de Cooltrane » 09/09/2020 22:00
et zou, encore une fournée:
Beasts Clawing at Straws / Lucky Strike (Corée) : L’histoire d’un sac bourré de fric qui passe d’une main avide mais malhabile à une autre prête à tout, mais pas futée. Sur un mode effréné et en désordre chronologique, une cavalcade de biftons qui ne voudraient manifestement appartenir à personne, et laissant derrière eux une chiée de cadavres masculins et féminins. Cette chasse à 200km/h est parfois drôle (certains diraient jubilatoire) et plutôt bien foutue, mais les ellipses temporelles (mots savant pour flash-back) peuvent rendre difficile le déroulé. Bref, c’est sanguinolent, mais pas gore (enfin pas trop).
Qqe part, certains feront un amalgame (presque inévitable) en parlant de son compatriote Parasite, grosse et plaisante surprise de l’année passée (2019), au point que certains verront un hommage à celui-ci en voyant l’affiche. Pourtant on parlerait plutôt d’abord d’une Tarantinoterie - tellement on en tar(an)tine une couche bien épaisse, mais c’est pardonnable pour une première réalisation. 7/10
A Girl Missing (Jap) : Une infirmière (célibataire et dans la 40-aine, mais fréquentant) à domicile soigne une grand-mère dans une villa de banlieue tokyoïte plus ou moins aisée, maison dans laquelle gravitent deux grandes ados. L’une d’elle disparait juste après un café pris à trois et une rencontre fortuite avec le neveu de l’infirmière. Rapt, oui, mais violence et viol ne seront jamais précisés. Le lien familial finira par sortir au grand jour et démolir la vie de cette femme irréprochable (jusque-là), via les horribles meutes de journaleux de merde. Mais l’enjeu se trouve ailleurs, et plus précisément avec un autre membre de la famille de la disparue.
Une sorte de Slow Cinéma (le réalisateur est un admirateur d’Eric Rohmer) avec son lot de bizarreries nippones (on serait tenté de parler de japoniaiseries), car certains personnages ont des tics bien curieux. Fukada (déjà vu avec son Harmonium en 2016) joue dans le drame familial et des ellipses temporelles (l’après-drame revanchard ne sautant aux yeux que trop tard), mais s’emmêle les ciseaux au montage. Les actrices sont souvent bonnes et justes dans leur rôles, mais on ne peut s’empêcher d’avoir envie de baffer la plupart des personnages masculins. Un drame social (presque familial) mais qui essaye de prendre des allures de thriller. 7/10
Mieux vaut tapis Persan volé que tapis volant percé (Uderzo.... et oui, pas Goscinny)