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Petites tentations entre amis

Entretien avec Jim

Propos recueillis par L. Gianati Interview 19/12/2013 à 09:35 18424 visiteurs

Une touche de nostalgie, un soupçon d'érotisme et surtout une vision assez juste des rapports humains, les deux tomes d'Une Nuit à Rome ont déjà conquis un large public. Le prochain diptyque de Jim, Où sont passés les grands jours, dont le premier acte est annoncé pour le mois de janvier 2014, aborde un sujet plus grave, la perte d'un être cher, sans oublier néanmoins ses thèmes de prédilection : l'amitié entre mecs, les relations de couple... et les jolies filles.


Comment est venue l’idée d’Une Nuit à Rome ? Est-ce un fantasme, un désir inassouvi… ?

Jim : Eh non, même pas, je n’ai pas de frissons intérieurs à l’idée de revoir des exs vingt ans après… Non, l’envie première était de dessiner Rome. Après, tout le reste n’est qu’une gigantesque excuse pour justifier des dessins de la ville (rires). En réalité, j’ai pu conjuguer deux amours : les jolies femmes et les jolies architectures…

Vous attendiez-vous à un tel accueil, public et critique ?

J. : Aucune idée. Quoi qu’on fasse, on le fait en espérant le meilleur, et généralement on est déçus. Comme la majorité des auteurs bd, je me souviens du temps passé à travailler (La Teigne, sous le nom de Téhy)… je pensais que le monde m’attendait et allait être ébloui, on a besoin de cette naïveté-là pour travailler plusieurs années sur un projet. Et au final, pioutch. Une belle indifférence. L’échec est la norme, le succès l’exception. Je suis très heureux des retours de lecteurs qui se disent touchés, émus par l’album. Je reçois des témoignages comme ça très régulièrement, et ça… c’est une vraie drogue.

Avec cet album, la collection Grand Angle de chez Bamboo n’a jamais semblé aussi bien porté son nom. (sourire) Pouvez-vous nous dire quelques mots du projet d’adaptation cinématographique ? Un travail de réécriture est-il prévu ?


J. : Oh, écrire pour le cinéma c’est réécrire constamment. Actuellement, il y a effectivement une phase de réécriture, mais je suis tout ça d’assez loin finalement. C’est le film que porte Jacques Malaterre, a lui de travailler à cette vie là…

En général, comment choisissez-vous les albums que vous dessinez et ceux que vous confiez à d’autres dessinateurs ?


J. : Je ne sais pas exactement… Je peux en dessiner très peu, c’est déjà un critère… Certains scénarios s’écrivent parfois pour un dessinateur, d’autres sont en recherche de dessinateurs, j’en ai plusieurs ainsi dans mes tiroirs… Et quant à celui que je dessinerai, je pense qu’il faut qu’il y ait de quoi me régaler graphiquement, ce qui veut souvent dire des présences féminines, un pari graphique, quelque chose que je n’ai pas forcément déjà fait…

Le thème d’Où sont passés les grands jours est plus grave que celui de vos précédents albums. Comment éviter le piège du patho ?

J. : Je ne sais pas si j’évite le piège du pathos. Je ne suis pas très à l’aise avec les grandes douleurs existentielles, je préfère prendre les choses par des petits détails du quotidien, et être assez léger, finalement. En espérant que le poids de ces détails a priori léger, mis bout à bout, aura une couleur qui ressemble à la vie.

L’héritage de Fred laissé à ses amis ressemble à un jeu de piste…


J. : Oui, il y a du jeu de piste, dans tout ça. Ce qui m’intéresse, c’est ce que vont chercher ces trois amis autour de leurs cadeaux…  ce qu’ils ont trouvé, auront-ils vu juste ? Ou pas ?

On retrouve, comme dans l’Invitation, le thème de l’amitié et des jalousies qui peuvent en découler…

 
J. : C’est vrai, j’aime traiter l’amitié comme on traite du couple. Séduction, charme, conquête, routine,  clash, déception, rupture… Là aussi, dès qu’on quitte le chemin un peu balisé et surfait de l’amitié virile, c’est tellement plein de non dits et de sous entendu, l’amitié…

Pourquoi avoir choisi une narration à la première personne pour ces deux séries ?

J. : Oh, simplement parce que j’essaie de m’impliquer dedans, et que le « je » devient vite inévitable. Ces personnages ne sont que moi, donc autant réduire la distance le plus possible… en espérant me fondre dans le lecteur, que les sentiments que je ressens lui soient le plus aisément contagieux.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans la vie des quadras, au-delà de vos expériences personnelles ?

J. : Je me fous des quadras à vrai dire, je préfèrerais écrire sur des gens de vingt ans… mais il se trouve que par un curieux hasard de circonstance, je suis à ce jour un quadra. Et qu’il me semble plus honnête, plus vrai, de parler directement de ce que je ressens. Là aussi, ce n’est pas moi qui m’intéresse d’ailleurs, mais cet aspect très touchant de l’universalité des sentiments. Je ne cherche qu’à parler de ce tronc commun des expériences qu’on traverse tous. Ainsi, quand Hugo efface le nom de son pote décédé de sa carte sim, je sais en ayant vécu ça, que des milliers, des millions de gens l’ont vécu. J’aime cette idée qu’on partage les mêmes frissons…

Pensez-vous que les choix de Raphaël et d’Hugo peuvent être compris par la majorité des lecteurs ? Comment éviter de les faire passez pour des salauds ? (sourire) 

J. : Ils passent pour des salauds. Mais des salauds dont on peut comprendre le cheminement, et l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Aimer quelqu’un qui ne ferait que de belles choses serait d’un ennui… Mais j’ai bien conscience qu’avec Hugo, j’ai été plus loin qu’avec le personnage d’Une nuit à Rome… C’est un risque à courir ; c’est même un pari. J’aimerais qu’on l’aime quand même, mais franchement, oui, quel bel enfoiré !

Les questions existentielles liées à cet âge semblent plutôt masculines. Sophia, dans Une Nuit à Rome, et Alice, dans Où sont passés les grands jours, ont l’air sûres de leurs choix de vie…

J. : Je crois que c’est un hasard, pour contrebalancer l’hésitation des hommes en face d’elles. Est-ce que les femmes sont moins hésitantes dans la vie ? Je n’en sais vraiment rien. Quoi qu’il en soit, c’est vrai que j’aime ces portraits de femmes fortes, et cette assurance qu’elle manifestent. Yiu était de celles-là, et la bande dessinée regorge de belles héroïnes déterminées.

Quel est le public qui vient vous rencontrer lors des séances de dédicaces ?

J. : Femmes et hommes, la quarantaine généralement. Il semblerait que l’identification soit bien réelle (rires) !

Quelle est l’origine des deux pseudos que vous utilisez, Téhy et Jim ?

J. : Téhy est mon pseudo depuis toujours, enfant je signais Téhy (Thierry, en langage bébé) mes premières bd. Puis, alors que je passais trois ans a dessiner La Teigne, j’ai eu envie de faire une coupure en dessinant vite un album humour. Mais je ne pouvait décemment dire à mon éditeur que j’allais faire une pause, j’ai donc prétexté regrouper des amis dessinateurs issus du dessin animé pour monter le Jim Studio, qui dessinerait l’album d’humour. Une bête ruse contractuelle… Et j’ai gardé ce nom de Jim pour les albums contemporains / vie de tous les jours… Et le nom de Téhy pour les récits de genre fantastique.

Avec lequel des deux vous sentez-vous le plus à l’aise ?

J. : En ce moment, le contemporain m’attire, car il rejoint le type de films que j’ai envie d’écrire. Je suis donc plus clairement Jim, mais je sais que Téhy reviendra me tirer par la manche si je le délaisse un peu trop.

Quels sont vos projets pour l’année 2014 ?

J. : Où sont passés les grands jours avec Alex Tefenkgi, ainsi qu’une ressortie de On éteint la lumière... On se dit tout fait avec Gaston…Un petit livre oublié sur un banc avec Mig au dessin, et Héléna de 3 à 6 en fin d’année dessiné par Lounis Chabane. Et un album d’humour sur la galère de thunes (Comment gagner 3000 euros par mois (sans se fouler ) qui fut une de mes problématiques de ces dernières années (comme beaucoup)… Et à côté de ça, je vais travailler sur mon prochain projet, sans savoir encore lequel il sera. Il faut déjà que je me sorte Marie de la tête avant de pouvoir dessiner d’autres personnages… (Rires) !




Propos recueillis par L. Gianati

Bibliographie selective

L'invitation

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Une petite tentation

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  • Grelin
  • Grelin
  • 04/2013 (Parution le 24/04/2013)
  • Vents d'Ouest
  • 978-2-7493-0667-4
  • 160

Une nuit à Rome
1. Livre 1

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  • Jim
  • Jim
  • Delphine
  • 05/2012 (Parution le 02/05/2012)
  • Bamboo Édition
  • Grand Angle
  • 978-2-8189-0970-6
  • 92

Une nuit à Rome
2. Livre 2

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  • Jim
  • Jim
  • Delphine
  • 12/2013 (Parution le 11/12/2013)
  • Bamboo Édition
  • Grand Angle
  • 978-2-8189-2537-9
  • 102