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[Quai des Bulles] Milmo

Entretien avec Laurent Ribet

BDGest' (ns) News 05/11/2005 à 19:30 2289 visiteurs
A l'occasion de la sortie du T2 de Milmo : Le miroir de pierre, nous avons rencontré Laurent Ribet. Entretien avec un dessinateur qui sait ce qu'il veut.

BDGest' : Dans le genre compliqué, votre album est un modèle : on joue avec les repères spatio-temporels, avec les apparences des personnages...

Laurent Ribet : C'est quelque chose qu'on avait un peu ambitionné au départ avec le scénariste. On voulait faire un abum qui embarque le lecteur de par son rythme, son storyboard, son découpage... Et puis qu'à la fin le lecteur se dise "ooooh c'est très bien fait, mais je n'ai pas tout compris", décide de reprendre le fil de l'histoire et y réfléchisse.

BDG : Comment vous répartissez-vous le travail ?

LR : Sur le t1, Manuguerra est scénariste, et dans le t2 nous nous y sommes collés ensemble. Il m'a proposé une histoire construite, même si tout n'était pas écrit. Mais le concept est de lui. Ensuite, sur le t2 et le t3 on va développer ce concept, et la direction est choisie ensemble, donc à partir de ce moment là on est co-scénaristes. J'écris une partie des dialogues et des scènes des tomes 2 et 3, mais le premier est complètement de lui.
Lorsqu'il m'a présenté l'histoire, l'argumentaire était que le héros, à la différence de Gaston Lagaffe ou d'Astérix qui sont toujours identiques, passerait de 10 à 90 ans en un seul album. Un espèce de mini tour de force. L'idée c'était de montrer un personnage sur plusieurs périodes de sa vie dans un même album, sans passer par de longs récitatifs très littéraires.
Ce n'est pas une BD où on prend le temps, c'est une espèce de course-poursuite où finalement le héros n'arrive plus à vivre sa vie tellement elle passe vite. Ca m'a un peu frustré d'ailleurs, et pour mes prochains projets j'aimerais prendre mon temps, m'arrêter pendant une ou deux pages sur un petit moment ...

BDG : Quelques mois après la sortie du t1, vous aviez proposé sur les forums de BDGest' une opération de vente d'albums dédicacés

LR : Oui, d'ailleurs nous allons recommencer pour le t2... C'est une idée d'Akiléos. Je pensais que ça ne marcherait pas, mais en fait si... Moi j'ai trouvé ça plutôt sympa, ça a permis des manifestations de soutien de la part de lecteurs qui étaient contents d'avoir une dédicace alors qu'ils sont dans des régions où ils en ont rarement. Bon, bien sûr, il manque le plaisir de voir la dédicace se faire, on n'a pas le plaisir de la discussion, et on a parfois de mauvaises surprises parce que le transport ne se passe pas toujours très bien. Enfin, moi ça m'a bien plu, ça ne me prend pas énormément de temps, c'est agréable ...

BDG : L'avenir, pour toi, c'est quoi actuellement ?

LR : Eh bien c'est un troisième et dernier tome de Milmo, dont on a déjà 6 planches. Ca a été plus facile au niveau du scénario puisqu'on sait très bien où on va, et du coup ça me permet d'expérimenter des choses sur le dessin, puisqu'étant totalement autodidacte j'apprends en faisant. On est aussi en train de réfléchir à ce qu'on va faire plus tard. J'ai pris deux mois sans dessiner, des vacances, pour réfléchir. Un dessinateur est souvent reconnu pour sa production et pas pour ce qu'il est capable de faire. Tout le monde s'attend à me voir faire de l'héroic fantasy, et ça pose un questionnement. Est-ce que je suis dessinateur de BD ou d'heroic fantasy ?
D'un autre côté, je n'ai sorti que deux albums, et je me pose des questions que nos glorieux anciens ne se posaient pas : ils faisaient une série ! M. Tibet, qui est plus que respectable, a fait 77 Ric Hochet!

BDG : On pourrait dire "autres temps, autres moeurs".

LR : Ah oui complètement ! Il se trouve que j'ai fait de l'HF par hasard, on m'a proposé ça chez mon éditeur alors que moi j'arrivais avec un projet de polar d'anticipation, très mal ficelé d'ailleurs. Je me suis investi dans le projet, ça m'a plu et je suis heureux de l'avoir fait. Maintenant, si je regarde mes cartons à dessin, il n'y a pas d'heroic fantasy.

BDG : Et ces projets seraient en solo ou toujours avec un scénariste ?

LR : Porter tout seul un album, c'est encore trop pour moi. J'ai des projets que je ne peux faire que tout seul, mais je ne suis pas encore prêt. J'ai besoin de travailler avec un retour. La collaboration qu'on a avec Hervé est très enrichissante, mais c'est surtout la diversité qui est enrichissante, et j'aimerais travailler avec d'autres gens. Un album, c'est énormément de questionnements : une idée qui semble bonne le lundi peut vous sembler mauvaise le mardi. S'il y a quelqu'un avec vous, le mercredi, il donnera son avis, et dira peut-être que l'idée est bonne finalement. Alors que si on est seul, l'idée est et restera mauvaise.

BDG : Qu'est ce qu'on peut te souhaiter ?

LR : Ce qu'on peut me souhaiter ? C'est de garder l'envie ; ça c'est important, parce que sur un premier album elle est là, sur un deuxième on a envie de confirmer, de pouvoir se dire "non ce n'était pas juste un rêve de gosse"... on peut me souhaiter aussi de bien conclure la série, et de repartir sur un autre projet avec autant d'envie.
On est un peu comme des gamins qui continuent à jouer aux cow boys et aux indiens, mais en professionnels. Il y a de la technique, mais fondamentalement on continue à se raconter des histoires, et c'est ça le principal. Il faut rencontrer quelqu'un qui vous raconte une histoire qui vous fasse dire "oh, ça ne va pas être facile, mais j'ai envie de dessiner ça". Ce sont les défis qui nous font avancer : j'espère que le tome 2 sera meilleur que le tome 1, et le tome 3 encore mieux, et le prochain projet toujours meilleur ...
BDGest' (ns)