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« Jaworski nous pousse à aimer des crapules »

Entretien avec Frédéric Genêt

Propos recueillis par L. Gianati Interview 30/07/2018 à 15:44 1446 visiteurs

Après La Horde du Contrevent d'Alain Damasio adapté par Eric Henninot, c'est au tour d'un autre auteur de Fantasy français Jean-Philippe Jaworski de voir une partie de son œuvre prendre vie sous forme de bande dessinée. Frédéric Genêt a prévu de consacrer cinq albums à l'univers foisonnant de Gagner la Guerre en commençant par révéler Ciudalia, une cité aux allures florentine, et Benvenuto un anti-héros par excellence.


Comment présenter Jean-Philippe Jaworski à des lecteurs qui ne connaissent pas son œuvre ?

Frédéric Genêt : Je dirais qu'il a écrit la meilleure Fantasy française que j'ai jamais lue. Ses scénarios sont très intéressants et très bien ficelés, ses personnages ne sont en aucun cas superficiels, ils ont des couches et des tiroirs que l'on découvre au fur et à mesure. Enfin, quelque chose dont on n'est pas forcément habitué dans le domaine de la Fantasy, c'est la qualité de la plume. Celle de Jaworski est très travaillée mais aussi communicative. Ses descriptions comportent toujours les mots justes. C'est un vrai régal à lire et tous les lecteurs de Fantasy devraient s'y mettre.

Comment avez-vous découvert ses livres ?

F.G. : C'est un ami qui m'en avait parlé de façon très enthousiaste, une dizaine d'années après la sortie de Gagner la Guerre. Mon épouse avait noté ça dans un coin et un jour, en passant dans une librairie avant de partir en vacances, je l'ai acheté. Je n'ai pas pu décrocher de toutes mes vacances. J'ai ensuite embrayé sur Janua Vera qui contient Mauvaise Donne (NDLR : histoire relatée par le T.1). Je l'ai lu il y a deux ans, à un moment où je saturais un peu de la bande dessinée. J'ai trouvé que cette nouvelle pouvait faire un très bon one shot et me permettre de remettre le pied dans la BD après une interruption un peu longue. Cela me permettait également la possibilité d'une suite puisque la fin est ouverte.

Cette lassitude dont vous parlez vient-elle du fait que vous n'avez finalement pratiquement travaillé auparavant que sur une seule série, Samurai ?

F.G. : Oui. Même si j'adore l'univers japonais, j'avais besoin de changer et avais l'impression de ne plus être très créatif, ce qui est mauvais signe dans un métier qui est justement censé être créatif. (sourire) Je me suis remis en question, j'ai fait quelques illustrations dans le domaine du Jeu de Rôle.

Jean-Philippe Jaworski est aussi fan de Jeux de Rôle...

F.G. : Oui, on s'est rencontrés aussi à ce niveau-là. On est vraiment en phase dans toutes les références de ce que l'on aime que ce soit dans le domaines du Jeu de Rôle, du Cinéma, de la Littérature...

Comment a-t-il accueilli l'idée d'une adaptation de son roman ?

F.G. : Il a été très ouvert dès le départ. Je lui ai présenté simplement ce que je faisais sur Samurai et il m'a dit que ça pouvait tout à fait convenir. Il était aussi très curieux de savoir ce que j'allais faire.

Vous a-t-il donné carte blanche ?


F.G. : Absolument. Je lui ai juste demandé de valider chaque étape de l'histoire et il a donné son avis sur des détails vestimentaires ou architecturaux.

Comment s'est effectué le choix des personnages ?

F.G. : Il a été tout à fait d'accord avec les choix que j'ai faits. Ses descriptions sont tellement riches dans le roman que les images me sautent à la figure. A priori, les retours des fans du roman me font dire qu'il y en a peu qui avaient une autre vision des personnages.

N'est-ce pas un casse-tête d'immerger les lecteurs qui ne connaissaient pas l’œuvre de Jaworski dans un univers aussi foisonnant ?


F.G. : Oui et surtout en commençant par adapter Mauvaise Donne. Non seulement on a une histoire avec des tractations politiques qui est assez dense mais en plus il faut introduire un univers et tout un système géo-politique qui est nouveau. Par contre, pour le tome deux qui correspondra donc à la première partie de Gagner la Guerre, le rythme du roman n'est pas du tout le même, beaucoup moins dense que celui de la nouvelle. Le roman est plus linéaire, une sorte d'aventure que l'on suit au fil de l'eau. Il y aura donc plus de respiration et plus de grandes pages comme celles que j'avais l'habitude de faire auparavant.

Dès la page de garde, on se rend compte de l'étendue de l'univers imaginé par Jaworski avec une carte impressionnante...


F.G. : Tout à fait. C'est un récit qui invite au voyage. Le tome deux s'appellera Le Royaume de Ressine et se passera presque intégralement dans ce royaume. On ira dans le tome trois dans La Marche Franche. On reviendra dans le tome quatre à Ciudalia.

Pourquoi avoir choisi justement Ciudalia comme titre du premier tome et pas Mauvaise Donne ?

F.G. : Parce que la démarche était de voir l'ensemble comme une série, de ne pas considérer Mauvaise Donne comme une nouvelle indépendante. Il y a vraiment une suite logique dans l'enchaînement des tomes. Et comme le héros voyage, j'avais envie de clarifier chaque lieu visité.

Qu'apporte au récit de mettre en scène un anti-héros comme Benvenuto ?


F.G. : C'est vraiment ça qui m'a attiré dans le récit. Aucun des personnages de Jaworski est superficiel, chacun possède différents niveaux que l'on découvre petit à petit. Même ceux qui sont fourbes ou mauvais ont des intentions qu'on est amené à comprendre. Il y a presque un côté manipulateur dans cette façon d'écrire. On est poussé à aimer des crapules.

Il n'y a pratiquement aucun récitatif : n'avez-vous pas craint de perdre la fibre littéraire du roman ?

F.G. : C'était l'un des gros défis de cet album. Je voulais retranscrire une narration subjective dans le roman en temps réel. Je ne voulais pas avoir à indiquer constamment les pensées du héros. J'ai besoin, quand je lis ou que je regarde un film, d'une certaine présence et d'être porté par une narration fluide et qui déroule devant mes yeux.

Comment utiliser à bon escient les flashbacks sans perdre le lecteur en route ?


F.G. : J'ai tout fait pour qu'il ne se perde pas. Chaque flashback commence par un décompte. Le temps est également très différent, puisqu'une période se déroule en été et l'autre en hiver, les paysages sont aussi très variés.

Les romans de Jaworski sont adorés par une forte communauté de lecteurs. Est-ce une pression supplémentaire ?

F.G. : Je suis moi-même fan du roman, j'ai donc essayé de donner ma propre vision. Je pense justement que j'en ai une vision similaire à tous les autres fans. Il y a bien évidemment certaines scènes que j'ai mises particulièrement en avant.

Adapter un roman, est-ce l'étape intermédiaire avant de passer à l'écriture d'un scénario ?

F.G. : Peut-être... À la base, mon fantasme était de réaliser un récit de fantasy dans lequel je faisais tout. Puis, quand j'ai lu le roman de Jaworski, j'y ai trouvé tous les éléments que je voulais y mettre. Vais-je par la suite me diriger vers l'écriture de mon propre scénario ? Je ne sais pas encore... J'en ai pour l'instant pour cinq albums avec cette série, ensuite on verra.

Comment avez-vous imaginé la couverture ?

F.G. : Il y avait des évidences quand j'ai réalisé cette couverture. Il fallait notamment voir Ciudalia puisque toute l'intrigue du premier tome s'y déroule. L'autre élément était de voir le héros et qu'on comprenne au premier coup d’œil qu'il s'agit d'un anti-héros qui se trouve dans une situation très compliquée. Il fallait aussi quelques indices qui montrent qu'on se trouve dans un récit de fantasy. Par exemple, Benvenuta n'a pas d'épée dans la main, de peur que l'on imagine un récit de cape et d'épée. J'ai aussi voulu que l'arrière plan représente une grande cité et non un village de la Renaissance.

Les descriptions du roman sont-elles suffisantes pour mettre en images Ciudalia ?

F.G. : Quand j'en ai discuté au début avec Jean-Philippe, je lui ai dit que sa description me faisait penser aux villes de la région de Florence et notamment celle de San Gimignano. Le travail pour vraiment rentrer dans un roman de fantasy était d'exagérer un peu ce côté-là avec une architecture improbable mais ancrée néanmoins dans ce style-là.

Alain Damasio a également été adapté récemment. Pensez-vous que c'est un retour de la Fantasy à la française ?


F.G. : Est-ce un hasard ou pas ? La Horde du Contrevent et Gagner la Guerre sont deux romans qui commencent un peu à dater et je pense que trouver ces deux adaptations en bande dessinée presque simultanément est une coïncidence. En ce qui concerne la Fantasy à la française il y a pas mal d'auteurs qui sortent du lot. J'ai fait la rencontre de Fabien Cerutti qui a écrit Le Bâtard de Kosigan, une fantasy historique que je recommande à tout le monde.




Propos recueillis par L. Gianati

Bibliographie sélective

Gagner la guerre
1. Ciudalia

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Samurai
1. Le Cœur du Prophète

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La horde du Contrevent
1. Le Cosmos est mon campement

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