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Toute la bande dessinée

Didier Comès.

Entrées en matière (1/3)

Fabrice Mayaud Webzine 07/03/2013 à 15:00 14348 visiteurs
C'est avec tristesse que nous apprenons la disparition de Didier Comès. Nous venions justement de publier un dossier pour faire redécouvrir son oeuvre.

Didier Comès - Entrée en matière 1/3

Une exposition consacrée à l’œuvre de Didier Comès a été montée par le musée des Beaux-Arts de Liège courant 2012. Fin janvier 2013, elle sera proposée au public du festival international de bande dessinée à Angoulême. L’occasion de revenir sur le travail d’un auteur, trop souvent considéré comme l’homme d’un seul album : Silence, grand prix d’Angoulême en 1981.

Si l’on excepte le temps des débuts et la trajectoire psychédélique d’Ergün l’errant, l’œuvre de Comès se caractérise notamment par la frontière diffuse entre la réalité dans laquelle sont ancrés ses récits et l’ailleurs qui s’immisce en elle et en perturbe les règles. En quelques cases, quelques planches, plus ou moins avares de mots, il donne le "la" qui va régir la suite, lui conférer son atmosphère. Cette manière d’introduire ses albums, d’opérer ce glissement sans avoir l’air d’y toucher, constitue sans aucun doute l’une des clés qui ont permis à Comès de s’adresser résolument à un public adulte, tout en l’emmenant loin de ses certitudes.

Après Ergün l’errant, Comès a la volonté de se libérer des attentes des éditeurs concernant le contenu de ses livres et de laisser libre cours à ses envies. Suivent cinq albums majeurs : L’ombre du corbeau, Silence, La belette, Eva et L’arbre cœur.

Il y est question, notamment, de la mort sous diverses formes, de la guerre et de son absurdité, de la différence et de son rejet. Ces thèmes, il les met en scène essentiellement dans le petit théâtre des Ardennes, terre potentiellement hostile et ésotérique pour celui qui sait en tirer les ficelles. Comès est de ces marionnettistes. Sur ces deux caractéristiques, il construit des récits durs et envoûtés, sans sombrer dans d’autres excès que ceux propres à l’humain. Tout en restant dans le domaine du possible, tout du moins pour l’esprit ouvert, il en explore diverses frontières, les repousse, et s’offre ainsi d’intervenir sur le cours des événements ; droit divin, droit d’auteur.




Pré-publié dans Le journal de Tintin entre 1976 et 1977, L’ombre du corbeau n’est sans doute pas le livre de Comès qui a permis à son œuvre de prendre son envol. Pourtant, c’est bien en son sein, dans les tranchées boueuses de la Première Guerre mondiale et les bois environnants, qu’apparaissent les prémices de son talent.

Dans un décor désolé, un obus tombe et fait valser dans les airs une colonne de soldats allemands passant au mauvais endroit au mauvais moment. Les dernières cases de la planche qui suit se concentrent sur l’un d’eux, Goetz Von Berlichingen, sonné au milieu de ce charnier. Au-dessus de sa tête, une case allongée, discrètement insérée dans l’ensemble, révèle des doigts qui jouent de la flûte. "La musique de l’enfer", se dit le jeune homme ! Pas exactement, mais pas loin ! La page tournée offre une vision pour le moins incongrue dans pareil bourbier.




Cette rupture n'en est pas vraiment une : il n'y a aucune variation d’environnement, de trait ou encore de couleur - l’édition originale de cet album est en couleur, il a été pensé comme tel. L'intention de l'auteur est plutôt de faire perdre pied à son lecteur par cette absence d’artifice. Dans son article intitulé Dans l’ombre et le silence, un itinéraire (Les cahiers de la bande dessinée N°55 consacré à Comès), Claude Ecken évoque ainsi « un album remarquable par son unité ». N’est-il pas déstabilisant de percevoir que quelque chose ne tourne pas rond alors que les apparences sont rassurantes ? A priori, le soldat Goetz est propulsé dans un ailleurs indéfini. Est-il mort pour autant ? Rien n’est moins certain. Ainsi commence une improbable fable en huis clos dans la forêt, à la fois philosophique et tragi-comique, sur l’absurdité de la guerre, voire sur l’absurdité de la vie, sur l’histoire qui sans cesse se reproduit. Ce faisant, Comès livre une mémorable leçon d’échecs.




Le projet d’un second tome, La nuit du sorcier, a été initié par l’auteur à l’époque, non suivi par son éditeur d’alors. Seules les deux premières planches ont été proposées au grand public (à la fin de la réédition en noir et blanc évoquée ci-dessus). Quelque part, peut-être est-ce cette fin de non-recevoir qui l’a poussé vers d’autres projets. Assurément, comme le dira l’histoire, c’était le moment idoine.

Entrée en matière - Deuxième partie

Entrée en matière - Troisième partie




Affiche de l'exposition "À l'ombre du silence"
du musée des Beaux-Arts de Liège :



Couverture de magazine
"Les cahiers de la bande dessinée" consacré à Comès



Trois couvertures de "L'ombre du corbeau"
(EO, tirage limité, édition 2012 en noir et blanc)



Première planche de l'édition originale



Rêverie...



Deuxième planche du projet inabouti,
"La nuit du sorcier", proposée dans l'édition Casterman de 2012



À suivre...






Pour explorer l'oeuvre de Didier Comès nous vous recommandons l'exposition
« À l’ombre du silence » qui présente une sélection de cinquante originaux de l'auteur :
Lieu : THÉÂTRE D’ANGOULÊME, place New York
Du jeudi 31 janvier au dimanche 3 février 2013, 10 h/19 h.
Production : 9eArt+
Commissaire : Thierry Bellefroid
Scénographie : Monique Calande et Xavier Dumont
Partenaire : Casterman
En savoir plus : http://www.bdangouleme.com/96,comes-a-l-ombre-du-silence
Fabrice Mayaud