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Toute la bande dessinée

« Le monde dans lequel on vit fait de plus en plus peur »

Entretien avec Jade Lagardère

Propos recueillis par L. Gianati Interview 24/09/2018 à 14:54 1887 visiteurs

Au-delà de l'agitation qui a secoué le petit monde de la BD quand un album de Jade Lagardère est apparu dans les bacs au printemps 2017, une chose est sûre, l'autrice d'Amber Blake a de la suite dans les idées. Non seulement le deuxième tome est disponible et clôt un premier cycle, mais le troisième est également sur les rails pour une sortie prévue au début de l'année 2019.


Après quelques mois de retard, le deuxième tome d’Amber Blake est enfin sorti…

Jade Lagardère : Oui. Butch (Guice, dessinateur de la série, NDLR) a mis un peu plus de temps que prévu à dessiner ce deuxième tome. C’est normal puisque j’ai tendance à lui demander des dessins très réalistes. Il est aussi très perfectionniste. Il a au début fait appel à Mike Perkins pour faire l’encrage mais il a finalement préféré le faire lui-même. Du coup, il a dû reprendre certaines pages et ça a été forcément plus long.

Vous avez rencontré vos lecteurs entre les sorties de ces deux tomes. Comment ont-ils accueilli le premier volume ?


J.L. : Ils étaient enthousiastes et très heureux. Certains avaient suivi ma carrière en tant que mannequin et m’ont redécouverte en tant que scénariste. Ceux-là ont été pour la plupart épatés. Bien évidemment, l’album n’a pas plu à tout le monde mais dans l’ensemble je suis très contente de l’accueil. Certains lecteurs m’ont aussi fait part de sévices qu’ils ont subis comme Amber en a subis également. Parfois, ils n’ont pas pu terminer la lecture car trop de choses remontaient. Mais ils m’ont quand même remerciée car ils ont perçu dans la lecture un message d’espoir qui insiste sur le fait qu’ils ne sont pas des victimes, qu’il ne faut pas se laisser abattre et ne pas reproduire ce qu’ils ont subi. Certains lecteurs m’ont dit qu’ils avaient du mal à reconnaître les personnages d’une bulle à l’autre et je pense que c’est le côté très réaliste du dessin de Butch qui veut ça. On m’a souvent reproché de passer trop de temps pendant les séances de dédicaces. (sourire) Je suis quelqu’un de très généreux et quand j’ai quelqu’un qui m’attend et qui vient me voir, je suis très attentive à ce qu’il me dit. Beaucoup sont déjà attachés au personnage d’Amber et ont hâte de lire la suite.

Avez-vous également rencontré des confrères ?


J.L. : Non, toujours pas. J’ai d’ailleurs envoyé le premier tome à Jean Van Hamme mais je n’ai pas eu de réponse de sa part. J’aurais aimé avoir son avis.

L’écriture du deuxième tome a-t-elle été plus facile ?


J.L. : Philippe Hauri (Directeur éditorial chez Glénat, NDLR) a lâché du lest. Dans le même temps, on a aussi fait plus confiance à Butch. Auparavant, on contrôlait tout page par page. C’est d’ailleurs ce que j’ai un peu reproché au deuxième tome. Mon éditeur m’envoyait parfois cinq pages déjà encrées sans avoir pu les regarder avant. Butch connait désormais les personnages et tout était moins suivi à la lettre. C’est un peu difficile pour moi. Je suis très perfectionniste et j’aime bien avoir la possibilité de tout suivre.

Avez-vous choisi la couverture ?

J.L. : Butch m’a fait quatre propositions. L’une d’entre elles correspond à la quatrième de couverture. J’ai choisi celle-ci car on peut voir Amber très déterminée. On voit aussi, grâce aux photos, son passé qui ressurgit. Il m’avait fait une proposition où l’on ne voyait que le visage d’Amber avec le révolver en détaché. Après quelques semaines de réflexion, je me suis finalement décidée.

Ce tome est dédiée à la « nouvelle génération ». Qui est-elle ?

J.L. : Ce sont mes enfants, les petits-enfants que j’aurai aussi. J’entends tous les jours des horreurs. Le monde dans lequel on vit fait de plus en plus peur. Je veux qu’Amber Blake soit aussi un message d’espoir pour montrer aux gens que même si on a vécu des choses horribles, il faut s’en sortir et se battre. Je sais que c’est très dur. Je n’ai pas vécu ce qu’Amber a vécu et je pense que je n’aurais jamais pu le supporter. Je n’ai pas cette force de caractère que j’aimerais tant avoir. J’aimerais que ces enfants aient conscience que la vie est difficile, qu’on est constamment soumis aux problèmes de drogue, de trahison, à toutes les tentations et les images qui peuvent venir d’internet.

Vous pensez que les nouvelles générations aujourd’hui sont plus exposées au danger que celles d’hier ?

J.L. : Oui, je pense. Internet mal utilisé est extrêmement dangereux. Les enfants, dont ma fille de cinq ans, savent très tôt naviguer, envoyer des messages, aller sur WhatsApp… Même à la télévision, certains clips sont vecteurs de violence et d’érotisme qui ne sont pas du tout en rapport avec leur âge. Je ne dis pas qu’il faut bannir tout ça mais ça fait quand même peur. Il faut être vigilant et les protéger.

Le deuxième tome évoque le monde du mannequinat. Un thème qui vous est cher ?

J.L. : Depuis le départ, il y avait deux thèmes que je souhaitais absolument développer : le mannequinat et le métier d’avocat. Je souhaitais être avocate et j’ai été mannequin… Si on me connaît bien, on s’aperçoit très vite qu’il y a beaucoup de clins d’œil de mon passé dans l’histoire d’Amber, même si je n’ai jamais été prostituée ou droguée. (sourire) Je me souviens d’un casting en Espagne qui était très louche. J’avais pris peur et j’étais partie.

Vous montrez une vision très noire du mannequinat avec notamment un directeur de casting qui considère des jeunes filles comme de simples numéros…

J.L. : Ils ne sont pas tous comme ça mais il y en a beaucoup. Je l’ai vécu. J’ai souvent entendu des : "Next one ! Tu es trop grosse, trop petite, pas assez grande, t’as les yeux trop rapprochés, tu as des dents de lapin… etc etc…" Je pense qu'on trouve ça dans beaucoup de métiers. Les harcèlements, qu’ils soient moraux ou sexuels, sont présents de partout. J’ai envie de montrer ça. Et c’est aussi un petit clin d’œil.

Si vous aviez le pouvoir de revenir quinze ans en arrière…

J.L. : … je ne changerais rien. On m’a souvent dit que j’ai grandi très vite puisque j’ai commencé le mannequinat à 12 ans. J’ai voyagé pendant huit ans. Je reste très fière du parcours que j’ai eu. Il n’y a pas beaucoup de gens qui peuvent dire à 27 ans qu’ils ont fait dix ans de carrière, huit années constantes de voyage à travers le monde, une belle réussite dans le mannequinat, trouver l’homme de sa vie, avoir trois enfants… Non, je ne changerais rien à tout ça.

Pourquoi le choix de New York pour ce deuxième tome ?

J.L. : J’ai voyagé partout mais j’ai été basée à New York pendant un an et demi avant de venir à Paris en 2011. J’adore les États-unis et New York en particulier. Ça a été au départ très dur. Comme j’avais l’habitude de me déplacer énormément, notamment en Europe, j’avais du boulot constamment. Aux États-Unis, on ne connaissait pas mon visage. J’avais 18 ans et je m’étais imaginée que je trouverais facilement du travail là-bas. Mais à New York, la compétition est beaucoup plus rude. Il y a des filles du monde entier, toutes plus belles les unes que les autres. J’arrivais dans des castings où j’avais parfois le numéro 500 ou 600. Il y avait souvent plusieurs castings, avec deux voire trois sélections préalables. Et à la fin, on se retrouvait encore cinquante à devoir se départager. On m’a toujours dit qu’on me choisissait surtout grâce au feeling qu’on avait quand on me rencontrait alors que mon book n’était pas le meilleur. Quand je travaillais, je ne me plaignais jamais, je ne demandais jamais de pause. Je sais que certaines filles étaient un peu plus difficiles, comme partout. 

On voit beaucoup New York sous la neige…

J.L. : Oui car j’ai connu des horreurs à New York sous la neige. (sourire) J’ai cru un jour que j’allais mourir de froid. Je me souviens d’un casting pendant lequel j’étais tombée, tellement le sol était glissant.

On sent que Butch Guice adore dessiner ce genre de paysage…

J.L. :  Oui, il adore. Je trouve que c’est ce qu’il fait le mieux.

L’Argentine est aussi très présente dans ce tome…


J.L. : Et pourtant, je n’y suis jamais allée mais j’ai des amis argentins. J’avais vu un reportage sur les Îles Malouines en 2013 et tout ça m’est venu à ce moment-là. J’ai eu beaucoup de mal à faire admettre à l’éditeur de le placer dans l’album. Il est vrai que j’ai énormément de matière et qu’on m’oblige souvent à élaguer un peu mon propos. Pour ma défense, je vois tout comme dans un film depuis le départ.

Les dernières pages du tome deux offrent quelques révélations…


J.L. : Oui et je voulais que le lecteur soit vraiment ému à la lecture de cette fin. Peter Arg est quelqu’un de distant et froid, parfois odieux et sans scrupule. On pourrait même le détester par moments. Soudain, on le voit se transformer complètement et être ému. C’est quelque chose que j’imagine très bien à la télévision. Il faudrait un super acteur qui devienne tout d’un coup touchant et émouvant. Dans les séries télé, un personnage dur devient souvent attachant juste parce qu’on le connait un peu plus quelques épisodes plus tard et qu’on comprend mieux son caractère.

Puisque vous évoquez une série télé, quel serait votre casting si Amber Blake faisait l’objet d’une adaptation ?

J.L. : Amber est le seul personnage pour lequel je n’ai aucune idée. Je n’arrive pas à trouver celle que je veux. En fait, j’aimerais Angelina Jolie plus jeune. Pour Peter Arg, ce serait Chris Hemsworth ou Iain Glen. Pour Matt, ce serait Enrique Iglesias mais je doute que ce soit un bon acteur. (rires) Si je devais choisir un acteur ce serait Franck Dillane. Pour Kavotz, il faudrait un acteur qui ait tout le temps des rôles méchants…

Un pays également présent sans qu'il soit expressément nommé est Madagascar. Quelle est cette légende de l'arbre mangeur d'hommes que vous évoquez ?

J.L. : C'est une légende malgache qui raconte que des hommes disparaissaient quand ils arrivaient à proximité de cet arbre.

Cette puce qui permet de connaître les pensées intimes d'un interlocuteur, vous aimeriez en avoir une ?


J.L. : J'adorerais !  Par exemple, si on est certain que la personne en face de nous est un meurtrier mais qu'il manque des preuves, cela pourrait être très utile. Néanmoins, je pense aussi que ça pourrait être très dangereux.

Un troisième tome est-il prévu ?

J.L. : Oui, il est écrit mais n'a pas encore été totalement validé. C'est la première fois où j'ai écrit un scénario pour la bande dessinée sans passer par une case "roman". Ce sera une nouvelle aventure avec de nouveaux personnages puisque beaucoup ont disparu dans les deux premiers tomes.








Propos recueillis par L. Gianati

Bibliographie sélective

Amber Blake
2. Opération Cleverland

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Amber Blake
1. La fille de Merton Castle

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