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Strips et Ambiances, Kinky & Cosy

Entretien avec Nix

Propos recueillis par L. Cirade , L. Gianati et A. Perroud Interview 27/02/2015 à 11:22 5295 visiteurs

Kinky & Cosy, les deux gamines les plus déjantées du 9ème Art ont séjourné à Angoulême, en janvier dernier, lors du dernier festival de Bande Dessinée. À cette occasion, une exposition leur a été consacrée en proposant notamment aux visiteurs un lavage de cerveau ou une implantation de pensées. Présentes également à la télévision, sous forme de dessin animé, les jumelles n'ont pas fini de faire parler d'elles.

Qui a servi de modèles pour Kinky & Cosy ?

Nix : J'ai une petite fille de 11 ans, mais elle n'est pas aussi turbulentee que les deux sœurs. Il faut un peu exagérer pour que les gens soient impliqués.

Le format strip, c'est un challenge permanent ou un casse-tête perpétuel ?

N. : Je crois que je suis plus fort dans le sprint que dans le marathon. C'est un format qui me plaît. A la base, j'étais un dessinateur de presse, habitué à travailler avec l'actualité du jour et ce format s'adapte bien au support qu'est une gazette. Le dessin, basé sur très peu de traits, va aussi à l'essentiel parce qu'on ne peut pas se permettre de présenter des choses trop compliquées. Il s'agit d'un format rapide pour une lecture rapide dans un journal.

La mécanique est tout de même très exigeante...

N. : Effectivement, il parait que ce n'est pas facile (sourire). Mais moi, ça me plait. Johan De Moor m'a remplacé pendant une période de vacances, lui qui se moquait de moi avant cet intermède, m'a dit : "C'est mortel ce truc ! De devoir concentrer une situation en quelques cases". Oui, mais justement, la situation est tout juste mise en place que paf !, elle est conclue. Et la très grande force de ce type de BD repose sur le trait blanc entre les cases : il permet de faire appel à l'imagination du lecteur qui la remplit avec ce que je ne montre pas, avec ce qui n'est pas dit. En jouant avec cet espace libre, l'effet de surprise final est d'autant plus marqué. C'est ce qu'on retrouve dans la première étape de l'exposition réalisée ici où il y a des hublots de machines à laver pour subir une expérience proposée par Kinky & Cosy et l'on se dit : "les visiteurs sont invités à passer leur tête à l'intérieur mais vont-ils le faire ?".

Et ils le font.

N. : Oui, ils le font. J'étais un peu angoissé - même si le terme est exagéré - avant de commencer mais rapidement, j'ai vu les gens rigoler et se prêter au jeu. Je me suis dit : "Vendu !".

Avez-vous des retours de vos lecteurs au sujet de cette part laissée à leur imagination ?

N. : Ils reviennent plutôt sur l'aspect trash de l'humour, qui est le propre de la série, avec des commentaires du type "Ne lâchez pas ! Ne faîtes pas de compromis."

Avez-vous déjà subi une certaine forme de censure ? Suivant les pays où les albums sont publiés ?

N. : Je peux me permettre plus de choses en Belgique qu'en France, et plus en France qu'aux États-Unis, où la situation se dégrade un peu. J'ai été par exemple censuré pour un gag par le groupe Ouest France. Le motif avancé était du type "nous ne voulons pas que les musulmanes pensent que nous pensons qu'elles mangent de la nourriture pour chiens". J'ai fait l'erreur de mettre en scène ce gag dans le Golfe persique, alors que s'il avait été situé en Inde ou au Japon, il n'y aurait jamais eu de problème. Mais j'étais dans une série de gags installée déjà en Égypte ou quelque part dans la région, pendant les vacances des personnages. Il n'était pas question de stigmatiser tel peuple ou telle religion. C'était bien avant les attentats de janvier 2015 et je pense  que la prudence sera bien plus grande désormais.

Le tome 2 du recueil est-il finalement un tome 4 de la série mère de Kinky & Cosy ?

N. : Les premiers tomes ont été publiés en grand format, celui de la BD classique, ce qui était une erreur. L'éditeur l'a bien compris et m'a proposé de recommencer dans le format qui est celui d'aujourd'hui, plus adapté.

Les dessins animés reprennent-ils les gags des albums ou trouve-t-on aussi des inédits ?

N. : Il y a un mélange. Certains gags ne fonctionnent qu'en BD et d'autres qu'en animé. Il y a 20 à 25 % d'inédits.

Vous travaillez donc différemment selon le support ?

N. : Pour le dessin animé, j'ai formé une équipe de scénaristes parce qu'en peu de temps, j'avais besoin de 500 blagues. Avec des copains, collègues dessinateurs ou scénaristes de BD, nous nous sommes réunis en une équipe de quatre. C'était très marrant car deux parisiens et un flamand ont squatté chez moi pendant toute une semaine et on ne faisait qu'inventer des blagues de 9h à 13h. Mais c'était dur parfois car on n'arrêtait pas de rigoler. On avait un passeport pour aller au-delà de la honte (rire). Pas de limite, même pour ce qui est débile, parce que ça nuit au brainstorming. L'après-midi, on tapait tout ce qu'on avait inventé, sans exception, ni chercher à séparer ce qui est mauvais ou bon. Ensuite, à deux, nous pouvions trancher : "ça, c'est bon ; ça, pas mal mais pas bien raconté, etc.". J'ai beaucoup aimé cette phase-là pour le dessin animé. Le reste est plus laborieux, puisqu'il s'agissait surtout de contrôler de ce qui avait été fait. Ceci dit, pour la BD, un gag peut surgir d'une blague que j'ai racontée lors d'une discussion, à une table.

Quand vous voyez le résultat, vous dîtes-vous "ça, c'est un gag parisien, celui-ci un gag flamand" ou tout se trouve mêlé ?

N. : J'ai en tête qui a créé quoi, mais je me souviens qu'une fois, alors que nous étions tous morts de rire, les parisiens avaient dit "celle-là, on ne va pas la mettre quand même ?!? tu ne veux pas vendre ton truc ou quoi ?". Et nous l'avons faite, évidemment.

Avez-vous été étonnés par les voix de vos personnages ? Les avez-vous personnellement choisies ?

N. : Oui, je suis allé à Hollywood pour choisir les voix parce qu'on a d'abord enregistré en anglais. En fait, je rentre en studio avec les dialogues écrits, ils sont joués et ensuite, le storyboard est créé en écoutant ces dialogues joués. Auparavant, j'avais fait pas mal d'épisodes pour la télé flamande, en petite équipe, écrit à la maison : le scénario était écrit sur la table de la cuisine, puis on enregistrait les voix à la cave et l'animation était faite sur ordinateur. De fait, pas mal de voix étaient déjà inventées. Elles ont été envoyées à Hollywood où les acteurs ont intégré la manière de parler des différents personnages. Ils ont imité et même amélioré les voix d'origine. Ils ont fait un travail incroyable, beaucoup réfléchi aux intonations après avoir imaginé tout un tas de choses autour des personnages, psychologiques ou au sujet de leur passé. De fait, ils les connaissaient très bien. Même dans les moments de pauses techniques, ils continuaient à parler avec ces voix-là pour ne pas les perdre. En les écoutant, les yeux fermés, je voyais grandir mes personnages. Je suis revenu avec une idée "plus large" à leur sujet et ça m'a beaucoup aidé.

Le dessin animé a-t-il un impact sur les ventes ?

N. : Pas encore, la diffusion sur OCS a débuté en novembre en France et elle va commencer en Flandre. Du matin jusqu'au soir, il est prévu que Kinky & Cosy soit diffusé le temps d'un week-end sur une chaîne qui ressemble à MTV, mais avec moins de musique et plus de séries américaines. Elle s'adresse à une cible 13-17 ans, et la formule constitue une belle exposition.

Combien d'épisodes sont déjà créés ?

N. : Cinq cents de 30 secondes chacun.

Parmi les adultes, il y en a pas un pour rattraper l’autre et toute la société passe au hachoir, y compris les institutions et les corps constitués : santé, éducation nationale, sécurité…

N. : Je ne peux pas m'en empêcher (sourire). C'est typique d'un dessinateur de presse, qui cherche à critiquer et à expliquer. J'adore les situations, très belles pour installer l'humour, qui jouent sur l'angoisse ressentie par quelqu'un qui ne se sent pas capable de faire quelque chose, par exemple à un moment donné de sa carrière.  

Quelques mots sur Billy Bob (un tome chez les Requins Marteaux, puis repris dans Spirou)… ?

N : Un album est déjà disponible, présenté dans une peau de bison tué par Billy Bob et qui a été ensuite "blondie". Bel objet (rire). Mais j'ai dû laissé tomber car j’étais très occupé par la production des dessins animés.   

Quel public avez-vous en dédicace ?

N. : J'invente un truc que, moi, je trouve marrant. Ensuite, je vois, comme pour l'expo à Angoulême, des personnes âgées et des enfants qui rigolent. Pas forcément de la même chose, parce qu'avec le temps, j'ai réussi à mettre des "couches" supplémentaires dans mes gags. Il faut avoir quelques choses qui ont été expliquées, mais j'ai l'habitude de dire qu'il faut avoir de 11 à 111 ans pour lire Kinky & Cosy.

La série est présentée sur le site du Lombard pour les plus de 16 ans alors que c’est un jury d’ados de 10 à 14 ans qui vous avait attribué le prix Petit Spirou en 2007…

N. : En Flandre, elle est publiée par un magazine fait par le Ministère de l’Éducation diffusé dans toutes les écoles, à 40.000 exemplaires, pour les gosses de 10-12 ans. C'est aussi un support éducatif, truffé de petites blagues, utilisé par les profs. La meilleure critique que je peux recevoir vient des parents qui disent : "je ne vois jamais ce magazine car le gamin l'emmène dans sa chambre pour le lire." La perception est donc différente et l'étiquette également, même si ce n'est pas destiné aux plus jeunes (moins de dix ans). Mais je ne suis pas le seul là-bas à faire ce genre de BD assez hard.

Une rue à Bruxelles porte le nom de vos héroïnes : c'est une fierté ? Vous y passez plus souvent en voiture ? (sourire)

N. : Pas mal pour une BD underground... Non, il faut être sérieux, c'est sympa et j'ai eu la chance qu'on choisisse une rue très connue de Bruxelles, la rue de la Bourse.





Propos recueillis par L. Cirade , L. Gianati et A. Perroud

Bibliographie sélective

Kinky & Cosy

  • Currently 4.00/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (4 votes)

  • Nix
  • Nix
  • 01/2015 (Parution le 01/01/2015)
  • Le Lombard
  • 978-2-8036-3038-7
  • 287

Billy Bob

  • Currently 3.50/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.5/5 (2 votes)

  • Nix
  • Nix
  • 11/2012 (Parution le 06/11/2012)
  • Les Requins Marteaux
  • 978-2-84961-113-5
  • 51