21:55

Les fifties étaient plus légères par contre. ;)
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Bossacdenoyau » 20/09/2016 13:38


Cette fois J. Case est au scénario.
Petite arnaque classique.
Mais avec de nombreuses références astucieusement intégrées, l'auteur reconstruit une période bien précise de l'Amérique post-dépression.
Ligne claire élégante et belle écriture.
J'ai trouvé ça fin et subtil. :amoure:
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Je viens de lire ..PARADAX !

Messagede artemus dada » 21/09/2016 14:51

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…. Pas d’accident tragique, pas de meurtre sur lequel bâtir une vengeance, Al Cooper trouve dans son taxi un costume oublié par l’un de ses clients.
Il l’enfile et s’aperçoit qu’il peut traverser la matière solide ; après avoir imaginé dévaliser une banque pour devenir « aussi riche que Michael Jackson » il envisage plutôt de devenir un super-héros.
Mais sa première sortie en ville ne se passe pas comme prévue, on le moque voire, on lui intime de passer au large des enfants !!!
Heureusement sa petite amie, Kopper Keen, ajoute à son costume ce qui fera toute la différence : une veste (qui fera école), un jeans déchiré et une paire de baskets.

Une nouvelle tenue, un manager qui négocie les droits télévisuels de ses rencontres avec des super-vilains, et le voilà prêt à devenir célèbre. Et riche !

Ce qui ne l’empêche pas de continuer à boire de la bière et fumer de l’herbe chez lui en se regardant à la télévision.

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L'accroche-cœur de Superman et la tenue de Kid Flash

…. Paradax est l’une de mes bandes dessinées préférées, j’y ai mis le meilleur de moi-même pour en faire quelque chose d’incroyable.
Le format de trois fois 8 pages était excellent ; il permettait une grande variété d’atmosphères et d’idées.
Paradax est un jeune super-héros de la classe ouvrière, qui se fiche de sauver le monde. Ce qu’il veut c’est des minettes, de l'argent et la renommée.
C’est en substance ce que dit de lui son créateur Brendan McCarthy.
Il s’agit d’un personnage sexy, une rafraichissante critique du trop sérieux Marvelman d’Alan Moore.
Le premier « super-morveux » de l’âge de la télévision.

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Pour un personnage capable de traverser les murs quoi de plus normal que de traverser le quatrième

…. Publiée à l’origine en 1984-1985 dans les trois numéros de Strange Days par l’éditeur Eclipse Comics, avec l’aide du scénariste Peter Milligan Paradax ! est une sorte d’ovni pour l’époque, très « ground level » ; McCarthy & Milligan n’hésitent pas à briser le « quatrième mur » et à faire montre d’un mauvaise esprit qui encore aujourd’hui fait des étincelles.
Les deux hommes sont très en forme et ils le montrent.

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Un petit air de la Doom Patrol avant l'heure ?

Une aventure supplémentaire sera publiée en 1986 par l’éditeur canadien Vortex, dessinée par Tony Riot qui partageait à l’époque un studio avec Peter Milligan.

Si Paradax n’est pas sans évoquer le Zenith de Grant Morrison (et pour cause), cette aventure publiée par Vortex anticipe aussi d’une certaine manière ce que sera la Doom Patrol du scénariste écossais avec ses personnages bizarres et son ton psychédélique.

…. Disponible dans le recueil The Best of Milligan & McCarthy chez Dark Horse Paradax ! a été pour moi un très bon moment de lecture.
À la fois déstabilisant et (déjà) inoubliable (et parfois incompréhensible), et j’imagine la claque que cela a dû être au début des années 1980.

Une découverte à découvrir ! [-_ô]
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DREAM THIEF (Jai Nitz/Greg Smallwood)

Messagede artemus dada » 22/09/2016 09:04

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…. C’est la présence du dessinateur Greg Smallwood qui a attiré mon attention sur Dream Thief, deux mini-séries respectivement de 5 et 4 numéros, publiées par l’éditeur Dark Horse en 2013 puis en 2014.
J’ai découvert assez récemment Smallwood sur la série Moon Knight écrite par Jeff Lemire ; j’avais fait l’impasse sur le run précédent écrit par Brian Wood, que j’ai lu depuis, toujours pour Smallwood, et c’est d’ailleurs bien le seul intérêt de ces 6 numéros.

Contrairement à Dream Thief où le scénariste Jai Nitz (que j’ai découvert avec ce titre) tire profit d’une idée, qui aurait pu tourner court assez rapidement, avec beaucoup de talent.
D’autant qu’au terme des quatre numéros de 2014 on sent qu’il en a encore sous la semelle, et l’histoire qu’il a bâti ne demande qu’à s’étoffer.
Une idée et des développements dont je ne dirai rien car je pense que découvrir ce dont il retourne fait vraiment partie du plaisir qu’on peut prendre à lire ces deux mini-séries.
Non pas que cela soit totalement original, le scénariste dans une interview que j’ai lue après coup cite une série télévisée de la fin des années 1980 de Donald P. Bellisario en disant que sa propre série est en quelque sorte une inversion de l’idée à la base de celle de Bellisario ; je n’y avais pas pensé mais en effet c’est bien vu.
En outre Nitz a un art consommé du cliffhanger, ce qui tombe plutôt bien puisque le sujet principal de son scénario s'y prête particulièrement.

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D’autant que Greg Smallwood s’ingénie à donner une représentation de ce qui se passe de façon originale.
Il utilise joliment les répétitions, entendu que le scénario repose lui aussi, en partie, sur cette idée.
L’une des caractéristiques de son storytelling est certainement l’utilisation d’interstices entre les cases assez larges, en outre celles-ci ne sont pas détourées et l'ensemble donne un cachet immédiatement identifiable.
Il est aussi coloriste sur la série et sa palette est très reconnaissable également.
Artiste complet ou presque, il s’occupe aussi du lettrage avec autant de talent que le reste.

La composition de ses planches fait l’objet d’une attention particulière c’est certain, et pour ma part en dehors même de ce qu’elles racontent je prends énormément de plaisir à les revoir une fois que j’ai terminé chaque numéro.

C’est Tadd Galusha qui prend les rênes du dessin avec Tamara Bonvillain à la colorisation, et s’ils gardent la même chartre artistique si je puis dire, la différence entre les deux dessinateurs saute aux yeux et pas en faveur de Galusha.
Heureusement le scénario est devenu suffisamment captivant depuis déjà pas mal de numéros, avec un personnage principal de plus en plus intéressant au fur et mesure que sa « malédiction » se répète, pour que l’illusion agisse.

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…. En définitive Dream Thief s’est révélé être un titre très captivant et magnifiquement dessiné. Greg Smallwood fait désormais partie des artistes qui me feront certainement acheter tous les projets sur lesquels il travaillera, quel qu’en soit le scénariste.
Et Jai Nitz m'a suffisamment impressionné pour que je m'intéresse désormais aussi à son travail.
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THE PAYBACKS 1 à 4 (D. Cates/E. Rahal/G. Shaw/L. Affe)

Messagede artemus dada » 27/09/2016 09:57

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…. Le romancier et scénariste de BD (mais pas seulement) Alfred Bester raconte une bien belle histoire au sujet de George Horace Lorrimer, le redoutable rédacteur en chef du Saturday Evening Post.
Il a fait quelque chose de très audacieux en son temps dit-il, en publiant un roman en deux parties dont la première s’achevait au moment où une jeune femme emmenait un jeune homme chez elle à minuit pour un petit casse-croûte.
La seconde livraison s’ouvrait sur nos jeunes gens en train de prendre leur petit déjeuner ensemble dans l’appartement de la fille le matin suivant.

Des milliers de lettres indignées affluèrent au journal, et Horace Lorrimer fit imprimer une réponse ainsi libellée : « Le Saturday Evening Post n’est pas responsable de la conduite de ses personnages entre les épisodes publiés. »

Ce qui fait dire à Bester que sans doute, nos héros de bandes dessinés menaient-ils des vies normales entre deux épisodes.
Batman se saoule la gueule et traque la femelle ; et Robin met le feu à la bibliothèque de son école pour protester contre une chose ou une autre.

C’est d’une certaine manière, cette perspective qu’envisagent les scénaristes Donny Cates & Eliot Rahal avec leur mini-série publiée par Dark Horse : The Paybacks.
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Vous avez voulu devenir un super-héros mais vous ne pouviez acheter votre cape et votre masque ?
Eh bien vous pouvez faire un prêt et acheter tous les gadgets que votre lutte contre le crime nécessite.
Mais que faire lorsqu’il s’agit de rembourser votre « super-prêt » et que vous n’avez pas l’ombre d’un kopeck d’avance ?

N’ayez pas peur notre équipe de recouvrement, The Paybacks, va vous aider …. Enfin si vous survivez.

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The Paybacks #1-4

Scénario de Donny Cates& Eliot Rahal
Dessin de Geoff Shaw
Couleurs de Lauren Affe

…. Pas de pages didactiques, la découverte de la minis-série The Paybacks se fait « sur le tas », au travers des différentes et nombreuses péripéties qui rythment l’histoire.
Si certains personnages ne manqueront pas d’évoquer telle ou telle super-héros ayant marqué la déjà longue histoire du genre, il n’est pas vraiment question ici de pastiches tant les protagonistes de The Paybacks affirment assez rapidement leur personnalité propre au-delà des clins d’œil.
Cela dit, certaines situations bénéficient indéniablement de l’effet pastiche et des clichés liés aux stéréotypes qui les accompagnent. Mais loin de parasiter la lecture elle procure un joli sentiment de connivence.

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C’est d’ailleurs l’une des réussites de la mini-série, l’équilibre pas toujours évident entre l’humour et le drame, la légèreté et la « violence » ; les quatre numéros sont de ce point de vue une totale réussite, un travail de fildefériste.

Car si The Paybacks joue sur le ressort humoristique, très rapidement en filigrane, puis de plus en plus clairement il apparaît que les deux scénaristes mettent en place des intrigues où le mystère et le suspense jouent un rôle tout aussi important.
C’est l’un des aspects qui m’a immédiatement accroché.

Je sors par ailleurs de quelques lectures de BD où l’idée même de sous-intrigues n’a visiblement pas effleuré les scénaristes qui les ont écrites (sans parler d’une caractérisation minimaliste), et lire une histoire comme The Paybacks, qui joue la carte des sub-plots, avec des personnages fortement caractérisés, capables à eux seuls et individuellement de porter une ou des histoires est très revigorant.

Autre atout et non des moindre, Geoff Shaw le dessinateur et Lauren Affe la coloriste font des merveilles.

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Le design de chaque personnage est très soigné, les scènes d’affrontement qui mettent souvent en scène beaucoup de personnage sont très lisibles.
Geoff Shaw pour le dire rapidement, quintessencie le meilleur de Sean Murphy et de Bill Sienkiewicz en une substantifique moelle.
Lauren Affe quant à elle participe astucieusement au storytelling, ainsi l’utilisation de trames « Benday » (ou l’équivalent numérique pour un tel rendu) pour signifier les flashbacks, et l'utilisation une large palette de couleurs toujours utilisée avec beaucoup d’à propos, et sans jamais obscurcir la lisibilité des planches.
Le soin de la partie artistique de l’entreprise témoigne de l’implication de chaque intervenant dans le processus narratif pour un résultat très au-dessus d’une bonne partie de la production actuelle.

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…. Scénario prometteur et rendu artistique de la plus belle eau n’auront toutefois pas suffit à pérenniser l’aventure, et après quatre excellents numéros The Paybacks s’arrête.

Pour refaire surface avec la même équipe créative ou presque, mais chez l’éditeur Heavy Metal. OUF !!!

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(À suivre …. parce qu'elle le vaut bien)
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GHOST FLEET #1-4 (D. Cates/D. W. Johnson/L. Affe)

Messagede artemus dada » 29/09/2016 15:30

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Scénario : Donny Cates
Dessin : Daniel Warren Johnson
Couleurs : Lauren Affe

Ghost Fleet Volume 1 Deadhead (Ghost Fleet 1 à 4) Dark Horse

Lorsque vous avez besoin de transporter des marchandises précieuses, dangereuses, ou qui ont besoin de rester secrètes vous n’appelez pas un simple service de transport mais la Ghost Fleet (le convoi fantôme).
Mais lorsqu’en guise de payement, ceux chargés de protéger la cargaison reçoivent du plomb …….

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Très chouette travail sur les onomatopées et sur le gravier qui sort du cadre

…. Il en va des scénaristes comme des joueurs (et des joueuses) de tennis : il y a ceux qui bossent en fond de cour, et ceux qui montent au filet, et Donny Cates (The Paybacks : Pour en savoir +) fait partie – semble-t-il - de la seconde catégorie.

Inspirée par une émission télévisée, et par une « légende urbaine » (?) propre au milieu des routiers américains, la maxi-série Ghost Fleet raconte l’aventure d’un convoi exceptionnel routier (vraiment exceptionnel comme le laisse entendre un indice dès le premier numéro) attaqué par un groupe paramilitaire.
Aussitôt le premier numéro le scénariste passe la surmultipliée : action à gogo, dialogues percutants ; et son dessinateur embraye dans son sillage et n’ayons pas peur des métaphores, tente de le doubler par la droite. Aucun temps mort.

Tout le contraire des protagonistes qui n’ont pas besoin d’être à la place du mort pour le devenir.

Dès le deuxième numéro la série surprend en prenant une autre direction, sans pour autant laisser sa cargaison à l’abandon, mais elle occupera jusqu’au quatrième numéro (là où pour l’instant je me suis arrêté) l’arrière-plan du récit.

En quelques numéros Donny Cates, son dessinateur Daniel Warren Johnson, assistés de la coloriste Lauren Affe donnent vie à un folklore entre Les Aventures de Jack Burton et La Course de l’an 2000, qui aurait été supervisé par Chris Carter.

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Si le talentueux trio excelle dans les scènes de carambolages et de gunfights, il tire aussi son épingle du jeu lorsqu’il s’agit d’évoquer des contingences plus intimistes, ou d’installer une ambiance plus flippante.

Véritable montagne russe scénaristique, Ghost Fleet promet beaucoup.
Sera-t-elle à la hauteur de mes attentes ?

En tout cas une chose est sure, elle n’a pas suffisamment convaincue de lecteurs puisqu’elle s’est arrêtée au numéro 8, mais les 4 premiers numéros sont très roboratifs.

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La colorisation de Lauren Affe est (encore une fois) très réussie

(À suivre ....)
Dernière édition par artemus dada le 29/09/2016 19:17, édité 2 fois.
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede silverfab » 29/09/2016 17:58

Je suis toujours admiratif de tes "reviews" Arty, bravo et merci! :ok:
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede artemus dada » 29/09/2016 19:17

silverfab a écrit:Je suis toujours admiratif de tes "reviews" Arty, bravo et merci! :ok:


C'est sympa de dire ça, merci !
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Oncle Hermes » 02/10/2016 22:36

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    "Si vous ne trouvez pas la politique divertissante, c'est que vous ne la suivez pas." Amanda Waller.


Voilà une série dont, je l'avoue, je n'avais tout simplement JAMAIS entendu parler. Pas un mot. Et alors que je viens d'achever ma lecture du 1er des 2 tomes Urban, je me demande bien comment c'est possible. Mais l'essentiel n'est pas là.

Je dois avouer pour commencer que je déteste assez profondément Infinite Crisis et pourtant, avant d'avoir lu Checkmate, j'aurais pu vous dire que deux de mes séries de comics préférées des années 2000 en dérivent directement : 52 et Secret Six. Je me vois aujourd'hui contraint de porter ce chiffre à trois. Mais là où les deux autres s'inscrivent largement en faux, en réaction, à cet event -- 52 en réhabilitant, outre le Multivers, le fun, le sense of wonder et les personnages secondaires de la maison (Booster Gold plus grand héros des 52 Terres !), Secret Six en inversant le principe des super-héros tentés de franchir la "ligne" de démarcation avec le comportement des villains et en nous montrant un groupe de ces derniers finalement très humains et parfois même héroïques --, Checkmate, en revanche, s'inscrit beaucoup plus directement dans la continuité d'Infinite Crisis et y empreinte assez massivement pour son intrigue (même si cela reste lisible pour quelqu'un ayant "sauté" cette lecture).

Mais Checkmate c'est surtout pour Greg Rucka (full disclosure : c'est à peu près sur son seul nom que j'ai acheté le volume, à la base) l'occasion de s'offrir un grand tour de toutes les agences de l'ombre de l'univers DC : celle, bien sûr, qui donne son titre à la série, mais aussi l'inévitable Force Spéciale X / Suicide Squad, le CBI, le DEUS et son Département des Affaires Métahumaines, les Outsiders, et j'en oublie sûrement, dans un grand jeu d'échecs (forcément...) dont la Reine Noire, centre de l'attention du lecteur, est un personnage féminin typique de la manière ruckeste, Sasha Bordeaux, qu'il avait créée six ans plus tôt comme un garde du corps pour Bruce Wayne et qui est entre-temps devenue une cyborg suite à une exposition au Projet OMAC.

Checkmate n'est pas sans -- fortement -- rappeler les Archives de la Suicide Squad période Ostrander (bien plus que les incarnations plus récentes de la même équipe...) dans sa présentation d'une agence où se mêlent (ici, statutairement à part égale dans la hiérarchie) super-humains et simples mortels, et dans sa volonté d'inscrire l'action de ladite agence dans un contexte de politique internationale "réaliste" (Checkmate étant censé être une agence des Nations Unies). Bien sûr ici les métahumains de tous bords se joignent à l'équation, mais ils ne représentent pas pour autant un enjeu fondamentalement plus important que les luttes de pouvoir entre pays ou entre services et autres barbouzeries. Cet aspect permet souvent à Rucka de jouer, pour ainsi dire, sur plusieurs niveaux d'efficacité d'une scène : ainsi l'action "premier degré" d'un assaut sur une cellule terroriste, par exemple, est-elle doublée par la tension générale qui naît des implications politiques de cette action : untel fait-il avancer la cause de son pays sous couvert de "bien commun" ou au contraire trahit-il les intérêts de sa nation d'origine avec des risques de répercutions, etc.

À l'aise comme un requin dans l'eau dans ce genre de jeux, Amanda Waller n'y occupe toutefois pas la position absolument dominante survendue par la 4e de couv' (dans une optique marketing évidente et relativement compréhensible :wink: , mais bon déjà cette fois on a évité le renommage de la série :mrgreen: ). Compte tenu de son passé, elle n'est même pas censée s'approcher de la moindre opération... même s'il est évident qu'elle n'entend pas se laisser gêner par ce genre de "détail". C'est en cela que Checkmate diffère le plus de la Suicide Squad et aussi ce qui fait un autre de ses intérêts. Si la série s'écrit résolument en nuances de gris, le cynisme sans vergogne de Waller s'y voit contrebalancé par l'idéalisme d'un Alan Scott ou d'un Mr Terrific, tandis que Sasha Bordeaux -- au centre du récit comme dit plus haut -- se débat à la recherche d'un équilibre médian. Pragmatique, elle n'hésite guère devant le "sale boulot" (parfois très très très sale), mais conserve un certain nombre de valeurs et la volonté farouche de ne plus voir Checkmate être pervertie comme elle le fut par Maxwell Lord -- une corruption dont elle-même a payé le prix dans sa chair.

Seul gros bémol, le dernier arc présent dans ce tome, un crossover avec la série Outsiders de l'époque, ce qui nous vaut un scénario à quatre mains avec Judd Winick qui dérape totalement sous un soudain tombereau de dialogues d'une vulgarité crasse (sans parler d'une séquence de torture un peu trop longue et un peu gratuite).

Ce dernier point mis à part, c'est vraiment une très très bonne surprise que cette série qu'Urban met pour la première fois à la disposition du public français. Vivement la seconde moitié début 2017 ! :-D
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede Rebecca Doppelmeyer » 02/10/2016 23:54

silverfab a écrit:Je suis toujours admiratif de tes "reviews" Arty, bravo et merci! :ok:

:ok: Pareil.
Et je vous remercie tous de me faire découvrir plein de séries inconnues. :ok:
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede artemus dada » 03/10/2016 05:21

Rebecca Doppelmeyer a écrit:
silverfab a écrit:Je suis toujours admiratif de tes "reviews" Arty, bravo et merci! :ok:

:ok: Pareil.
(..]

Merci Rebecca, c'est vraiment sympa de prendre le temps de dire ça. ;)
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede jb18v » 05/10/2016 10:15

Je rejoins Oncle Hermes sur Checkmate, que j'ai aussi pris principalement à cause de Greg Rucka :-D

Je n'ai pas fini la lecture (2/3 environ), mais jusque là c'est excellent. Un peu de mal au début à retenir qui est à quel poste dans la hiérarchie double (noir vs blanc) ou même quadruple (roi vs reine de chaque couleur), mais bon c'est rappelé régulièrement donc pas de souci.
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Cage! #1 (Genndy Tartakovsky)

Messagede artemus dada » 05/10/2016 13:55

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.... Ambiance disco & blaxploitation pour cette mini-série en 4 numéros écrite et dessinée par Genndy Tartakovsky pour l'éditeur Marvel.

Aux antipodes de l'approche du binôme Azzarello + Corben (Pour en savoir +), le créateur du Laboratoire de Dexter, de Samurai Jack ou encore d'Hôtel Transylvanie propose une perspective dans la veine de ce qu'il sait le mieux faire. La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre comme on dit.
Pas grand chose non plus à voir avec la série télévisée sortie dernièrement (Pour en savoir +).

Si le scénario semble échapper à la gravité, le personnage principal fait lui aussi les frais de cette absence pour notre plus grand plaisir. Mais ici comme là, pas de faux rebonds que du tout bon.
Parce que son amie Misty Knight lui a posé un lapin, Cage se voit entraîner dans une enquête presque existentielle mais totalement farfelue.

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Ça se lit très vite, mais l'imagination -surtout visuelle - de Tartakovsky créé le besoin presque irréfrénable de relire cette petite vingtaine de pages. La gamme des onomatopées ferait d'ailleurs presque rougir de jalousie le Batman de la série télévisée des années 1960.

Si la qualité persiste, je ferai en sorte de persister aussi !
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Re: Je viens de lire... [COMIC]

Messagede mome » 06/10/2016 21:46



La chronique de Le premier meurtre par F.Houriez est en ligne.
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