N
oah se dépêche de rejoindre son ami Gwen lors d’une fête organisée dans un appartement réparti sur plusieurs étages. Très vite, la soirée se transforme en parcours semé d’embûches : pour protéger Mordicus, un chat anxieux et échapper aux questions insistantes des invité.es, les deux amis traversent escaliers et pièces bondées, dans une fuite aussi drôle que révélatrice.
Pour sa première bande dessinée en tant qu'autrice seule, Camille Leto aborde avec finesse la pression sociale qui pèse sur les relations. L’amitié entre une fille et un garçon y apparaît constamment suspectée d’évoluer vers une histoire d’amour, comme si la société imposait un schéma unique. Le regard extérieur finit par instiller le doute chez les principaux concernés, transformant une connexion claire en terrain d’interrogations. À travers cette course effrénée derrière un matou affolé par l’agitation, le récit illustre avec humour la lourdeur voire l’absurdité de ces projections. Les marches sans fin traduisent la montée de la tension, jusqu’à un dernier étage qui apporte un apaisement bienvenu. Le propos de la bédéiste souligne aussi l'importance d'écouter ses émotions : affection et désir ne coïncident pas nécessairement, et leur fluctuation ne constitue ni faute ni anomalie, la communication demeure la clé.
Avec douceur et intelligence, La rumeur du chat perché sensibilise un public jeune adulte aux injonctions qui façonnent les liens affectifs et rappelle que chaque accointance mérite de s’inventer librement.








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