Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

dessins des uns et des autres....

dessins des uns et des autres....

Messagede salamandre » 13/03/2006 11:18

En fait je me rends compte à quel point la demande est forte en terme d'illustration...donc, je revois ma copie et je donne un extrait du conte pour lequel je cherche un co-auteur illustrateur...
Et je résume aussi les trois tomes concernés :
Le premier : "Le Repos de la Guerrière" est la quête d'une déesse, qui désire passer de l'état d'Egérie de l'intellect à celui d'Egérie de chair... dans un univers onirique, cette Guerrière des mots va emprunter un parcours initiatique, jonché d'expériences sensuelles et émotionnelles... mais est-ce la finalité de sa vie ?
Le deuxième : "Le Temps Corrompu" évoque la fascination du Pouvoir sur l'héroïne avec à nouveau un parcours initiatique qui l'entrainera sur des voies brulantes et escarpées...
Le troisième : "La Lumière Infinie"... Histoire dans laquelle l'héroïne expérimente le Monde Spirituel et différentes religions ou philosophies... à nouveau un parcours initiatique souvent difficile pour une déesse, qui, légitimement, désire Tout de la vie...
Dans chaque tome, l'animal est présent, panthère, loup ou tigre, il est la partie émotionnelle émergente de chacun des personnages de ses histoires...

extrait "Le Repos de la Guerrière" :
"Eve pénétra dans le parking souterrain, au quatrième sous-sol, une odeur âcre de bitume et de moisissure se dégageait des lieux. Lô l’attendait retranché dans un angle sombre. Eve apercevait seulement des volutes de fumée traverser une ligne, oblique et lumineuse puis se dissoudre dans l’obscurité. Elle s’arrêta, détailla ce profil d’oiseau de proie qu’elle aimait tant. Noée serra un peu plus fort la main de sa maîtresse entre ses crocs. Eve sévit et se dégagea.
Lô jeta son mégot de cigarette. Une pluie de petites étincelles clouta la nuit. Eve avançait sur un fil du rasoir toujours plus tranchant. Mais elle marchait, comme seules les guerrières marchent, la peur rivée au ventre devenant l’unique rail sur lequel elles glissent.
Eve planta ce rail dans le ventre de Lô. Il gémit puis se défendit il souleva Eve de terre, ils ne faisaient plus qu’un seul corps monstrueux. Il embrassa les lèvres d’Eve, les inondant d’un poison foudroyant. Eve se sentit devenir très lasse. Ses jambes s’écartèrent comme une corolle. Lô l’appuya contre un pilier de béton. Curieusement, elle ne sentit aucune résistance de cette matière. Il lui sembla qu’elle s’enfonçait dans quelque chose à la fois de mou et de glacé. Eve ne sentait plus son corps et le plaisir de Lô gifla son âme violemment.
Elle sentait courir sous sa gorge une ligne rouge. Quand elle voulu parler, aucun mot ne franchit ses lèvres.
Lô était parti et elle restait là, collée à l’armature de ciment en un insecte épinglé sur une planche.




Elle s’échappa du Temps et courut à perdre haleine. Elle vit d’autres femmes, rigoles polluées, qui roulaient, douloureuses, juste au bord d’un trottoir. Elle les vit rejoindre un genre de port où des hommes en mal d’amour venaient brièvement s’amarrer. Elles devenaient nuits entre toutes ces mains. Elles devenaient belles envers et contre toutes ces bouches, vérités à l’état sauvage, mensonges domestiqués. Leurs cuisses telles des essuie-glaces lavaient toutes leurs âmes prostituées. Des hommes polis ou politiques, des impuissants en veine de pouvoir, des infirmes du coeur passaient, les uns après les autres entre ces bras. Un à un, elles rattachaient les fils vitaux de ces presque-marionnettes.
Régulièrement Lô revenait vers Eve pour recevoir sa becquée charnelle. Le pilier qui la soutenait l’absorbait de plus en plus, ses chevilles se gainaient de bronze, ses lèvres devinrent rousses et dangereuses. Elle était crucifiée comme une chapelle, le ventre renflé de prières païennes.

Il était 5h du matin, des phares balayaient régulièrement le visage de Lô. Il roulait, regardait la route mais ne la voyait pas. Les yeux d’Eve prenaient tourte la surface du pare-brise, la bouche d’Eve semblait coller à sa bouche. Il ne lutta pas contre cette sensation épicée, qui gaina chacun de ses doigts. Il inspira le plaisir lorsqu’il s’insinua jusqu’à ses reins. Il fit de l’instant clos un univers n’appartenant qu’à lui. Il arriva superbement drapé d’une ivresse absolue mâtinée d’inconscience : cette bulle de plaisir semblait parfaite, elle devenait demeurer à n’importe quel prix.
Lô entra dans le parking, se gara et s’avança vers Eve. Aveugle, il l’embrassa. Muet, il lui fit l’amour.
Eve n’avait même plus la force de refermer ses mains. Il en profita pour leur arracher leurs dernières caresses.
- Tu sembles de plus en plus belle Eve...
Eve ne répondit pas.
Lorsqu’il partit, pour la première fois, il se retourna, et la trouva semblable à une oeuvre d’art intemporelle, sa chevelure flottait sur ses épaules comme des algues. Son
ventre ressemblait à une lune lisse et pleine. Ses bras écartés semblaient avoir poussé à même le mur, à ses chevilles
jointes brillaient les anneaux de métal. Elle lui rappela ces fameuses statuettes chryséléphantines faites d’ivoire et de métal précieux. Il partit serein, en gardant d’elle cette merveilleuse image.
La poitrine d’Eve se soulevait doucement presque imperceptiblement. Sa tête retombée dégageait sa nuque comme une encolure chevaline.
Autour d’Eve, la nuit. Elle rampait dans un couloir sombre sans porte. Corps et âme, elle était meurtrie, chaque mouvement pour avancer devenait une torture.
Elle entendit alors des mélopées s’élever autour d’elle comme des vrilles. Instinctivement elle savait que ce chant lui était familier et elle se mit intérieurement à le fredonner. Tout en elle devint résonance. Les voix qu’elle percevait

étaient graves, le rythme ressemblait à un battement de cœur originel, très très lent.
Il lui sembla que tout s’asséchait autour d’elle.
Tout à coup une brûlure lui déchira la cuisse et un claquement de fouet siffla à ses oreilles. Elle reprit conscience et se retrouva à genoux dans un paysage de cendres grises, presque blanches.
La première chose qu’elle vit, fut Noée. Elle passa une main encore glacée dans la chaude fourrure de l’animal.
- Ma féline, tu m’as sauvée...
Une douleur aiguë élança sa cuisse gauche. Eve se rendit compte que la blessure était profonde. Noée léchait la plaie de sa maîtresse.
- Ne regrette pas Noée, si tu ne m’avais pas mordu je serais encore à errer dans ce couloir des angoisses.
Elle se releva et signa la cendre. L’éléphant blanc apparut.
Eve s’appuya sur Noée pour monter. Une colère sourde s’écoulait progressivement dans ses veines.
Alors qu’elle passait les arches de son abbaye, Noée la précéda afin qu’aucune tenture ne puisse effleurer sa cuisse blessée. Eve s’allongea sur son lit et chercha à se souvenir d’une incantation très ancienne. Elle inspira, murmura quelques mots couleur de mercure et passa lentement sa main sur sa cuisse blessée, au fur et à mesure que la paume de la main glissait sur sa chair meurtrie, la plaie se fermait en une ligne rose. Elle s’endormit, blottie contre sa panthère. Elle sentit au contact de Noée qu’elle vibrait elle aussi de colère. La condamnation de Lô était donc sans appel, aucun mortel, en toute impunité, ne pouvait ainsi mettre la vie d’une déesse en danger.


Eve s’éveilla, l’âme nouvelle et reposée, elle regarda sa cuisse et resta un moment interdite. Sa cicatrice s’était ornée dans la nuit d’un minuscule serpent noir. Considérant cet étrange tatouage semblable à un bijou, elle n’en chercha pas le sens. Un seule chose comptait en ce début de matinée : assouvir sa vengeance. "

et bien voilà...si cela vous tente... tant mieux !
en fait j'ai une vraie stratégie de développement en tête avec BD et film d'animation ( je viens de la production audiovisuelle) mais il faut commencer par le commencement...

:!:
salamandre.jpg
Avatar de l’utilisateur
salamandre
BDébutant
BDébutant
 
Messages: 3
Inscription: 17/03/2009
Localisation: paris

dessins des uns et des autres....

Messagede baskoy » 13/03/2006 23:45

BD et ciné.... ou la la la... 2 medias trop differents pour cohabiter. Beaucoup s'y sont cassés les dents.
Bonne chance pour ton projet :-)
Avatar de l’utilisateur
baskoy
BDépravé
BDépravé
 
Messages: 210
Inscription: 27/10/2004
Localisation: Bordeaux
Age: 47 ans

dessins des uns et des autres....

Messagede salamandre » 14/03/2006 10:28

c'est vrai pas je ne fais pas les deux choses en même temps, je viens de la production et j'ai déjà géré une série d'animation en 3D, j'en connais le coût et la difficulté en terme de montage financier malgré toutes les aides existantes en France( nous sommes des privilégiés)...
Aujourd'hui quelque soit le genre (animation ou fiction) les producteurs aiment se garantir d'un succès en faisant appel à l'adaptation d'une oeuvre qui a déjà fait ses preuves chez un éditeur...
Mais quoi qu'il en soit il faut commencer par une première marche et si je sais à peu près tenir une plume, il n'en va pas de même pour un crayon virtuel ou non !
d'où cette annonce... et d'autres contacts que je prends par ailleurs...
et dans tous les cas de figures j'ai toujours pensé en terme de co-laboration, être plusieurs auteurs est toujours plus riche pour un projet...
merci de vos encouragements !
salamandre.jpg
Avatar de l’utilisateur
salamandre
BDébutant
BDébutant
 
Messages: 3
Inscription: 17/03/2009
Localisation: paris


Retourner vers C. exquis/Scénario

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités