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« Travailler avec un scénariste a un côté apaisant »

Entretien avec Etienne Willem

Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade Interview 12/11/2018 à 12:03 1830 visiteurs

Étienne Willem a l'habitude de travailler en solo. Que ce soit sur Vieille Bruyère et Bas de Soie ou, plus récemment, sur deux séries animalières, L'Epée d'Ardenois et Les Ailes du Singe, il a forgé un univers laissant libre court à son imagination débordante. Passionné de Steampunk, comment en est-il venu à intégrer la très réaliste collection Grand Angle des éditions Bamboo, de surcroît avec un scénariste en la personne de Jack Manini ? Réponse dans cet entretien réalisé il y a quelques semaines à Quai des Bulles.


Travailler avec un scénariste est une première...

Étienne Willem : Hervé Richez m'a un jour appelé pour me proposer un projet, c'était en fait le quatrième. Je n'avais pas accepté les autres principalement pour des questions de style, on ne peut pas dire que mon dessin soit particulièrement réaliste, loin de là. (sourire) Et pour la collection Grand Angle, ça ne collait pas. J'ai finalement accepté celui-ci même si au départ c'était un peu à reculons. Tout s'est en fait très bien passé. Travailler avec un scénariste a aussi un côté apaisant. Quand on est tout seul, on n'est jamais sûr de ce que l'on fait. On connaît tellement bien son histoire qu'on n'est pas certain de transmettre l'information correcte aux lecteurs, d'en dire trop ou au contraire pas assez.

Il y a donc un échange permanent entre vous et Jack Manini...

E.W. : Oui, bien sûr. Moins pour le premier que pour le deuxième tome.

D'autant que Jack est aussi dessinateur...


E.W. : Effectivement. Il a donc pu facilement proposer pas mal de choses.

Vous n'avez pas réussi à le convaincre de mettre des personnages animaliers ?

E.W. : C'est plutôt le contraire. Ils avaient à moment donné évoqué la possibilité de faire cette histoire en animalier et c'est moi qui ai dit non. L'animalier est un style dans lequel je me sens particulièrement à l'aise mais ça n'a jamais été un projet de carrière. Quand j'ai fait L’Épée d'Ardenois, j'ai fait de l'animalier pour avoir quelque chose de différent de la Fantasy. Puis, quand  on a fait Les Ailes du Singe, on a continué dans la même veine et ça a plutôt bien marché.

N'est-il finalement pas plus difficile de caractériser un personnage humain ?


E.W. : Non, parce qu'on peut travailler à l'envers. Quand je fais de l'animalier, je pars du caractère et je me demande ensuite quel animal peut correspondre. Quand je fais de l'humain, je pars de l'animal et je le transforme ensuite en personnage humain.

Pour Les Ailes du Singe, vous dites être sorti de votre zone de confort en vous mettant à dessiner des avions. Pour cet album, y a-t-il des éléments que vous n'aimiez pas dessiner ou pour lesquels vous avez pris des risques ?


E.W. : C'est un sujet qui est très compliqué. L'Exposition Universelle c'est énormément de bâtiments, de machines, de choses relativement précises. Il y a donc beaucoup de documentations à consulter au préalable. C'est donc quelque chose qui met forcément en danger. On sait à l'avance que le dessin devra être fouillé. Il y a une prise de risque à ce moment-là pour ne pas boucher l'image avec des détails complètement inutiles. Il faut savoir doser pour éviter que les planches soient trop chargées.

Comment est arrivé le thème de l’exposition ?

E.W. : C’est un thème qui était cher à Jack. J’aime bien le steampunk, j’ai donc accepté très vite son scénario. Il y a des machines complètement déjantées et gigantesques, avec beaucoup d’engrenages. (sourire)

Justement, existe-t-il beaucoup de documentation sur l'exposition universelle de 1855 ?

E.W. : Sur celle-ci, il n'y a pas grand chose, on a essentiellement des gravures. Et forcément, on n'a jamais deux fois le même bâtiment représenté avec les mêmes proportions, les mêmes détails. Il faut donc rester cohérent avec soi-même : on choisit une gravure et si on change l'angle de vue, il faut continuer avec cette même image. Reprendre juste la gravure est impossible, le rendu serait trop froid, surtout avec des personnages plutôt humoristiques. Si le décor est trop architectural, ça fait un décalage et ça ne fonctionne pas.

Comment est venue l'idée de Jacques Lambot et de son invention ?

E.W. : C'est pratiquement la seule invention présentée à cette exposition-là. Il y avait aussi ce côté un peu décalé de l'inventeur complètement fou à qui il arrive un truc improbable. Ça permettait donc d'amener une touche d'humour. Je trouve que dans une histoire, plus il y a d'humour, plus le moment dramatique touche le lecteur de plein fouet.

Certaines compositions de pages sont loin d'être classiques…


E.W. : On travaille vraiment à deux avec Jack sur ces compositions. Il y a bien sûr des références à Adèle Blanc-Sec, Tardi utilisant aussi beaucoup ce genre de choses. On souhaitait donner ce côté un peu vintage. On commence en général de manière classique puis, quand vient le storyboard, on choisit quelques planches en mettant, par exemple, un personnage de manière centrale. Il y a finalement assez peu de planches où l'on utilise cette technique. Je ne voulais pas que ça devienne trop compliqué pour le lecteur. Les compositions centrales permettent de renvoyer à certains détails du dessin. C'est après au lecteur de creuser un peu la page. Quand on a des grandes pages dans lesquelles l'Exposition Universelle est présentée, ça lui permet de voyager et de se promener à l'intérieur.

Il y a beaucoup de scènes de foule…


E.W. : Oui, c’est le problème. Les expositions universelles accueillaient énormément de monde. Ces compositions sont toujours compliquées à faire. Mais c’est surtout la coloriste qui doit se prendre la tête là-dessus. D’un point de vue dessin, on peut donner tous les détails que l’on souhaite mais il ne faut pas que la coloriste se perde à vouloir individualiser chaque personnage avec sa propre couleur. La couleur doit juste servir à concentrer le regard sur l’élément essentiel de la case.

Certains personnages ont une corpulence assez forte…

E.W. : Oui… Il faut varier les silhouettes. Ce n’est pas évident car la mode de l’époque imposait une certaine allure et il a fallu introduire une certaine palette de personnages tout en respectant les codes d’alors.

Il y a notamment une maman bien en chair…


E.W. : Oui. Au départ, Jack ne voyait pas Hortense du tout comme ça. Je voulais en faire un personnage truculent, qui remplisse l’espace.

Pourquoi avoir confié les couleurs à une coloriste ? Par souci de gain de temps ?

E.W. : C'est effectivement essentiellement une question de gain de temps. Ça permet de gagner en terme de rythme de parution.

Julie et sa mère vont prendre de l'âge au fil des tomes. Faire vieillir ses personnages, un plaisir ou un challenge ?


E.W. : Les personnages vont effectivement changer radicalement. Le petit frère, Alphonse, va passer de l’âge de 5 ans dans le premier album à 17 ans dans le deuxième. Ce n’est pas ce qui est le plus compliqué à faire. Julie va passer de 12 ans à 24 ans, son visage va forcément un peu évoluer, elle va aussi attraper quelques formes. Quand elle va aborder la trentaine ou la quarantaine, ce sera un peu plus difficile.

Le nombre de tomes sera donc lié au nombre d’expositions universelles organisées à Paris ?

E.W. : Exactement. Ça fait 7 expositions universelles et 2 expositions coloniales, soit 9 albums au total. La série va courir de 1855 à 1937. Dans le dernier tome, Julie aura 93 ans. On va travailler ça petit à petit.

Une série de one shots qui comportera un fil rouge ?

E.W. : Ce fil rouge sera la famille. Mais chaque histoire sera indépendante, on pourra lire une sans forcément avoir lu les autres. Bien sûr, si on est au courant du passif de la famille, ça rajoute un petit plus. 

Comment la couverture a-t-elle été composée ?

E.W. : Ça a été très compliqué. C’est le premier album d’un série donc il faut présenter le personnage principal. Avec le dessin que j’ai, si on avait mis Julie au premier plan, on sortait de la collection Grand Angle et on tombait dans un album jeunesse. On a donc travaillé très dur pour trouver une solution pour la voir sans qu’elle soit au premier plan. Le titre aussi a été changé : au départ la série devait s’appeler Les Aventures de Julie Petit-Clou. Si on avait conservé ce titre avec Julie en gros plan, clairement, ce n’était pas du tout du Grand Angle. (sourire) On a donc pris cet angle de vue avec les trois malfrats qui désignent Julie pour que le regard du lecteur converge vers elle. Néanmoins, ce sont les machines, les poutrelles et donc l’exposition universelle qui sont les vedettes de cette couverture. Pour la version de Canal BD, on a choisi de faire une couverture en utilisant un contrechamp.

Vous avez d’ailleurs pratiquement toujours des éditions spéciales de vos albums…

E.W. : Oui, c’est vrai. Je fais un album et mon éditeur en vend deux ou trois. (sourire) J’ai de la chance de travailler avec des éditeurs qui font de très beaux albums.

Un album d’anticipation, c’est quelque chose qui pourrait vous intéresser ?

E.W. : Je ne pense pas. Je ne possède pas cet imaginaire-là, je sais que je retomberais forcément sur des choses déjà vues. J’ai plutôt une attirance pour le rétro-futurisme où il s’agit d’inventer des choses qui ont déjà existé mais de manière un peu plus incongrue, un peu comme le fait Cromwell avec Anita Bomba.

Où en sont Les Ailes du Singe ?

E.W. : Je suis en train de terminer le troisième tome qui achèvera un cycle. On verra s’il y en aura un deuxième. C’est vrai que je traîne beaucoup sur cet album car il est en couleur directe et je ne m’étais pas rendu compte que ça prendrait autant de temps. Mais il arrive !

Avez-vous un rituel avant de vous mettre au travail ?

E.W. : La première chose que je fais en me levant le matin, c’est me faire un café.






Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade

Bibliographie sélective

La fille de l'exposition universelle
Paris 1855

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Note: 4.7/5 (18 votes)

Les ailes du singe
1. Wakanda

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Note: 4.3/5 (23 votes)

L'Épée d'Ardenois
1. Garen

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Vieille Bruyère et Bas de Soie
1. La tache noire

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Note: 4.5/5 (15 votes)

Adèle Blanc-Sec (Les Aventures Extraordinaires d')
1. Adèle et la Bête

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Anita Bomba
1. Aussi loin que je me rappelle...

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