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Toute la bande dessinée

Hippolyte

06/04/2020 3771 visiteurs 8.0/10 (1 note)

G oldy Town, mars 1872. Un mystérieux cavalier exprime sa satisfaction. Il a trouvé leur planque. Sur la rive d’un cours d’eau discret, au fond d’une dépression qui la dissimule aux regards. Hippolyte, la ville minière abandonnée, qui abrite désormais un gang de braqueuses, mené par Abby, l’ancienne institutrice. Victoria, Jane, Angels et les autres vivent au rythme des attaques de convois. Elles sont rusées, rapides et impitoyables. Nul témoin ne subsiste, qui aurait pu déceler un élément de leur identité. La mécanique semble bien huilée. Le mercenaire si content de lui se fait prendre par la meute. Le temps d’une attaque, il est confié à Augustina, frustrée d’être écartée de l’action à cause de son jeune âge. Elle doit faire ses preuves et ne veut plus attendre. Le braquage tourne mal, des filles mordent la poussière. La situation sera sauvée par le retour de Brooke, qui avait quitté la clique dix ans plus tôt, brutalement et sans explication. Dans les environs, on parle de la réouverture de la mine. Plus que jamais, la communauté est menacée.

Clotilde Bruneau, qui a écrit plusieurs épisodes de la série La Sagesse des mythes chez Glénat, et Carole Chaland, issue de l’illustration et du jeu vidéo, revisitent un genre. C’est La Diligence (Goscinny et Morris, pour les distraits) version féminine et sanglante. Le western y est narré avec le nécessaire d’éléments classiques et immuables (l’Amérique sauvage, les quêtes des personnages, la dimension tragique) et ce qui bouscule et revivifie tous ses codes. En l'occurence, c’est ici la transposition du mythe des Amazones au Far West (dans la mythologie grecque antique, Hippolyte, fille d'Arès, est une reine de ces femmes guerrières). Le cœur du récit est la survie, qui justifie le crime et la protection absolue de l’espace caché où la petite société peut s’épanouir. La subtilité de l'histoire de Clotilde Bruneau est de faire surgir l’élément perturbateur non pas de l’extérieur, menace trop évidente, mais du sein du clan, comme le ver dans le fruit. Obsédées par le danger de l’ailleurs, les vaillantes combattantes ne voient pas la pointe de pourriture gangrener insidieusement leur fragile équilibre.

Pour mettre en image Shakespeare à Monument Valley, Carole Chaland a recours à un trait relativement épuré, ne s’embarrassant pas de détails graphiques superflus, mais sans concession pour travailler l’impact d’une case, l’originalité du découpage ou l’élégance de ses personnages. Toutes criminelles qu’elles soient, ses héroïnes sont belles et sexy. Un jeu subtil de couleurs impose des atmosphères marquées, de la chaleur torride du désert à certaines tensions nocturnes. Le graphisme évoque immanquablement celui des comics actuels, avec cette économie d’information qui peut ne pas plaire à tout le monde.

Œuvre féminine sans être féministe – écueil qu’il fallait éviter – Hippolyte est une alternative à Wonder Woman, qui n’a pas l’apanage de la déclinaison contemporaine du mythe des Amazones. L’intrigue, qui peut se lire à différents niveaux, saura trouver son public bien au-delà des amateurs des colts et des Winchesters. La socialisation, la vie en vase clos et les obsessions voilant les vrais dangers proches sont les ressorts de cette bande dessinée fortement conseillée.

Par F.Houriez
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Hippolyte

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Note: 3.3/5 (4 votes)

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L'avis des visiteurs

    Touriste-amateur Le 12/04/2020 à 14:42:14

    1) J'ai été séduit par le concept de cette bande d'outlaws uniquement féminine. C'est original.

    2) J'ai été décontenancé au début par le dessin aux arrières-plans souvent tout juste stylisés. Et puis rapidement, je m'y suis habitué en comprenant (enfin, j'espère!) que c'est un parti-pris qui s'avère finalement réussi (enfin, pour moi!)

    3) Par contre, j'ai été perdu par certaines approximations du scénario qui m'a laissé sur ma faim, jusque la fin. Quelques exemples : Des scènes de violences qui n'apportent pas forcément à l'intensité du récit, une multiplication des personnages dans lesquels je me suis perdue, des efforts à faire pour comprendre pourquoi une grenade est jetée lors de l'attaque du dernier convoi, etc ....

    En conclusion :
    Un one-shot qui laisse cependant des interrogations une fois tournée la dernière page. Frustrant.
    Si je salue l'originalité de l'idée et celle du dessin, l'alchimie ne s'est pas produite et Hippolyte ne restera pas un album plaisir pour moi.

    bd.otaku Le 05/04/2020 à 18:02:47

    Une mythologie du far West

    1872, en plein désert de l’Arizona, au fond d’un canyon reculé dissimulé aux yeux de tous, un village de roulottes s’est installé. Il compte 27 âmes, toutes des femmes, qui l’ont baptisé « Hippolyte » en hommage à la reine des Amazones de l’Antiquité.
    Elles vivent de rapines, attaquent des diligences et ont pactisé avec le maire de la ville voisine pour qu’il n’évente pas leur existence. Vivant cachées, elles vivent heureuses jusqu’au jour où un enquêteur zélé découvre leur repaire et où une ancienne connaissance, disparue depuis dix ans, refait soudain surface …

    No man’s land

    La scénariste Clotilde Bruneau qui s’était fait remarquer sur la série « La Sagesse des mythes » met à profit sa connaissance de la mythologie pour revisiter, à sa façon, le mythe des Amazones. Le lien avec l’histoire antique est d’emblée souligné en 4eme de couverture de l’album par l’article factice de dictionnaire qui est mis en exergue : « du grec ancien Hippolutos : « qui délie » ou « qui dompte les chevaux » 1. Reine des Amazones, fille d’Arès 2. Ancienne ville minière d’Arizona habitée exclusivement par des femmes ».

    On retrouve en effet dans les héroïnes des caractéristiques des amazones antiques : elles vivent au bord d’une rivière (le fleuve Thermodon dans l’Antiquité) ; ce sont des cavalières émérites ; elles vivent sans hommes et en disposent comme elles le veulent (la relation entre Victoria et le jeune télégraphiste) ; enfin, elles organisent leurs vies autour de la chasse et de la guerre et leurs « reines » connaissent un destin tragique.
    Mais la grande originalité de cette bande dessinée c’est d’avoir fusionné cet univers mythologique antique avec une mythologie des temps modernes : celle du western.

    Cowgirls’ power

    Dans la distribution quasi exclusivement féminine (les hommes meurent rapidement et sont au mieux réduits à des seconds rôles !) on retrouve les archétypes du film de genre : Victoria, la brune taciturne cheffe de guerre ; Jo, la métisse ; Abby la doyenne alcoolique, Augustina la jeune blanc bec impatiente et imprudente et puis bien sûr celle par qui le malheur arrive : l’ex-rivale revenue de nulle part aux motivations bien complexes…
    Les décors sont eux aussi bien familiers : une ville fantôme ; une ville minière en pleine récession avec son général store, son saloon, son bureau de poste et ses habitants abrutis par la chaleur et l’alcool ; d’immenses étendues désertiques.

    On reconnaît enfin des scènes obligées : des filatures par un chasseur de primes, des scènes de beuverie, des attaques de diligence et des embuscades dans une mise en scène qui rend une fois encore hommage aux grands westerns.

    On trouve ainsi dans l’album des plans d’ensemble en plongée dans de superbes pleine pages aux tons orangés ; un travelling avant magnifique dans la double première page qui semble sortie tout droit de « il était une fois dans l’Ouest », de nombreux inserts, des plans américains à n’en plus finir… Bref la grammaire du genre est parfaitement maîtrisée par Carole Chaland dont c’est la première incursion en bande dessinée mais qui a travaillé dans l’illustration et le jeu vidéo et ça se voit pour les scènes d’actions dans lesquelles le mouvement est parfaitement rendu ! On notera également une attention particulièrement soignée au graphisme des onomatopées qui donne un grand dynamisme aux pages.

    Histoires de femmes

    Les femmes dans le western sont à la mode : on pensera dans une veine parodique (voire trash !) à la « Perdy » de Kickliy ou encore aux cowgirls du « Mondo reverso » de Bertail et Le Gouefflec ainsi qu’ à l’Emily vengeresse de « La Venin » de Laurent Astier dans une veine plus classique ; mais c’est la première fois que deux jeunes femmes sont aux crayons !

    On perçoit ainsi une profondeur dans les portraits féminins qu’on n’avait pas forcément dans les ouvrages précédents (le Astier excepté). Même si cette société matriarcale est très hiérarchisée, que des inimitiés existent et qu’elles sont tout sauf feutrées, les décisions sont prises à la majorité et toutes sont réunies par un idéal commun : ne plus dépendre des hommes et récuser la soumission. Ceci acquiert une résonnance particulière dans le contexte actuel et renvoie aux questionnements sur la place de la femme dans la société. En ce sens, cet album peut être rapproché d’une autre bande dessinée : le célèbre comics « Wonder woman » dont le premier volume, paru en 1941, avait pour but de permettre l’identification des jeunes lectrices à la princesse Diana fille d’Hippolyte reine des Amazones (tiens, tiens… ) qui quittait son île paradisiaque pour faire régner la justice et aider l’Amérique. Cette troisième mythologie du comic et des super héros apparait en filigrane dans le façonnage de l’album : le sertissage de certaines planches de gris foncé et de noir, le gaufrier où parfois les vignettes se multiplient et se réduisent, les trames apparentes et les couleurs tranchées.

    Mais dans « Hippolyte » les femmes ne sont pas des super héroïnes et leur intérêt naît, au contraire, de leurs travers, de leurs faiblesses, de leurs secrets de famille. Et c’est d’ailleurs la seule frustration qu’on a dans l’album : on a parfois l’impression que certains personnages sont trop rapidement expédiés et même réduits parfois à l’état de silhouettes (même si là encore on doit saluer le remarquable travail d’individualisation effectué par Carole Chaland qu’on peut d’ailleurs admirer dans les pages de chara design du cahier graphique final). On aimerait vraiment les voir développés et comprendre davantage les raisons qui les ont fait venir à Hippolyte. Ce sera peut-être le cas : les autrices évoquent leur volonté de se replonger dans cet univers en créant des « spin-offs » qui développeraient certaines des héroïnes.

    Il ne reste plus qu’à souhaiter que cet album rencontre le succès qu’il mérite pour que ce beau duo d’autrices se reforme rapidement !

    thieuthieu79 Le 07/03/2020 à 19:50:04

    Un Western 100% féminin plutôt bien réussi et qui casse complètement les codes du genre. L'histoire de cette communauté de femmes qui se débrouille en totale autarcie, cachée de tous, et vivant de braquages et de vols, a de quoi déstabiliser, car nous ne sommes pas habitué à ce genre d'orientation scénaristique.
    Quand on voit un groupe de femme attaquer un convoi, on s'attend à une certaines clémence de leur part. Et bien non, c'est tous le contraire. Elles n’hésitent pas à abattre les hommes de sans froid. De plus, alcool, bagarres et tensions sont de la partie dans ce groupe. Du coup la violence et la noirceur sont omniprésente, et notamment dans les expressions des visages.
    Car oui, coté dessin, Carole Chaland, pour son tout premier album, a réalisée un travail remarquable. Visages, personnages et décors sont maîtrisés malgré un point négatif. Beaucoup d'arrières plans ont un aspect "story-boardé" voir brouillon, comme si l'autrice réalisait son dessin sur un petit format et qu'elle n'avait pas l'espace nécessaire pour le détailler. Cela aurait pu être compensé si les dessins étaient réalisés sur un grand format qui ensuite, aurait été ramené à un format A4 standard (comme beaucoup d'auteurs font).
    Mais malgré ces quelques petites erreurs vite oubliées ici ou là, l'ensemble tient complètement la route.
    La mise en couleur, elle aussi maîtrisée, me fait penser aux comics car, comme beaucoup d'entre eux, elle est réalisée avec de multiples petits ronds de couleurs les uns à coté des autres. Ils sont d'ailleurs particulièrement visibles pour traiter les dégradés, les ombres et les nuances, sans que cela ne soit gênant.
    De plus, toujours comme les comics, les 3/4 des planches ont un arrière plan noir à la place du blanc traditionnel, sans aucun lien avec le scénario. Ainsi il peut y avoir des fond noir en extérieur en plein soleil, et inversement un font blanc en pleine nuit dans une pièce sombre. Je ne sais pas pourquoi ce choix et dans quel but mais toujours est-il que là aussi ça ne gâche en rien notre lecture.
    Au final, on tient entre les mains un bon One-Shot de 110 pages inédit, divertissant et qui à le mérite de ne pas suivre les sentiers battus habituels.

    philjimmy Le 03/03/2020 à 15:04:18

    Un western réalisé par deux auteures, avec des femmes comme héroïnes. Ok !! . Les hommes n'y ont pas forcément un mauvais rôle, en tous cas pas pire que d'habitude.
    Les femmes, quand à elles, sont capables du pire. Ca me laisse un peu perplexe au niveau du scénario. Du féminisme, je veux bien, mais avec de vrais arguments, je préfère.
    Côté dessin, on sera un peu indulgent car il s'agit là d'un premier album. La couverture est très sympa. A l'intérieur, c'est plutôt irrégulier, allant de planches fouillées et bien colorisées à d'autres plus proches du manga et de cet aspect un peu bâclé qui va avec. Des fonds noirs ( beaucoup trop de noirs en général ) ou blancs, sans que ce soit important pour la compréhension du récit. Beaucoup de sang et de violence . Mais aussi de grosses erreurs ( ex : page 42, le gars du départ se fait exploser la tête et quatre pages plus loin, le cadavre a le visage nickel ). Bref, je suis mitigé. Un album pas vraiment indispensable et d'un intérêt très modéré. Un Mondo Reverso sans humour ni interversion de genre.