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n retour réussi pour Métal Hurlant depuis 2021 et un jubilé (cinquante ans), Les Humanoïdes Associés sont toujours là. Riche d’un héritage à nul autre pareil, ils continuent à explorer l’imaginaire et la science-fiction. De plus, la prépublication en magazine permet de présenter et de donner leur chance à de nouveaux artistes. Un éternel retour qui regarde vers l’avant. En creusant un peu, il y a certainement de quoi imaginer un concept intéressant.
Bien posé sur les épaules de ses illustres prédécesseurs, Elie Huault propose un récit muet sentant l’hommage et la célébration. Arrivé à sa destination en orbite autour d’une planète lointaine, un spationaute s’engage dans une mission à haut risque. Une fois touché terre, il doit se mettre sur la piste d’une balise et télécharger ses précieuses données. Afin de l’aider à remplir cet objectif clair, il a accès aux dernières technologies, dont un morpho-suit, un scaphandre s’adaptant constamment à son environnement. Seul et devant faire face à des éléments et des territoires en éternelles mutations, le courageux aventurier se lance dans l’aventure.
Illustrations N&B aux hachures omniprésentes, paysages minéraux un instant et organiques la page d’après, d’innombrables clins d’œil à Moebius, Druillet, Bilal ou Alias (Claude Lacroix), Cometa vise avant tout les connaisseurs et les nostalgiques. Non pas que le scénario ne soit pas intéressant, celui-ci est habilement construit et s’avère suffisamment plastique et ouvert pour supporter toutes les interprétations. Seulement, impossible de le cacher, cette histoire sert surtout de prétexte à l’auteur (et à l’éditeur) pour présenter ses respects aux «grands anciens» de la maison. La démarche est d’ailleurs totalement justifiée, tant l’influence des premières années de Métal a été grande, en France et dans tout le monde SF.
Joli exercice de style à l’encrage frénétique et frappant, Cometa n’est pas là pour révolutionner le genre. Il prend simplement la suite d’une tradition bien établie et entraîne le lecteur sur de nouvelles terres fantastiques. Trois, deux, un, zéro, allumage, c’est parti ! Bonne chance !

















Cette BD fait partie de ceux que j'emprunte assez rarement car beaucoup trop expérimental à mon goût.
En effet, un curieux format en carré et surtout une absence de dialogue pour laisser la place au dessin illustratif en noir et blanc dans une parfaite sobriété de mise en page.
Il s'agit d'un récit de science-fiction dans la mesure où un astronome se pose sur une étrange planète qui ne fait pas forcément du bien à ceux qui posent leur pied sur ce sol. En effet, la planète aime se délecter de la détresse...
Evidement, il faudra interpréter ce que l'on voit et cela ne sera pas vraiment facile en l'absence de narration devant ces incongruités qui se dessinent.
A noter que les Humanoïdes Associés ont fait cette œuvre dans le cadre de Métal Hurlant, le magazine manifestant une rébellion artistique crée en 1974 par Moebius, Druillet et Dionnet pour nous présenter un panorama de l'imaginaire aussi éclectique qu'inventif qui nous emmène vers d'étranges horizons.
Je n'ai pas été séduit plus que cela même si la fin révèle quelque chose d'assez spécial sur le thème de l'éternel recommencement. Je peux comprendre néanmoins que les vrais fans puissent succomber sous le charme des planches sublimes avec ces paysages hallucinants et hallucinés...