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Le vent dans les sables

06/06/2013 20 planches

Les enfants de 1996, ceux qui ont eu la chance de découvrir dans les bacs le premier tome du Vent dans les Saules, ont aujourd'hui bien grandi. Peut-être font-ils désormais découvrir à leur propre progéniture les aventures de Rat, Crapaud et Taupe. Peut-être aussi remarquent-ils au détour d'une case, un détail ou une pensée qui leur avait échappé il y a quelques années. Peut-être, enfin, se reconnaissent-ils quand Rat se demande, au tout début du Vent dans les Sables, ce qu'il a fait de son existence et si ses choix de vie ont été les bons. C'est sans doute ça une série jeunesse réussie, celle qui accompagne le jeune lecteur tout en l'aidant à grandir, celle aussi qui parvient à réunir les générations pour un moment de partage. Alors, quand le moment est venu de faire ses adieux, que l'on espère provisoires, à de joyeux compagnons de route, l'envie de rencontrer celui qui les a mis en images paraît bien légitime. Michel Plessix revient sur une série qui aura marqué de son empreinte les éditions Delcourt, tout en évoquant également son avenir et ses projets.

INTERVIEW DE MICHEL PLESSIX


Le Vent dans les Saules a inauguré la collection jeunesse des Éditions Delcourt. Cette série est également lue et appréciée des adultes. Pensez-vous que c’est le gage d’une série « jeunesse » réussie ?


C’est en tout cas ce que je recherchais. Les premières bandes dessinées que j’ai lues étant gamin, c’était Astérix. Et chaque fois que je les relisais, en grandissant, je découvrais de nouvelles choses. J’ai toujours eu envie de faire de la BD « tout public » et non pas de la BD « jeunesse ». C’est aussi la continuation du travail de conteur. Ils racontaient des histoires à toute la famille et aux voisins et chaque tranche d’âge devait y trouver son comptant. Dans un conte traditionnel, il y a constamment de l'aventure, plutôt pour les plus petits, un niveau initiatique, pour les adolescents afin de les aider à grandir, une lecture sexuelle pour les parents, et une lecture philosophique pour les plus âgés. Et puis, comme je suis plutôt lent en tant qu’auteur, les gamins qui m’ont suivi depuis le début du Vent dans les Saules, ou du Vent dans les Sables, ont connu la fin de l’histoire pas mal de temps après. Il faut donc qu’en grandissant ils continuent à être intéressés par ce que je raconte. 

Entre le premier tome du Vent dans les Saules et le dernier du Vent dans les Sables, une génération s’est écoulée…

C’est vrai, dix-huit années se sont écoulées. Même pour Le Vent dans les Saules, commencé en 1996 et achevé en 2001, cinq années sont passées. Quand un gamin a commencé à le lire à dix ans, il l’a terminé à quinze-seize ans. Il faut donc toujours trouver des choses qui me plaisent et qui plaisent aussi aux enfants. 

Quelles libertés avez-vous prises avec le roman original de Kenneth Grahame ? 

J’ai fait un vrai travail de réadaptation. Je n’ai pas du tout utilisé les mots de Kenneth Grahame. J’ai essayé de rester le plus fidèle possible à l’esprit du bouquin, de ce que j’ai ressenti au moment de sa lecture. J’ai essayé notamment de restituer toute la poésie du roman. Dans les dessins animés issus de cette œuvre, très souvent, la poésie a été sacrifiée au profit de l’action. Cela explique le vocabulaire, parfois un peu ardu pour les plus petits, que j’ai dû utiliser. J’ai fait le pari que les parents étaient là pour les aider à la lecture, ce que mes propres parents avaient fait quand j’étais petit. 

Il reste du roman un certain côté littéraire avec bons nombres de récitatifs…

Oui. On peut faire passer plein de choses par l’image, mais pas tout. 

À quel moment avez-vous décidé de donner une suite au Vent dans Les Saules ? 

La seule chose que je n’ai pas utilisée dans le roman est un chapitre que j’ai laissé de côté. Il raconte la rencontre de Rat et d’un rat marin. Cet épisode s’intercale au moment où Crapaud s’évade de prison et je n’ai pas souhaité en parler. Néanmoins, en le lisant, j’ai immédiatement pensé qu’il ferait un très bon chapitre d’introduction pour un second cycle éventuel. Je l’ai toutefois un peu modifié car, dans l’original, Rat part vraiment sur des routes un peu hallucinées après avoir rencontré le rat marin. Et c’est Taupe qui le rattrape et qui le force à rester près de la rivière. Pour moi, Rat est le personnage le plus casanier de toute la bande et il ne peut pas péter les plombs comme ça. C’est pour ça que dans Le Vent dans les Sables Rat raconte son expérience à Crapaud et c’est ce dernier qui provoque le départ. 

Entre travailler sur une adaptation (Le Vent dans les Saules) ou écrire une histoire inédite (Le Vent dans les Sables), quel exercice avez-vous préféré ?

Pour moi, c’est exactement le même exercice. La seule différence est que sur Le Vent dans les Saules, je faisais un résumé de chaque chapitre écrit par Kenneth Grahame. Je posais ensuite le roman et le développais à ma manière. Sur Le Vent dans les Sables, je faisais aussi un résumé de ce que j’avais dans la tête puis le redéveloppais de la même façon. Quand j’ai lu Le Vent dans les Saules, j’ai lu une histoire que j’aurais pu moi-même raconter. Il y a tous les éléments que j’ai toujours voulu mettre dans un récit : le rapport à l’amitié, à la nature, une certaine poésie, des personnages hauts en couleurs. Je n’ai pas eu l’impression d’adapter un roman mais de raconter une histoire qui était en moi. 

Pour quelles raisons avez-vous choisi l’Orient, et plus précisément le Maroc, pour ces nouvelles aventures ?

J’avais pris l’habitude de partir à Essaouira pour m’isoler et écrire Le Vent dans les Saules. En travaillant à une terrasse de bistrot, j’ai eu la vision de la couverture du tome trois du Vent dans les Sables : Crapaud sur un chameau avec une ombrelle rouge. En voyant ça, j’ai éclaté de rire tout seul. Les univers des personnages et de l’Orient semblaient tellement différents que j’ai eu envie d’en parler. De parler du Maroc mais aussi de ce qui peut relier les cultures au-delà d’un aspect formel, des vraies et des fausses différences. 

C’était aussi l’occasion de sensibiliser les jeunes lecteurs sur des questions telles que le racisme ou la tolérance…

Oui. Mais plutôt que de parler de choses négatives, j'ai voulu évoquer des choses beaucoup plus positives comme l’ouverture aux autres et l'oubli des a priori. 

Quelles sont les raisons du changement de format depuis le deuxième tome du Vent dans Les Sables ?

J’avais déjà demandé ce changement de format pour le premier tome. Déjà, dans le tome quatre du Vent dans les Saules, j’étais allé beaucoup plus loin dans le détail qu’au début de la série. Je trouvais que le petit format nuisait parfois à la lisibilité de mon dessin. Delcourt n’a pas voulu faire ce changement à ce moment-là. Il souhaitait garder l’unité de collection. Après la sortie du premier tome du Vent dans les Sables, on s’est rendu compte qu’il y avait une petite confusion sur le titre de la série sur lequel une seule lettre est modifiée (« sables » et « saules »). Ainsi, certains lecteurs ont cru que ce nouveau cycle était une réédition du Vent dans les Saules. C’est donc là que Delcourt a accepté de changer de format. On a revu la maquette, j’ai refait un lettrage pour vraiment bien différencier les deux cycles. Une fois que ce deuxième cycle a été reconnaissable, il y a eu une réédition du Vent dans les Saules dans ce nouveau format, qui est plus adapté à mon dessin. L’idée que j’avais à l’origine était plutôt un grand format classique comme celui de Julien Boisvert. C’est Delcourt qui m’a proposé ce format un peu carré qui est finalement le mieux adapté au travail que j’effectue sur les planches. 

On imagine que vous travaillez sur un format plus grand que celui des albums…

Oui, mais je ne travaille pas non plus sur de très grandes planches, environ vingt-sept centimètres de large pour trente centimètres de haut. Je suis myope depuis tout petit, un peu comme Patrice Pellerin qui, lui aussi, met beaucoup de détails dans ses dessins. Quand on apprend à regarder avec une mauvaise vue, on apprend à regarder de près, donc à regarder les détails. 

Comment s’effectue la mise en couleurs ? 

De manière totalement traditionnelle. Sur gris, avec de l’aquarelle et un pinceau. Sur les couvertures, les personnages sont faits à l’aquarelle et les décors avec des pastels secs. 

Comment Loïc Jouannigot s’est-il retrouvé à illustrer les carnets de Taupe ?

C’est Loïc qui m’a fait découvrir le roman de Kenneth Grahame. Il ne me l’a pas présenté comme un roman à adapter mais simplement car il était persuadé que sa lecture me plairait. Effectivement, j’ai eu une vraie rencontre avec ce roman-là. Je ne pensais pas du tout à l’adapter. C’est en terminant mon dernier tome de Julien Boisvert que je me suis aperçu que je réalisais machinalement des petits crobars des personnages du Vent dans les Saules. C’est alors qu’un ami anglais est passé chez moi et il a reconnu les personnages de son enfance. Il faut savoir que tous les petits anglais ont lu Le Vent dans les Saules de la même façon que tous les petits français ont lu Le Petit Prince. Cet ami m’a dit qu’il aimait bien la façon dont j’imaginais les personnages de Kenneth Grahame. Il m’a également dit que si un jour je souhaitais l’adapter en bande dessinée, j’avais l’accord d’un ancien gamin anglais qui a beaucoup rêvé sur cet univers. Quand j’ai adapté Le Vent dans les Saules, j’ai eu l’idée de réaliser les carnets de Taupe qui n’existent pas dans le roman, ce qui me permettait de raconter de façon un peu plus dense certains événements et gagner ainsi du temps dans ma narration. Cet ami anglais dont je parle, d’ailleurs représenté dans le tome un de Julien Boisvert, avait pris l’habitude de raconter dans un carnet intime les événements de sa journée en dessins muets. Cela m’a donné l’idée des carnets de Taupe. Néanmoins, je me voyais mal réaliser moi-même ces dessins. Je risquais de les faire à ma manière, comme les vrais dessins de mes pages. C’est là que j’ai eu l’idée de demander à Loïc qui est un peu de la même famille graphique que moi avec peut-être un dessin plus gentil. Pour l’anecdote, le pauvre Loïc, lors de ses dédicaces pour Passiflore, se retrouve avec des demandes de personnages du Vent dans les Saules. (sourire)

Maintenant que Le Vent dans les Sables est terminé, aurons-nous encore l’occasion de retrouver Rat, Taupe et leurs amis ? 

Je ne peux pas encore le dire. Je n’ai pas envie d’abandonner cet univers-là mais ça fait quand même dix-huit ans que je vis avec ces personnages. C’est le moment ou jamais de faire une parenthèse. Si je reprends un jour ces personnages et cet univers, ce ne sera plus sur un aussi grand cycle mais des avec histoires tenant sur un ou deux tomes maxi. Le lectorat a changé et les gens n’ont plus l’habitude d’attendre aussi longtemps. Cela dépendra bien sûr de mes envies du moment mais aussi des résultats des ventes de ce cycle-là. 

La parenthèse dont vous parlez va-t-elle vous mener vers des registres complètement différents ?

J’ai un projet de scénario qui en cours de discussion avec un éditeur. J’ai également un autre projet au dessin pour lequel j’avais demandé à un copain d’écrire un scénario, histoire d’être un peu plus décontracté. Je pensais faire quelque chose de complètement différent mais ce qu’il m’a proposé reste avec des humains et des animaux. (sourire) Je n’ai fait pour l’instant que deux planches d’essai et on ne l’a encore présenté à aucun éditeur.

Propos recueilli par Laurent Gianati

Informations sur l'album

Le vent dans les Sables
5. Du Souk dans la Casbah

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