de Ivanna » 21/01/2017 01:40
Suburra - Stefano Sollima
C'est un film qui globalement fut plaisant à regarder, notamment dans son approche de la trinité du pouvoir en place en Italie. Le film n'est pas exempt de défauts, notamment dans son écriture, mais aussi dans son casting. Stefano Sollima nous parle de la trinité du pouvoir, mais pas seulement, il parle avant tout de Rome. C'est une ville très particulière avec un équilibre politique que l'on voit peu sur la planète, à part peut-être dans certaines villes des États-Unis ou encore aux Philippines. La présence de l'Église en ville a toujours été d'une grande influence à Rome, la proximité avec le Vatican expliquant cela. Elle a toujours servi de tampons entre les trois pouvoirs: le politique, la mafia et lui-même. Il n'y a jamais eu de prédominance de l'un ou de l'autre, même aujourd'hui. Stefano Sollima, réalisateur qui doit justement sa reconnaissance a deux productions télévisuelles : Romanzo Criminale et Gomorra, mais aussi à un film comme A.C.A.B.: All Cops Are Bastards en a parfaitement compris l'intérêt et joue de cela durant tout son récit même si ironiquement l'Église à une place de moindre importance dans son récit.
L'intrigue met un peu de temps à se mettre en place, mais le fait de manière intéressante. On retrouve ici l'influence de Giancarlo de Cataldo, notamment dans son analyse de Rome et dans sa manière d'orchestrer un récit choral, tournant autour de personnages pouvant sembler clichés, mais qui révèle un potentiel cinématographique des plus remarquables. La distribution est très importante dans le film et ils ont tous un rôle essentiel pour représenter les différentes strates de la trinité. Les personnages féminins sont les plus intéressants à mon sens, car c'est de leurs actions que découle le récit et le chaos se propageant en ville. Le personnage de Viola correspond assez bien au proverbe "A force de vivre d'espérance, on meurt dans le désespoir." Elle défend son homme, mais c'est cet amour qui détruit l'équilibre de la ville.
Il y a un proverbe en Italie qui dit que faire confiance à une femme, c'est conduire à des problèmes et c''est l'idée du film. Ce n'est pas de la misogynie bien entendu, surtout que les femmes en question du film sont des personnages forts et propose une vraie approche du monde romain. Le réalisateur dépeint un monde gris, désenchanté, dépoussiérant le genre du polar à l’aide d’une reprise de l’actualité médiatique de l'époque. L'entrecroisement des intrigues et des personnages permet de renouveler constamment le film, évitant l'étouffement du spectateur dans une intrigue qui pourrait ce révéler rapidement anxiogène. La noirceur du film rappelle tout un pan du cinéma italien des années 70. Il y a une certaine tension qui s'installe dans le récit, éclatant à plusieurs reprises par des scènes d'action salvatrice comme d'une violence rare.
C'est un beau film, un peu long, mais reposant sur un casting efficace et des personnages touchants. Une réussite confortant dans l'idée que Stefano Sollima est un réal à suivre.
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Ivanna le 11/02/2017 00:25, édité 2 fois.
"Euh.. C’était quoi déjà la question?" Jenny
"Trois frères unys.Trois Licornes de conserve vogant au Soleil de midi parleron.
Car c’est de la lumière que viendra la lumière. Et resplendira 20 37 42 N. 70 52 15 W.
la † de l’Aigle."