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Peur sur la ville...

Serge Fino croque l'étrangleur de Boston

Alexandra.S. Choux Interview 02/07/2009 à 23:34 6080 visiteurs
Au milieu des années 60, une vague de crimes secoue la ville de Boston. Treize femmes sont assassinées dans des circontances qui laissent entendre qu’il s’agit de l’oeuvre d’un maniaque sexuel. Toutes sont retrouvées à leurs domicile, étranglées et violées. L’affaire macabre est entre les mains de la police qui mène l’enquête et interroge tous les hommes suspectés de comportements sexuels anormaux. Ce n’est qu’après de nombreux assassinat qu’elle parvient à mettre la main sur l’auteur des crimes, un père de famille apparemment honnête et normal, un plombier du nom d’Albert De Salvo. Souffrant d’un dédoublement sérieux de personnalité, il est interné dans un hôpital psychiatrique. Les examens et les interrogatoires auxquels le soumet le directeur de l’enquête prouvent qu’il s’agit d’un cas avancé de schizophrénie.
INSPIRÉ DU FILM RÉALISÉ PAR RICHARD FLEISCHER, L’ÉTRANGLEUR DE BOSTON AVEC, DANS LE RÔLE PRINCIPAL, TONY CURTIS, EN 1968.


Pourquoi l’étrangleur de Boston plus qu’un autre serial killer ? C’est sa skyzophrénie qui vous intéressait ?

Serge Fino: Pour être tout à fait honnête, je n’ai rien choisi du tout. Lorsque Jean Luc Istin, directeur de la collection, m’a proposé le projet, le sujet était déjà choisi depuis longtemps. Ceci dit, le cas d’Albert DeSalvo peut être intéressant par certains côtés, notamment pour sa schizophrénie. Nous avons pris son histoire relativement tard dans la chronologie puisque l’album débute avec son premier meurtre, mais son enfance est assez édifiante, et même si on ne peut pas excuser le personnage et ses agissements, loin de là, ce que lui et sa sœur ont subi durant leur enfance de la part de leur père peuvent expliquer en partie sa schizophrénie.


Est-ce un phénomène de mode selon vous que des auteurs (écrivains ou cinéastes) scénarisent ?

Lorsque Bilal, Tronchet ou Lauzier adaptent leurs histoires au cinéma, ça n’a rien à voir avec la mode. C’est juste que les deux domaines, le cinéma et la bande dessinée, sont des cousins proches. Lorsque Eric Summer et Adeline Blondieau adaptent Angeline en BD, alors qu’au départ, l’histoire était prévue pour le grand écran (elle l’est toujours), c’est parce que c’est une autre façon de raconter. La bande dessinée, c’est du cinéma sur papier. Il est donc tout à fait normal et logique qu’à un moment, les metteurs en scène de cinéma ou de télévision s’essaient à cet exercice qui est, comme le soulignait élie Chouraqui, un mélange du travail de cinéaste et d’écrivain.

C’est d’autant plus vrai et d’autant moins choquant quand on sait que les gens qui travaillent pour le petit ou le grand écran, connaissent les codes de narration sur e bout des doigts. Ils ont assimilés depuis longtemps les fondamentaux et les mécanismes de la mise en scène de façon parfaite, même si, à l’arrivée, c’est nous, dessinateurs, qui devons rester maîtres en la matière. Je pense, à l’inverse que quelques scénaristes de BD ou dessinateurs ignorent une grande partie de ces règles.

Que Elie Chouraqui, Eric Summer, Adeline Blondieau, Claude Lelouch, Georges Lautner, Robert Guédiguian ou d’autres viennent aujourd’hui écrire des histoires pour la BD, me semble logique. Je trouve même ça plutôt rassurant et le fait qu’ils fassent partie de la famille ferait plutôt du bien à la profession et la crédibiliserait plutôt. Il ne serait venu à l’idée de personne, par exemple, de critiquer le fait que Marcel Pagnol passe de la littérature au cinéma ou vice-versa.

Un metteur en scène/cinéaste est plus ou moins difficile qu’un scénariste de Bd
?


La réponse à cette question se trouve un peu dans la réponse à la précédente. Travailler avec un metteur en scène de cinéma, comme Elie Chouraqui, ou de télévision, comme Eric Summer (et j’ai eu la chance de travailler avec les deux) est enrichissant à tous les niveaux. Il faut juste arriver à leur faire comprendre quelquefois, qu’en bande dessinée, il est difficile de faire passer des informations pleines de finesse. Un mouvement de sourcil ou un jeu de regard, qui passeront sans problème sur un écran et avec 24 images secondes à disposition, auront du mal à restituer l’intention en BD. J’aurais du mal à dire par contre s’il est plus difficile ou moins difficile de travailler avec un cinéaste plutôt qu’avec un scénariste de BD classique. Il est impossible de faire une généralité avec des cas particuliers. Chacun a sa manière de fonctionner, possède sa façon de travailler.

Comment travaillez-vous ensemble ?

Sur « l’étrangleur de Boston », nous avons travaillé avec Elie de façon très classique. Il me fournissait un découpage planche par planche de l’histoire avec la description de chaque case et les dialogues correspondants. La majorité des scénaristes de BD travaillent de cette façon. Lorsque j’avais un souci de compréhension, il me suffisait de lui passer un coup de fil et le problème était résolu. Même le fait qu’il soit en repérage puis en tournage à l’époque ( « celle que j’aime » avec Gérad Darmon, Barbara Schulz et marc Lavoine) n’a pas trop gêné le bon déroulement de notre collaboration.

Si vous deviez faire découvrir la bande dessinée à un ami, laquelle lui offririez- vous ? Pourquoi ?

C’est une question difficile. Il ya tant de bons albums, mais je pense que je choisirai tout de même « Astérix en Corse », parce que c’est un album où il y a tout, des personnages attachants, drôles et émouvants, des répliques et des dialogues percutants qui font mouche à chaque fois, un dessin extraordinaire, une histoire ficelée à la perfection, des décors, des clins d’œil. C’est un album plus réaliste que beaucoup d’albums. Sinon, il y aurait aussi un Will Eisner, je choisirai « un bail avec dieu » par exemple, parce que Eisner était un artiste immense et sa façon de raconter était tout simplement époustouflante. Si j’avais un troisième choix, je choisirai Rahan, parce que André Chéret est aussi un artiste incomparable et qu’il savait toucher le plus grand nombre tout en ayant une mise en page novatrice, des angles audacieux et une mise en scène fabuleuse. Mon père, par exemple, qui était véritablement un lecteur plus que lambda, et de qui les bouquins tombaient des mains, « dévorait » littéralement les histoires du Fils des âges farouches.
Alexandra.S. Choux