de Cooltrane » 08/10/2019 18:27
Double shot avec la compagne ce w-e
Son choix :
Alice et le Maire : Le maire de Lyon est un peu en fin de course et ne parvient plus à trouver de nouvelles idées, du coup, son entourage lui adjoint une ravissante adjointe, philosophe de formation. Une politique-fiction entre le très (inter)national Quai d’Orsay et l’ultra-local L’arbre, le maire et la médiathèque de Rohmer avec le même Lucchini. Malgré l’échelle de la ville (Lyon), on est plus proche du second cas, ne-fut-ce que par les propos/fondements & débats de gauche, mais aussi de la manière dont ceux-ci nous sont asséné. En fait, on est surtout terriblement content de ne pas se choper l’insupportable blonde (pourtant c’était son meilleur rôle), avantageusement remplacée par cette jolie brunette qui joue une introvertie.
On évite aussi les guimauveries d’une comédie romantique, car si le sujet est abordé au détour, ce n’est pas le propos (too bad pour toi, Fabrice), mais plutôt la politique politicarde, dada du réalisateur Nicolas Pariser (trois film sur quatre). Assez plaisant et amusant (même si Lucchini n’en fait pas des tonnes), mais on comprends que sa candidature à Cannes soit restée lettre morte. 7/10
Mon choix :
Bacurau : (Brésil) Dans le Nord-Est du Brésil (le Sertao) peu peuplé (les fans de Caatinga de Hermann apprécieront), un village ne figurant pas sur les cartes et risque d’en être rayé définitivement, car il gênerait (même si rien n’est précisé). Perdu au fin fond de la province qui a des décors dignes de l’Outback australien ou du Nouveau-Mexique (dépaysement garanti et rinçage d’œil certifié), même si tout le monde pianote sur son smartphone, on reste dans l’oubli total (y compris niveau force de l’ordre) et le confort très spartiate (le camion-citerne qui amène l’eau de distribution, vu que le barrage local est vide, car opérationnel), le tout donnant un air de western moderne qui ne manquera pas de se dérouler comme tel, malgré les situations parfois cocasses (un drone en forme de soucoupe volante des 50’s), un chouia de ésotérico-fantastique et le danger tardant à se déclarer.
Mais les vilain(e)-méchant(e)s-pâbôôô.belles (car, #-obligeant, il y a des méchantes) vont se heurter à la résistance des locaux, la rébellion faisant partie de l’ADN de la région, surtout que celui-ci est exposé dans l’amusant musée local, édifice plus important que l’église. Que les fans de pétarades et sanguinolences se rassurent, ils auront leur quota jusqu’à plus-soif, mais ce qui distingue ce film, c’est aussi le cadre inhabituel et les personnages inhabituels, qui fait que l’on fonctionne bien, alors qui si cela avait lieu au Texas, on baillerait d’ennui. Du western à la chronique sociale, du thriller politique au slasher, cet OVNI nous trimballe d’un genre à l’autre à un point que pour un peu, on s’attendrait à voir débouler Mad Max et foutre son grain de sel gros comme un obus de Grosse Bertha.
Clairement le film fut filmé avant l’avènement du Trump brésilien, et les underdogs gardent la cote, alors que le nouveau chef rêverait plutôt d’éradiquer cette non-menace, devenue son ennemi personnel. Difficile de ne pas faire lien avec l’actualité toute récente, mais la genèse du film en fait quasi un présage prémonitoire. 8/10
Mieux vaut tapis Persan volé que tapis volant percé (Uderzo.... et oui, pas Goscinny)