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RUN : « Au sein du Label 619, j'ai un peu le rôle d'une sage-femme »

Entretien avec RUN, Mathieu Bablet, Guillaume Singelin, Neyef et Florent Maudoux

Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade Interview 27/02/2018 à 16:06 7069 visiteurs

En 2016, le Label 619 a obtenu le Prix du Jury des BDGest'Arts qui soulignait notamment sa capacité à proposer régulièrement de jolies découvertes, que ce soit sous forme de séries (Freaks' Squeele, Mutafukaz, The Grocery...) de one shots comme Shangri-La ou de collectifs comme le désormais célèbre Doggybags. C'est en force que la fine équipe de la collection est venue nous rendre visite à Quai des Bulles. Après les avoir écoutés pendant près d'une heure, une chose est sûre : le meilleur reste encore à venir. 

Comment est venue l’idée de créer le label 619 ?

RUN : Au départ, tout est parti d’un constat. Les éditions Ankama venaient de naître, et il existait déjà l’univers de Dofus qui s’adressait plutôt à un public jeune. Quand je suis arrivé avec Mutafukaz, il n’y avait pas de souci particulier. Mais, au fur et à mesure, Tot (co-fondateur d'Ankama, ndlr) m’a confié des responsabilités éditoriales pour le seconder. Forcément, avec mes activités et mes goûts personnels, j’ai commencé à faire rentrer de plus en plus de projets dans un genre que j’affectionne, dans lequel les aspects urbains et contemporains sont très présents. Ce qui est drôle, c’est qu’au départ nous n’avions pas de distributeur. Quand Mutafukaz s’est retrouvé dans les rayons, beaucoup de personnes se sont retrouvées dans cet univers et ont ainsi porté des projets chez Ankama. Comme les cibles de ces projets n’étaient pas super claires, il a donc fallu se positionner. J’avais aussi l’ambition de publier la revue HEY! et on s’éloignait là-aussi complètement du public jeunesse. J’ai alors proposé de créer des collections. Il y a donc eu le Label 619 mais aussi la collection Araignée qui était plus orientée « auteurs introspectifs » mais qui n’a malheureusement pas continué. Le public du Label 619 est plutôt « pop pointu », ado - jeune adulte et urbain. 

Le côté urbain est quand même très marqué US…

R. : Pas forcément. Freaks’ Squeele, par exemple, se passe au début à Lyon. On a pu penser avec Mutafukaz et Doggybags que tout se passait aux Etats-Unis. Debaser, le premier titre sorti avec le logo « Label 619 » se passe en France. 

Debaser était plus orienté manga que les suivants…

R. : Oui, même si je n’ai pas l’habitude de faire ce genre de distinguo sur les formats. 

Florent Maudoux : C’est difficile de dire que ce titre est orienté manga. Dans la forme peut-être, mais dans le fond, c’est vraiment de la contre-culture. 

R. : Quand j’ai créé le label 619, les deux premiers tomes de Mutafukaz étaient déjà sortis. Le fait de scinder les publics n’a pas été immédiatement une volonté de ma part. C’est plus un constat que je me suis fait au fur et à mesure. Je me suis rendu compte que l’on devenait de plus en plus sombre et violent. Par rapport aux univers de Dofus et Wafku, il était devenu nécessaire de pouvoir bien orienter les gens, ça commençait à devenir un peu fouillis au niveau éditorial. 

Quand on se balade sur le site du Label 619, il est indiqué « carte blanche donnée à de jeunes auteurs de talent ». Il n’existe vraiment aucun tabou sur les sujets abordés ?

R. : Dès lors que je choisis un projet, il y a forcément carte blanche. C’est donc une formule un peu biaisée… Mon rôle est presque celui d’une sage-femme : je fais en sorte que le projet aboutisse sans complication. Parfois tout se passe bien, parfois il y a un peu plus de travail. Je ne travaille pas de la même façon avec tous les auteurs. 

F.M. : Je suis sans doute le plus ancien collaborateur de Run sur le label et on a finalement une relation assez simple. Il m’a sauvé de quelques boulettes que j’avais pu faire : des cases pas claires ou des phrases à changer. C’est typiquement un travail de relecture. Son regard sur mon travail m’a beaucoup aidé. 

R. : Oui, ça fait dix ans qu’on bosse ensemble avec Flo. C’est forcément très différent que de travailler avec un auteur qui débute où le suivi est beaucoup plus important. 

F.M. : Je ne ressens pas du tout de sa part une obligation de prendre une direction que je ne souhaite pas. Je fais ce que je veux, il me donne son avis et je le prends, plus en tant que collègue qu’en tant que supérieur hiérarchique. Les alertes qu’il donne sont souvent très intéressantes et me permettent d’évoluer. 

Mathieu Bablet : Je ressens énormément cette liberté de création qu’on assimile souvent au label. La principale raison qui m’a poussé à présenter mon projet chez Ankama, c’est en ayant découvert Mutafukaz : une pagination complètement éclatée, une narration très moderne… C’est parce que c’était comme ça que j’ai voulu aller vers le Label 619. En l’occurrence, je retrouve pour chaque projet cette même liberté de création. J’aime bien présenter des projets sans pagination fixe, quelque chose à prendre dans sa globalité. Il y a ensuite tout l’accompagnement, notamment pour des projets qui ne sont pas forcément conventionnels. Je pense à quelque chose comme Shangri-La qui est un 220 pages et qui n’aurait sans doute pas été signé comme one shot dans des maisons d’édition traditionnelles. Je me suis retrouvé suivi de manière pertinente au sein du Label. 

Shangri-La a la particularité d’être un récit de Science-Fiction. Une exception au sein du Label 619 ?

R. : C’est aussi une question d’évolution. Je souhaite que l’on reste dans une perpétuelle dynamique. Si on commence à s’auto-caricaturer, ça ne m’intéresse plus. Shangri-La s’y prêtait, même si effectivement, dans la forme, ce n’est pas quelque chose que j’avais l’habitude de publier. D’un autre côté, je trouve que les thèmes sont assez proches de ce que l’on retrouve dans d’autre titres du Label, comme dans Freaks’ Squeele. Je réfléchis avant tout à l’intérêt supérieur du projet. Financièrement, on s’arrange ensuite derrière. Pour l’instant, ça passe. 

Guillaume Singelin : J’ai commencé à bosser chez Ankama par le biais de stages et du film consacré à Mutafukaz. Quand j’ai travaillé sur Doggybags et sur The Grocery, je ne me suis pas demandé si Ankama était l’éditeur qu’il me fallait, tout s’est fait naturellement. Run m’a ensuite accompagné et m’a conseillé sur le format, la pagination. 

R. : Tout se passe beaucoup en amont. Il y a beaucoup de discussions avant la réalisation du projet. Puis, les auteurs travaillent sur leur truc et on en rediscute à la fin. Neyef, lui, est arrivé très naturellement dans le Label. Il avait fait un Dofus Monster puis avait fait Ce Goût

Neyef : J’avais également envoyé Le Maître et Marguerite adapté en BD. Il y avait une scène qui correspondait à une autre qui devait se trouver dans Doggybags T3 et c’est aussi comme ça que Run m’a repéré. 

R. : J’imaginais Doggybags comme un coup de projecteur donné sur certains auteurs… L’idée de base était de prendre un ou deux auteurs confirmés qui servaient de locomotive pour les auteurs débutants de manière à les entrainer vers des projets plus personnels. Mathieu Bablet avait commencé par La Belle Mort qui était un peu passé à côté de son public, la structure d’Ankama n’était peut-être pas encore suffisamment solide. J’ai immédiatement réalisé que cet auteur avait un fort potentiel. Le souci, c’est que le système éditorial français n’est pas très souple. Si un auteur a fait des ventes moyennes sur un titre, la mise en place d’un nouvel album risque d’être plutôt faible. Pour contourner ça, j’ai mis Mathieu sur un Doggybags. C’est aussi un moyen de faire découvrir à un public plus large certains auteurs et pouvoir ensuite proposer quelque chose d’autre. 


Doggybags, c’est vraiment un travail collectif ou chacun se retrouve à bosser seul dans son atelier ? 

R. : C’est vraiment au cas par cas…

M.B. : Doggybags, c’est vraiment un travail représentatif du côté collectif du label. C’est aussi tous nos projets personnels que l’on peut amener sur la table en amont et dont on discute tous ensemble. 

R. : J’ai l’impression d’avoir un vrai rôle de chef d’orchestre pour Doggybags

Question plaisir, travailler sur une série ou un one shot et sur Doggybags, est-ce la même chose ?

M.B. : C’est différent. Doggybags est une sorte de récréation. On a trente pages pour s’exprimer, pour tenter des choses qu’on n’ose pas forcément sur un projet personnel. 

C’est donc aussi un laboratoire pour expérimenter certaines idées destinées à un autre ouvrage ?

M.B. : Absolument. C’est pour cela que Doggybags a été conçu a la base. 

Quand on travaille sur un spin-off comme sur Mutafukaz’ Puta Madre, est-on tenté d’imiter le dessin de la série mère ou a-t-on envie d’imprimer sa propre patte graphique ?

N. : Je ne me suis pas posé la question en ces termes. Je n’ai pas l’impression d’avoir voulu imiter le style de RUN.

R. : On souhaitait aussi faire quelque chose de différent. Puta Madre peut se lire de façon presque indépendante et je ne voulais donc pas que ce spin-off soit trop marqué « Mutafukaz ». Ça reste dans le même univers mais c’est autre chose. Il y a même des lecteurs qui viennent à Mutafukaz après avoir découvert Puta Madre. C’est exactement ce que je voulais. 

F.M. : C’est une démarche qui est assez propre au Label 619. Cela avait commencé avec Métamuta dans lequel il y a une grosse différence stylistique avec la série originale. Quand j’ai réalisé le spin-off Freaks’ Squeele Rouge avec Sourya, je ne me suis jamais posé la question de la différence de style. Je pense au contraire que ça apporte à la série quelque chose d’autre qui complète ce que je fais habituellement, un style très multi-dimensionnel et volumique. Le style de Sourya est plus graphique et dessiné. Certains lecteurs sont d’ailleurs venus à Freaks’ Squeele grâce à Sourya. 

R. : J’ai pour ma part un problème personnel avec mon propre style… Je suis admiratif de tous les auteurs avec qui je bosse. Moins il vont s’attacher à mon style, mieux ce sera. (sourire) Neyef a fait un boulot qui rend Puta Madre très cohérent et c’est ce qui compte pour moi. 

Où en est le projet de film concernant Mutafukaz ?

R. : C’est toujours en cours. Le film est fini et on est en train de faire la tournée des festivals. Il devrait sortir en salles au printemps. C’est un projet qui avait été initié il y a huit ans. 

Comment est venue l’idée de l’exposition de The Grocery à Quai des Bulles ?

G.S. : C’est une initiative qui vient du festival. Ils m’ont contacté pour me dire qu’ils avaient l’ambition de réaliser une exposition consacrée à The Grocery

Ce qui correspondait à la fin de la série et à la sortie de l’intégrale…

G.S. : C’est ça. J’ai participé au choix des planches et j’ai fourni pas mal de recherches graphiques. Le festival s’est en revanche occupé entièrement de l’installation de l’exposition. C’est assez étrange de revenir sur ces personnages alors qu’on les a quittés il y a maintenant deux ans et qu’on travaille sur autre chose. 

Quelques mots sur PTSD ?

G.S. : C’est un projet édité par First Second, première infidélité vis à vis d’Ankama. (sourire) First Second est un éditeur américain passionné par la France qui s’est déjà occupé de traductions pour le marché américain. Il m’a contacté via internet pour me proposer des scénarios que j’ai refusés. Je lui ai en revanche proposé une idée que j’avais en tête. C’était l’occasion de travailler sur une histoire que j’ai écrite seul et de découvrir le marché américain. 

Ce projet est-il ensuite destiné à être édité en France ?

G.S. : C’est encore trop tôt pour en parler. Je pense que ça devrait pouvoir se faire et ça me paraitrait logique que ce soit chez Ankama. 

Un tour d’horizon des sorties 2018 chez Ankama ?

M.B. : Après Shangri-La, j’ai eu envie de me replonger dans un travail collectif. Comme Doggybags est terminé, j’avais envie de proposer quelque chose dans un univers différent. Le thème sera plus celui de l’épouvante. Ce sera une parution régulière avec plusieurs auteurs. C’est moi qui en sera le chef d’orchestre comme RUN l’était sur Doggybags. Je mettrai en relation les auteurs entre eux pour créer chaque numéro. 

Toujours sous le Label 619 ?

R. : Oui. Et à la différence de Doggybags, toutes les histoires seront proposées dans un même univers, pas forcément dans la même timeline. 

M.B. : Oui, c’est vraiment le même principe que pour les séries télé. Les épisodes ne sont pas interconnectés mais il existe quand même un fil rouge qui les lie. Il y aura des personnages et des lieux communs avec une pagination et un format qui se rapprocheront de ceux de Doggybags. Il y a aussi la volonté d’avoir des histoires et du contenu éditorial. 

F.M. : Il existe un héritage commun pour ces deux parutions, celui des BD qui contenaient des articles sérieux pour justifier des histoires qui l’étaient moins. 

R. : Oui, c’est aussi pour éclairer les lecteurs. Il y aura des articles collant à la réalité mais aussi d’autres qui vont expliquer tout le folklore lié à cet univers. 

D’autres projets ?

R. : Il y a Bayou Bastardise dont les tomes deux et trois sont prévus. 

F.M. : Il y aussi un spin-off de Freaks' Squeele que je réalise avec un auteur mexicain. Il a en fait lu Freaks’ Squeele dans une version piratée au Mexique. Il y a un point de l’histoire qui l’a fâché, je lui en ai expliqué les raisons, et j’ai trouvé que c’était un bon point pour commencer une autre histoire. 

R. : Doggybags est terminé mais l’esprit Doggybags perdure. D'autres Doggybags présente sont en préparation. La forme reste la même que les numéros classiques, la différence est qu’il existe un thème commun aux trois histoires. J’ai aussi un projet de recueil de nouvelles littéraires Doggybags. Dans le tome dix, j’avais invité Tanguy Mandias qui m’envoyait de temps en temps des nouvelles. Je les trouvais super intéressantes mais pas publiables par Ankama qui n’est pas un éditeur littéraire. Puis, au fur et à mesure, je me suis dit pourquoi pas. J’ai commencé à intégrer certaines nouvelles dans des Doggybags. Ça s’est très bien passé et on a co-écrit une nouvelle sur le Doggybags treize. Cela m’a donné l’idée de réaliser un recueil de ses nouvelles avec une interpénétration de la BD mais de façon sporadique. Je continue également à explorer l’univers de Mutafukaz

D’autres spin-off ?

R. : … Je continue de creuser (Rires) Plus j’avance et plus je me dis que les cinq premiers tomes de Mutafukaz constituent le brouillon de ce que je vais faire par la suite. 

D’autres one shot comme Shangri-La sont-ils prévus ?

R. : Tout est au feeling et au coup de coeur. Je ne vais pas forcément aller chercher un auteur en lui demandant de réaliser un projet spécifique. Parfois, les projets naissent de discussions entre nous, parfois c’est un mec venu de nulle-part qui arrive avec un super truc entre les mains… Quand il s’agit de jeunes auteurs, c’est rarement clé en main, et il faut les accompagner un peu plus. 

Il n’y a donc pas de volonté particulière de développer une ligne SF au Label ?

R. : Il n’y a pas vraiment de volonté mais ce n’est pas exclu. Je suis d’ailleurs plutôt difficile sur ce thème. Par exemple, on m’a présenté un projet de western. Le scénario est validé et on est à la recherche d’un dessinateur. Le projet présente tous les ingrédients du Label 619 sauf que c’est un western. Pourquoi ne pas explorer d’autres univers et d’autres ambiances…

Prêtez-vous une oreille attentive aux critiques ?

R. : En tant que directeur de collection, je ferme un peu mes écoutilles quand il s’agit de presse. Je suis quelqu’un de plutôt sensible aux critiques et je me préserve beaucoup. 

F.M. : Par exemple, il y a eu un procès d’intention venant des forums quand les lecteurs ont appris que Katsuni allait participer à un Doggybags. 

R. : D’autant qu’elle est désormais rodé à l’écriture et j’aimerais bien qu’elle propose des choses seule. 

F.M. : Quand on pense que l’institut GFK annonce que 53% des personnes achetant des BD sont des femmes…

Cette donnée peut-elle avoir une influence sur votre façon d’écrire ?

F.M. : Il faut qu’il y ait des héros ou des héroïnes qui leur parlent. J’y suis sensibilisé via Facebook. J’ai beaucoup d’amies féministes. J’essaie de prendre en compte leurs demandes et de ne pas rester sur une vision du monde totalement passéiste. D’un autre côté, je ne dis pas que toutes les oeuvres doivent obligatoirement passer le Test de Bechdel

R. : De mon côté, je n’ai pas la volonté de faire quelque chose de particulièrement féministe et je m’étais toujours interdit de créer un personnage féminin car je ne me sentais pas légitime, tout simplement. C’est la rencontre avec Mirion Malle, autrice de Commando Culotte, qui m’a fait changer d’avis à ce sujet. 

Pensez-vous que le Label 619 serve de tremplin pour inciter les lecteurs à découvrir les autres albums de la collection ?

M.B. : Une sorte de Label Rouge ? (rires)

F.M. : Pour rebondir sur le rouge, nous nous sommes aperçus avec Sourya que certains lecteurs achetaient l’intégrale de Freaks’ Squeele - Rouge juste parce qu’ils trouvaient l’objet beau. On espère que ces lecteurs vont aimer l’album et qu’ils vont ensuite rebondir sur d’autres albums du Label. 

R. : Nous sommes des amoureux des objets. Nous sommes dans une ère numérique et je trouve qu’il est important de remettre en avant l’objet. 

F.M. : De toutes façons, tout le monde est revenu du numérique. C’est un échec. Je pense que les  jeunes ont aussi besoin de se reposer des écrans en lisant du papier. 

Surtout pour un prix aussi compétitif que celui proposé pour Shangri-La

R. : C’était un pari et beaucoup de gens nous avaient dit que c’était impossible. Forcément, le premier tirage a été largement déficitaire. Mais comme on croyait au projet, nous étions persuadés qu’il y allait avoir d’autres tirages. Shangri-La et Freaks’ Squeele sont les deux titres qui sont le plus susceptible de toucher un large public. C’est pour ça que, même si je n’ai jamais aimé les grands formats, c’est celui que j’ai choisi pour Shangri-La, avec un dos toilé. Je l’ai très vite aussi imaginé bleu. Je savais très bien que tout ça allait faire augmenter énormément le coup de fabrication mais d’un autre côté, cela permettait de faire adhérer beaucoup plus de personnes au projet. Je ne voulais pas que le prix du bouquin soit prohibitif. Pari gagné. 


Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade

Bibliographie sélective

Mutafukaz
1. Dark Meat City

  • Currently 4.26/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.3/5 (113 votes)

  • RUN
  • RUN
  • 07/2006
  • Ankama Éditions
  • Label 619
  • 2-9524509-4-3
  • 120

Mutafukaz
Métamuta

  • Currently 2.25/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 2.3/5 (12 votes)

Mutafukaz' Puta Madre
Intégrale

  • Currently 5.00/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 5.0/5 (5 votes)

  • Neyef
  • Neyef
  • 11/2017 (Parution le 10/11/2017)
  • Ankama Éditions
  • Label 619
  • 979-1-03-350484-9

Debaser
1. Volume 1

  • Currently 3.07/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.1/5 (14 votes)

  • Raf
  • <Indéterminé>
  • 07/2008
  • Ankama Éditions
  • Label 619
  • 978-2-916739-28-1
  • 224

Doggybags
1. Volume 1

  • Currently 4.04/10
  • 1
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  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (54 votes)

Doggybags présente
1. South central stories

  • Currently 4.05/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (22 votes)

  • Yuck
  • Neyef
  • Neyef
  • 02/2014 (Parution le 14/02/2014)
  • Ankama Éditions
  • Label 619
  • 978-2-359-10467-7
  • 96

Freaks' Squeele
1. Étrange université

  • Currently 4.09/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.1/5 (64 votes)

Freaks' Squeele - Rouge
Intégrale

  • Currently 4.00/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (1 vote)

Grocery (The)
Intégrale

  • Currently 4.80/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.8/5 (5 votes)

Shangri-La

  • Currently 3.99/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (115 votes)