S
ur la merveilleuse Île des Jours-heureux, la vie est belle et joyeuse. La mer regorge de délicieux poissons-volants et toute la population est sympathique. La famille Criminy est à l’unisson et la paix règne également dans le joyeux foyer. Attirés par la réputation idyllique de l’endroit, le terrible Baron Boogaloo et ses sbires ont décidé de faire main basse sur cette terre bénie. Destruction, massacre et capture s’en suit. Père de famille responsable, Bradley Criminy se doit de mettre les siens en sécurité et fomente une évasion. Plus facile à dire qu’à faire, sans compter que Jimmy, son aîné en pleine crise d’adolescence, peine à percevoir de la gravité de l’agression. Profitant d’un instant d’inattention de la part de ses geôliers, il réussit néanmoins à caser tout le monde sur un frêle esquif. Perdus sur l’océan, à la merci de la météo, leur sort est-il vraiment meilleur ?
Relecture hommage des récits d’aventure Disney ? Parodie provocatrice ? Ou simple projet cent pour cent plaisir ? Ryan Ferrier et Roger Langridge ne se sont certainement pas posés autant de questions en créant La grande aventure de la famille Criminy. En revanche, l’avocat de l’éditeur a assurément dû cravacher pour s’assurer qu’aucun copyright n’aient été violés par les deux artistes. En effet, tant sur le fond que la forme, il n’y aurait pas grand-chose à changer pour que l’album trouve sa place dans la collection Mickey et Cie de Glénat.
Design années 30 façon studio Fleischer, distribution haute en couleurs et succession non-stop de péripéties diverses et variées, l’ouvrage peut être lu au premier degré par les plus jeunes. Pourtant, en y regardant de plus près, la narration est truffée de petits détails se jouant de certains des stéréotypes ou absurdités du genre (les barreaux trop espacés de la prison ou la violence inoffensive héritée des cartoon, par exemple). Ces piques ou clins d’œil, suivant le cas ou l’humeur, apportent un peu de recul à la lecture. Pour le reste, l’imagination sans borne du scénariste est à relever : monstres marins extraordinaires, méchants patibulaires (évidemment) et retournements de situation aussi amusants que téléphonés. Le rythme ne retombe jamais, les gentils gagnent à la fin et même le fils rebelle se joint à la fête !
Attachant et dynamique, (trop) gentiment piquant et réalisé avec une maestria certaine, La grande aventure de la famille Criminy est une curiosité sans âge, délicieusement rétro et gorgée d’une énergie contagieuse.

















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