de LEAUTAUD » 18/05/2016 19:31
Hier soir j'avais le choix entre Café Society et Ma Loute, j'ai sauté sur ce dernier, un Dumont ça se refuse pas.
Si vous avez vu P'tit Quinquin, vous resterez en terrain de connaissance, c'est le même thème déjanté, en plus coloré, et avec une composante sociale plus présente, c'est les Groseille et les Le Quesnoy, en beaucoup plus barbare!
Le duo d'enquêteurs est impeccable, mais je regrette que le duo du P'tit Quinquin ne soit pas repris. Non, je suis de mauvaise foi, le gros commissaire et son inspecteur impavide sont plus que réussis, quasi-felliniens.
Luchini réalise une grosse performance, c'était pas gagné, son rôle de bourgeois cultivé, grotesque, fin de race, était une gageure. Il passe bien la rampe, ainsi que Binoche (hallucinée) et la Tedesci (que j'aime pas trop, mais là elle est dans le ton).
Quant aux indigènes, que dire, c'est la cour des miracles naturalistes, du Buzelli de la Révolte des ratés, du Jérôme Bosch, du Goya sanguinolent, du cru, du cuit (ils sont anthropophages).
Le miracle, c'est le frère aîné du P'tit Quinquin, un acteur inconnu comme les autres, un rustaud au visage lunaire doté d'un regard renaissance, amoureux de la plus belle fille du clan bourgeois d'en face (ou du plus beau gars, on ne connaîtra pas son sexe, même le générique le crédite d'un nom neutre, "Raph", il est si beau/belle, c'est le cousin/cousine du Tazzio de Visconti).
Quant ces deux-là échangent un regard, une incroyable douceur emplit l'écran, gommant toute la noirceur colorée du film.
J'ai passé un bon moment.
La scène sur la plage qui clôture la projection m'a laissé dans le même flottement mélancolique qu'avec le plan final de la Dolce Vita, également sur une plage regroupant tous les personnages du film, mais chez Dumont, elle est pas dolce la vita, elle est furiosa.
Dernière édition par
LEAUTAUD le 18/05/2016 20:19, édité 2 fois.