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XIII Mystery et Il était une fois en France

Rencontre avec Fabien Nury

Propos recueillis par L. Cirade et L. Gianati Interview 05/11/2012 à 18:58 9452 visiteurs
Depuis quelques années, l'actualité de Fabien Nury est toujours riche et particulièrement en cette fin 2012 avec la sortie de deux albums très attendus. Dans le premier, il s'attache, avec Richard Guérineau, à donner un nouvel éclairage sur l'antichambre de l'univers de XIII et propose de suivre la trajectoire de Steve Rowland. Leur XIII Mystery devrait combler les fans de la série mythique créée par Jean Van Hamme et William Vance. Dans le second, il met un point final à l'une des créations les plus appréciées et les plus primées de ces dernières années : le sixième et dernier tome d'Il était une fois en France met un terme à l'histoire de Joseph Joanovici, personnage trouble s'il en est. Enfin, nous évoquons avec lui quelques projets à paraître en 2013 et 2014.

XIII Mystery : Steve Rowland

Avez-vous eu le choix entre plusieurs personnages pour "votre" XIII Mystery ?

J’ai fait une proposition. Mon choix s’était porté sur Steve Rowland. C’est le personnage qui m’intéressait le plus, qui semblait être au cœur du complot. J’avais également envie de raconter ce qui s’était passé avant l’assassinat de Sheridan. Dans ce projet, il y avait en fait deux choses que j’aime beaucoup : XIII, surtout le premier cycle, et les romans d’Ellroy, particulièrement American tabloïd. Et Rowland est un personnage à la James Ellroy.

Le fait que Rowland apparaisse très peu dans la série-mère vous a-t-il laissé une grande liberté d’action ?

À l’origine, on en sait beaucoup et très peu sur Rowland. On sait des trucs… racontés par quelqu’un… dont on croit qu’ils sont vrais… mais dont on s’aperçoit qu’il le tire de quelqu’un d’autre. Carrington parle de Steve mais tout ce qu’il dit, il le tient de Kim, dont on pense qu’elle est agent double à ce moment-là. Elle se révélera agent triple et elle aurait pu lui mentir sur un certain nombre de choses. On a un personnage « en creux », aspect très intéressant tout comme le fait que Rowland soit le premier homme à avoir porté un tatouage XIII. Le XIII qu’on connait, celui des 19 albums, est son remplaçant. Rowland est également un affreux facho qui n’a comme qualité que celle d’être amoureux. Il y avait quelque chose de transgressif à prendre quelqu’un qui avait le visage de XIII, le tatouage de XIII, la femme de XIII. Me pencher sur l’assassin d’un Président, savoir comment il en est arrivé là, m’intéressait.

Finalement, Rowland est un personnage totalement manipulé, du début à la fin…

Au départ, c’est un paumé. On ne naît pas fasciste, on le devient. Il est le fruit d’une éducation : raciste, élitiste, violente. Par déterminisme et à la suite de mauvais choix, il deviendra le personnage qu’on connait. Ce qui n’exclut pas qu’on puisse avoir de la compassion pour un salopard comme Steve Rowland. En même temps, il est mort en sachant qui était le n°1. Il aurait pu changer tout ça mais il ne l’a pas fait.

… y compris par Kim qu’il embrasse alors même qu’il sait qu’elle l’a trahi.

A ce moment-là, il refuse de croire. La vérité lui est insupportable. D’une certaine manière, il « bugge » : il s’enfonce dans son programme pseudo-héroïque insensé. « Je vais tuer le Président, j’irai voir Wally, je sauverai ton fils » : il lui parle d’un avenir qui selon lui va de soi et dont on sait qu’il n’existera pas. On s’aperçoit qu’au-delà de tout ça, des mensonges potentiels, il l’aime… et elle en est stupéfaite. Finalement, c’est elle qui est désolée ce qui apparaît comme une ironie supplémentaire vis-à-vis du personnage.

Existe-t-il un cahier des charges précis concernant l’univers de XIII ? Avez-vous eu des contacts avec Jean Van Hamme ?

Ça ne se passe pas comme ça. Vous faites une proposition, et en fonction de ses interactions avec la série-mère, vous avez plus ou moins de contraintes, de balises. Jean Van Hamme vous répond en fonction de cette proposition : il ne dit pas « il faut que tu fasses ça », mais « j’aime ça, ça un peu moins et voilà pourquoi ». Il est très pragmatique et, dans mon cas, très bienveillant. C’est encourageant, c’est lui qui m’a poussé à être audacieux et à augmenter la quantité de mensonges que Steve avait pu raconter à son père. Je ne peux pas dire qu’on soit soumis à de quelconques fourches caudines. Jean Van Hamme s’amuse à nous voir triturer l’univers qu’il a créé, il s’amuse avec nous. Le jeu auquel il joue n’est absolument pas pervers. Cet album est le nôtre, nous n’avons absolument pas été bridés.

C’est la première fois que vous travailliez avec Richard Guérineau.

C’était inclus dans les charges créatives de la série et tout s’est très bien passé. Sur les XIII Mystery, on travaille l’un après l’autre. Le scénario est d’abord bouclé, validé, découpé, dialogué lorsque le dessinateur le reçoit. Ce qui m’a fait plaisir c’est que Richard a eu le choix entre plusieurs scénarios de XIII Mystery et il a foncé sur Steve Rowland. On s’est rencontré et nous partageons un certain bagage culturel, une passion pour un certain type de cinéma, de romans, ce qui nous a permis de trouver très rapidement des références communes. Ensuite, son challenge c’était de dessiner XIII, quelque chose comme trois cents fois, ce qui était spécifique à ce Mystery. Ce qui lui a fait un peu peur au début. Ensuite, quand vous recevez un découpage réalisé par Richard Guérineau, il n’y a pas grand-chose à dire à part « merci » : c’est clair, précis, efficace, on comprend bien les intentions et les sous-textes. Ce que j’avais fait pour l’aider un peu, je lui avais donné les références des cases et scènes de la série-mère vers lesquelles on revenait, mais aussi des films et documents pour constituer un univers inédit. Je l’ai encouragé à revoir Mississipi burning, certains films paranoïa des 70’s comme Les trois jours du condor ou Les hommes du Président, ce qui est loin d’être une corvée. Un peu de Vietnam aussi, Apocalypse now. À partir d’une collaboration professionnelle, on a débouché sur des relations amicales et on refera volontiers quelque chose ensemble, même s’il n’y a pas de projet en cours.

« Le premier est le premier. Le deuxième n’est personne. » Cette phrase, prononcée par le père de Steve, est-elle une création originale ?

Elle est extraite d’un film, The big combo (Association criminelle - 1955). Richard Conte, le chef mafieux, prononce cette phrase qui reflète bien sa personnalité de grand malade. J’ai trouvé cette phrase extrêmement pertinente pour qualifier le trajet de Steve Rowland, y compris dans sa dimension élitiste et mégalomane. Ce que j’aime beaucoup, c’est que la dernière fois qu’elle est prononcée, la chute est différente. Le personnage réalise ce qu’il en est du premier et du deuxième. À l’attentat, il ne dit pas la même chose. La phrase traduit la brutalité de la compétition comme règle des relations humaines. C’est impensable et inacceptable, sans pour autant être si rare. Je connaissais la dernière phrase et j’avais un vrai plaisir à parcourir le chemin qui y mène : il l’apprend, puis il la répète ; ensuite, on l’embrigade, on lui montre l’importance de cette phrase, mais il en comprendra le sens juste avant de mourir.

Il était une fois en France

Pour prolonger sur le thème des citations ou des scènes qui se font écho, il y a aussi les deux moments où Joseph doit signer un document : la première fois, il signe d’une croix, la seconde, il écrit son nom…

Le personnage a évolué, il a appris à écrire mais cela ne l’aidera pas beaucoup. Au moment où il signe d’une croix, il est dans une situation difficile, à la Gestapo de Bruxelles qui le tient et qui exige de lui des trahisons, massives et meurtrières, au moment où les alliés arrivent. Dans le sixième tome, il a la satisfaction d’avoir appris quelque chose en détention, ce qui illustre son instinct de vie très fort et sa faculté à rebondir.

C’est d’ailleurs le rebond permanent qui caractérise de sixième et dernier tome de la série…

Joseph nous emmène assez loin dans le côté romanesque. Si l’on suit le parcours qui le conduit du procès truqué puis « contre truqué » à la prison - où il apprend quand même – suivi d’une libération, puis à l’autre procès – où il ne faudrait pas être -, à l’exil à Mende – où il refait fortune avec son seul talent et un téléphone – mais qui lui vaut d’être jalousé et donc des ennuis, qui précède une nouvelle fuite, je crois que le mot de « romanesque » est celui qui convient le mieux pour résumer son destin.

Il était une fois en France est donc achevé. Quel sentiment domine ? Soulagement ou coup de blues ?

Un Joanovici blues ? Avec cette fin, on est très ému, très heureux, fier et on a des émotions un peu ambivalentes au moment de dire adieu aux personnages qu’on a le plus aimés de sa vie, Sylvain Vallée et moi. Il n’y a pas que Joseph. Dans ce dernier tome, nous disons adieu à une dizaine de personnages qui ont compté pour nous. Dès l’écriture, j’ai pensé à « untel, c’est sa dernière case » puis c’est au tour d’un autre. Nous avons choisi de suivre des trajets humains et nous n’allons pas au-delà. Beaucoup ont existé, ce qui a une importance pour nous, notamment pour Sylvain qui a dû dessiner ces gens.

Il est question d’une adaptation au cinéma…

Il s’agit d’une autre aventure qui commence, dont on ne sait pas pour le moment si elle va aboutir, ni même quelle voie elle va emprunter. La qualité première que je nous attribue, c’est d’avoir su percevoir à quel point cette histoire était extraordinaire. Ensuite, une histoire peut être bonne sur différents supports. Parmi celles que l’on connait, certaines ont fait l’objet de romans, BD, films, pièces de théâtre. Quand une histoire est aussi belle, il ne faut pas craindre l’adaptation sur un autre support. Je pense que nous l’avons bien racontée en BD et nous allons essayer de nous impliquer au maximum pour l’adaptation. Ensuite, il faut laisser sa chance à celui qui s’en chargera. Il n’y a pas de pression particulière car, quel que soit le résultat, bon ou mauvais, il ne peut rien arriver à la BD, qui correspond au résultat dont on rêvait.

Le fait que la série ait eu un succès immédiat, dès les premiers tomes, a-t-il influencé votre façon d'écrire les suivants ?

Zéro changement. Rien. Dès le début, les six tomes étaient présents dans un traitement de soixante pages. Au moment où chaque album sortait, le suivant était déjà découpé et dialogué. Il n’y pas eu de changements mais cela nous a donné de la confiance, un peu de reconnaissance aussi. C’est la série sur laquelle nous avons fait le moins de « compromis commerciaux ». Le premier album est une série de flash-backs, consacré à un personnage éminemment ambigu, ce qui n’est pas ce que l’on vous recommande lorsque vous souhaitez faire de la BD grand public. On l’a fait, simplement parce qu’on y croyait ; ça a marché, ça nous a donné confiance et on a poursuivi exactement comme on l’avait décidé, du mieux qu’on pouvait, exactement comme on voulait. Ainsi de suite pour le tome 3, puis le tome 4.
Pour le quatrième, il s’est produit un truc étrange. Contrairement à ce qui a été dit, Il était une fois… n’est pas une série sur l’Occupation, à laquelle on ne consacre que trois tomes sur six. À ce moment, la guerre est finie et Joseph est le méchant de l’histoire. C’était un pari, car dans le tome 5, Joseph n’apparaît que le temps d’une quinzaine de pages, c’est un album consacré au juge. Si l’on en croit les retours que nous avons eus – ce tome 5 est parfois le plus aimé des cinq premiers -, le risque s’est avéré payant. Nous avons essayé de faire en sorte que chaque album ait sa structure et son identité au sein d’un ensemble cohérent. En cela, le tome 5 est presque un one shot qui présente un juge qui essaie d’abattre un parrain, qui pense que tous les moyens sont bons pour y parvenir, qui n’y arrive pas et qui finit par dégringoler en même temps que sa cible. Il est efficace mais du point de vue de la morale, il descend tout aussi bas que celui qu’il poursuit. Selon nous, cet épisode de la vie de Joseph Joanovici était plus intéressant à raconter du point de vue du juge.

Six tomes et on ne se sent toujours pas capable de juger Joseph…

Tant mieux ! Moi, je ne peux pas m’empêcher de l’aimer. Par moment, je le condamne, par moment, je l’ai haï. Maintenant qu’il est mort, je ne peux pas m’empêcher de l’aimer et il continue de me fasciner. C’est bien d’apprendre qu’on ne peut pas résumer les gens par une opinion définitive. Il est dangereux d’avoir trop de certitudes. C’est vrai que c’est un fumier ; c’est vrai aussi qu’il a sauvé des gens. Imaginer une comptabilité du Bien et de Mal ? « J’en ai tué tant, j’en ai sauvé tant ». Non, ça ne marche pas comme ça. Il est impardonnable pour le petit Scaffa mais il a été « vraiment » collabo autant qu’il a été « vraiment » résistant. Il résume tout un tas de paradoxes : ces notions de paradoxes moraux et de questions sans réponses sont inhérentes, à mon avis, au genre, au roman noir dans son ensemble. C’était notre démarche, un roman noir qui se déroule des années 20 aux années 60.

Pensez-vous qu'on puisse "effacer son ardoise" ou que cela est impossible ?

Je partage assez ce qu’il dit dans sa dernière confrontation avec le juge : « une chose en entraîne une autre ». Là est le danger quand on estime que « tous les moyens sont bons ».

Ce qui marque dans ce dernier album, c'est la pugnacité, voire l'obsession de Legentil.

Il est passé de la justice à la haine. Lui n’a pas perdu sa famille, il l’a abandonnée. Dans son destin, il y a une forme d’ironie tragique. Il n’a jamais voulu renoncer alors que des victimes de Joseph, comme la femme de Legentil ou Mme Scaffa, l’ont fait et lui demandent même de lâcher. Il ne reste que lui, son ego, sa rage de faire tomber Joanovici. Pourtant, il me semble que Joseph va bien lui manquer.

Est-ce l'expérience vécue par Legentil, son divorce, qui lui inspire sa dernière carte, celle qui exploite les sentiments de Lucie ?

Lucie aussi va au bout de son acte. Il a été cruel, il l’a abandonnée sous un faux prétexte mais elle l’aime vraiment Monsieur Joseph. Pourquoi ne l’a-t-il pas emmenée dans sa fuite ? Non pas parce qu’elle n’est pas juive mais parce qu’elle l’aurait embarrassé. À quoi lui aurait-elle servi en Israël ? À ce moment-là, il est horrible, détestable. Il paiera cher pour ça. Il s’agit d’un amour qui n’est pas réciproque, car elle ne remplacera jamais vraiment Eva, même si, à la fin du tome 5, elle a pu l’imaginer.

Avez-vous conscience d'avoir écrit un classique de la BD ?

Il est beaucoup trop tôt pour le penser. J’ai l’impression d’avoir écrit une très bonne série de BD, très émouvante, ou en tout cas, très chargée en émotions sur la fin. J’en tire beaucoup de fierté parce que je trouve que c’est trop rare. De ce point de vue, je pense qu’une immense part du mérite revient à Sylvain Vallée, qui sait faire des choses extraordinaires avec les regards. Le nombre de regards, de réactions muettes dans le tome 6 est très supérieur à ce qu’on trouve dans une bande dessinée classique et apporte cette part d’émotions. Il y a un succès public, critique, l’histoire est magnifique ; on verra si la série durera… Nous avons beaucoup appris sur nous et la BD en faisant cette série, on l’a racontée de notre mieux. Je crois que c’est le travail de personnes qui aiment beaucoup le média BD.

Il est également question de regard sur la dernière planche : on reste longtemps à regarder par la lunette arrière de la voiture qui s’éloigne…

On part avec Joseph. Il y a un triple « dé-zoom ». Après, c’est le grand tournant, le grand blanc, le néant. Il y a plusieurs pages blanches derrière d’ailleurs. Il reste deux personnes ensemble, en deuil, comme si elles appartenaient à la même famille, ce qui est paradoxal. Nous espérons, par ce biais, que l’émotion dure au-delà du moment où on ferme un album. Si on y parvient, c’est parfait. C’est quelque chose qui m’est arrivé en tant que lecteur et que j’apprécie. J’aime beaucoup dans la fin du tome 6 la réponse à celle du tome 1 qui prend un nouveau sens (échange de regard entre Lucie et Legentil). La boucle est bouclée.

C’est aussi la fin – temporaire ? – de votre travail avec Sylvain Vallée.

Temporaire, oui. Sylvain fait un XIII Mystery sur Betty, que j’attends avec impatience, avec Joël Callède. Ça va lui prendre un bout de temps et ça tombe bien parce que ça me laisse du temps pour réfléchir à de nouveaux terrains de jeu, à partir d’envies communes, qu’on pourrait investir ensemble. Ce sera pour changer de genre, pas pour bégayer ou faire quelque chose à la « Il était une fois en France ».

A propos de nouveaux projets, nous avons entendu parler de Tyler Cross avec Brüno pour Dargaud…

Tyler Cross, c’est Jack Palance chez les rednecks. Du polar, teigneux, années 50, au Texas. Un braqueur, sans états d’âme : il a 17 kilos d’héroïne pure et 21 dollars en poche, et il est tout seul dans le désert et va se retrouver dans une ville dysfonctionnelle. C’est parti pour un gros one shot généreux de 92 pages. Vous pouvez découvrir Tyler Cross sur http://www.brunocomix.com. Je suis ravi que Brüno m’ait demandé de travailler sur autre chose avec lui, alors qu’Atar Güll - que j’ai adoré faire avec lui – n’était pas terminé. Graphiquement, une tuerie. Sortie fin juin ou fin août – début septembre 2013.

Et Silas Corey avec Pierre Alary pour Glénat ?

Là, il s’agit d’un détective français, un peu une fripouille. Détective, espion, tueur, héros ou escroc ? Tout dépend de son employeur. Un personnage qui permet de faire du thriller politique mais fun, en 1917, donc pendant la première guerre mondiale. Ce n’est pas un détective à la Poirot mais plutôt à l’américaine, un peu cynique. Un associé vietnamien, cocasse aussi, l’aide dans un contexte de luttes de pouvoir entre Clémenceau et le gouvernement Caillaux, les réseaux d’espionnage, Marthe Richer. C’est une manière très ludique d’aborder le polar historique. Avec Pierre Alary au dessin et Bruno Garcia aux couleurs, je suis gâté. Il y a des pigeons voyageurs, des messages codés, des attentats, et bien sûr une enquête. Il y a quelque chose de ludique dans le récit malgré les circonstances tragiques. À la fin du premier tome, vous devriez avoir envie de lire vite le second. On a donc « retenu » le premier pour que les sorties soient rapprochées, c’est-à-dire début janvier et début mars 2013. Un diptyque en deux albums denses de 62 pages.
Les lecteurs de l’interview noteront le goût de l’auteur pour le genre policier, sous différentes déclinaisons (sourire). Ces deux projets me plaisent beaucoup car il s’agit de créer des personnages, et c’est sympa. Dernièrement, j’ai écrit des histoires avec des personnages réels, et là, c’est une approche différente, qui me permet de me renouveler.

Fils du soleil avec Eric Henninot pour Dargaud ?

La sortie sera plutôt en 2014 pour ce one shot d’aventure, librement adapté de nouvelles de jack London, avec des trafiquants de coprah et de perles dans les îles Salomon aux alentours de 1900. Il fait chaud, ça fleure bon les embruns dans ce récit spectaculaire en un album de 75 pages et deux parties qui est un peu du London rendant hommage au Stevenson du Creux de la vague. En BD, il y avait René Sterne avec Adler qui explorait ce côté « aventures insulaires ». Il y a aussi un aspect ancêtre de Bernard Prince que j’aimerais bien retrouver.

La fin de L'or et le sang ?

Le quatrième sera le dernier pour cette série qui me tient à cœur. Même si les personnages pourront vivre autre chose par la suite.

D'autres projets ?

Oui, un projet avec Thierry Robin pour Dargaud. Nous avons pris beaucoup de plaisir à faire La mort de Staline, qui a bien marché, et donc nous faisons ensemble Mort au tsar. Russie 1905, les Romanov, il est question d’un gouverneur général de Moscou et de son sort peu enviable. Un diptyque, avec deux visions différentes d’un attentat et de ses conséquences : Tome 1 Le gouverneur, Tome 2 Le terroriste.

À quand un récit de Science-Fiction ?

Je ne sais pas faire. J’ai peut-être le défaut d’être trop tourné vers le passé. Et je préfère aller là où mes envies de gosses m’emmenaient. J’ai adoré certains romans de SF comme ceux d’Asimov ou Hyperion de Dan Simmons. Il me faudrait dix ans d’immersion dans le genre pour espérer faire quelque chose de valable et j’ai encore tellement de plaisir à faire du polar, de l’espionnage, de la guerre, de l’aventure, du western… J’aimerais d’ailleurs faire un western, un vrai.

Entretien réalisé à St Malo pendant le festival Quai des bulles le 27 octobre 2012
Propos recueillis par L. Cirade et L. Gianati

Information sur l'album

Il était une fois en France
6. La Terre Promise

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