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« L'album a été pensé comme un film »

Entretien avec Nicolas Petrimaux

Propos recueillis par L. Gianati Interview 08/08/2018 à 14:07 3329 visiteurs

Pour les nostalgiques de la moustache de Magnum,  pour les amoureux du Road Trip de Thelma et Louise ou les fans de Quentin Tarantino, Il faut flinguer Ramirez est clairement pour vous ! Pour les autres aussi d'ailleurs si tant est que l'humour débridé et absurde ponctué de dialogues à couper au couteau soit apprécié. Pour un premier album entièrement réalisé en solo, Nicolas Petrimaux frappe un grand coup.


Votre maman vous a-t-elle finalement pardonné les gros mots présents dans l'album ?

Nicolas Petrimaux : (Rires) Je pense que ma mère n'a pas encore lu l'album, contrairement à mon père. Il n'est pas très au fait des codes de la BD et en lisant les chroniques présentes sur les différents sites, il était persuadé de ne rien comprendre à l'album. Finalement, il m'a dit être passé à côté de plein de références mais cela n'a pas nui à se lecture. Cela m'a fait très plaisir venant de lui.

Votre père n'était pas un amateur de série télé comme Magnum ?

N.P. : Non, c'est nous, enfants, qui étions scotchés devant la télé. Il n'a jamais compris comment je pouvais me repasser en boucle des films comme Retour vers le futur.

Votre expérience dans le domaine du jeu vidéo vous a-t-elle permis de nourrir le travail effectué sur cet album ?

N.P. : Complètement. Il y a comme un jeu de ping-pong qui s'installe entre ces deux domaines et l'un et l'autre s'apportent beaucoup mutuellement. Par exemple, il y a une phase pendant laquelle je faisais beaucoup de storyboards pour le jeu et de posing de personnages. C'était en fait de l'acting. Ainsi, quand je repassais à la bande dessinée, au lieu de représenter au fond un personnage en forme de bâton inerte, naturellement, je lui donnais une attitude. Il a une vie et n'attend pas comme un simple figurant. Du coup, comme la bande dessinée me permet d'aller au bout de mes dessins, ce que ne permet pas le storyboard, je gagne en efficacité et en productivité. Et quand je reprends mon storyboard, je suis donc encore plus efficace. Ce sont mes deux passions qui se nourrissent l'une et l'autre.

L'expérience Doggybags, c'était un galop d'essai avant de vous attaquer à la réalisation d'un album ?

N.P. : C'était plutôt une occasion qu'on m'offrait pour publier quelque chose. À cette époque, j'avais présenté un dossier pour un récit qui ne s'est finalement pas fait. L'univers était peut-être trop décalé. Pourtant, ce n'était pas si éloigné que ça d'Il faut flinguer Ramirez. Même si mon dossier a été refusé, ils m'ont quand même contacté pour travailler avec El Diablo et la collaboration s'est très bien passée. Je ne pense pas avoir expérimenté beaucoup de choses dans cette expérience. Je fais de la bande dessinée depuis très longtemps mais tous mes projets étaient systématiquement refusés. Au lieu de m'acharner dans cette voie, j'ai donc fait d'autres métiers qui m'ont aidé pour réaliser mon rêve. La narration, par exemple, est quelque chose qui est très naturelle pour moi. C'est pour ça que dans Doggybags, j'ai déroulé ma narration tranquillement sans forcément chercher à expérimenter quelque chose.

Comment le projet Il faut flinguer Ramirez a-t-il été présenté aux éditions Glénat ?

N.P. : J'ai constitué un dossier dans lequel était présente grosso modo l'histoire. Ce n'était pas quelque chose d'exhaustif mais quelques pages seulement sur lesquelles j'ai noté les enjeux, les personnages principaux et leurs évolutions, les grandes thématiques, les références... J'ai aussi fourni quelques illustrations des moments clé de l'album, ainsi que toute l'introduction du bouquin dessinée. Contrairement à mes autres projets qui avaient été refusés, celui-ci a immédiatement intéressé de nombreuses personnes.

Pourquoi ne pas trouver cet album dans la collection Glénat Comics ?


N.P. : Au début, ça a été signé chez Glénat Comics car cet album est un comics. Néanmoins, plus j'ai avancé dans sa réalisation, plus j'y ai mis des détails et les décors ont été de plus en plus fouillés. Quand j'ai reçu les premières planches, elles étaient au format comics et j'ai trouvé ça dommage. D'autre part, le public français a aussi du mal à se diriger vers les comics. La démarche de Glénat a donc été de faire un comics et de le placarder en vitrine au rayon franco-belge.

Mettre en scène un héros muet, un vrai casse-tête ?


N.P. : Oui mais c'est aussi super plaisant. On entretient un mystère autour de ce personnage qui est l'énigme centrale du récit. Ce que j'ai aimé faire, c'est créer toute une galerie de personnages qui vont parler pour lui et qui lui prêtent des intentions. Chaque personnage a une vision de lui, et lui ne dit rien, il continue à tracer sa route. Peut-être est-ce eux qui vont pousser ce mec, qui a l'air d'être innocent, à la faute.

Ramirez est muet et pourtant les dialogues claquent...

N.P. : Tout au long de la confection de cet album, j'ai passé mon temps à le réécrire. Comme je suis auteur complet, j'ai écrit mon scénario comme celui d'un film en indiquant clairement les enjeux à chaque étape. Puis, au bout d'un moment, je rentre des idées dans les cases. Ensuite, j'écris directement dans Photoshop mes dialogues. J'ai tout un déroulé de réponses qui se fait, ce qui m'aide à articuler mon storyboard. Quand tout ça est figé, le jeu est de trouver sans cesse de nouvelles vannes, de nouvelles idées, ajouter des choses qui riment... Je voulais éviter l'écueil d'avoir un personnage qui délivre au début toutes les informations au lecteur. Le but était d'avoir des personnages qui ne se comprennent pas tout de suite, qui font répéter... Les rebondissements sont ponctués par des petits dialogues courts qui font qu'on est embarqués par les échanges entre les différents personnages. 

En terme de déroulé, les dialogues se lisent parfois, inhabituellement, de droite à gauche...

N.P. : J'ai eu une grande hésitation à faire ça. Je pense d'ailleurs que ça gêne les gens qui sont habitués à lire des BDs très classiques. Je trouve que ça donne beaucoup de rythme, un peu comme en musique. D'ailleurs, j'ai écouté beaucoup de musique rétro en réalisant cet album.

Quelle était la bande son ?


N.P. : Je trouve que la musique des années 80-90 revient très à la mode. Il y a beaucoup de groupes très récents qui font de la musique très inspirée par cette période. Le groupe que j'ai contacté pour le trailer a des synthétiseurs avec de la bonne grosse distorsion. J'aime bien ce côté musique électronique très tournée vers le jeu vidéo du type NES ou Super Nintendo. Un artiste que j'adore est Mitch Murder que j'ai contacté pour la musique d'une petite pub de l'aspirateur (ndlr : voir plus bas) que l'on peut visionner avec le QR Code présent dans le bouquin. Il s'inscrit complètement dans cette mouvance des années 80 tout en apportant quelque chose en plus.

La voiture de vos parents, c'était une R5 ?

N.P. : Ma mère en avait une effectivement. Je ne peux pas dire que sa présence dans l'album vient de là  mais ça me semblait logique. J'ai hésité entre plusieurs voitures. C'est quand même vachement plus fun de faire une course poursuite avec une R5 plutôt qu'avec une voiture plus classique.

Il y a un côté frenchy dans l'album avec notamment des prénoms bien de chez nous...

N.P. : Il ne faut pas oublier qu'aux États-Unis il y a une partie bien française. (sourire) C'est aussi mon humour, une Amérique un peu fantasmée...

Les fausses pubs et les coupures de presse, ce sont des moments de détente entre deux planches ?


N.P. : J'ai voulu développer cet univers. Dans cet univers-là, il y a forcément des marques de voiture. Puisque tout est fictif, j'ai détourné certaines autres marques comme Starbucks ou Coca... J'ai fait une liste de tout ce que je pouvais faire. J'ai ensuite recentré mon propos de façon à ce que mes pubs soient en lien direct avec ce qui se trouve dans les pages. Par exemple, dans le dernier tiers du bouquin, il y a la R5 de Ramirez avec à côté une autre voiture. Quelques pages avant se trouvait justement une pub de cette voiture-là qui explique que si on la touche, ça va hurler dans tout le quartier. J'ai essayé que rien ne soit gratuit. En ce qui concerne les pubs, je voulais jouer sur le côté absurde, le monde lui-même étant absurde. C'est un peu comme si les pubs aujourd'hui disaient vraiment la vérité en montrant ce que le produit vaut vraiment.

Vous avez contacté Tim Cook pour présenter la prochaine Keynote ?

N.P. : (Rires) C'est vrai que ça m'a beaucoup inspiré. Elle existait déjà dans les années 80. Dans le film de Danny Boyle consacré à Steve Jobs, il est repris trois moments clés de sa carrière. C'est un film très dense et très bien écrit. Le côté ridicule avec un nouveau modèle présenté alors qu'il n'y a quasiment aucune différence avec l'ancien est plus récent.

Vous n'avez pas pensé à lancer un concours récompensant le lecteur trouvant toutes les références présentes dans l'album ?

N.P. : Je vais vous avouer quelque chose. Je me surprends moi-même en retrouvant des références que j'ai insérées et que j'avais complètement oubliées. (sourire) Par exemple, quand j'ai relu le bouquin juste avant de l'envoyer chez l'imprimeur, il y a une pleine page dans laquelle Ramirez est chez lui seul en train de lire le journal. Il y a un mur derrière lui rempli de trophées. J'étais incapable de me souvenir ce que j'avais mis sur ces trophées. Je vois que j'avais dessiné Mario et qu'il est indiqué "4:56". Je me suis souvenu que le record de Mario était 4:57 et j'avais souhaité qu'il soit battu par Ramirez. (rires) J'avais complètement oublié ce détail.

Pensez-vous que c'est le genre d'album qui pourrait être adapté sur grand écran ?

N.P. : Absolument puisque je l'ai écrit comme si j'écrivais un scénario de film. Je ne dirais pas que mon but est de faire un film, car ma passion est vraiment la BD. Je pense que je préfère ce medium car je suis tout seul et je décide de tout. Au cinéma, ça ne se passe évidemment pas comme ça : il y a une équipe à diriger tout en prenant en compte que ce sont des humains. En étant tout seul, je n'ai rien cédé. J'ai fait quelques courts-métrages et je me suis rendu compte qu'il y avait des limites.

Quel serait le casting ?


N.P. : Ma première idée est pour les deux nanas : Chelsea serait incarnée par Jennifer Lawrence et Dakota par Ruth Negga qu'on a vue dans la série Preacher. Il y a un aspect de Ramirez que je retrouve chez un acteur de The Wire. Le chef de la mafia serait un pote à moi. (sourire) Le grand méchant, ce serait un peu Jean Réno mais à l'époque du Grand Bleu.

La date présente sur l'une des pages, le 10 octobre, c'est le jour de la sortie du tome deux ?


N.P. : Non malheureusement. Il faut me laisser le temps de le réaliser. Ce sera pour 2019.



BONUS






Propos recueillis par L. Gianati

Bibliographie sélective

Il faut flinguer Ramirez
1. Acte 1

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Doggybags
4. Volume 4

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