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« Zorglub est la série qui me fait kiffer »

Entretien avec Brice Cossu

Propos recueillis par L. Gianati avec l'aimable participation de V. Attard Interview 03/09/2018 à 11:09 1394 visiteurs

Si depuis quelques mois des enfants - et pas que - essaient d'être intelligibles en ôtant toutes les voyelles de chaque mot, c'est sans doute l'effet Frnck ! Il faut dire que Brice Cossu, Olivier Bocquet et Yoann Guillo - "une super équipe" comme ils aiment le rappeler - ont mis les bouchées doubles tant en terme de qualité du scénario et du dessin mais aussi de rapidité. Quatre tomes en dix-huit mois et un premier cycle bouclé en si peu de temps, il fallait le faire ! Avant de découvrir le deuxième dès le début 2019, Brice Cossu profite du soleil de Solliès-Ville pour recharger ses batteries... et répondre à quelques questions.

Alors, impatient de découvrir la réaction des lecteurs après la fin de ce premier cycle ?


Brice Cossu : Oui, on était très impatients avec Olivier de savoir si les lecteurs avaient deviné les deux révélations présentes dans ce quatrième tome.

Une impatience toute relative puisque les quatre tomes sont finalement sortis dans un laps de temps très court…

B.C. : Il faut savoir qu’on a commencé à travailler sur ce projet avec Olivier en 2015. Je travaillais à l’époque également sur Les Enquêtes du Mistérium pour lequel le troisième tome ne s’est finalement pas fait. Comme Frnck s’adressait notamment à un jeune public, on a décidé de proposer des sorties rapprochées entre les tomes. On a donc retardé un peu la sortie du tome un pour nous permettre d’avancer sur les autres. Et on a convenu de sortir un tome tous les six mois. Le tome un est donc sorti en mars 2017 et, à cette époque, j’étais déjà en train de travailler sur le tome trois, voire le tome quatre. C’est une série pour laquelle je reviens vraiment au dessin que j’avais lorsque j’étais gamin et que j’adore. C’est donc allé très vite pour m’approprier la série. Je me suis vraiment éclaté.

Le fait de changer radicalement de style pour passer d’un univers sombre et urbain à quelque chose de beaucoup plus léger, ça vous trottait dans la tête depuis longtemps ?

B.C. : C’est quelque chose que j’ai fini par chercher. J’aime bien les univers sombres mais, au bout d’un moment, j’avais le besoin d’en sortir pour quelque chose de plus gai. J’ai commencé à y revenir avec Les Enquêtes du Mistérium même s’il y avait encore un côté sombre. Olivier m’a alors contacté pour me proposer Frnck alors que ça faisait environ un an et demi que je voulais vraiment m’orienter vers ça.

Avez-vous immédiatement été séduit par son scénario ?

B.C. : C’était une note d’intention assez conséquente puisqu’il y avait à l’intérieur tout le premier cycle. Je me suis immédiatement marré à sa lecture. Et si on se marre, c’est qu’il se passe quelque chose. J’ai mis un peu de temps à démarrer le dessin. J’avais pas mal de travail à l’époque. Benoit Fripiat (Éditeur chez Dupuis, NDLR) m’a rappelé qu’il fallait que ça se fasse vite… En fait, à partir de là, c’est allé effectivement très vite. Je suis d’ailleurs en train de travailler sur le tome six. Le tome cinq est terminé et il est entre les mains du coloriste.

Comment se déroule la collaboration avec Olivier Bocquet ?

B.C. : Comme je commençais une collaboration avec un nouveau scénariste et un nouvel éditeur, on a fait le choix de se rencontrer à trois, avec Olivier et Benoit. Immédiatement, tout est venu naturellement. Ce que j’aime bien c’est dialoguer avec un scénariste et pouvoir de temps en temps l’influencer. Après, évidemment, chacun son truc. Je ne suis clairement pas scénariste. On discute énormément. Il m’a avoué avoir découvert quelques éléments dans mon dessin qui ont influé sur son scénario. On a été assez surpris tous les deux de voir qu’intuitivement tout paraissait assez évident. Si j’avais la capacité d’être scénariste je pense que j’écrirais exactement ce qu’Olivier écrit.

L’absence de voyelles était-elle déjà présente dans la note d’intention ?

B.C. : Oui. Olivier porte ce projet depuis assez longtemps. C’est quelque chose qui avait été prévu sous d’autres formats que celui de la BD. Il cherchait en fait une approche originale. Il était conscient que l’histoire de Franck était de facture plutôt classique. Il a donc imaginé, qu’avec cette image un peu barbare de la Préhistoire, il serait peut-être possible de proposer des dialogues sans voyelle. Il a fait le test auprès de ses filleules et ça les a fait marrer. Il est donc parti là-dessus et c’est comme ça que ça a commencé.

Avez-vous hésité sur certains mots quand vous avez reçu les dialogues ?

B.C. : Je trouve qu’il y a quand même une ou deux phrases qui sont bien charpentées… (sourire) Mais après, une fois que le truc est compris, ça vient assez facilement. Je pense que la plupart des lecteurs ont tiqué sur la même, celle où Gérard engueule Franck dans le premier tome.

N’avez-vous pas imaginé de réaliser toute la série sans voyelle ?

B.C. : Ça aurait été un peu compliqué. En fait, quand on s’est vu la première fois avec Benoit, on était plein de bonnes et grandes idées. On avait même imaginé de faire un numéro entier de Spirou sans aucune voyelle. Benoit a un peu tempéré nos ardeurs. Il ne fallait pas non plus perdre le lecteur. On aurait pris un gros risque si on avait tout fait sans voyelle.

Le titre est à la fois accrocheur et imprononçable. L’éditeur n’a pas tiqué ?


B.C. : Non, pas du tout. Au contraire, je pense que ça a été la petite marque de fabrique de la série. Il ne faut pas non plus oublier qu’on est dans l’humour. RRRrrr !!! le film d’Alain Chabat en est un bon exemple.

Quelle est la prononciation du titre la plus fréquente ?


B.C. : Il y a de tout. J’ai l’habitude de dire « Frnck » sans prononcer la voyelle. Il y aussi les « Frenck » pour ceux qui veulent prononcer le « n ». Ceux qui ne veulent pas s’embêter épellent les lettres. (sourire). Il y a aussi « Ferenk », « Freuneukeu »… Quand les gens me demandent comment prononcer, j’ai l’habitude de leur dire d’être créatif. Il y a parfois quelques surprises.

Quand on s’adresse à un public jeunesse, qu’est-ce qui change radicalement au niveau du dessin ?


B.C. : Je me suis remis dans ma peau de gamin et me suis demandé alors ce que j’aimais faire. Après, j’ai une inspiration manga qui est très forte. J’en ai lu énormément. J’ai aussi fait du franco-belge. Mon style de dessin a finalement été un mélange de tout ça.

Comment avez-vous travaillé sur les décors ?

B.C. : On s’est demandé quelle approche on souhaitait donner de la Préhistoire. On ne voulait pas faire une Préhistoire didactique. Par exemple, l’espèce de marmotte géante présente dans le tome deux est un vrai animal préhistorique mais il n’a jamais été aussi grand. Idem pour les mammouths qui ne sont en réalité guère plus grands que des éléphants. Si je ne les avais pas fait gigantesques, ils auraient eu moins d’impact. On a donc pris le parti de faire une Préhistoire un peu plus fantaisiste. J’ai aussi la chance d’avoir un coloriste qui est très investi dans la série et qui aime bien la Préhistoire. Il me donne donc pas mal de conseils sur les animaux. Sa compagne, qui fait les aplats de couleur, adore quant à elle les plantes et me prodigue également quelques bons conseils.

Le cahier des charges concernant les personnages était-il précis ?

B.C. : Olivier avait juste fourni une description de Franck. Pour les autres, et notamment la tribu dans laquelle Franck arrive, j’ai fait tous les persos. En les voyant, Olivier leur a imaginé un nom et un caractère. Il m’avait juste demandé de faire un nombre égal d’hommes et de femmes.

Franck a un petit côté Spirou…

B.C. : C’est peut-être parce que je savais que la série allait être éditée chez Dupuis… Mais c’est inconscient. Il a vraiment le physique des petits garçons que je dessinais quand j’étais gamin. Je trouve que Franck est un bon mix entre Spirou et Sangoku.

Un personnage préféré ?

B.C. : J’aime beaucoup Léonard. J’adore les faux méchants. D’ailleurs mon personnage préféré dans Spirou, c’est Zorglub. Un que je trouve très marrant à dessiner, c’est Mètre-cube.

À propos de Zorglub, comment avez-vous trouvé la série de Munuera ?

B.C. : J’adore. D’ailleurs, Olivier m’a dit qu’il regrettait de ne pas avoir eu l’idée avant. (rires) Munuera fait ça super bien. On lui demandera la permission de faire un « Zorglub vu par… » C’est la série qui me fait kiffer en ce moment.

Il y a aussi quelques personnages mignons : le lapin, le bébé mammouth…


B.C. : Quand j’ai reçu le scénario avec la présence des lapins, j’ai trouvé ça génial.

Il y a un petit côté Sacré Graal ! des Monty Python…


B.C. : Oui, c’est ce que j’ai dit à Olivier mais il n’avait pas du tout capté cette référence. Olivier est d’origine anglaise et je n’ai pas trop cru à son explication… (sourire) Le mammouth a été un peu plus compliqué à imaginer. Il fallait que ce soit un petit mammouth moche mais attachant. Je pense qu’il est plus mignon que moche… Ce que j’aime avec cette série c’est que tout le monde y retrouve son compte. Les gamins vont aimer les passages avec les lapins mignons, les adultes vont apprécier le passage avec la rouquine sexy… J’aime aussi énormément l’écriture d’Olivier. Il y a d’un côté le comique de situation mais aussi les subtilités des dialogues.

Dessiner des barbes toutes les deux planches, ce n’est pas trop… barbant ?

B.C. : Non, j’aime bien dessiner des barbes. Au contraire, c’est marrant de dessiner des femmes avec des poils aux pattes, de dessiner des mecs poilus…

Un format de 54 planches de ce type, c’est plutôt confortable pour un dessinateur ?

B.C. : Ça fait quelques temps que j’ai pris l’habitude de ce format. On ne se rend pas toujours compte, mais c’est vrai que huit pages font souvent la différence et qu’on peut dire beaucoup plus de choses. Par exemple, sur le tome quatre, on devait avoir effectivement 54 planches mais j’en ai fait rajouter deux à Olivier pour la séquence de fin. Je trouvais qu’il devait y avoir une page sur laquelle était présent l’ensemble des persos afin que l’émotion soit réelle. Ce qui est bien chez Dupuis, c’est que toutes nos demandes sont acceptées.

Ce format permet aussi de réaliser quelques pleines pages…

B.C. : Exactement. J’apprécie de faire une ou deux fois par album ce genre de page, pas forcément à un moment important…


Pour donner une forme d’aération ?


B.C. : Oui, c’est ça. Une de mes pages préférées du tome quatre est celle où Franck et Léonard sont en train de discuter la nuit avec le volcan en toile de fond.

N.B : Pour ne pas gâcher votre plaisir, assurez-vous d'avoir lu le T.3 avant d'aller plus loin. 

La deuxième de cet album, c’est un hommage à Carthago ?

B.C. : À la base, Olivier ne l’avait pas du tout mise en scène de cette façon. C’est le genre de liberté que je peux prendre avec lui. Il a un découpage très précis, mais j’essaie aussi de trouver quelques solutions pour donner de l’impact. Ce moment-là est celui où l’on comprend tout. J’essaie d’imaginer la scène comme dans un film et je voyais pour celle-ci un plan fixe où l’on voit la caméra qui descend avec les deux personnages qui disparaissent au fur et à mesure. La meilleure solution que j’ai trouvée est de faire une pleine page.

Finalement, dans ce tome quatre, quel a été votre plus grand plaisir ?

B.C. : Retranscrire les émotions à la fin. Cela a été très dur à dessiner car on savait très bien ce qu’il allait se passer. Ça nous a pris à la gorge, même le coloriste. Ce qui m’importe avec Frnck, c’est de faire rire, mais pas que. Je viens du manga, et ce que j’apprécie dans ces formats, c’est que tout passe par un panel d’émotions très important. Les auteurs de manga y arrivent très bien. Je ne voulais pas d’une série de gags dans lesquels Franck tombe à chaque fois. On souhaitait conserver l’humour mais aussi faire grandir la série et amener des choses plus graves. On a d’ailleurs commencé avec le tome trois et le décès de la maman de Gérard. Franck va aussi grandir dans cet univers-là.

Plutôt gonflé d’ailleurs ce décès dans une série tout public de chez Dupuis !

B.C. : C’était un choix. Olivier voulait qu’il se passe quelque chose de grave dans ce tome. Il avait au départ décidé de sacrifier le mammouth. J’ai trouvé que c’était un peu tôt et que les lecteurs n’avaient pas encore le temps de s’attacher à ce personnage. C’est un peu sadique… (sourire). En même temps, on est dans la Préhistoire et la mort y est omniprésente.

Symboliquement, la mort de la mère de Gérard représente aussi la fin d’une époque…

B.C. : Exactement. C’est le dernier vestige d’une ancienne humanité.

L’idée de faire les couleurs ne vous a jamais traversé l’esprit ?

B.C. : J’avais fait les couleurs sur Les Enquêtes du Mistérium. Pour Frnck, j’avais envie de retravailler avec Yoann Guillo. Il fait vraiment les couleurs que j’aime. À la suite du tome un, il a pris quelques libertés et je n’ai jamais été déçu. On n’arrête pas de le dire, mais on forme vraiment une super équipe avec Olivier et Yoann.

Cela permet aussi d’aller plus vite…

B.C. : Oui, j’ai ainsi pu me concentrer sur le dessin. Et ce qui me fait vraiment kiffer, c’est le dessin…

La fin du tome quatre laisse entrevoir de multiples possibilités en terme de voyages dans le temps…

B.C. : Oui. C’est effectivement le chemin que l’on souhaite prendre. Je ne dis rien sur ce qu’on est en train de faire sur le cycle deux mais on est sur des choses assez surprenantes.

Que ressent-on quand on termine un cycle comme celui de Frnck ?

B.C. : Un énorme plaisir. Un tome, c’est généralement entre six mois et un an de travail et c’est toujours un peu difficile quand on le termine. Alors la fin d’un cycle… Pendant une semaine, je suis incapable de faire quoique ce soit. C’est d’autant plus dur qu’on a enchainé avec le Spirou (Le Triomphe de Zorglub chez Dupuis, NDLR). Le tome cinq a été un peu plus long à faire car on était tous très fatigués. Pour le tome six, on est repartis avec plein d’énergie.

Pour quand est prévu le tome cinq ?

B.C. : Je pense pour le mois de mars 2019 mais rien n’est encore décidé. Pour les suivants, on va essayer de respecter le même rythme de parution que pour le premier cycle.

Être publié dans Spirou, c’est un rêve de gosse ?

B.C. : C’est marrant parce que je n’ai pas souvent acheté Le Journal de Spirou et j’achetais à l’époque beaucoup plus de mangas. Mais ça m’a quand même fait un truc. C’est une sorte d’achievement, quelque chose à cocher sur ma Todo List de ma vie. (rires)

Pensez-vous que cette prépublication a amené beaucoup de lecteurs supplémentaires ?


B.C. : Je pense. Le Journal de Spirou est quand même assez emblématique. Je pense que certains gamins qui avaient arrêté de le lire l’ont repris grâce à des séries comme Frnck ou Louca. Ça a permis justement aux enfants de faire découvrir Frnck aux parents. Le magazine de Spirou a encore un impact assez fort sur le lectorat.

Pensez-vous que les lecteurs de Spirou achètent ensuite les albums, même s’ils ont lu la prépublication de l’histoire ?

B.C. : J’espère. Ensuite, le bouche à oreille marche aussi très fort. Je connais également un instituteur qui a fait lire Frnck à ses élèves et qui a travaillé avec eux sur Les Fables de La Fontaine avec juste des consonnes. C’est donc aussi un outil pédagogique pour les enfants. Cette absence de voyelles peut donc amener aussi une réflexion que l’on peut avoir en salle de classe.

Quelques projets ?

B.C. : On est à fond sur la suite de Frnck. Je travaille aussi avec Alexis Sentenac sur un projet de polar steampunk qu’on avait déjà à l’époque chez Ankama et qu’on a replacé chez Glénat en one shot.








Propos recueillis par L. Gianati avec l'aimable participation de V. Attard

Bibliographie sélective

Frnck
4. L'éruption

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Les enquêtes du Misterium
1. Le Mystère Baphomet

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Carthago Adventures
3. Aipaloovik

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Louca
1. Coup d'envoi

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