Expos, concerts, dédicaces… Le Grand Off se dessine à Angoulême : quatre jours de fête gratuits autour de la BD
Pas de festival in mais un Grand Off gratuit. Ce vendredi matin, la Ville et ses partenaires -éditeurs, auteurs, libraires- ont présenté les grandes lignes de l’événement BD qui se tiendra du 29 janvier au 1 er février, à Angoulême.
113 projets, 15 lieux et plus d’un million d’euros de financements publics. Ce sont les premiers chiffres du Grand Off qui se tiendra du 29 janvier au 1 er février 2026, à Angoulême. Un événement BD gratuit dont les grandes lignes ont été dévoilées, ce vendredi matin, lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville.
Annulation du Festival de la BD : l’Agglo débloque 500.000€ d’aide économique
500.000 euros à se répartir. L’Agglo de GrandAngoulême a voté, ce jeudi soir, une aide économique pour les entreprises locales impactées par l’annulation du Festival de la BD, fin janvier. Les dossiers de demande seront étudiés début février, selon un règlement en cours d’écriture.
« L’annulation du Festival de la BD [prévu aux mêmes dates, NDLR] a été une déflagration pour tout le monde, observe Xavier Bonnefont, le maire. Mais, comme souvent, d’un grand bang naît aussi la création. » En un mois, les collectifs d’auteurs, les éditeurs, les commerçants locaux se sont mobilisés pour monter un nouvel événement. « Pas un festival, précise la coordinatrice Émilie Athimon, de ZaïZaï Radio. Il y aura du foutraque, de la pâte artisanale. » Elle explique : « ce Grand Off réunit sous une même bannière tous les off qui existaient déjà à Angoulême, plus de nouveaux projets. »
Espaces publics, librairies, cinéma
113, donc, qui ont été étudiés, cette semaine, par un comité artistique composé de professionnels de la BD. « Des choses de très grande qualité », assure Morgan Parisi, créatrice d’image, membre de ce comité. Parmi ces projets, 50 sont portés par des collectifs d’auteurs : expositions, spectacles, ateliers, débats…
Ils se dérouleront dans quinze lieux, répartis dans le centre-ville et le quartier de l’image principalement : Franquin, les musées, l’hôtel Saint-Simon, le conservatoire, L’Alpha et les médiathèques du territoire, la Cité internationale de la bande dessinée, Magelis, le Théâtre, la Chambre de commerce et d’industrie, le 16 / 9e (office de tourisme) , le théâtre de Poche…
« Le off, c’est la partie joyeuse du festival. »
Une soixantaine d’éditeurs investiront les 1.500 m 2 des Studios Paradis aux Chais Magelis. « Des éditeurs locaux, principalement », précise Delphine Rieu, des éditions Eidola. Des soirées sont programmées au cinéma CGR le jeudi, aux halles et au théâtre le vendredi, aux halles le samedi.
Les librairies sont pleinement investies. À Cosmopolite, par exemple, Pascal Dulondel annonce déjà la présence de 97 auteurs. Pas de nom, pour le moment. « On discute toujours avec les maisons d’édition. On a des contacts quotidiens avec des auteurs qui nous disent qu’ils n’avaient pas imaginé dans quelle situation [l’annulation du Festival] nous mettait. » Commerces et tiers-lieux se mettent aussi en ordre de marche.
L’exemplarité pour mot d’ordre
Au total, le budget de ce Grand Off pourrait s’élever à 1,25 M€, dont plus d’un million financé par les pouvoirs publics. La Ville d’Angoulême accompagnera à hauteur de la moitié (le montant de la subvention annuelle au Festival). 230 000 € permettront de proposer « un temps fort éducatif » tourné vers les scolaires et les collégiens, les jeudi et vendredi.
« On construit cet événement sur les bases des revendications » faites ces derniers mois par les auteurs et autrices, note encore Émilie Athimon, mettant en avant « l’exemplarité. On souhaite que les conditions d’accueil soient les meilleures possibles. » « Droits de monstration payés, dédicaces et ateliers réglés selon la charte… », détaille Morgan Parisi. « La prise en charge des coûts de transport et d’hébergement est prise en compte dans les budgets demandés, indique Xavier Bonnefont. C’est pour cela que les chiffres peuvent encore être ajustés demain. » « Et il y aura des référents VHSS [violences et harcèlement sexistes et sexuels, NDLR] » sur toute la durée de l’événement, note Gérard Desaphy, vice-président de GrandAngoulême délégué à la culture.
Objectif : proposer une grande fête avec davantage de culture et moins de business, explique Élodie Shanta, dessinatrice angoumoisine, à la manœuvre, avec Studioburo , pour le visuel générique de ce Grand Off. « L’accès aux dédicaces sera gratuit », précise-t-elle. Pas de bulles payantes.
« Le off, c’est la partie joyeuse du festival, s’enthousiasme Olivier Balez, auteur angoumoisin. Il a toujours existé. On a la chance, aujourd’hui, de se faire reconnaître. » « C’est devenu notre événement à tous », se réjouit aussi Julie Gore, autrice et illustratrice locale, qui a créé le logo. Elle a elle-même signé l’appel à boycott « contre 9e Art + et son organisation ». « Là, c’est nous qui agissons », dit-elle. Une belle occasion de montrer « que la ville peut vivre en dehors de ce festival » en s’appuyant sur tout un écosystème qui se bâtit depuis 50 ans.