Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

D. Casanave :

Rencontre avec Daniel Casanave

Propos recueillis par L. Cirade News 28/06/2021 à 14:25 2763 visiteurs

Daniel Casanave revient sur l'adaptation en bande dessinée de Sapiens, succès planétaire signé Yuval Noah Harari devenu co-scénariste pour l'occasion au côté de David Vandermeulen (Albin Michel). Ainsi que d'autres petites choses qui pouvaient nous trotter dans la tête depuis la découverte de son premier album, il y a vingt ans tout rond.

Est-ce que ce sont vos travaux pour la rubrique “Savoirs pour tous” qui vous ont ouvert les portes du projet Sapiens

D.C : Les deux ont peu de rapport. Quoique, ça en a peut-être un en fait. Lorsque Franck Bourgeron a créé une revue de bande dessinée, la Revue dessinée basée sur des reportages, j’ai travaillé sur “Savoirs pour tous”. Peu de temps après, mon ami David Vandermeulen a lancé La petite bédéthèque des savoirs  pour laquelle j’ai adapté un texte d’Hubert Reeves qui a été suivi d’une petite série pour les enfants sur l’écologie. Donc, je pense que oui, le fait David et moi ayons une certaine habitude de traiter ce genre de sujet qui ne sont pas des fictions a pu jouer. 

"Sapiens en BD, c’est de la vulgarisation d’une vulgarisation de choses scientifiques" : ce genre de formule vous flatte ou vous fâche ? 

D.C : Ça ne me dérange absolument pas si la vulgarisation, c’est permettre l’accès de connaissances à un large public. Nous avons fait une transposition... je n’y vois aucun inconvénient. Avant cela, avec David, nous avions publié des biographies, pour donner envie de s’intéresser à la littérature. Dans l’esprit, c’est la même démarche. 

Yuval Noah Harari est présenté comme co-scénariste, c’est une façon d’être aimable avec lui ? 

D.C :  Ah non, il s'est vraiment investi et il continue d'ailleurs ; on ne s'attendait pas à ça mais à faire une adaptation à deux, tranquille quoi. Et en fait pas du tout, non : il s'est prêté au jeu, même s’il n’y connaissait absolument rien - il n'avait jamais lu de bande dessinée mais en même temps il n’y en a pas beaucoup en Israël - mais ça le passionne. Ce qui peut ralentir le projet d’ailleurs. Il fait des propositions, oui, propose même des gags... qu’on est obligés de refuser parfois parce qu’ils ne fonctionnent pas (sourire). Mais il est réellement impliqué. 

Dans les notes au début du livre, il est question d’ “accompagnement par des équipes au Moyen-Orient et en Europe”. De quoi s'agit-il exactement ? 

D.C : Oh, en Europe, il s’agit de l’équipe d’Albin Michel. Ailleurs, c'est toutes les équipes de Yuvel, presqu’une entreprise composée de gens qui “relisent”. L’un d’eux réalise une relecture globale pour savoir si, par exemple, on a représenté, de manière équilibrée, les minorités. C’est très anglo-saxon. Il y a aussi pas mal de personnes parce qu'il faut permanence traduire d’une langue à une autre. Mais il y a donc une qui est là pour nous dire “oui mais là, il manque une minorité” ou “il n’y pas assez de femmes”. Je suis flexible, ça ne me dérange pas d’ajouter une femme. 

Adapter un best-seller qui s'est vendu à 15 millions d'exemplaires, c'est un succès garanti ? 

D.C : C'est bien parti mais je ne pense pas que ça soit une garantie de succès au niveau de la qualité. Si c’est raté, c’est raté. Il y a une autre raison. C’est rare du fait des délais de traduction mais là, notre livre est sorti dans une quarantaine de pays en même temps. 

Dans son exposé, Yuval Noah Harari affiche un point de vue. Selon vous, est ce qu'il est nécessaire d'adhérer à la vision de l'auteur pour bien l’adapter ? 

D.C : Je dirais que ça ne peut pas faire de mal, ne serait-ce que pour se lancer dans le projet. Être à peu d'accord sur l'ensemble, enfin les grands principes. Sur les détails, rien n’empêche d’être critique, au contraire même, c'est préférable. 

Avez-vous prévu de faire les cinq volumes annoncés de Sapiens à la suite ou est-ce que vous vous laissez des respirations avec d'autres projets intercalés ? 

D.C :  Le tome 2 sortira en octobre. Pour les suivants, je ne sais pas comment on va faire. Si on va être obligés de faire une pause ou pas, je ne sais pas en fait. 

Travailler pour Albin Michel ou les Rêveurs, c'est une façon différente d'exercer son métier ? 

D.C : Ce n’est ni tout à fait pareil, ni vraiment différent. Il y a une véritable équipe éditoriale chez Albin Michel, ce qui n’existe pas chez les Rêveurs bien entendu. Mais, au fond, c’est le même boulot. 

 Sauf erreur, il s’agit de votre 7e collaboration avec David Vandermeulen... 

 On est un petit couple qui se connait bien. Ça nous permet de travailler un peu plus vite probablement. C’est un copain, une amitié. 

Est-ce que vous abordez différemment un ouvrage avec un discours scientifique par rapport à une biographie ? 

D.C : Pour moi, c’est pareil. J’aime la littérature, j’aime l’Histoire, j’aime la science. Tout me passionne, alors c’est le même boulot. 

Revenons aux biographies. Pourquoi avoir abandonné le format à l’italienne de Shelley ou Chamisso   pour Nerval ? 

D.C : Oh, c’est compliqué. Je ne rentrerais pas dans les détails. Ce n’est pas le même éditeur. Et surtout, ce format ne se vend pas. Regardez Le cri du peuple de Tardi : il est à l’italienne mais présenté dans un coffret pour pouvoir être rangé comme un album classique. 

Votre premier album était consacré à Ubu, puis dix-sept ans plus tard un autre présente Jarry sur un scénario de Rodolphe  : quelle place ont ce personnage et son créateur dans votre vécu d’auteur ? 

D.C : J’ai une vraie tendresse pour Jarry. Avant de faire de la BD, je faisais du théâtre. Ubu est revenu souvent au fil des années. Je l’ai même adapté en dessin animé pour la télé. Il m’a toujours suivi. 

Quel est votre secret pour être si productif ? Vous vous attachez à la table à dessin ? (sourire) 

D.C :  Je bosse, c’est tout. Je m’ennuie vite, alors je bosse. Il y a une autre raison : je n’ai pas un dessin d’une précision folle, ça va plus vite... 

Pour autant, vos décors sont riches en détails... 

D.C : J’aime ça, j’y prends du plaisir. Ça va toujours plus vite et bien quand on prend du plaisir. 

L’incroyable histoire du vin est un autre beau succès... 

D.C : Ah oui, une nouvelle édition augmentée vient de sortir, avec un chapitre supplémentaire d’une quarantaine de pages consacré au rosé. Si je suis expert ? Non, mais j’aime beaucoup le vin, et j’ai appris beaucoup avec Benoist Simmat. Lui est très fort, et très drôle en plus. 

Pour conclure, dans quel univers sonore dessinez-vous ? 

D.C : J’écoute France Culture du matin au soir. J’ai toujours fait ça. Pour écouter de la musique, il ne faut pas être distrait ; la voix, elle, accompagne.




Propos recueillis par L. Cirade

Quelques albums cités au cours de l'entretien :

Sapiens (Harari/Vandermeulen/Casanave)
1. La Naissance de l'Humanité

  • Currently 4.27/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.3/5 (11 votes)

La petite Bédéthèque des Savoirs
2. L'Univers - Créativité cosmique et artistique

  • Currently 4.50/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.5/5 (4 votes)

Nerval l'inconsolé

  • Currently 3.57/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.6/5 (7 votes)

Ubu Roi (Casanave)
Ubu Roi

  • Currently 4.50/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.5/5 (2 votes)

L'incroyable histoire du vin
L'incroyable histoire du vin (3e édition)