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Loup, y es-tu ?

Entretien avec Lionel Richerand

Propos recueillis par L. Cirade et L. Gianati Interview 18/03/2013 à 18:04 226590 visiteurs
Il était une fois Anna, une petite fille qui part à la recherche de sa poupée, dérobée par une bande de crapauds qui ne la lui rendront que contre un baiser. Commence alors pour cette jeune adolescente une véritable aventure, semée d'embûches, dans une forêt inquiétante et hostile. Un parcours initiatique narré par un expert ès contes qui manie avec brio et sensibilité tout un symbolisme très joliment mis en images. Rencontre avec Lionel Richerand qui ajoute, avec Dans la Forêt, une nouvelle pépite dans la très belle collection Métamorphose dirigée par Barbara Canepa.

Nous vous avons découvert avec Petit Conte Léguminesque : vous vous sentez comme un poisson dans l'eau dans l'univers des contes et des fables ?

Lionel Richerand : Oui, j’aime bien ça. Ce qui me plait avec les contes, c’est le terreau commun. Quand on voit une petite fille entrer dans une forêt, on s’attend à ce qu’elle rencontre un loup. Cette référence commune me permet de m’en dégager, de travailler avec des variations et de partir sur autre chose. Il y a une rapidité dans la perception des personnages qui fait qu’on intègre d’abord ce que l’on connaît pour mieux accepter le décalage ou la nouveauté. J’aime bien travailler sur ces références-là et les mélanger.

Au sujet des contes, on connait plus le livre de Bruno Bettelheim que celui de Pierre Péju que vous citez en ouverture...

L.R. : Le livre de Pierre Péju est une réponse à Psychanalyse des Contes de Fée de Bettelheim qui était à l’époque un phénomène et qui est devenu, avec le temps, une vision contestée un peu trop dogmatique : on y lit par exemple que Le Petit Chaperon Rouge, c’est l’arrivée des règles chez la petite fille. Or, en lisant Soriano et Péju, j’ai appris que le conte existait avant Charles Perrault et c’est lui qui a introduit le costume de super-héros, l’accessoire du chaperon. Bettelheim a analysé ça en évoquant le passage à l’âge adulte, mais ce n’était pas présent à l’origine du conte traditionnel. Finalement, on connaît ces contes-là depuis très longtemps et il y a plein de variations possibles. C’est ça qui m’intéresse. De même, on peut associer le mythe de la forêt aux légendes arthuriennes avec la fée Morgane qui a enfermé Merlin dans la forêt de Brocéliande. Je n’ai pas non plus envie que cela fasse un effet « pudding ». C’est pour ça, qu’à la fin du livre, j’ai introduit un bestiaire pour pouvoir donner des notes de bas de page et permettre au lecteur de décrypter, de prendre le temps de revenir, de relire.

En quoi le livre de Pierre Péju, La petite fille dans la forêt des contes, a-t-il changé votre vie ?

L.R. : Je reviens systématiquement à ces lectures-là. Pour moi, ce livre est une analyse sur les contes et les romantiques allemands. J’ai découvert Frédéric de La Motte-Fouqué avec Pierre Péju que je ne connaissais pas du tout. C’est un auteur allemand qui a écrit La Mandragore et Ondine. Je pensais avoir fait le tour des contes, avec mes activités dans l’animation et la réalisation du film La Peur du Loup dans lequel je partais de personnages de contes et les retravaillais à rebours : le grand méchant loup était végétarien, les petits cochons étaient détestables… Je me suis rendu compte que c’est finalement devenu mon mode de création. Ce livre de Péju est intéressant car il donne envie d’en lire encore plus. Cela m’a ouvert un terrain en friche pour l’imaginaire. Dans la vie, on a des chocs de lecture. J’ai concrétisé avec Dans la Forêt mon livre le plus personnel. C’est bien de se rappeler de quoi je suis parti.

Sur votre blog, dans un making-of, vous présentez le travail réalisé sur les dialogues en premier : est-ce systématique, y compris lorsqu'on est illustrateur / dessinateur ?

L.R. : J’ai travaillé sur cet album avec deux amis dont Éric Sannier, qui avait écrit Petit Conte Léguminesque et qui m’a donné la méthodologie pour travailler en bande dessinée. J’ai gardé cette méthode de travail : une ligne par page, des dialogues rédigés de façon basique… Ça me permet ensuite de me consacrer au dessin et de me repérer.

Il y a un peu d’Alice de Lewis Caroll dans le personnage d’Anna. Sauf qu’elle poursuit des crapauds, pas un lapin…

L.R. : Oui. En même temps, la période de gestation pour cet album a été assez longue et a correspondu à cette phase d’adaptation d’Alice au Pays des Merveilles en bande dessinée (cinq ou six, je crois). Cela m’a poussé à partir encore plus loin dans la réappropriation. J’avais bien conscience que la petite fille qui court après les crapauds faisait référence à celle qui court après le lapin blanc. J’ai tendance à travailler par couches. Pour moi, c’est à la fois Alice, Totoro, Princesse Mononoké… Je me plonge dans mes envies et essaie ensuite de les digérer.

Pensez-vous que tout ce qui relève de la mort ou du fantasme doive être stylisé ?

L.R. : Les histoires aident à vivre. On part de personnages qui ont l’air d’être très clairs. Finalement, ils ne le sont pas tant que ça. Il y a une métamorphose, une évolution. Ce que j’aime bien dans les contes est la figure de l’ogre qui a tout de suite ce côté impressionnant de dévorateur. Ça permet d’aborder des peurs très profondes mais ça reste de l’histoire. J’aime bien le côté un peu flou que ça produit. Je voulais faire une histoire qui soit sur les différents âges de la féminité. Il y a bien sûr le parcours initiatique, commun à tous les contes, avec lequel je me suis amusé, comme avec le registre de la psychanalyse. Le crapaud est la pulsion basique de la sexualité, de la testostérone sur pattes. Ils n’ont qu’une envie, embrasser la princesse pour être transformés en crapauds charmants. Il y a un côté totalement absurde et ludique. Il y a ensuite cette rencontre avec un enfant du même âge qu’elle. C’est la confrontation avec l’autre sexe. Il y aussi un loup mais qui s’avère ne pas en être un au final... J’avance comme ça, par paliers. La forêt est aussi l’endroit du possible. C’est là où tout se passe, ou ça grouille. Les animaux se bouffent entre eux, tout en conservant un équilibre naturel. Je pense que nous ne pourrions pas y survivre trois jours. Le conte permet de développer divers sentiments.

Une petite fille, une mère, la Grande Boueuse… Est-ce ainsi que vous avez analysé le parcours d’une femme à différentes étapes de sa vie ?

L.R. : Oui. Ce sont trois générations. Au départ, tel que j’ai signé le projet, c’était une petite fille de onze ans qui se fait voler sa poupée par des crapauds puis qui est entraînée et perdue dans la forêt. Je me suis rendu compte que ça faisait justement très Alice au Pays des Merveilles. Je suis un grand lecteur de Harry Potter. Ce que j’y ai trouvé de fascinant, c’est qu’on le prend à l’âge de dix-onze ans, et on a une aventure qui est complètement dans sa perception d’enfant. Plus il grandit, plus il se rend compte qu’il y a une réalité qui le dépasse avec des enjeux qui vont plus loin que lui. Il se rend compte également que les adultes qui sont des figures d’autorité ont aussi été jeunes et qu’il y a une part de secret qui va bien plus loin dans le passé. Quand on devient adulte, on finit par avoir un autre regard sur ses parents ou sur ses ancêtres. C’est aussi sur ces notions-là que je voulais travailler, surtout sur le point de vue féminin. À la base, j’ai fait ce livre pour ma fille qui entre dans l’adolescence. Je me suis aperçu qu’elle évoluait vite, à un rythme plus rapide que le mien pour fabriquer l’histoire. Elle est très impliquée dedans. Elle a vraiment été un moteur. Même s’il y a un côté assez sombre, c’était très important pour moi que ça puisse être lu par des petites filles, par des pré-adolescents. Une de mes références est Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro où on est à la fois dans un conte et dans une réalité historique. Les deux font très peur. C’est aussi l’histoire d’une jeune fille qui se retrouve dans des épreuves.

Comment avez-vous trouvé le juste milieu entre le côté macabre et l’humour, très présent ?

L.R. : Quand j’avais travaillé sur Petit Conte Léguminesque, il y avait déjà ce côté fable tragi-comique. C’est une histoire très dure avec un côté incongru et ces légumes géants. Je peux avoir un dessin très sombre tout en ayant Goscinny et Uderzo comme modèles. Je reviens vers Astérix comme un bain de jouvence. J’adore ce côté multi-lectures avec ces jeux de mots. Je trouve qu’un livre est réussi quand il y a plusieurs registres. L’humour permet également de faire passer plus de choses. Comme j’avais carte blanche dans cette collection ("Métamorphose" aux éditions Soleil, NDLR), le guide de cryptozoologie m’a permis d’y mettre beaucoup de délire, d'indiquer comment j’avais construit l’histoire ou d’y ajouter d’autres situations qui ne se trouvaient pas dans l’album comme les stratagèmes des crapauds pour attirer les jeunes filles. Du coup, on peut relire l’album tout en ayant ce guide en tête. J’ai eu le même processus de création pour le bestiaire que pour l’album. Je démarre de façon assez humoristique, et plus ça avance, plus le bestiaire devient étrange et bizarre. On y trouve tout ce qui est minéral, végétal, animal. Comme cela fait des années que je faisais des bestiaires, ce dernier est un peu le mode d’emploi de mon fonctionnement.

Quand avez-vous conçu ce bestiaire ? C’est un bonus ou existait-il préalablement sous forme de recherches ?

L.R. : Cela fait des années que j’en faisais sous forme de dessins libres de chimères. Barbara (Canepa, NDLR) m’avait dit « Si tu nous fais des monstres, on prend l’histoire. » J’avais tout ce terreau présent dans mes carnets que je pouvais utiliser. Je l’ai donc intégré à l’histoire.

Comme le jeune garçon de L'étrange Réveillon (Grasset Jeunesse), Anna semble très seule bien qu'elle soit entourée : c'est propre à son âge ou amplifié par sa situation sociale, son environnement ?

L.R. : Cela tient aussi au mystère de l’enfance. On pousse les enfants à être autonomes, et donc à avoir une part secrète, personnelle. S’il y a un aspect personnel dans l’histoire, au-delà du conte, c’est la mère qui essaie de préserver sa fille des dangers de l’extérieur. À la fin, elle doit faire son propre cheminement en complète autonomie. C’est un peu la réalité de la construction de soi. C’est marrant car l’histoire sur laquelle je veux travailler maintenant, est assez proche de ce schéma. Il faut croire que c’est quelque chose qui me suit…

L'apparition du régisseur, Mr Ombrage, joue le rôle de l'étincelle en brisant le symbole de l'enfance...

L.R. : Ce personnage est une suggestion d’Éric Sannier. C’est un régisseur qui représente la figure masculine assez prédatrice. Il permet de donner une autre dimension à une histoire qui était au départ uniquement féminine. C’est une sorte de Clark Gable toxique, très sûr de lui. Cela a aussi permis d’ancrer l’histoire dans une réalité historique, à une période victorienne dans un domaine très classique. Ce personnage se rend compte finalement que tout n’est pas si facile, et que l’on bascule dans du fantastique. Il se retrouve complètement dépassé par les événements dans la partie merveilleuse. C’est aussi une façon de dire que l’homme triomphant n’a rien à faire dans cette histoire. Il est totalement écrasé par la puissance de cette petite fille et de tout ce qui se joue autour d’elle.

Comment composez-vous de telles planches ?

L.R. : La première planche que j’ai montrée à Barbara Canepa et à Clotilde Vu était l’une des pages les plus chargées de l’album, la page dix-huit dans laquelle Anna rentrait dans la forêt avec une profusion de détails. À partir du moment où j’étais parti sur une telle densité visuelle, je ne pouvais pas faire de la ligne claire derrière. J’aime bien le côté ornementation. Je construis d’abord l’histoire par les dialogues en me demandant comment faire circuler l’information, les bulles étant l’endroit où le lecteur va s’arrêter sur l’image. Ensuite, je viens travailler les ambiances. Je voulais une forêt extrêmement chargée, bouillante. En même temps, plus on avance dans le récit, plus ça devient épuré. On finit dans un environnement très aéré où le décor devient très épuré.

Quelle technique avez-vous utilisée pour la mise en couleurs ?

L.R. : J’ai travaillé avec un trio de coloristes, le studio Blinq, que Barbara Canepa avait déjà contacté pour travailler sur Cœur de Papier de Rigano et Enna dans la même collection. J’avais travaillé sur les couleurs du bestiaire. Comme Barbara est une très grande coloriste, elle a supervisé le travail du studio en partant des gammes de couleurs que j’avais mises en place sur le bestiaire. Je ne voulais pas des couleurs trop vives ou trop éclatantes. On est partis sur des tons assez rompus avec des couleurs assez compliquées à rendre. Je suis un grand fan de Dario Argento. Du coup, je voulais aussi des tons avec du rouge très fort, du bleu un peu électrique. Chaque séquence a son propre ton. On démarre presque dans une bichromie, avec des couleurs de terre où même le papier est assez jaune. Plus on avance, plus les couleurs deviennent étranges dans la forêt avec des tons un peu jaune et vert jusqu’à la partie d’incendie où ça part dans des rouges, la couleur participant à la dramatisation de la séquence.

Pour L'Étrange réveillon, vous avez pu jouer avec le format du livre et composer des plans très larges, voire des travellings pour lesquels le lecteur promène lui-même son regard-caméra...

L.R. : C’était un livre sur la mort, il fallait donc le rendre visible pour un enfant. Je pense que les enfants se posent ce genre de questions sur la disparition de leurs proches. On est tous à moment donné très inquiets de la perte de ses parents. Je ne voulais pas éluder du tout le côté morbide. Par contre, ce qui m’intéressait, c’était dans le même principe d’y mettre des fils narratifs permettant plusieurs lectures. Comme c’était un livre jeunesse avec un format à l’italienne, il a fallu trouver des gags dans l’image avec une lecture gauche-droite. Il y a un oiseau de couleur jaune que l’on retrouve au fil des pages, ou un asticot de la même couleur qui sort de la tête d’un squelette ou des escargots qui se baladent sur une assiette… C’était une façon de donner du ludique et de l’humour tout en gardant des situations qui pouvaient être assez fortes.

Parlez-nous de votre travail pour Le Dit de Sargas - Mythes et légendes des Mille-Plateaux

L.R. : C’est un OVNI. Ça fait quinze ans que je voulais travailler avec Régis Jaulin qui m’aide beaucoup en tant que scénariste, sachant que je ne suis pas moi-même un expert. J’essaie juste d’écrire mes histoires du mieux possible. Régis s’attache beaucoup à la structure du récit. C’est un fou de bande dessinée et on n’a toujours pas réussi à en faire une ensemble. Il avait un texte, m’a proposé de l’illustrer et j’ai dit oui tout de suite. C’est un peu sa version du Mahābhārata, un dialogue entre deux demi-dieux qui parlent du monde des Mille-Plateaux et de la façon dont les dieux se sont entre-dévorés pour construire cet univers. Ça démarre avec des dieux très sombres un peu comme dans l’Ancien Testament. Et on finit un peu à la manière de Conan le Barbare. C’était très intéressant à illustrer.

On peut voir sur votre blog quelques croquis concernant un nouveau projet.

L.R. : J’ai travaillé en parallèle de Dans la Forêt sur un livre jeunesse. J’avais fait un autre album précédemment chez Grasset Jeunesse intitulé L’Étrange Réveillon qui raconte l’histoire d’un orphelin qui n’accepte pas la mort de ses parents et qui le soir de Noël demande à ses domestiques de déterrer les morts pour comprendre ce qui se passe dans l’au-delà. Pour le coup, c’est vraiment l’histoire du deuil. Les croquis en question concernent un autre projet basé sur des textes de Bertrand Santini avec qui j’aimerais bien travailler. Cette nouvelle histoire, ça fait dix ans que je l’ai, bien avant Dans la Forêt. C’est en sortant cet album que je me suis rendu compte que j’avais trouvé la façon de raconter des histoires sur des thèmes qui me sont propres. Je vais donc repartir sur à la fois quelque chose de proche et de différent. Il y a toujours la possibilité de faire une suite, mais, en même temps, Dans la Forêt est une histoire complète où on suit le personnage, dans laquelle il y a des révélations, où la boucle est bouclée. Je trouve qu’il y a beaucoup de bandes dessinées où le premier tome concerne la présentation des personnages, et où l’action ne commence à bouillonner qu’à la fin. J’avais vraiment envie de faire une histoire complète qui se tienne en un seul volume.

Apparemment, vous restez dans le domaine de l’imaginaire…

L.R. : Ça fait très longtemps que je tourne autour d'un récit réaliste. (sourire) À vrai dire, ça me fait assez peur. Je souffre énormément pour dessiner tout ce qui est urbain. Mon prochain projet se passerait dans un hôtel en bord de mer. En même temps, l’un de mes dieux est Giraud qui pouvait dessiner tout et n’importe quoi. De toute façon, ce ne sera pas dans l’immédiat.

En tant que lecteurs, on fantasme dur à ce que peuvent être les rencontres vous réunissant avec Barbara Canepa, Clotilde Vu, Guillaume Bianco et les autres auteurs de la collection Métamorphoses... (rires)

L.R. : Tout est venu de ma rencontre avec Guillaume. J’étais allé à un festival à Mandelieu La Napoule. J’avais sorti à l’époque Petit Conte Léguminesque, un livre assez confidentiel. Un libraire de BDFugue d’Antibes l’avait lu et avait souhaité me faire venir pour une dédicace. J’avais par ailleurs vu le travail de Guillaume Bianco et je lui ai dit que je voulais bien venir dédicacer avec lui. On s’est donc retrouvés côte à côte. Je lui ai montré mes carnets et il m’a parlé d’une collection qui devait se monter avec Barbara Canepa. Barbara a donc vu mes dessins et m’a dit : « Si tu nous fais des monstres, on te signe ! ». Quand j’ai vu ce qui se préparait dans cette collection, c’était des univers qui me correspondaient tout à fait. J’ai immédiatement senti beaucoup d’affinités avec des titres comme Billy Brouillard. J’ai aussi un autre ami libraire qui m’a dit de contacter Clotilde Vu. J’ai finalement rencontré les deux dans cette collection. Elles sont très complémentaires. Il y a à la fois une très grande liberté et une très grande exigence. Elles mettent la barre très haute et c’est aussi pour ça que la gestation pour cet album a été très longue. Aujourd’hui, je peux dire que ce livre-là me correspond complètement. Avant, quand j’étais en dédicace, j’avais toujours des carnets pour montrer ce que je faisais à côté. Maintenant, j’ai juste à sortir ce livre et tout est dedans, jusqu’à la dernière page dans laquelle j’ai inséré un dessin que j’avais fait pour un collectionneur. Sinon, les séminaires de la collection Métamorphose ressemblent à des cabinets de curiosité dans lesquels on prend le thé. (sourire) Ceci-dit, ce n’est pas si faux, puisqu’on prépare actuellement une exposition à Aix en Provence dans le cadre du festival autour de la collection. On nous a ouvert des collections d’insectes, d’entomologie, des livres anciens. Ça risque d’être phénoménal !
Propos recueillis par L. Cirade et L. Gianati

Information sur l'album

Dans la forêt (Richerand)
Dans la forêt

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