L
es frères Grimm, Charles Perrault, l’inégalable F’murr, Troub’s et, plus récemment, Maxime Cain, le pastoralisme et les interactions entre moutons, loups et bergers se classent au sommet des enjeux fondamentaux de notre époque. Ce sujet est également au centre des préoccupations de Thorn depuis 2008. D’abord, sous la forme d’un webcomic (lesmoutons.net), puis en albums aux éditions Exemplaire.
Nouvel épisode de l’éternelle fable du prédateur et de la proie, le deuxième tome de Pour quelques moutons de plus précise la problématique et se concentre spécialement sur la perception des acteurs du système (comment est considéré dans le troupeau un loup maladroit qui n’arrive pas à attraper une brebis ?). L’ouvrage introduit aussi une nouvelle variable culturelle, le super-naturel (le loup-garou : coupable ou victime du cycle lunaire ?). Pour finir, l’étude comparée avec le monde des jeux de société entamée dans le premier volume s’élargit à l’aide de nombreux nouveaux exemples. L’exposé s’avère complet, délirant et est illustré avec un talent et une espièglerie de tous les instants. Pas de doute, comme l’air du large, la montagne, ça vous gagne.
Un antihéros dans la lignée du Grand méchant renard de Benjamin Renner, une brochette de faire-valoir colorés sortis des classiques et une énorme dose d’absurde, Thorn réinvente et dynamite un genre battu et rebattu en multipliant les pirouettes et les bons mots. L’équilibre entre gag au premier degré et décalage ou clins d’œil s’avère parfait. Oui, les chutes sont attendues, voire téléphonées, mais, en même temps, elles sont toujours surprenantes et pertinentes. Le mélange terrain connu/surprise rend la lecture particulièrement jouissive et hilarante. L’ensemble est soutenu par des illustrations pleines de charme et d’une finesse remarquable. Cette élégance du trait fait d’ailleurs regretter le format poche de l’édition.
Une galerie de personnages impayables, une succession de situations toutes plus drôles les unes que les autres auxquelles s'ajoutent, quand même, plusieurs flèches bien senties contre certaines dérives ou modes actuelles. Ces Quelques moutons de plus en appellent d’autres ; dans un futur tome, peut-être ?








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