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Un Djebel nommé amour

La guerre d'Algérie de Jacques Ferrandez

BDGest' (A.S.Choux) News 20/10/2005 à 12:05 1687 visiteurs
Si le premier cycle des Carnets d'Orient nous entraînait, à la suite du peintre Joseph Constant et de ses carnets, dans l'Algérie des premiers colons jusqu'aux prémices du conflit (1954), le second cycle, contemporain donc, nous retrace la Guerre d'Algérie.
Le troisième opus ( La fille du Djebel Amour) marque les retrouvailles avec Samia et Octave, en proie à la lutte clandestine et au doute. Le sujet est grave mais traité avec finesse et les couleurs des aquarelles de Jacques Ferrandez cisèlent ce récit haletant.

Comment travaillez-vous les couleurs?

Depuis le début des Carnets d'Orient je travaille avec un système de fausses couleurs directes. C'est à dire que je dessine mes originaux en N&B sur lesquels je fais tous mes nettoyages, mes retouches, mes rustines etc.. puis ce sont sur des copies de ces N&B que je fais mes couleurs, de façon à ce que l'on ne puisse pas voir les retouches.
Je retravaille mes N&B à l'écran que je sors ensuite en copie imprimante, ce qui me permet de les "bricoler".
Généralement, mon fond est une grande feuille aquarelle et, c'est par dessus que je recolle mes vignettes.

Qu'est ce qui vous attire dans le désert et son immensité?

A dire vrai, le désert, je ne le connais pas très bien. Bien qu'ayant voyagé dans pas mal de pays du Maghreb, je n'ai jamais expérimenté la solitude du désert et son espace immense. Je l'ai approché à la frange, dans le grand Sud Tunisien, ou dans certains espaces de Syrie. Mais en réalité, c'était, plutôt pour moi une manière de sortir d'Alger, et du tome précédent, qui se déroulait essentiellement à la Casbah. La Casbah est un espace confiné et oppressant, la bataille d'Alger s'y est déroulée dans l'album Rue de la bombe , et j'avais envie d'emmener mes personnages dans de grands espaces.

Comment vous êtes-vous documenté?

Il y a beaucoup de documentations sur la guerre d'Algérie dont je cite des éléments en exergue de mes albums. Ce sont à la fois des témoignages qui ont été écrits à l'époque (intéressants car sans le recul de l'historien) et des témoignages plus actuels.
J'ai travaillé essentiellement sur photos. Je voulais placer mon histoire dans ce lieu car le nom est suberbe, et parce que je voulais parler de cette région où il y a eu des histoires de retournements, d'intoxication, des dissensions entre le F.L.N et le M.N.A.

Aborder la guerre sous forme de Bd, c'était renouveler le genre?

En tant qu'auteur de BD, je me suis rendu compte avec mon premier "Carnet d'Orient" (moi même étant né en Algérie) qu'il y avait un sujet énorme et absolument pas traité. Mais pas seulement par la BD (nous sommes au début des années 80), il n'y avait pas grand chose en terme de fiction, donc j'ai commencé de façon tout bête, c'est à dire chronologiquement, avec le premier tome, sans penser que je traiterai un jour la Guerre d'Algérie. C'était un trop gros morceau, trop compliqué, trop passionné.Et suivant la chronologie, il s'est passé presque 20 ans entre mon premier album et "Le Cimetière des Princesses" . Puis des événements (Le Général Aussares et les événements sanglants de la dernière décennie en Algérie) ont fait que j'ai eu envie de raccrocher la fin du premier cycle avec un nouveau, qui débuterait avec la Guerre.
Mais je ne voulais pas d'une vision simpliste et univoque, aussi quand des historiens de France et d'Algérie ont commencé à publier des des ouvrages, je me suis dit que c'était le bon moment. Je ne voulais pas faire de pamphlet contre la colonisation, ce qui était facile et qui avait déjà été fait d'ailleurs.
Je voulais aborder la complexité de la situation, sans renvoyer les deux camps dos à dos, mais explorer par exemple la part obscure du F.L.N. Cette part obscure qui a pu se traduire dans les années 90 par une espèce de résurgence de la violence et de la barbarie. Ce que l'on a pas compris ici en France, quand on lisait les journaux, mais qui était relié directement à l'histoire de la Guerre d'Algérie, où la forme de guerre civile qui s'est déclenchée a été très sanglante. Cela a été peu dit ici et en Algérie, bien que des historiens algériens, aujourd'hui, s'emparent du sujet.

Dans cet Album, il y a moins d'aquarelles?

C'est que je l'ai formulé autrement. Dans tout le premier cycle, la part d'aquarelles, c'est le regard du personnage principal.
Dans cet Album (et ceux de ce second cycle) je ne voulais pas personnaliser chacun de mes récits avec un personnage principal, je voulais que cela soit une sorte de discours à plusieurs voix.

C'est une sorte de journal de guerre?

Oui mais le fait de maintenir l'aquarelle, sous forme de grand fond qui plante le décor, permet d'aller d'un personnage à un autre, on voit aussi bien le destin de Samia que celui d'Octave ou encore de Bouzid.

L'écriture d'un roman ne vous tente pas?

Je pense être incapable d'écire un roman, mais le goût de l'écriture commence à se préciser notamment au travers des "Carnets de Voyage" .
Je prends plaisir à écrire mais plus comme un témoin que comme un romancier. Pour moi, la fiction reste attachée à la Bd, dans mon cas bien sûr.

Vos projets?

Maintenant que je suis sur ce projet de la Guerre d'Algérie, je vais le mener jusqu'à l'Indépendance, c'est à dire 1962. Là il me reste au moins 2 albums à faire.
Sinon pour les "Carnets de Voyage" , il me reste Alger qui traîne depuis longtemps, sur laquelle j'ai beaucoup de matériel et dont j'espère pouvoir en tirer quelque chose pour le publier au premier semestre 2006. Ce ne sont pas les projets qui manquent..

BDGest' (A.S.Choux)