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« Un premier album donne de la confiance en soi »

Entretien avec Julien Lambert

Propos recueillis par L. Gianati et A. Perroud Interview 05/02/2019 à 16:18 2768 visiteurs

Après le Prix Raymond Leblanc obtenu en 2013 pour Edwin, le voyage aux origines, Julien Lambert récidive, en solo, avec le premier tome de Villevermine. La récompense est d'autant plus prestigieuse qu'il s'agit cette fois du Fauve Polar SNCF tout récemment décroché lors du dernier FIBD à Angoulême. Cinq années se sont écoulées, soit le délai nécessaire pour transformer un jeune auteur en un artiste mature qui signe ici un formidable récit dont l'épilogue devrait sortir dans le courant du printemps.

Vous avez reçu le Prix Raymond Leblanc en 2013 pour Edwin, le voyage aux origines. Avec le recul, pensez-vous que vous auriez persévéré dans cette voie si vous ne l’aviez pas obtenu ?

Julien Lambert : Je pense que j’aurais tout de même continué à faire de la bande dessinée. Maintenant, il est vrai que ce prix a constitué un véritable tremplin et que, sans lui, je n’aurais pas eu le même parcours. Un premier album est important car c’est lui qui donne de la confiance en soi. Il représente une carte de visite pour montrer ce qu’on est capable de faire.

Le projet Villevermine était-il antérieur à celui d’Edwin ?

J.L. : Oui. Le nom « Villevermine » est venu assez tard et a été choisi par l’éditeur. En revanche, le projet n’est pas récent. Quand j’ai quitté l’école en 2008, il y avait déjà les prémices de cette histoire avec les personnages déjà présents : la ville, des histoires d’insectes, un gamin… Les hommes volants n’étaient pas encore là mais j’avais imaginé des sortes de zombies en uniforme. Petit à petit, l’histoire a grossi. Il y a eu quelques récits courts avec le personnage de Jacques Peuplier. Les objets se sont greffés plus tard. J’ai proposé ce projet à différents éditeurs avant de recevoir le prix Raymond Leblanc mais il n’a pas trouvé preneur. J’étais en train de le remanier quand j’ai obtenu le prix pour Edwin. Je me suis donc entièrement consacré à celui-ci, puis je me suis remis ensuite à travailler sur Villevermine.

Jusqu’à finalement trouver un éditeur ?

J.L. : Il m’a fallu un an après Edwin, soit novembre 2015, pour trouver un éditeur. Auparavant, j’avais dû pendant six à huit mois réécrire mon histoire et constituer un dossier en jonglant avec mes autres activités. Le premier tome est déjà terminé depuis quelques temps, puisque le deuxième va arriver très vite.

Manon Textoris, qui avait signé le scénario d’Edwin, s’est-elle immiscée dans celui de Villevermine ?

J.L. : Oui et non… Je l’ai fait tout seul mais nous vivons ensemble, Manon et moi. (sourire) On a donc toujours un œil posé sur le travail de l’autre et nous sommes tous les deux demandeurs de conseils. Manon connait Villevermine aussi bien que moi. Elle a donc forcément une influence sur ce projet, même s’il reste le mien.

Les ambiances d’Edwin et de Villevermine sont radicalement différentes…

J.L. : Depuis l’école, je suis très proche de l’univers présenté dans Villevermine. J’aime cette ambiance de ville un peu imaginaire que je construis petit à petit.

Quels lieux ont constitué Villevermine ?

J.L. : Principalement Liège. J’y ai vécu huit ans et j’y ai notamment fait mes études. Il y a en revanche très peu de lieux immédiatement reconnaissables mais toute ma documentation vient de là-bas. Quand je cherche une ambiance, je pense très vite à cette ville. J’ai aussi habité un an à Montréal dont certains décors prennent leur source. 

Connaissez-vous le vrai nom de Villevermine ?

J.L. : C’est le gros souci. (sourire) Quand on a décidé de mettre le nom de la ville en titre, j’ai trouvé que c’était une bonne idée. J’ai longtemps cherché le nom idéal. Je voulais quelque chose qui sonne européen et qui ne fasse pas trop second degré. L’éditeur m’a fait plusieurs propositions. J’ai tout de suite repéré Villevermine que je trouvais sympa même si quelque chose me dérangeait. La solution a été de dire que Villevermine était le surnom de cette ville et que le vrai nom avait été oublié. 

Villevermine représente-t-elle une extension de notre société ?

J.L. : Non, je ne pense pas. C’est plutôt une ville arrêtée dans le temps. Je n’ai pas du tout pensé à une analogie pouvant exister entre les objets connectés et ceux qui parlent dans l’album, mais ça pourrait. Ces derniers sont finalement des objets très basiques du quotidien. Dans le monde réel, c’est vrai qu’on interagit de plus en plus avec les objets qui nous entourent. En revanche, les objets de Jacques n’ont aucun pouvoir d’action. Ils savent des choses, ils voient et ils entendent mais ça s’arrête là.

Les objets sont tous usagés…

J.L. : Oui. Jacques récupère ceux qu’il trouve dans la rue. Dans le premier tome, il se retrouve sur un toit avec un panneau publicitaire. Dans ce lieu, tous les objets sont un peu oubliés. Ce panneau, lui, continue à chanter pour tenter de garder sa propre personnalité.

Les objets véhiculent parfaitement les rumeurs…

J.L. : Oui. J’ai eu très tôt cette idée de course poursuite de Jacques guidé par les objets qui transmettent des renseignements d’un endroit à un autre.

Saura-t-on un jour ce qui a provoqué le mutisme de Jacques ?

J.L. : Pour moi, ce mutisme s’explique beaucoup par rapport à sa relation aux objets. Il leur a toujours parlé. Si j’imagine un enfant converser avec d’autres objets, il va vite se retrouver à la marge de la société, isolé. D’autant que son entourage est persuadé qu’il parle seul. Du coup, il va se rapprocher des objets et s’éloigner des humains. Dans le tome deux, en revanche, Jacques va devoir interagir avec d’autres humains…

Le nom de Jacques, Peuplier, évoque à la fois la force et le silence…

J.L. : Je voulais un nom commun qui rappelle aussi un nom de héros franco-belge comme Théodore Poussin, Michel Vaillant… Je voulais aussi un nom d’arbre, je trouvais que Jacques avait un peu une tête de tronc. Je n’ai pas cherché particulièrement de symbolisme derrière le nom de Peuplier. J’ai lu après coup que c’était un bois assez tendre avec lequel on faisait des cagettes de légumes. (sourire) Jacques est un gars très grand avec une écorce un peu rude mais qui cache aussi une certaine forme de tendresse. Ça correspondait bien.

La sonorité « un peu plié » lui va très bien également…

J.L. : Je n’y avais pas pensé mais ça marche très bien, c’est vrai.

Rudy est l’exact contraire de Jacques…

J.L. : Oui, tout à fait. Rudy est solaire, curieux… alors que Jacques est plutôt renfermé et isolé. Dans le tome un, on ne fait qu’apercevoir Rudy. Dans le deuxième tome, c’est la relation entre ces deux personnages qui va être mise en avant avec tout ce que ce contraste peut amener.

Cette relation était-elle importante dans la construction du récit ?

J.L. : Oui. Dès la base du projet, j’avais eu l’idée de Jacques, un grand gaillard, avec un enfant plus frêle à ses côtés.

Des grooms à l’air patibulaire qui ressemblent fort à un personnage de BD bien connu : avez-vous été traumatisé par Spirou dans votre enfance ?

J.L. : (rires) C’est marrant car on m’a fait la remarque il y a peu de temps alors que je n’avais pas du tout pensé à Spirou. Ça ne me dérange pas du tout. C’est d’une évidence maintenant qu’on me l’a dit… À la base, je voulais qu’ils aient une combinaison. Je les avais alors stylés, jusqu’aux boutons que je voulais un peu steampunk. Le rouge n’est venu qu’après. Je les considère un peu comme des souffre-douleurs que l’on trouve dans Bioman ou les Power Rangers, éliminés dès les premières secondes des combats. 

Manga, comics, franco-belge… Difficile de déterminer précisément vos influences quand on découvre votre dessin…

J.L. : (sourire) Je ne cherche pas à tendre vers quelque chose de particulier. J’ai en fait des influences dans le manga, le comics et le franco-belge. Je n’ai longtemps lu que du franco-belge. J’habitais à la campagne et je me rendais à la bibliothèque avec mes parents. Le choix n’était pas très important et je lisais beaucoup du Dupuis. Quand je suis arrivé à l’école Saint-Luc à Liège, j’ai découvert plein d’autres choses grâce notamment à mes copains de classe, dont Mike Mignola qui m’a énormément influencé et, plus tard, Taiyou Matsumoto. 

Proposer un premier tome de 80 pages, c’est culotté !

J.L. : Oui. D’un autre côté, je trouve qu’il y a de moins en moins de restrictions de ce côté-là. J’avais aussi envie de prendre un peu de temps pour raconter cette histoire. J’essaie d’avoir une narration assez rythmée avec des moments plus doux. Le deuxième tome aura la même pagination.

Sortir deux tomes dans un laps de temps aussi court, c’est votre volonté ou celle de l’éditeur ?

J.L. : On est très vite tombés d’accord à ce sujet. J’avais entendu des auteurs faire ça et je trouvais que c’était une bonne idée.

Quand on crée un univers aussi personnel, l’envie d’aller au-delà de deux tomes n’est-elle pas présente ?

J.L. : Ce serait bien évidemment possible. (rires) Je préfère ne pas en parler maintenant.

Une suite pour Edwin ?

J.L. : On en parle parfois avec Marion. Le sujet n’a pas été abordé avec les éditions du Lombard. Peut-être un jour mais ce n’est pas du tout dans mes projets immédiats.




Propos recueillis par L. Gianati et A. Perroud

Bibliographie sélective

VilleVermine
1. 1/2 : L'homme aux babioles

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Edwin, le voyage aux origines

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