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Destins croisés

Entretien avec Hélène Georges

Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade Interview 01/03/2012 à 09:10 3341 visiteurs
Une perte d'équilibre quand le regard se pose dans le vide, un étourdissement ou le malaise qui survient après la prise de substances illicites... Le mot "vertige" évoque, suivant les situations, des notions contradictoires. Vertige est aussi une actrice célèbre, sauvée in extremis de la noyade, après une trop forte consommation de drogue. C'est enfin le sentiment du lecteur qui découvre ce portrait de femmes, et qui se laisse entraîner dans une histoire plus complexe qu'il ne paraît, entre rêves et réalité. Rencontre avec l'une des deux auteures, Hélène Georges.

Vous avez été coloriste sur un album de Lisa Mandel (Eddy Milveux, 2 tomes Ed.Milan). Vertige est une nouvelle étape dans votre collaboration ?

On s’est rencontrées aux Arts Déco à Strasbourg, puis on a déménagé à Marseille comme beaucoup de monde à l’époque. On a un atelier collectif là-bas et on s’est dit que ça serait chouette de travailler ensemble. On a commencé à chercher des idées… Au début, on voulait écrire à quatre mains, Lisa souhaitant une histoire qui se rapproche de mon univers. C’est un peu un récit sur mesure.

Après Les Rêveries d’Hélène Georges chez Michel Lagarde, vous restez dans le domaine onirique…

Oui, il y a aussi un jeu entre la réalité et la fiction qui s’entrecroisent et un piège qui se referme peu à peu sur le personnage. Mais on retrouve certains éléments des Rêveries dans le sens où Lisa s’est aussi inspirée de mon univers pour écrire cette histoire. La forêt, les filles, les animaux sont des choses qui me touchent et sur lesquelles on se retrouve avec Lisa. L’idée était vraiment de faire un livre où l’on se croise toutes les deux.

Le mot « Vertige » évoque beaucoup de choses, celui de l’acrobate devant le vide à celui ressenti par la star hollywoodienne après sa consommation de drogue…

C’est aussi le prénom de l’héroïne, mais également celui de l’histoire qui se répète…

N'est-ce pas une façon de se demander si on échapper finalement à son destin, à ses fantômes ?

Elle a un peu de mal. Elle essaye de se débattre mais elle est finalement rattrapée à la fin. Peut-être réussira-t-elle un jour à briser ce cercle…

Existe-t-il une alternative à "vivre libre et seule" ou "enchaînée et (mal) accompagnée" ?

(rire) Ça fait partie des rebondissements de l’aventure et de la narration de Lisa qui a forcé ce trait-là. Et oui… Les stars sont seules, c’est épouvantable. (sourire)

La narration nous mène par le bout du nez, le fin mot de l’histoire n’étant révélé qu’en fin de lecture…

J’ai travaillé pendant deux ans sur cet album et je connaissais donc l’astuce depuis le début. Trouver le juste milieu entre en dire trop ou pas assez a été difficile. On voulait créer cette ambiance particulière où une réalité bascule dans une autre par l’intermédiaire de ce personnage-fantôme qui passe à travers les murs.

Pour vous, ce format de 120 pages est plutôt une aisance ou une contrainte ?

Je trouve ça chouette car en 120 pages, on peut vraiment raconter beaucoup de choses. C’est quelque chose qui a demandé pas mal d’endurance et je suis contente d’avoir réussi, d’être arrivée au bout.

La composition est aussi particulière du fait de pleines pages qui installent par moment des respirations différentes...

J’aime bien faire des grandes images qui car elles me font penser au cinéma, sans compter que je suis habituée aux albums « jeunesse ». C’est une forme de narration qui me plaît, un peu comme dans Max et les Maximonstres. Elles permettent de ponctuer le récit et de donner un rythme de lecture.

Pourquoi avoir choisi des lieux comme l’Amérique du Sud ou les États-Unis ?

J’ai effectué plusieurs voyages dans la forêt en Amérique du Sud et le thème de la jungle m’intéressait dès le début du projet. La jungle fait beaucoup marcher l’imagination. Beaucoup de choses sont cachées derrière les arbres, chacun y mettant ses propres angoisses. Les États-Unis, c’est surtout pour le cinéma, les stars à l’américaine. En ce qui concerne l'opposition entre les deux Amériques telles qu'elles sont montrées dans l'album, l’objectif n'était pas du tout de montrer ou de dénoncer quoi que ce soit au sujet de la condition féminine.

Il y a un clin d’œil à Twin Peaks, avec certains éléments du décor et les paroles de la chanson de Julee Cruise…

J’aime beaucoup le cinéma de Lynch et ses personnages ont aussi influencé mon dessin. Dans ma tête, j’aimais beaucoup le principe de la BD qui raconte une histoire et celle qui raconte un film. Je trouvais ce décalage amusant. J’ai représenté aussi Nadine, celle qui veut changer les rideaux dans Twin Peaks, avec un œil de pirate. J’ai également mis Laura Palmer mais on ne la reconnaît pas très bien (sourire).

Comment avez-vous travaillé sur les ambiances chromatiques ?

Comme le récit contient deux histoires, j’ai souhaité deux ambiances différentes, l’une à dominante rouge, l’autre bleue. Quand je travaille sur les couleurs, j’essaie de ne pas trop en mettre. J’ai beaucoup travaillé en sérigraphie aux Arts Déco. J’essaie donc de ne pas utiliser plus de trois couleurs. Et si j’en mets quatre, il y en a deux superposées. Je voulais garder une certaine unité, d’autant que le récit contient déjà beaucoup de scènes et d’ambiances différentes.

À l'avenir, reviendrez-vous à l’écriture d’albums « Jeunesse » ?

Je travaille actuellement sur un album jeunesse qui devrait sortir en octobre chez Rouergue. Il y a également une série B pour enfants, quelque chose d’un peu gore avec des crocodiles ouverts en deux. Mais j’ai bien envie de reprendre la BD.
Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade

Information sur l'album

Vertige

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