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Rencontre sur le chemin de Marie Moinard

En chemin, elle rencontre... aux éditions Des Ronds dans l'O

Laurent Gianati Interview 28/09/2009 à 15:41 1950 visiteurs
Avec le soutien d'Amnesty International, l'ouvrage rassemble quelques grands noms de la bande dessinée pour traiter d'un sujet sensible et malheureusement toujours d'actualité : la violence faite aux femmes.

Comment est né le projet d’ «En chemin, elle rencontre… » ?

J'ai fait le constat insupportable que les choses devenaient de plus en plus difficile pour les femmes au lieu d'évoluer de façon positive comme ça aurait dû être et qu'on en parlait de moins en moins sauf au moment du 8 mars ! Comment accepter que des jeunes filles en milieu scolaire vivent dans l'angoisse permanente n'allant d'un point à un autre que si elles sont au minimum 2, que des jeunes femmes puissent être atteintes dans leur intégrité physique sans aucune autre raison que celle de maintenir une oppression machiste (mutilations sexuelles génitales), que pour certaines selon l'endroit du monde où elles vivent elles sont tuées à la naissance au profit des garçons (Inde - Chine ), qu'elles sont illettrées à 86% en Afghanistan car elles ont l'interdiction d'aller à l'école et que si elles s'y rendent, elles se font vitrioler, que le code de la famille en Algérie a prodigieusement fait régresser les droits des femmes - écoutez cette chanson fabuleuse du collectif : 20 ans de Barakat et puis parce que 4000 femmes sont violées en France par mois. Je pense aux pères de petites filles, il faut intervenir avant qu'elles n'en soient victimes.

Je ne crois pas qu'on puisse vivre normalement et ignorer un tel fléau, à un moment il faut cesser le déni, accepter la réalité, prendre ses responsabilités et agir. En tant que femme je pense aussi qu'il était temps de parler de soi-même sans l'approbation d'un homme ou sans qu'un homme parle à notre place. C'est comme ça que le collectif est né et qu'il est piloté et édité par une femme. Maintenant c'est un travail collectif parce qu'on n'aura jamais de monde plus joli que lorsque les femmes et les hommes sont ensemble. C'est le but.

Pourquoi avoir pris part à l’écriture de scénario de l’album ? Est-ce une première pour vous ?

Parce que j'ai travaillé en immersion totale dans le sujet et que je ne pouvais pas décemment demander aux auteurs participant de refaire ce travail d'investigation. En plus de la notion de respect de ce qui est acceptable ou non de demander à un auteur, je savais aussi ce que je voulais dans ce livre, vers où et comment y aller. Il y a un aspect plaisir d'emmener le lecteur avec soi vers l'endroit désiré - en l'occurrence la description d'une condition humaine - et quand on écrit dans la presse BD, qu'on écrit des documents de fond et qu'on édite de la bande dessinée, il est difficile de ne pas s'impliquer dans l'écriture soi-même dans un tel projet.

Réaliser un collectif, est-ce facile à gérer pour une petite maison d’édition ?

Je dirais même que ça pourrait sembler improbable à réaliser mais l'évidence fait mentir et j'ai (à part quelques exceptions près dont je tairais les comportements en public) eu des attitudes solidaires autour de moi qui m'ont profondément aidée à réaliser ce livre. Donc, pour préserver la magie, je dirai juste que ce livre montre ce qu'un groupe peut faire avec de la conviction même quand on est une petite maison d'édition et avec de grands auteurs.

Quelles sont vos attentes d’un tel ouvrage ? Quelles ont été les premières réactions des lecteurs ?

J'en attends que les choses avancent. Trop ambitieux ? Non, après avoir rencontré quelques lecteurs et des associatifs, j'ai compris qu'on a déjà avancé un peu. Le livre qui permet de parler aux jeunes dont on attend qu'ils prennent le monde en main, les informe des situations. Ensuite, j'espère qu'ils vont tenter de faire cesser ces maltraitances, qu'ils ne vont pas supporter l'idée qu'on tue ou qu'on viole leurs soeurs par exemple. Au festival de Darnétal, un jeune papa - Alexandre - a tout à coup eu la chair de poule et a pali quand je lui ai évoqué sa petite fille.... Voilà ce que j'espère. Que les jeunes hommes et les pères se révoltent et n'acceptent plus ces souffrances, ne les ignorent plus. Il y a des limites à tout. J'espère que les femmes qui n'ont pas encore pu réagir vont comprendre qu'elles ne sont pas isolées et qu'il faut oser. Une femme a fait une intervention après avoir lu ce livre sur le site de sceneario.com, elle dit précisément qu'elle en a réchappé mais qu'elle pense aux autres et elle remercie l'équipe du livre de l'avoir fait.

Les réactions, dans l'ensemble, quand elles sont vraiment objectives et qu'elles cernent le fond, sont très positives. En moins de 15 jours après la sortie du livre, j'ai été contactée par de nombreux responsables - y compris politiques - dans le but de voir ensemble comment travailler autour du livre. Dès le 25 novembre, il va y avoir de nombreuses expositions dans plusieurs endroits de France, des profs et des travailleurs sociaux m'ont demandé le livre. Ils vont encadrer les élèves pour un travail autour du livre. Après cette analyse, comment les jeunes pourraient ne pas changer ne serait-ce qu'un peu leur comportement ? J'en attends une vraie réaction constructive autour de la condition humaine parce que, quand on porte atteinte aussi gravement à une partie de la population on ne se respecte pas soi-même, qu'on soit un homme ou une femme. Évidemment il faut faire la démarche d'acheter le livre pour pouvoir le lire, de l'offrir, de le laisser traîner sur la table à la maison, de le déposer chez les médecins dans les salles d'attente, à l'hôpital, partout où les gens doivent attendre pour une raison ou pour une autre et aient un peu de temps ...
Laurent Gianati