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Linked: des ténèbres éclatants

Esteban/Nau et Llovet

Alexandra.S. Choux Interview 17/02/2010 à 07:55 2975 visiteurs

Quand Harry Potter rencontre Requiem For A Dream...

L'Institut Noé n'est pas un établissement comme les autres. Créé pour endiguer la délinquance et le crime en augmentation constante, il accueille des adolescents en difficulté en vue de leur réinsertion.

C'est en tout cas ce qu'on dit à Charlotte, une jeune fille amnésique qui vient juste de sortir du coma. A son arrivée à l'institut, elle découvre un lieu clos, coupé du monde, et se rend vite compte que des crimes abjects y sont commis en toute impunité. Charlotte devra découvrir qui elle est, pourquoi elle est là, et surtout... Où et quand elle se trouve !

La couv est superbe, un vrai paradoxe esthétique. Mucha le maître qui symbolisait, entre autre, le raffinement et l’insouciance de la Belle Epoque et dès le début de l’histoire, on tombe en enfer. Le décalage était voulu ?

Maria LLOVET About the cover: 
I like a lot Art Nouveau in general and Mucha in particular, but was no reference to him specifically. The cover shows a contrast between the sweetness of the figure and colours and the unusual motives of the decoration on her (nails, bulbs, band-aids). That reflects what is Linked on the inside too, a crash of contrasts where nothing is what it seems to be on the surface.

Bien qu’aimant beaucoup l’Art nouveau, et Mucha en particulier, je ne l’avait pas spécifiquement en tête au moment de la couverture. Le contraste entre la douceur du trait et des couleurs avec les motifs ornant Charlotte (clous, lampes électriques, bandages) reflète LINKED dans le sens où rien n’est ce qu’il y paraît vraiment, il ne faut pas se fier à ce que l’on voit en surface, l’intérieur peu fortement contraster avec l’extérieur.

Même interrogation vis-à-vis du N&B, il s’agit dépurer une histoire sombre ou bien de la durcir d’avantage ?

Esteban MATHIEU : Quand les humanoïdes associés nous on fait collaborer Michael Nau et moi sur un projet de Global Manga il est vrai que nous avons vu là une bonne occasion de mettre à profit ce support d’expression en Noir et blanc. Et le noir et blanc à cela d’intéressant qu’il permet un grand contraste entre le monde et le personnage, nous avons essayé de jouer avec ça en mettant les personnages dans la lumière, enfin si elle arrive à filtrer dans l’institut Noé... Nous voulions présenter un monde dur et sombre ou l’apparence tiens une grande place, enfin un monde pas si différent de celui qu’on connait. Mais ça ne veut pas dire pour autant que les personnages présents dans Linked soient moins sombre intérieurement que le décor… 


Michaël NAU : Comme le précise Esteban, nous étions à la base dans une collection Global Manga et donc le N&B s’imposait. Maintenant, bien que cela puisse parfois paraître manichéen, cela génère aussi un contraste intéressant entre noirceur et légèreté, ce qui se prête plutôt bien à Linked. Si certaines pages apparaissent très sombres, par exemple l’isolement de Charlotte, d’autres sont plus éthérée comme ces décors de statue ou le vol d’un oiseau.
Ces changements de ton auraient certainement été beaucoup plus difficiles en couleur mais, je l’espère, servent grandement l’histoire. 


Comment s’est déroulé ce travail à « six » mains ?

Maria LLOVET About the process: 
When I received the scripts from Esteban and Michaël I tried to adapt them to my drawing and narrative style. I like to include things from my own imaginary to the stories, and with Linked I did whatever I wanted at every moment; they let me add a little scene where Charlotte cuts Alice’s hair, besides many stylist thing and narrative turns that I felt like drawing in any specific moments. It was great to work with so much freedom. 
Sometimes I wondered what Michaël and Esteban would think about certain pages, with quite bizarre things never mentioned on the scripts (like the Watchers designs, to point at something), but they never complaint so I guess it was not that bad. :)
Pour ce qui est du processus créatif, lorsque je recevais les scripts, j’essayais de les adapter à mon trait et à ma narration. Dans toutes mes histoires, j’aime inclure des morceaux de mon propre imaginaire et, avec LINKED, j’étais vraiment très libre. Ils m’ont laissé ajouter cette scène où Charlotte coupe les cheveux d’Alice ainsi que beaucoup d’éléments stylistiques ou narratifs ici et là. C’était vraiment agréable d’avoir autant de liberté de travail. Parfois, je me demandais ce qu’allait être leur réaction sur certaines pages, notamment pour des éléments qui n’étaient pas mentionnés dans le script (comme le design des Gardien par exemple) mais comme ils ne sont pas plain, cela devait pas être si mal. :)

Esteban MATHIEU: Oh tout simplement, nous avons fonctionné comme pour Alter notre premier album avec Michael Nau et moi au scénario. Nous nous sommes mis d’accord sur la trame principal puis nous nous sommes reparti les chapitres. Quand Maria LLovet recevait les planches, elle nous donnait alors son avis et ses idées. Le processus à toujours était démocratique… Enfin je crois… Enfin démocratique avec moi quoi… 


Michaël NAU : Je n’ai pas grand-chose de plus à ajouter. Pour l’anecdote, on pourrait dire que Linked ne s’est pas toujours écrit facilement. Bien que chacun responsables de nos chapitres, nous nous parlions régulièrement et l’écriture de chaque chapitre se déroulait très étrangement.
Linked étant surtout basé sur les interrelations des personnages, nous voulions garder l’histoire en elle-même le plus simple possible. Nous voulions que l’action passe par l’émotion essentiellement. Du coup, quasiment à chaque début de chapitre, nous nous demandions comment nous allions pouvoir faire 30 pages. Puis, une à la tâche, la question s’inversait et nous nous demandions comment nous allions pouvoir tout dire en 30 pages.
C’était très étonnant. 


L’institut Noé se trouve coincé d’un côté entre Choderlos de Laclos et de l’autre A. Brugesse. Vous en avez conscience ?

Esteban MATHIEU : En effet ce monde est entre la séduction et la perversion que l’on retrouve évidement chez Choderlos de Laclos ou allez soyons fou citons le, le marquis de Sade et le drame psychologique d’Anthony Burgesse dans L’Orange Mécanique si vous faisiez référence à cet ouvrage. Nous avons en fait surtout cherché à raconter une histoire montrant la montée de la violence, le danger d’une société où l’on n’est plus libre, ou plutôt ou l’on tombe dans l’adage romain du pain et des jeux. Le fait de montrer l’institut Noé comme un recyclage des individus marginaux avait aussi pour but de montrer une société ou en fin de compte il est impossible d’être contre le système, tout est tourné vers le fonctionnement de cette société et tout a été prévu pour qu’elle fonctionne. Tout en s’adressant à un lectorat que l’on imaginait plutôt féminin. Sade avait ecrit sur la premiere page de son ouvrage la philosophie dans le boudoire « Les méres en préscriront la lecture à leurs filles », on ira pas jusque là mais nous avons pris le risque d’écrire pour les femmes qui comme vous le savez ne sont pas la grande majorité des lecteurs de BD… Mais je suis déjà en train d’aborder un autre sujet… 


Michaël NAU : Les Liaisons dangereuses et Orange Mécanique étaient évidemment présents dans nos esprits lors de l’écriture et je pense que les personnages des jumeaux en ont énormément profité.
En dehors de cela, il faut comprendre que l’institut Noé constitue les limites de leur monde. Hors prenez un groupe d’individus, de jeunes adultes, et isolez les avec la certitude que leurs actions ne seront jamais vus par personne d’autre et vous aurez certainement un bel enfer en très peu de temps, avec tous les excès possibles.
Pour citer Very Bad Trip « tout ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas » et l’on voit bien les excès auxquels les protagonistes se sont laissés aller. 


Ne craignez-vous pas d’ailleurs que l’on vous juge pour cette filiation de goth mâtiné de manga ?

Esteban MATHIEU : Si j’avais peur d’être jugé je crois que je n’écrirais pas en fait, et que je sortirais pas de chez moi non plus d’ailleurs… Et dans l’optique de faire du Manga à la française et à l’espagnol, bref du global Manga on ne prendra pas mal que l’on classe Linked dans cette case… 


Michaël NAU : Effectivement, nous étions quand même censés nous trouver dans une collection manga donc, être jugé pour avoir fait du manga n’est pas bien grave. Et puis, le terme manga en lui-même n’est pas péjoratif. Pas plus que Franco-belge ou Comics. Pour ce qui est du gothique, Maria était totalement libre sur les choix esthétiques des vêtements ou des décors. Et c’est vrai qu’un observateur inattentif, feuilletant rapidement les pages de Linked pourrait se dire qu’il s’agit d’une petite amourette emo où tout le monde dit u’il est sombre et incompris. Mais, l’avis d’une personne n’ayant que rapidement feuilleté l’ouvrage sans prendre le temps de le lire ne nous touche pas trop.
Nous avions vu cela une fois sur ALTER, où une personne n’ayant pas aimé l’ouvrage s’était quand même permise de préciser qu’elle ne l’avait pas lu en entier. Ce n’est pas pour ce genre de personnes que nous écrivons. 


Les personnages interagissent les uns envers les autres comme si, par leur essence même, ils créaient leur histoire…

Esteban MATHIEU : Nous voulions faire une histoire tournant essentiellement autour des personnages et au vu de votre question l’objectif semble atteins. Qui plus est nous voulions un véritable jeu de lien entre les personnages, jeu qui ferait dérouler l’histoire au grés de développement ou de leur changement. Des personnages liés par des liens aussi divers que varié mais lié pour un but bien précis que seule Charlotte connait. Mais ça c’est pour le Tome 2 et dernier Tome de Linked si on nous permet de l’écrire… 


Michaël NAU : Oui, et la dernière page montre déjà que ce n’est pas un hasard. Elle permet aussi de montrer Charlotte sous un nouveau jour. Et ; en effet, Linked est une histoire de personnages avant tout.
Je rejoins Esteban sur le fait que le Tome 2 promet de belles révélations. Malheureusement, il ne paraîtra que si assez personnes décident d’acheter le premier. Cela dit, pour avoir vu (et for cément lu) le premier chapitre, je peux vous dire que cela commence très fort. Très, très fort. 



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Alexandra.S. Choux

Information sur l'album

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