de Thierry_2 » 03/04/2018 11:55
darkest hour
clairement, le pitch du film est "Gary Oldman va avoir un oscar, et si possible un autre pour les maquillages". Contrat rempli !
La performance d'Oldman est étonnante et les postiches incroyables de réalisme.
Joe Wright reste un cinéaste pétri d'influences théatrales, mais dans le bon sens du terme. Il compose ses scènes avec minutie, aussi à l'aise dans les plans complexes (les effets de verticalité sont bien utilisés) que les compositions fermées (beaucoup de scènes ou il occulte la majorité de l'écran pour n'utiliser qu'une portion délimitée par une porte, un ascenseur...).
La reconstitution est au cordeau. Les images sont léchées. Les acteurs sont impeccables, même si leur fonction première reste de servir la soupe à un Oldman qui a parfois du mal à éviter le cabotinage.
Il n'y a donc qu'un show de Gary Oldman, qui s'agite dans un véhicule à oscar, irréprochable dans la forme, mais qui oublie d'être pertinent ou passionnant. On en oublie parfois les enjeux, tant toutes les caméras sont braquées sur un acteur qui réalise une performance incroyable au lieu de filmer un homme qui fait l'histoire.
Tout le monde debout
oui, j'avoue, j'ai été voir le Franck Dubosq. A ma décharge, quand les enfants ne sont pas là, papa et maman et précipitent au cinéma et voient ce qu'ils peuvent.
Honnêtement, c'est loin d'être catastrophique. Dubosq joue le rôle qu'il a toujours joué. Ni mieux, ni moins bien. Il fait une comédie romantique avec tous les passages obligés et les rôles qui vont avec. Gérard Darmon est Gérard Darmon dans le rôle du meilleur pote, et c'est toujours agréable. Elsa Zilberstein est pour une fois bonne dans un rôle caricaturale mais qu'elle défend bien et Alexandra Lamy... bah, elle sourit toujours aussi bien, prend bien la lumière et fait ce qu'on attend d'elle. Quelques caméos réussis et un sujet un peu casse-gueule mais, étonnamment, Dubosq le traite avec bienveillance et sans lourdeur excessive. Son film est gentil et amusant, complètement dénué de méchanceté et s'il est parfois maladroit, cela le rend presque plus sincère. On sent la volonté de bien faire et la conscience du côté beauf de Dubosq qui ne s'épargne pas (la scène où il se retrouve avec des athlètes handisport m'a vraiment fait rire, j'avoue). Bonne surprise, mais il ne faut pas s'attendre à trop.
Battle of sexes
l'histoire vraie de la confrontation entre Bobby Riggs et Billie Jean King dans lesa nnées 70. Billie Jean King, un des meilleures joueuses de tennis de l'époque, se rebelle contre les conditions qui sont imposées aux joueuses (entre autres, des primes 8 fois inférieures à celles des hommes), fonde la WTA et crée un circuit parallèle. Bobby Riggs, une ancienne gloire des années 40, y voit l'opportunité d'un coup publicitaire et la défie pour un match d'exhibition pour démontrer la supériorité des hommes sur les femmes. Riggs est un clown qui multiplie les facéties et les déclarations tapageuses, se définissant comme porc chauvin pour qui la place des femme est à la cuisine et la chambre à coucher. Billie Jean King a tout à perdre, mais a-t-elle vraiment le choix ?
La reconstitution est parfaite. Lorsqu'on compare les scènes du film avec les images d'époque, c'est incroyable. Steve Carrell est quasi mimétique, tout comme Emma Stone. Malheureusement le film se perd un peu en passant trop de temps à exposer les problèmes personnels des personnages et manque de mise en contexte et des conséquences de cette exhibition. Difficile aussi de ne pas voir une forme de mépris absolu pour les joueuses que de les forcer à jouer contre un has been dans une ambiance de cirque pour espérer gagner un minimum de respect. La question n'est pas de savir si une femme est meilleure qu'un homme. C'est une question de reconnaissance et de respect. C'est comme si Simona Halep devait effectuer un match contre Leconte ou Mansour Barami pour démontrer que le tennis féminin existe. Ironiquement, Martina Navratilova a dernièrement critiqué la BBC parce que son contrat de consultante était beaucoup moins avantageux que celui de McEnroe (un facteur 10, il me semble) et tout le barouf autour du 20ème titre du grand chlem de Federer fait oublier que Margaret Court (aussi présente dans ce film), Steffi Graf et Serena Williams on remportées respectivement 24 (dont 11 en ère open), 22 et 23 grand chlem. Steffi Graf est aussi la seule à avoir remporté les 4 tournois la même année caendrier dans l'ère open ainsi que la médaille olympique (en 1988). Billie Jean King pensait que si elle perdait son match, la cause des athlètes reculerait de 50 ans. En tout cas, sa victoire n'a pas vraiment assuré la juste reconnaissance du tennis féminin.