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C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition - 2010-2021

Pour discuter de tous les sujets généraux autour de la bande dessinée, des libraires, des éditeurs et des auteurs

Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede DixSept » 29/11/2021 10:28

Message précédent :
Olaf Le Bou a écrit:
tzynn a écrit:


La pénurie de papier a bon dos chez MDS :lol:


intéressant en tous cas cet article, sur la cause du problème (la fuite des intérimaires partant vers d'autres employeurs), et ses conséquences (les libraires, on savait, mais je découvre l'impact sur certains éditeurs indépendants).

Encore la faute d'Amazon :diable:
...et cette fois parce qu'il paye trop [:kusanagui:6]
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Ce qui se conçoit mal s’énonce à l’avenant ! [Anonyme]
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Re: Décryptage

Messagede pol » 29/11/2021 11:17

Cooltrane a écrit:
Erik Arnoux a écrit:C'est pas un réel critère, un retirage, mais c'est mieux que rien évidemment.
Exemple. Si tu imprimes 1000 ex du premier tirage d'un album X et que tu le retires 3 fois ensuite parce que on t'en recommande, ça ressemble certes à un bon signal qu'il se passe peut-être un truc autour du titre mais attention, ça ne veut pas dire pour autant qu'il y aura 4000 ventes au final.
Il ne faut pas oublier les albums qui sont en place chez le libraire dans les rayons et donc manquent chez le distrib si un confrère veut recommander. Lequel distributeur alerte l'éditeur du manque de dispo au dépôt et le contraint donc à retirer en cata des albums… qui au final ne seront peut-être pas forcément nécessaires, avec le jeu des mises en place et des retours qui se croisent.

Oui, on est d'accord que le premier tirage de Ballade De Sophie était certainement modeste, et le retirage aussi, sans doute parce qu'ils n'osaient pas trop y croire, sans doute parce que les auteurs sont portugais (là je m'avance sans savoir).
Pol pourrait nous en dire plus s'il passe par ici.
Mais il nous explique que le tirage luxe (donc limité) pour la fin d'année est déjà épuisé et qu'ils relancent un 4è tirage.
Je peux le conseiller à tout le monde (surtout les Angougoumoisis - qui passent totalement à coté), car pour moi, c'est un des candidats pour la gagne dans le festival Ancooltraime 2021.
nexus4 a écrit:On voit surtout que Casterman et Le Lombard ont mis un gros coup de frein.
Le lombard c'est assumé, lutter contre la surproduction. Casterman je ne sais pas.

Ces deux-là, ils restent dans mon pnthéon, ne fut-ce que ar nostalgie du JdT (patagé par les deux) et (AS°. Toute ma jeuness... plus que Dupuis (pas abonné à Soirou Hebdo, mais lisait via les cousines) et Dargaud (Pilote hebdo ayant disparu trop tôt
Bolt a écrit:
kilfou a écrit:Sarbacane n'est plus indé, a été racheté par Madrigall, mais ça ne change rien niveau diff/distri

Ah mais vi, j'avais complètement oublié. D'ailleurs je pense que sur ces 20 dernières années, c'était le seul indé qui a su grossir et s'imposer lentement et sûrement en librairie.

Je viens de regarder, et j' ai quand même une belle tripotée de Sarbacane de toutes les années, mais c'est assez aléatoire: avant le très bon Clapas, je n'en avais plus ramené un a casa depuis 15 mois (Odysée + 2 autres cette année-là), même si il y en a qqes autres qui ont failli l'être aussi entretemps, mais pas passé à l'acte.
Faudrait un jour que je vois un de leur catalogue imprimé pour voir comment ils organisent(via des collection, ou pas) leur production.


Ballade pour Sophie, c'est un premier tirage à 4.000 ex (car on y croyait malgré le chiffre qui va suivre) pour une mise en place à 1.400.
On doit avoir dépassé les 10.000 ex imprimés sur la version classique, et on ajoute 2.000 de la version Noël 2021.
Les ventes doivent s'établir à environ 8.000 ex à fin octobre, et un taux de retour de moins de 10% (ce qui est très bon).
C'est un titre qui sort à environ 300 ex. chaque mois en réassort... sans faiblir. Et sans sélection au FIBD... :-(
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Bolt » 29/11/2021 13:24

mr_switch a écrit:
Bolt a écrit:
mr_switch a écrit:Cambourakis a un catalogue non bd à côté (que tu ne prends pas en compte, je pense), il n'est donc pas pleinement comparable.

Et Sarbacane ou Presque Lune non plus. Mais la majorité de ce qu'ils publient est de la BD.


Eh bien écoute, sur la trentaine de livres à paraître chez Cambourakis pour le premier semestre 2022, il n'y a clairement pas une majorité de bandes dessinées (cf Amazon). Et la page d'accueil de Cambourakis ne met pas l'accent sur la bande dessinée.
Je ne conteste pas que Cambourakis est une petite structure, hein. Je soulignais simplement qu'en 2021, la ligne éditoriale de Cambourakis ne repose pas essentiellement sur la BD.

Après consultation, effectivement. Mea culpa.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Bolt » 29/11/2021 13:32

Libraires frustrés, éditeurs désemparés : une “sortie de crise mal barrée”

Extraits:
La rencontre entre le Syndicat de la librairie et MDS n’a clairement pas permis un retour au calme, surtout que, dans l’intervalle, les librairies spécialisées BD ont donné de la voix. Média Participations compte en effet les maisons Dargaud, Dupuis, Lombard, ou encore Kana dans son groupe : pêle-mêle, Spirou, Naruto, Largo Winch, Blacksad ou Blake et Mortimer. Rien que ça.

Devant la première salve de propositions, les établissements BD, en première ligne, ont opté pour une réponse franche : pas de commandes, du tout. Et un report de ventes, vers d’autres ouvrages d’éditeurs à même d’être livrés. Quant aux nouveautés de janvier fournies par MDS, elles devaient sentir le souffle glacé du renvoi immédiat leur courir le long de l'échine (ou du dos, pour les livres).

Au terme d’un autre courrier de MDS, nouvelle donne : la problématique majeure, celle du refus de livrer des commandes inférieures à trois exemplaires, trouve quelques explications. Supprimées directement, elles représenteraient 16 % des commandes passées, soit 63.000 lignes. Un dispositif d’urgence se déroule, explique le directeur général de MDS, Olivier Barbé, ouvert du 1er au 3 décembre, pour autoriser malgré tout ces demandes. Elles « seront réalisées avant le 24 décembre », limitées à une commande par point de vente. En cas de dépassement des 63.000 lignes, les ouvrages parus en 2021 seront retirés.

Après trois jours de négociations, « force est de constater que le compte n’y est pas », conclut pour sa part le SLF. Mesures insuffisantes, tardives, préjudice commercial et financier… le syndicat n’y va pas avec le dos de la cuillère. Et pour cause : aucune garantie de livraison avant Noël pour les commandes depuis le 9 novembre, pas plus que pour les collectivités. La surremise ne concerne que les nouveautés, pas le réassort.

Si l’emballement de la machine côté MDS, et l’accident industriel, s’admettent dans les couloirs, on souligne aussi que sans prise de décision, le système aurait totalement planté d’ici six mois. « Leurs réponses ne sont pas à côté de la plaque : on voit bien qu’ils font de leur mieux. Mais l’incertitude des livraisons avant le 24… c’est une blague. Que dit-on au client », interroge une libraire ? « Et la surremise, il s’agit d’un outil classique, qui en réalité s’applique à la remise habituelle. Pas du tout d’une mesure exceptionnelle. Elle est proposée d'ordinaire, quand un carton nous parvient abîmé par exemple. 
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede bone » 29/11/2021 20:21

Le problème c'est que les très gros ne vont pas avoir de soucis d'approvisionnement.
Ce sont les librairies spécialisées qui vont trinquer [:bdgest]
(Pas de possibilité de commander un seul album, ....)
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede PEB » 01/12/2021 09:22

Cette histoire de "défaillance industrielle" me semble assez intéressante à analyser d'un oeil purement économique (même si je ne suis pas spécialiste de la chose, je tiens à le préciser).

On lit beaucoup que c'est le révélateur d'un système spécifique et anachronique à bout de souffle. Ça ne semble pas vraiment le cas. En effet, la chaine du livre ne diffère pas vraiment des autres, par exemple de l'agroalimentaire:

Chaine
Livre: Auteur -> Editeur/imprimeur -> Distributeur -> Détaillant -> Client
Agro: Agriculteur -> Coopérative/transformateur -> Grossiste -> Client

Il y a quelques différences mais aussi de gros points communs: la faiblesse et la vulnérabilité du premier maillon, la rentabilité maximale qui se concentre sur le maillon central (grossiste/distributeur), la disparité d'échelle des détaillants (Amazon vs. libraires de quartier, supermarché vs. épicerie du coin). La chaîne de livre n'a donc rien de très original.

Il s'agit donc bien de la défaillance (a priori ponctuelle) d'un maillon de la chaine. Si j'en crois tout ce que j'ai lu à ce sujet ici et ailleurs, la crise chez MDS semble être causée principalement par la faillite de son management à anticiper/réagir à une situation plus ou moins exceptionnelle (surcharge). Or on est dans le cas d'un acteur économique gros consommateur de main d’œuvre. Ce qui semble pêcher c'est la capacité de MDS à recruter... dixit les articles publiés ci-dessus. Ils sont moins attractifs qu'Amazon! Il faut le faire... Loi de l'offre et de la demande: pour être attractif on augmente les salaires. Oh le vilain mot! C'est pourtant bien ce que nous dit la théorie économique... et la réalité aux USA, pays libéral s'il en est, où les bas salaires augmentent rapidement ces derniers temps face à la pénurie de main d’œuvre (source: Courrier International).
MDS a d'autant plus besoin d'embaucher que sa clientèle va s’élargir en 2022...
Oui mais voilà, recruter ça coûte des sous...

Dans un système purement libéral, le management de MDS aurait déjà sauté; MDS perdrait des contrats, au profit de ses concurrents. Oui mais voilà, le méchant libéralisme n'aura pas le dernier mot. Car on est entre franco-belges, dans un capitalisme non libéral, un capitalisme de copinage. Le groupe Media Participations chapeaute les éditeurs et MDS, et du coup les gros éditeurs pénalisés ne se retourneront pas contre leur distributeur défaillant. De fait, qui paie les pots cassés? les maillons faibles (petits libraires, auteurs à faible tirage), qui n'y sont pour rien... et les salariés de MDS.

Soyez tranquilles, braves gens. Les actionnaires de Media Participations, dont le capital est majoritairement contrôlé par la famille Montagne (source Wiki), toucheront leurs dividendes cette année (pour rappel, MDS pesait 20% du CA de Média-Participations en 2010, combien aujourd'hui?). Les patrons de Dargaud, du Lombard ou de Dupuis ne vont certainement pas se fâcher avec leur tout puissant patron... qui est aussi à la tête du SNE! Qui a parlé de copinage?

Alors oui, les libraires ont intérêt à réagir, parce qu'au final ce sont bien eux les dindons de la farce Montagne.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede mr_switch » 01/12/2021 13:38

Il y a une différence notable entre un distributeur et une coopérative. Le distributeur est un passeur de plats. Il assure la distribution de biens qui ne lui sont pas propres. La coopérative achète la matière à l'éleveur.
Le libraire qui rend un livre, le rend à l'éditeur via le distributeur qui va s'en laver les mains.
Imaginons que le grossiste arrive à rendre à truc à la coopérative, bin ça reste sur les bras de la coop. Sur le moment, ce n'est plus le problème de l'éleveur (ça le sera sans doute après, la coop n'achètera peut-être plus à l'éleveur)


(heureusement qu'un oeuf invendu n'est pas renvoyé dans le cul de la poule :P )
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Bolt » 01/12/2021 19:14

Il me semble que libraire paie pour renvoyer le livre à l'éditeur, non ?

SInon, difficile de résumer les causes. En tout cas, il y a clairement eu des problèmes de logistique qui ont touché tous les distributeurs (hausse de carburants, pérennisation du personnel), couplés à des choix stratégiques qui ne sont pas en adéquation avec leurs possibilités (distribution d'un plus grand nombre d'éditeurs cette année). Il faut signaler que les retards de distribution étaient déjà signalés depuis la rentrée littéraire mais que la hiérarchie de MDS (et d'autres ??) a fait la sourde oreille.



Crise MDS-SLF : auteurs et autrices refusent “d’être des victimes collatérales”
Lettre ouverte des autrices et auteurs de bande dessinée à la société MDS, au SLF et aux pouvoirs publics

[url]Le succès de la lecture de bandes dessinées[/url=https://www.gfk.com/fr/insights/BD-ne-connait-pas-la-crise] a parfois des effets imprévisibles. Par exemple, celui d’appauvrir leurs autrices et auteurs. Comment cela est-il possible ?

Couplé à la crise du papier et du carton, la demande croissante en bande dessinée en librairie a été cause d’un bond d’activité imprévisible chez les libraires bien sûr, mais aussi chez les distributeurs, entreprises puissantes et méconnues de la chaîne du livre, dont l’activité principale est de stocker et de livrer les ouvrages aux libraires dans de grands camions parcourant nos belles autoroutes.

Chez la majorité des distributeurs, cette crise de croissance s’est déroulée avec quelques soubresauts mais sans difficultés majeures. Mais pas chez MDS.

MDS est une société de distribution sise à Dourdan (Essonne), mais aussi au Benelux, filiale du groupe Média-Participations, l’un des quatre principaux groupes d’édition de bande dessinée en France. MDS distribue aussi des livres pour de nombreux petits éditeurs indépendants. Au total, ce sont plus de 120 éditeurs de toutes tailles qui sont dépendants de MDS.

Pour faire face à la crise du papier, ainsi qu’à la demande du lectorat, on aurait pu penser que Bruno Delrue, président du Conseil d’Administration, venant du monde de l’industrie pharmaceutique, mais président aujourd’hui de MDS comme de Dilicom, aurait eu la compétence et l’envie de prioriser la vision à long terme au bénéfice du monde culturel. Au lieu de cela, MDS semble avoir eu pour priorité les gains à très courts termes, embauchant des intérimaires sous-payés, leur imposant des conditions très difficiles, au point que celleux-ci ont préféré dans de nombreux cas travailler au dépôt Amazon de Dourdan, malgré la piètre réputation des conditions de travail proposées par la plateforme américaine.

Dans ces conditions, la situation ne pouvait que se dégrader. Les retards de livraison se sont accumulés, au point que le 23 novembre, l’entreprise a informé les libraires, brutalement et par courrier, de son incapacité à honorer les commandes de moins de trois exemplaires d’un même livre. Condamnant par là même les petites librairies possédant beaucoup de références d’ouvrages en un seul exemplaire, interdisant les commandes de clients ou les ventes de livres en médiathèques à l’unité.

Le Syndicat de la Librairie française (SLF) a naturellement répliqué que ces conditions étaient scandaleuses. Considérant que les libraires ne pouvaient s’engager sur des livres distribués par MDS au moins jusqu’aux fêtes, le SLF leur envoya même une affichette présentant les logos des éditeurs concernés, et invitant les clients des librairies à se réorienter vers d’autres éditeurs.

S’il y a évidemment un fort risque que certains clients se dirigent plutôt vers une plateforme en ligne déjà citée, gageons que les libraires sauront se tirer de ce mauvais pas, conseillant à leurs clients d’autres ouvrages pour les livres les moins vendus, commandant trois exemplaires des ventes plus conséquentes. Les petits éditeurs distribués par MDS risquent, en revanche, d’en subir les conséquences.

Mais derrière eux, déjà fragiles et n’ayant aucun moyen d’action, otages complets de la situation, les autrices et les auteurs dont la présence en librairie est rarement supérieure à deux ouvrages, vont à coup sûr payer le prix fort de ce pugilat entre Librairie, Édition et Distribution.

Conscients qu’il est probablement vain de se diriger vers les pouvoirs publics, qui préfèrent s’en aller visiter les mers de Chine que résoudre les problèmes pour lesquels ils sont mandatés, nous, représentantes et représentants des Autrices Auteurs en Action, décidons tout de même d’interpeller Madame la Ministre de la Culture et tous les acteurs et actrices de la chaîne du livre, afin qu’ils trouvent rapidement une porte de sortie à cette situation scélérate, mettant en danger les plus fragiles des maillons de cette chaîne suite à l’incurie et l’imprévoyance d’un de ses composants les plus florissants.

Nous, autrices et auteurs, exhortons les responsables de cette situation de blocage, à savoir la société MDS et le SLF, à trouver rapidement une sortie de crise la moins impactante possible pour les auteurs et autrices qui, faut-il le rappeler, étaient déjà avant 2020 dans une situation de tension maximum. Nous refusons d’être des victimes collatérales et notre détermination n’a pas faibli. Nous ne sommes ni une matière première corvéable, ni une variable d’ajustement. Nous sommes des travailleurs et des travailleuses qui avons l’exigence à minima de vivre dignement de notre labeur.

Sans autrices, sans auteurs, pas de livre, pas d’édition, pas de distribution, pas de diffusion, pas de librairie, pas de lectrice, pas de lecteur.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede choregraphe » 01/12/2021 22:38

MDS n'est qu'un des acteurs touchés par la perturbation générale actuelle

Toutes les chaines logistiques sont touchées, Cela se reporte sur la production puis le client final et on rentre dans des cercles infernaux.

Le libéralisme a réalisé un truc fantastique grace au covid

Un exemple aux USA un de mes fournisseurs a réduit la voilure a cause du Covid
De 63 000 Personnes il sont descendus a 47 000 pour adapter l'outil de production
Aujourd'hui ils auraient besoin d'etre 65 000 pour fournir la demande, Alors oui ils embauchent mais des gens non formés et non opérationnels.
On rajoute la pénurie de puces électroniques qui perturbent les étapes de fabrication
On produit avec des défauts (On frôlé les 10% sur certaines lignes et c'est très consommateur de main d'œuvre )

Certaines de ces productions servent a produire les plastiques que demandent les fabriquants de Puces ou de batteries pour l'automobile

Et vous voila dans un cercle qui fait que l'on produit de moins en moins

Presque plus d'avions donc tout le fret est repartit sur les bateaux, mais il n'y a pas assez de bateaux et de containers les utilisateurs eux n'avaient pas envisagé :
Des delais passant de 6 a 22 Semaines
Des hausses sur les plastiques de 50 a 100 % quand vous arrivez a vous approvisionner
250 % sur la tonne d'inox

Actuellement je ne vois pas de sortie de crise
Et si vous faissiez un petit tour par la

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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede icecool » 02/12/2021 10:50

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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Brian Addav » 02/12/2021 15:42

Ah zut, j'étais pas loin avec mon crowfunding à une époque [:kusanagui:6]
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Pouffy » 02/12/2021 16:58

choregraphe a écrit:MDS n'est qu'un des acteurs touchés par la perturbation générale actuelle


Pour ceux sui suivent le marché auto... en ce moment c'est un sketch similaire.
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Messagede Erik Arnoux » 02/12/2021 18:37

Bolt a écrit:Il me semble que libraire paie pour renvoyer le livre à l'éditeur, non ?

Je l'ignore, mais… De ce que j'ai constaté via Sandawe en me penchant sur les livres des comptes et les frais imprévus, les retours via distributeur coûtent à l'éditeur 1 € par album, il me semble, d'où une nette préférence pour le pilon. Qui est gratuit.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede tzynn » 02/12/2021 18:51

Pouffy a écrit:
choregraphe a écrit:MDS n'est qu'un des acteurs touchés par la perturbation générale actuelle


Pour ceux sui suivent le marché auto... en ce moment c'est un sketch similaire.


Pour les voitures, c'est plus un souci de matières premières et de composants: à force de faire du flux tendu quand il y a un choc ils se retrouvent désemparés. Alors qu'MDS c'est clairement un problème logistique, c'est produit mais ils ne savent pas livrer.

Mais c'est vrai que dans les deux cas c'est assez risible
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Pouffy » 02/12/2021 19:03

tzynn a écrit:Pour les voitures, c'est plus un souci de matières premières et de composants: à force de faire du flux tendu quand il y a un choc ils se retrouvent désemparés. Alors qu'MDS c'est clairement un problème logistique, c'est produit mais ils ne savent pas livrer.

Mais c'est vrai que dans les deux cas c'est assez risible


Pour MDS c'est un problème de main d'oeuvre et pour l'auto, c'est un problème de semi-conducteur et donc de main d'oeuvre... dans les deux cas : absence de vision stratégique, d'anticipation... et être persuadé qu'on est le centre du monde.
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Re:

Messagede pol » 02/12/2021 19:31

Erik Arnoux a écrit:
Bolt a écrit:Il me semble que libraire paie pour renvoyer le livre à l'éditeur, non ?

Je l'ignore, mais… De ce que j'ai constaté via Sandawe en me penchant sur les livres des comptes et les frais imprévus, les retours via distributeur coûtent à l'éditeur 1 € par album, il me semble, d'où une nette préférence pour le pilon. Qui est gratuit.


Rien n'est gratuit...
Les retours sont traités par le distributeur, avec un volume toléré (% négocié en rapport du volume de vente sur l'année). Au-delà de ce seuil négocié, tu payes et ça peut coûter cher...
Si tu fais trier tes retours par le distributeur, ou tout autre structure, tu payes le travail. Il faut bien cibler les titres pour lesquels c'est utile.
Si tu fais pilonner systématiquement les retours, la facture sera faible, car manipulation minimale des retours, sauf si trop de volume (voir ci-dessus).

Le problème MDS est un problème logistique et de croissance non anticipée (ou minimisée).
Rien à voir, ni avec les problèmes de papier, carton ou autres soucis de transport.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Nirm » 07/12/2021 19:02

Panini a déjà annoncé l'augmentation de ses tarifs pour le mois prochain :
Panini Twitter a écrit:Nous avons fait le maximum pour que vous ne soyez pas trop impactés par cette hausse du prix de production, mais il nous était impossible de continuer avec la grille tarifaire actuelle en 2022.

Voici en toute transparence les modifications qui auront lieu à partir de janvier:
  • Pour les séries au format 115x175 mm (comme Demon Slayer), le prix passera de 6,99 € à 7,29 €.
  • Pour les séries au format 130x180 mm parues avant 2021 (Trinity Seven), le prix passera de 8,99 € à 9,29 €.
  • Pour Happy! et l'intégralité des titres de Tsukasa Hôjô, le prix passera de 9,99 € à 10,99 €.
  • Pour la gamme Perfect (Banana Fish, Eden, 20th Century Boys + les titres à venir en 2022), le prix passera de 16 € à 16,99 €.
Nous espérons que ces explications sont claires, n'hésitez pas à nous poser toutes les questions que vous souhaitez afin de lever le moindre doute.

Des hausses de 0,30€ à 1€.
Et ça n'est que le début je pense...
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede klorophylle 34 » 07/12/2021 19:13

Nirm a écrit:Panini a déjà annoncé l'augmentation de ses tarifs pour le mois prochain :
Panini Twitter a écrit:Nous avons fait le maximum pour que vous ne soyez pas trop impactés par cette hausse du prix de production, mais il nous était impossible de continuer avec la grille tarifaire actuelle en 2022.

Voici en toute transparence les modifications qui auront lieu à partir de janvier:
  • Pour les séries au format 115x175 mm (comme Demon Slayer), le prix passera de 6,99 € à 7,29 €.
  • Pour les séries au format 130x180 mm parues avant 2021 (Trinity Seven), le prix passera de 8,99 € à 9,29 €.
  • Pour Happy! et l'intégralité des titres de Tsukasa Hôjô, le prix passera de 9,99 € à 10,99 €.
  • Pour la gamme Perfect (Banana Fish, Eden, 20th Century Boys + les titres à venir en 2022), le prix passera de 16 € à 16,99 €.
Nous espérons que ces explications sont claires, n'hésitez pas à nous poser toutes les questions que vous souhaitez afin de lever le moindre doute.

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Et ça n'est que le début je pense...


Bon après c'est du Panini, les rois de l'augmentation avec prétexte bidon, donc venant de eux aucune surprise non plus!
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Nirm » 07/12/2021 19:41

D'habitude, ils le font sans se sentir obligés de communiquer comme ça en se justifiant...
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede corbulon » 07/12/2021 20:06

Sur BFM, il y a un article assez complet sur la possible évolution des prix pour l’année 2022 dans le secteur du manga :

https://www.bfmtv.com/people/bandes-dessinees/pourquoi-les-prix-des-mangas-vont-augmenter-malgre-une-annee-record_AN-202112070168.html
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Re: Re:

Messagede rennois » 07/12/2021 20:58

pol a écrit:Le problème MDS est un problème logistique et de croissance non anticipée (ou minimisée).
Rien à voir, ni avec les problèmes de papier, carton ou autres soucis de transport.


C'est la réponse au plus près de la réalité que j'ai lu, concernant MDS :ok:

La récupération d'OF, ça allait encore, ils est constitué de plein de petites nébuleuses dans le groupe.
Ils ont attrapé du petit en jeunesse, ça s'est géré.
Ils ont attrapé aussi en jeunesse la martinière et seuil, en attendant le reste le 1er janvier
Le début des problèmes vient avec Auzou ( énorme en jeunesse à distribuer ), accompagné un peu plus tard d'une campagne au plus près du terrain pour débaucher les employés de la logistique ( véridique, les gars étaient à la sortie des grilles de la société pour les embaucher chez le GROS ), on parle de plus de 50 partis d'un coup.

Ils n'ont effectivement aucun problème de papier, carton, ou transport, c'est de la pipe.

85% de flux en plus, en facturation comme en retour, ça a explosé.

Et ils ont trouvé le moyen de changer de logiciel interne, là, tout de suite, maintenant, ça pouvait pas attendre un peu [:lega]

Résultat, on est tous à la même enseigne. Cette semaine, tu as 50 lignes de commandes chez eux, donc 50 ref quelque la soit la quantité demandée, tu reçois 2 refs, avec l'impression d'au petit bonheur la chance.

Et encore une fois, on en trouve ici pour dire que les gros vendeurs s'en sortent mieux et que c'est inadmissible. J'ai envie de dire "pauv' con" une nouvelle fois comme beaucoup de fois, on est dans la merde autant qu'eux ( mais bon, ils vont répondre qu'eux, ils peuvent pas vendre de cassoulet )

Et la merde n'est sans doute pas fini, puisque beaucoup d'éditeurs passent d'interforum ( Bolloré ) au 1er janvier à MDS :D
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